La carrière NBA de Jermaine O'Neal : Statistiques et Impact

Depuis la création de la National Basketball Association en 1946, environ cinq mille joueurs ont foulé les parquets de la Grande Ligue. Certains ont laissé une empreinte indélébile, tandis que d'autres sont restés plus anonymes. Au sein de ces joueurs se trouve Jermaine O'Neal, dont la carrière est marquée par des hauts et des bas, mais aussi par une détermination sans faille.

Né le 13 octobre 1978 en Caroline du Sud, Jermaine O'Neal a grandi en se passionnant pour le basketball et le football américain. Contrairement à d'autres, c'est dans le basketball qu'il a trouvé sa voie. L'adolescent allait rapidement faire le grand saut dans la NBA, où il resterait pendant près de 20 ans.

Nous allons explorer le parcours de Jermaine O'Neal, en commençant par ses débuts prometteurs, ses défis personnels, ses performances exceptionnelles et son impact sur la NBA.

Les débuts et l'ascension

Durant sa période collégienne, O'Neal se distinguait par son talent balle en main et ses facultés athlétiques. Lorsqu'il rejoignit le lycée d'Eau Claire, il mesurait déjà 1m93 et devint rapidement l'attraction phare de son High School. Son coach, George Glymph, jura d'en faire le meilleur joueur de l'histoire de l'établissement.

Sa poussée de croissance soudaine le força à quitter son poste d'arrière pour devenir un imposant intérieur, sur lequel la défense collective de son équipe reposait. Alors qu'il commençait à se faire une renommée nationale, il fit également parler de lui dans une autre rubrique, moins enviable : celle des faits divers. Il fut ainsi accusé du viol de sa petite amie de l'époque, alors âgée de 15 ans. Si les charges furent finalement abandonnées, la principale faiblesse du jeune homme était alors mise en lumière : son absence de cadre parental.

Élevé seul par sa mère, Jermaine O'Neal n'a jamais eu de figure paternelle dans sa vie. En laissant ses problèmes extra-sportifs derrière lui, celui qui est surnommé J.O devint un top prospect lors de sa dernière saison, à l'issue de laquelle il fût élu meilleur joueur de l'État et dans la meilleure équipe du pays.

Et alors que toutes les meilleures universités du pays lui tendaient les bras, il décida de suivre les pas d'un autre Sud-Carolinien, Kevin Garnett, qui avait décidé de faire une croix sur les études supérieures pour se présenter immédiatement à la draft NBA.

Draft NBA et premières saisons à Portland

Jermaine O'Neal fait partie de la cuvée légendaire de la draft NBA. Le top 20 regorge de légendes : Allen Iverson (#1, Philadelphie), Shareef Abdur-Raheem (#3, Vancouver), Stephon Marbury (#4, Milwaukee), Ray Allen (#5, Milwaukee), Kobe Bryant (#13, Charlotte), Peja Stojakovic (#14, Sacramento), Steve Nash (#15, Phoenix). Tous ces joueurs furent sélectionnés avant que le nom de Jermaine O’Neal ne retentisse dans la salle.

Tout juste orpheline de Clyde Drexler, le meilleur joueur de son histoire, la franchise reste tout de même compétitive … notamment dans la raquette. J.O y côtoie Clifford Robinson, Rasheed Wallace ainsi que le vieillissant mais néanmoins légendaire Arvydas Sabonis. Dès lors, inutile de chercher bien longtemps pourquoi son rôle, lors de sa saison rookie sera relativement limité. Il n’y disputera que 45 rencontres, avec un temps de jeu moyen d’une dizaine de minutes.

Retenons néanmoins que s’il rata les 17 premières rencontres en raison de soucis à un genou, il devint, le 5 décembre 1996, le plus jeune joueur a avoir disputé un match NBA, à 18 ans et 53 jours contre les Nuggets. A la fin de la saison, il aura atteint la barre des 10 points scorés à 5 reprises. Par éclair, son talent indéniable éclate. C’est lui, par exemple, qui aida Portland à rester au contact des Supersonics dans une rencontre finalement perdue (-1) à la fin du mois de janvier 1997 : 20 points, 6 rebonds et 2 contres en 25 minutes.

