Je peux pas j'ai rugby: Explication des règles et du folklore

Ah… Le Rugby ! Un sport de gentlemen, pratiqué par des bourrins. Un sport de combat collectif, basé sur le respect et le cassoulet. Une union sacrée, un trésor, une culture, les jeux du cirque. Le rugby, c’est beau, c’est les valeurs, c’est le plaisir d’être ensemble, unis autour de la volonté farouche de démembrer l’adversaire. Et bien le rugby est un sport. Une histoire d’hommes avec un ballon. Et si on retire le ballon, on appelle ça une partouze.

Seulement, même dans les plus sordides clubs échangistes de province, des règles existent, plus ou moins raffinées en fonction que l’on s’éloigne de Paris. En rugby comme en amour, on recherche le plaisir. Et pour ça, les règles sont là. Deux grandes familles s’opposent : les règles explicites et les règles tacites.

Les règles explicites et implicites

Les règles explicites : c’est la loi, l’arbitre, fumier garant du bon déroulement d’un match. Ce sont les fondements de base : pas de passe en avant, pas de piétinement de l’adversaire, pas de plaquage à la gargante, pas de coup de coude dans le visage, pas de tacle les deux pieds décollés du sol. Bref, l’explicite, c’est la merde. Mais l’implicite, là, c’est le plaisir. Car l’implicite, c’est la codification de l’initié. C’est le petit geste qui veut dire que tu es du club.

La règle de l'en-avant expliquée

La règle de l'en avant au rugby, c’est la règle n°1. Et c’est la grande particularité de ce sport, ce grand paradoxe qui fait du rugby un sport à part : on doit avancer de manière collective en faisant des passes vers l’arrière. Sans la règle de l’en-avant, le rugby ne serait plus vraiment tout à fait le rugby. Donc ce serait un autre sport, la conséquence étant que d’autres Nations telles que le Honduras, le Lesotho, la Papouasie - Nouvelle-Guinée, ou, qui sait, le Danemark auraient pu tirer leur épingle du jeu et remporter plusieurs coupes du monde.

Les maladresses au rugby sont sanctionnées, ce qui constitue également une particularité. Pas toutes les maladresses bien heureusement. Le ballon lâché doit aller « vers l’avant » pour être sanctionné d’une mêlée. Mais pour bien comprendre la règle, il faut la lire. Voici la définition extraite des règles du rugby.

Définition de l’en-avant : Il y a "en-avant" lorsqu'un joueur perd la possession du ballon qui poursuit sa course ou lorsqu'un joueur frappe le ballon du bras ou de la main ou lorsque le ballon frappe la main ou le bras et poursuit sa course, et touche le sol ou un autre joueur avant que le joueur d'origine puisse l'attraper. (Règles officielles du rugby).

Il est donc clair d’après la définition que ne sont concernés que les membres supérieurs, de l’épaule jusqu’aux doigts. En d’autres termes un joueur qui touche volontairement, ou non, le ballon de la tête ne fait pas un en-avant. Il en est de même pour le torse. "Poursuivre sa course" signifie rouler vers la ligne de ballon mort de l'équipe adverse.

Donnée essentielle de la règle, il ne faut pas perdre de vue la direction du ballon. Un ballon lâché vers l’arrière (le joueur est tourné vers son camp) et qui rebondit dans un second temps vers l’avant n’est pas considéré en-avant.

Second cas de figure, la passe en avant. Si un joueur fait une passe à un autre joueur de son équipe et que celui-ci se trouve devant lui à la réception du ballon, la passe est dite «en avant», il y a donc faute de jeu. Le joueur réceptionnaire doit se situer en retrait du joueur porteur du ballon.

Une mêlée est ordonnée à l’endroit de l’en-avant pour l’équipe qui n’a pas commis la maladresse. Si l’en-avant n’est pas une maladresse mais une faute intentionnelle du joueur pour endiguer une action adverse. Cela devient une pénalité contre le joueur fautif.

Attention, le contre n’est pas un en-avant. Le contre ou la charge se produit quand un adversaire tout près du botteur, charge en avançant dans le but de bloquer le coup de pied et non d'attraper le ballon. Une telle charge en avant ne constitue pas un en-avant.

BREF ! Le ballon vers l’arrière !!

