Jean-Claude Darmon et le PSG : Une Histoire de Refus et d'Influence

Être président du PSG n’est pas une fonction comme les autres. C’est ce qu’a pu expliquer Alain Cayzac, ayant dirigé le club de la capitale pendant deux saisons. « Président du PSG, est-ce un rôle à part ? Oui. Présider le PSG, c’est comme avoir rang de ministre. On est vraiment un personnage public, demandé du matin jusqu’au soir », expliquait-il.

Depuis 2011, suite au rachat par le Qatar, le poste de président du PSG est ainsi occupé par Nasser Al-Khelaïfi. En fonction depuis maintenant plus de 14 ans, le Qatari a ainsi rejoint la longue liste des personnes ayant dirigé le club de la capitale. Sur celle-ci, on aurait d’ailleurs pu retrouver un certain Jean-Claude Darmon. Mais voilà que l’ancien argentier du football français a préféré dire non au PSG.

C’est ainsi que Jean-Claude Darmon a notamment décliné l’offre pour devenir président du PSG il y a quelques années. C’est sur le plateau de Tout Beau Tout Neuf sur W9 que Jean-Claude Darmon a raconté cette possibilité pour devenir président du PSG. L’ancien argentier du football français a alors expliqué : « Oui, c’est vrai, j’ai failli être président du PSG. Les actionnaires du PSG étaient Canal+, Bertrand Meheut qui était président voulait se dégager car ça coûtait relativement cher et les résultats étaient moyens. Il m’a proposé si ça m’intéressait d’être président du PSG ».

« Il m’a mis en relation avec un cabinet d’affaires. Ma réponse était non évidemment. J’ai trop vécu avec eux, leurs angoisses, leurs tristesses après les matchs. Je n’étais pas très chaud mais j’ai écouté ce qu’on m’a dit », a-t-il poursuivi, ayant donc dit non pour diriger le PSG.

Mais qui est Jean-Claude Darmon ?

Jean-Claude Darmon : L'Argentier du Football Français

Depuis plus de trente ans, Jean-Claude Darmon incarne le football business à la française, au point d'être surnommé le Grand Argentier du football. À 60 ans, l'homme porte toujours beau, souriant et chaleureux, mais redoutable en affaires.

Au départ, rien ne laissait présager que cet ancien docker du port de Marseille allait devenir un protagoniste incontournable de la publicité dans les stades de foot et dans le domaine des droits télé. Son aventure débute dans les années 1970. L'amateur de foot a une idée : habiller de panneaux publicitaires les stades. Il commence à Nantes, où il vend également des écharpes, puis enchaîne avec les clubs de Nîmes, Reims et Sochaux. Son savoir-faire et son bagou fascinent Jean Sadoul, le tout-puissant président de la Ligue nationale de football (devenue aujourd'hui la LFP), qui « l'adopte » comme son fils spirituel et lui ouvre en grand les portes du foot.

Darmon s'occupe alors de l'affichage pour quatorze clubs de Première Division et assure la régie publicitaire complète de huit d'entre eux.

En 1982, la Fédération française de football lui confie le parrainage de l'équipe de France lors de la Coupe du monde en Espagne. Son groupe est au zénith. De quoi susciter les inimitiés. Son expérience a toujours étouffé la concurrence. Les autorités du football ne veulent plus traiter qu'avec lui. Sauf Noël Le Graët, l'actuel député-maire socialiste de Guingamp, qui, à l'époque, devient président de la Ligue. Le Graët a la volonté et l'obligation de « nettoyer » le football, menacé par des déficits considérables et déjà des « affaires ».

Bez (Bordeaux) et Tapie (Marseille) tomberont. Darmon s'en sortira. Restera la rancune vis-à-vis de Le Graët, qu'il fera battre par la suite lors de l'élection à la Ligue.

Jean-Claude Darmon prend alors la tête d'un empire coté en Bourse (Groupe Darmon). Il s'occupe désormais d'autres sports, comme le rugby. Mais le Monsieur Pub du foot français connaît parfois l'échec. Il est absent du Mondial 98 en France. Pas de quoi déboussoler cet Oranais d'origine. Son groupe fusionne avec une filiale de Canal + pour donner une nouvelle entité, Sportfive, un nouveau géant du marketing sportif.

Une société qui permettra notamment la venue de Ronaldinho au PSG. Mais la roue tourne, Sportfive est vendu, et Darmon contraint de s'en aller.

A 60 ans, il est aujourd'hui conseiller de télévisions pour les droits TV.

Jean-Claude Darmon, lors d’un match PSG-OM, en mars 2025.

Jean-Claude Darmon, ici avec le journaliste Charles Biétry en août 1992, a révolutionné le foot-business.

