Iman Diaye : Biographie d'une étoile montante du volley-ball français

Iman Diaye fait partie des attaquantes de pointe de l’équipe de France. Mais, en quelques mois, l’athlète de 23 ans s’est imposée comme l’un des principaux espoirs du volley-ball français. Révélation de la Ligue des nations, la joueuse de 23 ans est le nouvel atout offensif des Bleues.

Symbole de cette équipe de France décomplexée : Iman Ndiaye, 23 ans. Le volley français féminin tient-il sa prochaine pépite ? Née en France, à Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines, Iman Ndiaye a déménagé très jeune aux États-Unis, à Dallas, à l’âge de 4 ans.

Cet article explore le parcours d'Iman Ndiaye, de ses débuts à son ascension au sein de l'équipe de France de volley-ball, en mettant en lumière les moments clés de sa carrière et les défis qu'elle a surmontés.

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Un parcours atypique entre la France et les États-Unis

Une force mentale issue de son parcours, de la France aux États-Unis d'Amérique. « Beaucoup de gens me disent ‘tu es plus américaine que française’. Mais moi, je me sens connectée aux deux. Bien sûr, j’ai passé la plus grande partie de ma vie aux États-Unis, donc j’ai cet aspect-là, mais à la maison, c’était plus français et africain que tout le reste.

« Mon père est agent de basketball et passait beaucoup de temps aux États-Unis, parce que certains de ses joueurs étaient là-bas. La meilleure solution pour que notre famille soit réunie, c’était donc de déménager au Texas pour passer plus de temps ensemble. Outre-Atlantique, Iman Ndiaye apprend l'anglais, « j’ai dû apprendre à l’école primaire. Maintenant j’ai un meilleur accent en anglais !

La découverte du volley-ball

Sa rencontre avec le volleyball a lieu à l'âge de 10 ans alors qu'elle joue avec sa soeur et sa meilleure amie. « J’étais très grande, mais super maladroite. Je crois que c’est vers 13, 14 ans que je me suis dit : ‘Ok, je sens que j’ai du potentiel.’ Mais avant ça, c’était très moche.

« J’ai toujours voulu être joueuse professionnelle de volley. Dans mon cahier scolaire, on devait écrire nos métiers de rêve, et pour moi c’était athlète professionnelle. Je regardais beaucoup de matchs, les JO, les Championnats du monde à la télévision. J’avais le rêve d’aller aux Jeux Olympiques depuis toute petite.

« Je me suis dit : ‘OK, au cas où le volley ne se passe pas bien ou que je décide de faire autre chose, je veux prioriser mes études.’ À ce moment-là, je voulais étudier la psychologie, et UCLA était la meilleure université pour ça. En plus, c’était aussi un excellent programme de volley.

Elle passe de belles années à UCLA, terminant meilleure scoreuse des Bruins en 2023. Mais le cadre a beau être confortable, le soleil californien agréable, elle n'oublie pas son ambition principale : devenir une joueuse professionnelle de volleyball.

« J’étais tellement prête et préparée, je savais ce qu’était l’étape suivante. J’avais une idée de la vie à l’étranger, en observant les joueuses parties jouer hors des États-Unis, ça n’a pas été un choc. Je pense que je suis vraiment quelqu’un qui peut s’adapter partout.

L'intégration dans le volley-ball français

En 2018, à l'âge de 16 ans, elle est déjà en contact avec le staff de l'équipe de France par le biais de son père, puis s'entraîne les étés en sélection jeunes pour commencer son intégration dans le vivier tricolore : « Dans ma tête, je savais déjà que c’était là que je serais plus tard.

A la fin de son expérience américaine, en 2024, elle rejoint le club de Thuringen en Bundesliga allemande. L’attaquante de pointe d’1,88 m y reste seulement quelques semaines avant de retrouver le championnat français. En février, la pointue est recrutée par Chamalières en Ligue A, en tant que “joker médical”.

Les Jeux Olympiques de Paris 2024

Un an avant de se révéler au niveau international, Iman Ndiaye a connu le bonheur d'être sélectionnée pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec l’équipe de France. « Chaque moment de la cérémonie d'ouverture reste encore gravé dans ma mémoire. Quand j’étais sur le bateau, j’ouvrais grand les yeux pour retenir chaque détail. C’est le moment où tout est devenu vraiment réel.

