Élu en juin pour succéder à Noël Le Graët, Philippe Diallo a marqué une rupture significative en devenant le premier président indemnisé de l'histoire de la Fédération Française de Football (FFF). Cet article explore les détails de sa rémunération, les justifications derrière cette décision, et les implications pour la gouvernance du football français.

Philippe Diallo, Président de la FFF
Un Changement Historique à la Tête de la FFF
Au fil des mois, Philippe Diallo s’habitue à son nouveau costume de président de la Fédération française de football (FFF). Jeudi 7 septembre, à l’occasion de la réception de l’Irlande dans le cadre des éliminatoires à l’Euro 2024, le dirigeant de 60 ans assistera, au Parc des Princes, à Paris, à son troisième match des Bleus en tant que patron de l’instance. Élu avec un score soviétique (91 % des voix), le 10 juin, lors de l’Assemblée générale de la FFF, M. Diallo sait que son action sera particulièrement observée jusqu’au prochain scrutin fédéral, programmé en décembre 2024. L’ex-patron intérimaire de l’institution doit achever le mandat de son prédécesseur.
Philippe Diallo a marqué une rupture significative en devenant le premier président indemnisé de l'histoire de la FFF. Il avait clairement affiché son intention d’être rémunéré dans ses nouvelles fonctions. Noël Le Graët, par exemple, travaillait bénévolement tout au long de son règne (2011-2023), bien qu’il ait perçu des émoluments pour siéger au conseil de la FIFA.
Philippe Diallo a ainsi avancé être « le premier président indemnisé de l’histoire de la FFF », puisque ses prédécesseurs ne touchaient aucune rémunération pour leur fonction. Au-delà de la rupture qu’il compte instaurer avec Noël Le Graët, dont le règne s’est terminé sur fond d’accusations de harcèlement, le nouveau président a confié au Monde percevoir une rémunération dans le cadre de ses fonctions, un fait inédit dans l’histoire de l’institution.
Justification de la Rémunération
« Je pense que c’est une tendance lourde du monde du sport tel qu’il évolue : les responsabilités, les compétences, le temps consacré méritent à mon sens rémunération », confiait-il au Monde en juin. Il a justifié cette décision en soulignant que les responsabilités, les compétences et le temps consacré à cette fonction méritent une rémunération.
Initialement, Philippe Diallo était trésorier de la Fédération, poste pour lequel il n'était pas rémunéré.Précédemment trésorier de la 3F, un poste pour lequel il ne touchait « aucune indemnisation », Philippe Diallo est ensuite devenu, à l’automne 2021, vice-président délégué après le départ de Brigitte Henriques.
C’est à ce moment-là, et « sur proposition » de Le Graët, qu’il a bénéficié de cette rémunération mensuelle de 8000 euros bruts, similaire à celle de sa prédécesseure. Une indemnité qui n’est devenue effective qu’en mars 2022, après un vote du comité exécutif.
Le Montant de la Rémunération
Diallo a finalement accepté de dévoiler au Monde son salaire à la tête de la FFF. Selon lui, il touche la même somme que lorsqu’il était vice-président de l’instance, soit "une indemnité mensuelle de 8 000 euros bruts".Selon lui, ce montant "n’a pas été modifié" depuis mars 2022 alors qu’il est devenu numéro un par intérim puis président élu.
Un « avantage en nature équivalent à 264,58 euros, a toutefois été intégré en avril 2023 « au titre de la voiture de fonction précédemment attribuée au président de la FFF », admet Diallo qui explique au quotidien « rouler surtout à scooter », pour lequel il paie les pleins d’essence.
En plus de sa rémunération en tant que patron de la FFF, Philippe Diallo touche une indemnité de 160 000 euros brut annuels grâce à son statut de membre du comité exécutif de l'UEFA.
Le tableau suivant résume les différents éléments de sa rémunération :
| Poste | Montant |
|---|---|
| Indemnité mensuelle en tant que président de la FFF | 8 000 euros bruts |
| Avantage en nature (voiture de fonction) | 264,58 euros par mois |
| Indemnité annuelle en tant que membre du comité exécutif de l'UEFA | 160 000 euros bruts |
Perspectives d'Avenir pour la Rémunération
« Mes responsabilités nouvelles en qualité de président peuvent justifier une évolution de ma rémunération, décision qui appartiendra au comité exécutif, à la majorité des deux tiers et dans la limite de trois fois le plafond de la sécurité sociale, soit environ 130 000 euros bruts annuels », avance le sexagénaire auprès du quotidien généraliste. Mais cette gratification pourrait bien augmenter prochainement, alors que la fin de son mandat est prévue pour décembre 2024.
Les Réformes et les Défis du Football Français
Philippe Diallo a entrepris une rupture avec la gouvernance Le Graët dans plusieurs domaines. Élu avec un score soviétique (91 % des voix), le 10 juin, lors de l’Assemblée générale de la FFF, M. Diallo sait que son action sera particulièrement observée jusqu’au prochain scrutin fédéral, programmé en décembre 2024.
Il y a urgence puisque le 10 juin prochain, le Sénat va étudier une proposition de loi concernant la gouvernance du sport professionnel, présentée par les sénateurs Michel Savin (LR) et Laurent Lafon (UDI). Diallo, en termes de stratégie politique, élabore son projet tout en ayant une vision bien définie du football de demain.
Philippe Diallo - Président du COSMOS et de la FFF
Plusieurs problèmes ont été évoqués : dépendance aux droits TV, modèle économique fragile, gouvernance floue, et perte d’attractivité du championnat. Diallo a insisté sur l’urgence de réformes structurelles, appelant à une remise en question profonde du modèle actuel.
Aux côtés de la ministre des Sports Marie Barsacq, Philippe Diallo envisage que la FFF soit étroitement associée à une entreprise commerciale de clubs, ce qui justifierait l’élimination de la Ligue de football professionnel (LFP).

Réunion à la Fédération Française de Football
Initiatives Majeures et Réformes Structurelles
Pour amorcer le changement, trois groupes de travail ont été lancés. Le premier, dirigé par Marc Keller (Strasbourg), doit repenser la gouvernance du football professionnel : rééquilibrer les rôles entre la FFF, la LFP, et les clubs. Le second, piloté par Baptiste Malherbe (Auxerre), travaille sur une refonte du modèle économique : diversification des revenus, réduction de la dépendance au trading de joueurs et adaptation aux nouvelles réalités du marché. Enfin, le troisième, codirigé par Ivan Gazidis (Saint-Étienne) et Damien Comolli (Toulouse), se concentre sur le contrôle financier : règles plus strictes, transparence, et surveillance renforcée des budgets.
Les programmes que vous mettez en place s’adressent principalement aux personnes directement liées à la Fédération Française de Football. Comment comptez-vous toucher un public plus large, notamment les supporters qui gravitent autour de l’univers du football sans être affiliés directement à la Fédération ?
Nous avons entrepris des démarches pour renforcer le lien avec les supporters, notamment en créant des clubs de supporters officiels au sein de la Fédération pour ceux qui soutiennent les Bleus. Nous collaborons étroitement avec eux pour améliorer l’expérience autour des matchs : leurs déplacements, leur accueil, et bien sûr leur sensibilisation aux enjeux sociétaux.
Face à la crise qui menace le football professionnel français, Philippe Diallo a souhaité révéler ses initiatives majeures. Et mettre fin à cette spirale infernale : « si le football français est d’accord, dès le 12 au soir, nous entamerons les démarches nécessaires pour faire en sorte de convaincre la représentation parlementaire de porter les dispositions qui permettent la mise en œuvre effective de ce projet.