Etant désormais entendu qu’il est strictement interdit de passer la balle en avant, la prochaine question qui nous vient à l’esprit est : « en avant, oui, mais de qui ? Prenons un exemple : soit un ailier courant le long de la ligne de touche à la vitesse de 20 km / h. Le supporter de l’équipe rouge, que nous appellerons Michel pour la clarté de l’exposé, s’écrie, de bonne foi : « il n’y en a pas en-avant ! Le supporter de l’équipe bleue, que nous appellerons Loïc, rétorque, de bonne foi également : « que nenni ! Alors, que dit la règle ?

Il y a en-avant lorsqu’un joueur perd la possession du ballon qui poursuit sa course, lorsqu’un joueur propulse le ballon du bras ou de la main, lorsque le ballon touche la main ou le bras, poursuit sa course et touche le sol ou un autre joueur avant que le joueur d’origine puisse l’attraper. Il y a passe en avant lorsqu’un joueur lance ou passe le ballon en avant.

Ça a le mérite d’être clair : notre supporter bleu a raison, c’est la trajectoire du ballon par rapport au terrain qui compte. Ainsi, la vitesse d’un objet n’est pas absolue, elle dépend toujours d’un référentiel. D’après les sacro-saintes règles de l’IRB, c’est le terrain qui fait office de référentiel. Notre supporter rouge, Michel, se fourvoyait en considérant la vitesse du ballon dans le référentiel de l’ailier faisant la passe. C’est le référentiel officiellement reconnu par l’IRB.

Galilée est un célèbre demi de mêlée italien, qui revendique l’invention de la passe vrillée. Lorsque Jean-Baptiste Poux avance dans le référentiel du terrain, il recule dans le référentiel de Vincent Clerc. Un hypothétique rugbyman se déplaçant à la vitesse de la lumière dans le référentiel du terrain ne peut pas faire d’en-avant : si tel était le cas, le ballon irait donc plus vite que la lumière dans ce même référentiel, ce qu’interdit formellement la théorie de la relativité.

Ainsi, l’équipe comptant parmi ses rangs un joueur aussi rapide que la lumière dispose d’un atout fort appréciable : nonobstant le fait qu’un tel joueur soit difficile à attraper par les défenseurs adverses, ce même joueur peut balancer la balle dans toutes les directions : il ne sera jamais sanctionné.

Certains esprits chafouins objecteront peut-être qu’un rugbyman courant à la vitesse de la lumière n’existe pas. En effet, la théorie de la relativité restreinte prévoit une dilatation du temps lorsqu’un corps se déplace à une vitesse proche de celle de la lumière, phénomène illustré par le paradoxe dit « des jumeaux ». C’est ainsi que les jumeaux Lièvremont ont aujourd’hui 5 ans d’écart : Marc (43 ans) et Thomas (38 ans). La seule explication plausible est que Thomas, plus véloce, ait galopé à la vitesse d’un photon au galop.

Comprendre les règles du rugby pour la Coupe du Monde 2019

Les bases du rugby

Le rugby, né dans la ville anglaise de Rugby (ça, c’est à replacer dans un dîner chic avec les collègues que vous détestez), se joue sur un grand rectangle, composé surtout de pelouse au début d’un match. A chaque extrémité, on trouve des grands poteaux, qui forment un H mal fait. Ils se situent sur une ligne blanche, qu’on appelle la ligne d’en-but car elle marque le début de… la zone d’en-but.

Après, 22 mètres plus loin, on a… la « ligne des 22m » (qui sert de repère et pour quelques règles de merde). Sur le côté, c’est les lignes de touche. Au milieu, c’est la ligne du milieu. Et les lignes en pointillés, on s’en fout. Voilà, c’est quand même à la portée du premier débile.

Schéma d'un terrain de rugby.

Comment sont marqués les points?

Premièrement, si on vous demande le score d’un match, évitez de dire avec entrain : « Déjà 1-0 ! » C’est pas possible.