Coupe du Monde 2026 : l'indignation de Jean-Claude Darmon

L'Évolution du Football Selon Darmon

Jean-Claude Darmon a partagé ses réflexions sur l'évolution du football, notamment en ce qui concerne l'argent et la reconnaissance.

Ce qui l'a amené à cette carrière, c’est qu'il n'a jamais pensé à l’argent. Il a surtout pensé à la reconnaissance. La vérité, ce qu'il aurait aimé être Zidane, Just Fontaine ou Pelé, mais Dieu lui a donné d’autres qualités. Pour avoir un rôle prépondérant dans le football national et international, il a dû s’inventer et se réinventer. Il a donc créé quelque chose qui n’existait pas : l’économie du football.

Il faut remettre les choses dans leur contexte : avant, le foot, c’était du patronage, ça n’avait rien à voir avec ce qu’on connaît aujourd’hui. Justo (Fontaine), meilleur buteur de la Coupe du monde, 13 buts, il touchait à peine le smic. Quand tu vois les salaires de Messi ou Ronaldo, ça n’a aucun sens. On est passé de mourir de faim à acheter une bagnole toutes les trois minutes.

Aujourd’hui, c’est facile de le voir comme ça, mais à l’époque, il était celui qui apportait de l’argent dans le sport, il était le diable, c’était honteux pour tout le monde. Il n'a jamais été aimé par le ministère des Sports. Ça n’existe pas. C’est une vision française, ça. Ici, l’argent est sale, mais tout le monde en veut, de l’ouvrier au directeur général d’une multinationale. Ce n’était pas logique que des footballeurs, qui créent du spectacle, soient sous-payés, mais ils l’étaient parce qu’il n’y avait pas de recette.

Dans le foot business, il a tout inventé ! Il ne cherche qu'une chose : la reconnaissance ! Son travail a permis de bien payer les joueurs puis, c'est vrai, de les surpayer. Mais l'argent a aussi permis d'apporter des infrastructures, des centres de formation, etc.

Les Droits Télévisés et Canal+

Jean-Claude Darmon a également joué un rôle crucial dans la vente des droits télévisés. La création de Téléfoot en 1977, c'est lui, il le vend à TF1. En 1984, il fait l'intermédiaire entre la Ligue et Canal+. Pour convaincre Sadoul qui avait peur que ça vide les stades, il lui disait : "Aux Galeries Lafayette, s'il n'y a rien en vitrine, les gens n'entrent pas pour acheter !"

Au départ, Canal pensait se contenter de 10 matches par an et, au fil du temps, il leur en a vendu de plus en plus. Ça a fini par rapporter des centaines de millions et être diffusé en intégralité. Mais sur ces contrats de droits télé du Championnat, il n'a pas touché un seul centime de commission ! Sauf que voir les clubs à la télé, la visibilité, donnait de la valeur à ses panneaux. Et lui permettait aussi de bien vendre, au nom des clubs français, les droits de diffusion de leurs matches de Coupes d'Europe.

Autobiographies et Réflexions Personnelles

En 2016, Jean-Claude Darmon a publié sa première autobiographie. Ce n’est pas la même histoire. Le premier livre était celle d’un entrepreneur (Au nom du foot, Fayard). Le deuxième (Destin : avoir plus de rêves que de souvenirs, toujours chez Fayard) raconte le parcours d’un enfant, d’un fils, d’un frère, avec les jalons de sa vie professionnelle, jusqu’au résultat qu’on connaît. Le foot a évidemment une place centrale.

Il cite souvent Albert Batteux et José Arribas. Il est un romantique du foot ! Il est un artiste, mais c’est terrible de dire ça quand on fait une carrière financière. Il aime ce qui est beau. Il regarde énormément d’équipes, tout le monde s’en étonne parce qu’ils pensent qu’il ne regarde que le PSG ou Marseille, mais il aime trop le foot pour ne pas tout regarder. La dernière fois, au Parc des Princes, sous -50 degrés, il a dit que Le Havre était une super équipe, et un ponte du Paris Saint-Germain dont il tairai le nom lui a dit : « Oh, tu trouves ? Je ne supporte pas d’équipe : j’ai été épris du PSG et de l’OM des années 1990, parce qu’il y avait des joueurs fantastiques à chaque poste, je suis né professionnellement au FC Nantes dans les années 1960 et j’ai été gâté parce que c’était la meilleure équipe qui soit, j’ai été ami avec Claude Bez dont les Girondins avaient une attaque formidable, j’ai été ami avec Jean-Louis Campora qui avait une super équipe à Monaco… Moi, j’adore l’attaque, alors que je suis un défenseur bourrin.

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