A vrai dire, son rôle n’évoluera pas d’un poil au cours de ses 4 exercices chez les TrailBlazers, toujours barré par Wallace et Sabonis. L’arrivée, en 1997, de Mike Dunleavy Sr sur la banc fût concomitante à celle de Gary Trent, lui aussi jeune et ailier-fort. Au bout du banc, J.O ne voit donc pas son rôle évoluer, même si cette saison sophomore le verra disputer 9 rencontres en tant que titulaire.

Les performances à Portland

Pourtant, il fût capable de réaliser quelques performances prometteuses, comme une sorte d’acte de naissance au plus haut niveau.

  • 15 févr. : 12 points, 5 rebonds, 2 contres en 19 minutes
  • 17 févr. : 15 points, 4 rebonds, 2 contres en 21 minutes
  • 18 févr. : 13 points, 7 rebonds, 1 contre en 17 minutes

Individuellement, les deux saisons suivantes n’apporteront rien de nouveau. Collectivement, par contre, sa pige Orégonaise lui aura appris la gagne. Il jouera ainsi le premier tour des playoffs lors de ses deux premières saisons, chutant à deux reprises contre les Lakers (3 - 1). Mieux encore, Portland ira visiter les finales de conférence en 1999 et en 2000. Il n’aura qu’un rôle très mineur dans ces deux campagnes, mais aura baigné dans une culture de la gagne, représentée aussi bien par Sabonis que par Scottie Pippen, qui rejoignit l’équipe en 1999.

Face aux Lakers de Shaq et Kobe, Portand menait 71 - 58 à l’entame du dernier quart-temps du game 7. Cela sentait bon la finale NBA, pour la première fois depuis 1992. Inexplicablement, les Blazers vont craquer dans d’énormes proportions, encaissant un terrible 31 - 13 lors des 12 dernières minutes de jeu, laissant les Lakers rejoindre la première de leur trois finales consécutives.

Cette défaite infiniment frustrante sera le théâtre de la dernière rencontre d’O’Neal sous les couleurs noir et rouge des Blazers.

Jermaine O’Neal Pacers 23pts 15rebs vs 76ers (2005)

L'éclosion à Indiana (2000-2008)

L’explosion sera immédiate. Alors qu’il ne disputait qu’un peu plus de 8 minutes par soir en 1998 - 1999, il quadruplera son temps de jeu deux saisons plus tard. Sous les ordres d’Isiah Thomas, il est propulsé en tant qu’ailier-fort titulaire, lui qui n’avait joué que pivot dans l’Orégon.

Enfin libéré des présences pesantes de Wallace et de Sabonis, Jermaine O’Neal va s’éclater. Bien entendu, l’addition « nouveau rôle + première saison complète » donne forcément lieu à des performances en dent de scie. N’oublions pas que s’il entame sa cinquième saison NBA, il n’a alors que 22 ans. Cette irrégularité chronique va suivre J.O toute la saison. L’excellent côtoie ainsi de très près l’abyssale.

Sa moyenne, vous vous en douterez, se situe pile poil entre les deux. Au final, au cours de la saison 2000-2001, J.O. aura joué 81 matchs pour un total de 36 minutes environ. Jamais son temps de jeu n’avait excédé les 13,5 minutes par rencontre, signe de la confiance qui lui était donnée au sein de sa nouvelle équipe. Ses statistiques resteront « moyennes » avec environ 12,9 pts/match.

La progression constante

Après un début poussif, Jermaine réalisera une saison 2001- 2002 de haut niveau. Sur un total de 72 rencontres jouées, 66 de celles-ci ont vu l’ailier marquer plus de 10 points. L’irrégularité qui le caractérisait tant la saison précédente n’existe plus. J.O. semble avoir définitivement trouvé ses marques.