  • L’essai: Si vous parvenez à entrer dans la zone d’en-but avec le ballon et à écraser ce dernier contre le sol, comme vous écraseriez la gueule de Christian Jeanpierre, vous marquez un essai (NB : pour qu’il soit validé, il faut qu’il y ait pression de haut en bas sur le ballon. Impossible donc de le jeter de loin, hélas). ET BAM ! 5 POINTS DANS LA MUSETTE, DIRECT ! Pourquoi 5 ?
  • La transformation: Vous avez marqué un essai et vous vous réjouissez de ces 5 points en léchant les coudes de vos coéquipiers. Ne vous arrêtez pas en si bon chemin ! Vous pouvez immédiatement ajouter 2 points à votre collection en « transformant » votre essai. Pour ce faire, vous placez votre ballon à un endroit du terrain qui dépend de l’endroit où vous l’avez précédemment aplati (retenez juste que plus c’est proche du milieu des poteaux, mieux c’est) et vous tirez dedans. Si ça passe entre les deux poteaux verticaux et au-dessus de l’horizontal, bravo : 2 points de plus.
  • La pénalité: Au foot, quand l’arbitre siffle faute, il y a coup franc. Au rugby, c’est pareil, sauf que c’est une pénalité. L’équipe qui en bénéficie peut alors la « tenter », c’est-à-dire essayer, à la manière d’une transformation, d’envoyer le ballon entre les « perches ». Si ça passe, c’est 3 points !
  • Le drop: Parfois, pendant le jeu, un mec décide qu’il en a marre que tout le monde se rentre dedans. Alors il prend le ballon, shoote dedans et essaie de l’envoyer entre les poteaux. Si ça passe, encore une fois, c’est 3 points.

Les joueurs

Au foot, tout le monde se ressemble, c’est pourri.

  • Les avants: Ils portent les numéros de 1 à 8 et sont aussi appelées « les gros » parce qu’ils sont souvent gros. Pour faire simple, ce sont des joueurs qui ont la délicatesse du camion benne et la vivacité du pruneau cuit. Dit comme ça, ils ne semblent pas très glamours, mais ce sont eux qui détiennent la « mêlée » (voir plus loin), phase de jeu essentielle.
  • Les arrières: Ils portent les numéros de 9 à 15, sont souvent plus sculptés et font fréquemment tomber leur serviette dans les vestiaires quand il y a des caméras. Ils sont plus rapides et sont censés savoir faire de meilleures passes. Parmi eux, on trouve deux joueurs particulièrement importants : le demi de mêlée (n°9) et le demi d’ouverture (n°10). Le premier est celui qui dirige le jeu de l’équipe et qui introduit le ballon dans les mêlées. Le deuxième participe aussi activement au jeu et est souvent en charge de tout ce qui est pénalités et transformations (sauf quelques fois où le n°9 s’en charge). Le demi d’ouverture est souvent la star de l’équipe, c’est un peu le quaterback du rugby. Sauf en France en ce moment.

Les phases de jeu

Globalement, un match de rugby, c’est le bordel.

  • Les touches: Le ballon est sorti du terrain en franchissant une ligne de touche ? Il y a touche ! Et aussi bizarre que ça puisse paraître, c’est très codifié. Un mec, le talonneur, derrière la ligne, fait face à deux rangées parallèles de molosses, une pour chaque équipe. Il doit alors lancer le ballon tout droit, alors que les deux équipes font des figures de cheerleader pour faire grimper un grand barbu qui essaie d’attraper le précieux.
  • Les mêlées: En cas de petite faute, d’arrêt de jeu ou de pur sadisme, l’arbitre décide qu’il y a mêlée. Dans ce cas, les huit avants de chaque équipe se regroupent, et dans l’ordre s’il vous plaît, en deux gros packs solides qui se font face. Après des consignes étranges données en anglais par l’arbitre, les deux tas d’hommes se rentrent dedans et poussent. Et le demi de mêlée de l’équipe qui a « l’introduction » introduit la balle. Et les bœufs de pousser de plus belle. Plus ils poussent fort, plus ils sont contents.
  • Les rucks: Quand un joueur se fait plaquer, la plupart du temps, plein de joueurs des deux équipes se regroupent autour de lui et se rentrent dedans, jusqu’à former une « mêlée ouverte », ou « ruck ». Et là, c’est le gros bordel : non seulement, tout le monde se marche dessus pour récupérer la balle, mais en plus, il y a plein de règles chiantes. Pas le droit de plonger, pas le droit de passer sur le côté, pas le droit de rester dans le ruck pour le plaqueur… Bref, vous verrez souvent des pénalités à l’issue de ces mêlées ouvertes.

Les équipes

  • Inévitable sujet de pilier (de rugby et de bistrot): le XV de France. En rugby, l’équipe de France connaît des hauts et des bas, comme un yo-yo. Et en ce moment, retenez qu’on est plutôt dans un bas. Globalement, nos avants sont assez puissants, mais notre jeu offensif est assez brouillon. Le responsable est tout trouvé : le sélectionneur, Philippe Saint-André, ou « PSA » pour les intimes.
  • Les équipes de l’hémisphère sud, généralement les meilleures du monde. Tout d’abord les grands favoris, comme à chaque Coupe du monde : la Nouvelle-Zélande, aka les « All Blacks » (vous avez vu le jeu de mot « haka » / « aka » ? Si vous ne comprenez pas, lisez la suite, bande de feignasses). Vous les reconnaîtrez facilement : ils jouent généralement en noir, ils mettent des pétées à tout le monde et font une drôle de chorégraphie accompagnée de grimaces avant le match : le haka. TRÈS chelou. Pour autant, c’est depuis longtemps la meilleure équipe du monde. Bizarre pour une petite île. Vous ne prendrez donc pas de risque à dire : « Je ne vois pas qui arrivera à battre les All Blacks cette année ». Les deux autres excellentes nations du Sud dont vous pouvez parler sont : l’Australie, alias « les Wallabies », et l’Afrique du Sud, alias « les Springboks ».
  • Notre ennemi juré: l’Angleterre, le XV de la Rose. Que ce soit clair : pour faire bonne figure, vous devez chier sur les Anglais (genre « quels fourbes, ces Anglais ! », ou d’autres mots à base de pratiques sexuelles diverses). On les déteste, ils nous détestent. Nous, on n’a pas digéré Waterloo, bande de fumiers ! Même si on sait pas vraiment ce qui s’est passé parce qu’on est des billes en Histoire ! Mais on s’en fout, on veut vous le faire payer ! Bon, le problème, cette année, c’est que les Anglais sont favoris et qu’ils jouent à domicile.
  • Les autres équipes européennes, par ordre d’importance: l’Irlande, le Pays de Galles, l’Écosse, l’Italie.

Vous voilà désormais prêts à aimer ce noble sport. Parce que c’est l’essence même de ce sport. Une passe en arrière. Les poètes y voient une analogie superbe entre la transmission du pouvoir, la démocratie sportive, la solidarité symbolisée par la prise de risque.

La conquête, c’est la touche et la mêlée. Un endroit où il faut toujours conserver ses ballons. « No scrum, no win », disent les Anglais : pas de mêlée, pas de victoire. Mais au-delà de la victoire qui s’échappe quand on se fait concasser, perdre une mêlée, c’est la honte. C’est le poids du jugement et le regard insoutenable des autres qu’il faut affronter. Se faire enfoncer, ça fait mal, ça fait chier, ça rend méchant. Et un pilier méchant, c’est affreux. Son cerveau reptilien va très vite échafauder des plans simples, comme enfoncer son poing dans le visage de l’adversaire. Un geste toléré, voire encouragé il y a 20 ans, qui sonnait comme une marque de respect. Aujourd’hui, mettre un pain, c’est juste débile.

Comment comprendre un match?

Pour comprendre un match, nul besoin de connaître les règles. Partons du principe que personne ne le peut. Gagnons donc un temps considérable en partant du constat : plus l’arbitre te sanctionne, moins tu as de chances de gagner. J’ai le souvenir ému de Bastien, ce 3e ligne qui, plein d’enthousiasme et de bonne volonté, allait gratter les ballons avec envie en faisant le tour du ruck (ce qui est une énorme faute). Étrangement, je n’ai pas gagné un match en 2 saisons avec lui. Depuis, Bastien a été oublié sur une aire de repos de Seine-et-Marne.

Le vocabulaire du plaquage

Pour briller en soirée, une méthode simple consiste à régulièrement distiller des mots savants. Et comme il est maintenant trop tard pour rattraper des années de retard, le champ lexical du plaquage sera suffisant. « Un caramel », « une cartouche », « un plomb », « un poinçon » quand il est appuyé. « En planche » quand le plaqueur arrive bien à plat dans le ventre. « Cathédrale » quand les pieds passent par dessus la tête.