Le joueur fait preuve de plus en plus d’assurance et c’est avec un bilan de 42 victoires pour 40 défaites qu’Indiana se présentera au premier round des playoffs, pour y affronter les New Jersey Nets. La série se soldera par une élimination en 5 rencontres, mais surtout par une énorme désillusion pour les Pacers ; le game 5 est ainsi perdu à l’issu de 2 prolongations. Au cours de la seconde d’entre elles, les Pacers n’auront scoré que 2 petits points en 7 tentatives.

Cette défaite au premier tour des playoffs ne doit pas occulter le fait que J.O remporta tout de même un trophée : celui de meilleure progression de l’année. En effet, avec ses 19 points (+6,1), 10,5 rebonds et 2,3 contres, il solde sa première saison régulière avec un double-double de moyenne.

J.O. n’arrêtera pas de progresser et d’évoluer, notamment au scoring. C’est désormais acté : il ne passe plus inaperçu dans la meilleure Ligue du monde. Pour ne rien arranger, il claque le premier triple-double de sa carrière à la fin du mois de janvier, contre Toronto : 18 points, 10 rebonds, 10 contres.

Sa fin de saison ressemblera de manière troublante à son départ. Désormais âgé de 24 ans, il score pour la première fois de sa carrière plus de 20 points par rencontre (20,8). Indiana se présente en playoffs avec des intentions nouvelles, construites autour de la 3è position de la conférence Est. Favoris face aux Celtics de Paul Pierce et d’Antoine Walker, les Pacers seront pourtant éliminés en 6 rencontres. Une désillusion collective, encore, pour les Pacers.

C’est donc avec un statut de All-star confirmé, qu’O’Neal débute sa saison 2003 - 2004. C’est aussi avec l’envie de dépasser, enfin, ce premier tour de playoffs qui ressemble de plus en plus au plafond de cette équipe.

La saison 2003-2004 : Une année charnière

Pour se donner les moyens de leurs ambitions, les dirigeants de la franchise remercièrent Isiah Thomas, dont les trois années sur le banc ne furent pas forcément concluantes. Alors que Reggie Miller approche de la quarantaine, et ne semble définitivement plus être apte à être l’une des deux premières options de l’équipe, le flambeau est passé à la jeune génération, Jermaine O’Neal en tête. Il est désormais le franchise player de cette équipe, secondé par Metta World Peace.

La saison commence tambour battant, par une rencontre remportée sur le fil à Détroit (+2). Les Pistons est l’autre sérieux candidat aux finales NBA de ce côté du pays, et s’apprête à dominer l’Est pour une moitié de décennie. O’Neal, lui, donne le ton de son exercice, en terminant sa rencontre avec 22 points, 15 rebonds et 5 contres, le tout sur la tête du double meilleur défenseur de l’année en titre, Ben Wallace.

Indiana et Détroit ne se quitteront plus, et la relation deviendra rapidement houleuse. Après 16 rencontres, les Pacers n’ont chuté qu’à deux reprises et caracolent logiquement au sommet de la Ligue. Le duo composé d’O’Neal et Metta World Peace fonctionne à merveille. Le premier est un scoreur solide et une véritable force de dissuasion sous les deux cercles. Le second a fait de la défense sa spécialité, et s’occupe de faire passer une sale soirée au meilleur extérieur adverse.

Mieux encore, lorsqu’il s’agit de rencontrer les grosses écuries adverses, la machine blanche et jaune ne balbutie presque jamais. L’attraction LeBron James, tout jeune rookie, arrive en ville ? Indiana s’impose au buzzer, avec un ailier-fort tout proche d’un five-by-five inédit. Minnesota et Kevin Garnett font le déplacement ? Ils repartent la queue entre les jambes, avec un blow-out (-23) dans la musette. Il s’agit de se frotter aux Nets de Jason Kidd ?

Tout est donc réunit pour que Jermaine O’Neal vive la meilleure saison de sa carrière, à tous points de vue. Si son niveau individuel est sensiblement le même à celui de la saison précédente, les regards posés sur lui ont évolué : il démontre chaque soir qu’une équipe compétitive pouvait être bâtie sur ses larges épaules. S’il ne connait plus les trous d’air de sa première saison dans l’Indiana, il alterne parfois le correct et l’exceptionnel.

Disons que lorsqu’il est en petite forme, il termine sa rencontre avec 15 points, 7 rebonds et 3,5 contres. Des chiffres qui ne donnent pas vraiment envie de le rencontrer lorsqu’il était jouasse. A l’heure de célébrer la nouvelle année, Indiana a remporté 25 de ses 33 rencontres et semble avoir trouvé son rythme de croisière. Il commence à se murmurer, dans les travées de la Grande Ligue, que pour la première fois de son Histoire, les Pacers pourraient bien avoir le MVP dans leur rang.

Ce qui est dommage, lorsqu’il faut parler d’une machine bien huilée, c’est que les anecdotes viennent parfois à manquer. C’est un petit peu la situation qui est la nôtre ici, tant O’Neal et les Pacers sont constants. Il convient tout de même de faire remarquer de l’adresse au tir de J.O au cours de cette saison est plutôt mauvaise : c’est en effet la moins bonne de sa carrière.

Statistiques de Jermaine O'Neal

Voici un aperçu des statistiques clés de Jermaine O'Neal durant sa carrière NBA :

Saison Équipe Points par match Rebonds par match Contres par match Minutes par match
2001-2002 Indiana Pacers 19.0 10.5 2.3 35.7
2002-2003 Indiana Pacers 20.8 10.3 2.3 37.3
2003-2004 Indiana Pacers 20.1 10.0 2.6 36.2

Les dernières années et la retraite

Après son passage à Indiana, Jermaine O'Neal a continué à jouer pour plusieurs équipes, notamment les Raptors de Toronto, le Heat de Miami, les Celtics de Boston, les Suns de Phoenix et les Warriors de Golden State. Bien qu'il n'ait plus atteint le niveau de performance qu'il avait connu à Indiana, il a continué à apporter son expérience et son leadership à ses équipes.

À 34 ans, et après 17 saisons passées dans la ligue, Jermaine O'Neal s'est lancé un dernier défi. En signant pour une saison - la dernière selon ses dires - avec les Golden State Warriors, l'ancienne superstar des Pacers espère désormais tutoyer de la ligue avant de tirer sa révérence. "Je ne suis pas là pour faire entraîneur-joueur", prévient Jermaine O'Neal à The Oakland Tribune.

Le joueur semblait pourtant sur les rotules, après son départ de Miami, en 2010 (mauvais timing...). "Mes deux années à Boston ont été difficiles à gérer. Surtout, je savais que je pouvais encore apporter quelque chose. Après un passage en Allemagne, le temps de subir un traitement similaire à celui de Kobe Bryant il y a quelques années, Jermaine O'Neal a retrouvé une seconde jeunesse aux Phoenix Suns. En 55 rencontre, il terminera avec 8 points et 5 rebonds de moyenne, en moins de 19 minutes.

"Je pense qu'il a prouvé qu'il a encore de l'essence dans le réservoir", explique son nouveau coach, Mark Jackson. "Il sort d'une très bonne saison, il nous a fait mal quand on les a joué. Il défend, il joue au poste, il est dur et il se donne à fond. A 34 ans, Jermaine O'Neal n'est donc pas fini. Pourtant, cette saison sera celle de la dernière danse mais aussi et de la dernière... chance de décrocher un titre.

Après sa carrière de joueur, Jermaine O'Neal s'est investi dans le développement des jeunes joueurs de basketball. Il est à la tête d'une grosse structure à Dallas, Drive Nation, une salle de sports avec tout le confort moderne et des salles de musculation et autres.

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