Sur un terrain, certaines choses sont pardonnables : rater un ballon, laisser passer une occasion de marquer un essai, déclencher une bagarre. Mais certaines autres ne le sont pas. Tout en haut de la liste : refuser le plaquage. Se retirer au moment de défendre. « S’échapper ». Et si la plupart des fèves prêtent à rire, celle-là est clairement la moins rigolote.

Rater un plaquage, c’est trahir, c’est tourner le dos à son équipe et ses valeurs, c’est renoncer. Refuser de poser son cerveau et de plonger dans les jambes d’un inconnu pour le stopper, c’est Vichy. C’est collaborer.

Le rugby: plus qu'un sport, une camaraderie

Le rugby est un sport de camaraderie. Un lieu où tu acceptes, face à la violence légitime des autres, de remettre ton salut entre les mains des camarades. L’acceptation tacite d’un fait : le danger existe mais tes copains sont là. C’est ce contrat que tu signes quand tu signes ta licence. C’est l’assurance que, si les choses tournent mal, tu iras donner un coup de main au copain dans la difficulté autant qu’il viendra quand tu seras dans une situation délicate. Des « valeurs » devenues cliché.

Dans le rugby comme dans tous les sports, les moments peuvent rapidement devenir gênants si la moindre ambiguïté s’insinue. Du premier plaquage où tu chopes les couilles du porteur de la balle bien maladroitement à la séance de douche où tu sifflotes la bite à la main, jamais, au grand jamais ne doit planer le plus petit doute. Et même si les homos ont leur place partout, y compris dans le rugby, la sexualité, elle, ne fout pas les pieds dans un stade.

C’est uniquement par tradition, mais le rugbyman est volage. Il butine, comme l’abeille, de fleur en fleur. Parfois même quand la reine attend à la ruche. Mais le rugbyman est un grand fidèle. Il peut mourir pour son club. Un amour indéfectible qui peut devenir une vraie plaie pour les autres.

Le rugby, c’est l’Histoire. Bon, d’accord, c’est un raccourci grossier. Mais ce sport découle directement de la soule, ce sport formidable qui consiste à porter la balle dans un lieu dit face. Les adversaires souhaitent faire de même en déposant le référentiel bondissant (j’ai toujours rêvé d’écrire ça) ailleurs.

Mais le rugby, c’est aussi une région, un accent, un folklore. Manger du foie gras, écouter les bandas faire péter la Peña pleine balle avec des gars qui prennent une chocolatine. Le rugby, c’est un passerelle entre les territoires et dans le temps.

Parce que c’est hyper chiant quand un copain pue la transpiration de la semaine dernière alors qu’on est à l’échauffement. Parce que c’est lourd pour tout le monde quand un gars ouvre son sac dans le vestiaire et qu’une odeur de terre, de merde et d’humidité malsaine embaume tout. J’ai (longtemps) été ce mec-là. Et en dépit de mon talent sur les terrains, les moqueries fusaient.

Parce que les bandas, les costumes blanc et rouge, les accents rocailleux, les gentils séducteurs, les yeux embués des vapeurs délicates de la mauvaise bière : tout ça, c’est rugby.

En fin de compte, vous retiendrez probablement que le rugby est un sport de cons, un peu violent, où plane une vague odeur de bière tiède et parfois quelques relents homophobes. Un sport qui se transmet comme une maladie honteuse ou comme un héritage en fonction des familles, des relations, des rencontres. Mais aussi un truc totalement à part. Un truc parfois incompréhensible mais totalement inimitable.

Si vous voulez aller plus loin, vous pouvez carrément lire la version bouquin du Rugby pour les nuls. Elle est pas de nous, mais ça passe quand même. En plus, y a pas besoin de la charger pour la lire. Un truc de fou, une nouvelle techno à base de papier.

P. A. L'en avant au rugby n'aura plus de secret pour vous.

Merci à toutes et à tous d’avoir suivi cet exposé jusqu’au bout sans m’interrompre. Vendredi 18 septembre 2015, c’est le début de la Coupe du monde du rugby, la France commence à entrer en effervescence, tel un Guronsan (merci à tous nos sponsors). Pendant près d’un mois et demi, la Terre va tourner ovale.

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