« Un autre souvenir marquant, c’est d’être dans le gymnase avec ma famille, je me souviens exactement de l’apparence du terrain, des tribunes pleines à craquer. C’était incroyable, avec l’hymne national… Ce sont vraiment les souvenirs les plus forts que j’ai des Jeux.

Si en dehors du terrain, Iman Ndiaye n'a que des bons souvenirs à relater, elle tire un bilan plus contrasté de ses performances sportives où elle n'a joué qu'une poignée de minutes pour seulement cinq points inscrits en trois matchs. « C’est étrange : tu rêves d’être aux JO, tu y es, mais tu ne joues pas forcément le rôle que tu voudrais. J’ai quand même essayé de donner le maximum, mais ce n’était pas la performance que j’aurais aimé offrir.

« Je me souviens des quelques points que j’ai joués. Mais je n’ai pas forcément de bons souvenirs de ma performance. À quel point cette déception a-t-elle été le moteur de la progression d'Iman Ndiaye ?

« Toute personne qui fait du sport veut jouer et être en compétition. Après, je n’avais pas de grandes attentes, c’était ma première sélection avec l’équipe A. Je n’étais pas déçue en me disant ‘je mérite plus’. Pour moi, c’était plutôt : ‘OK, je veux apprendre, et un jour j’y arriverai.’ Mais oui, après les JO, j’étais motivée pour devenir une autre joueuse.

« C’était une forme d’acceptation de là où j’en étais, de me dire que ma carrière ne se joue pas seulement maintenant, mais sur les années à venir. Rien ne se fait du jour au lendemain.

L'ascension fulgurante

Pour sa première année en tant que joueuse professionnelle, Iman Ndiaye réalise une performance prometteuse, qui lui permet d’être appelée en mai en équipe de France, dans le groupe élargi pour préparer les Jeux Olympiques de Paris 2024. L’attaquante de pointe est ensuite retenue pour disputer la Ligue des nations avec les Bleues en juin. Elle participe aux premiers Jeux Olympiques de l’histoire de la sélection française cet été, avant de rejoindre la Turquie et le club de Sigorta la saison prochaine.

Il y a un an, Iman Ndiaye était quasi absente des radars. En un an, elle est passée d’un rôle mineur aux Jeux Olympiques de Paris 2024 à celui de leader d’attaque des Bleues. Mais, en quelques mois, l’athlète de 23 ans s’est imposée comme l’un des principaux espoirs du volley-ball français.

La pointue, dont le rôle est de conclure les actions par ses smashs, a terminé meilleure marqueuse de la Ligue des nations (du 4 juin au 27 juillet), tournoi qui réunit chaque été 18 équipes de la planète. Avec une moyenne de 21 points par rencontre, elle a impressionné tous les spécialistes.

A l’aube des championnats du monde, organisés du 22 août au 7 septembre en Thaïlande, Imam Ndiaye apparaît même comme un atout majeur des Bleues, dont l’objectif est de sortir du groupe C, dans lequel figurent Porto Rico, la Grèce et le Brésil - deuxième nation au classement mondial.

Remplaçante dans son club de Chamalières (Puy-de-Dôme) lors de la saison 2023-2024, aux Jeux olympiques de Paris 2024 et dans son club actuel d’Ankara, Iman Ndiaye a profité de la Ligue des nations pour se révéler. « Elle a été la grande surprise de la compétition, observe l’Espagnol Cesar Hernandez Gonzalez, qui a succédé, en décembre 2024, au Belge Emile Rousseaux à la tête de la sélection. Tout le monde parle d’elle, et pas seulement en France. C’est une gagnante. Elle est puissante, jeune et ambitieuse. Si elle travaille beaucoup, elle deviendra l’une des références du volley-ball.

Iman Ndiaye pendant la VNL 2024 avec la France.

Objectifs et inspirations

Son objectif ? « J’aime beaucoup les pointues italiennes. Je trouve qu’elles font un super travail ensemble. Je m’inspire vraiment de leur jeu et j’aime leur agressivité, que ce soit au service, à l’attaque ou ailleurs.

Progression et mentalité

« Au début, je n’avais pas beaucoup de temps de jeu. C’était un peu frustrant. Mais d’un autre côté, ça m’a motivée à progresser. Vers la fin de ma saison, j’avais remarqué que je jouais beaucoup mieux. J’ai commencé à trouver de nouvelles façons de marquer. Et je crois que quelque chose s’est débloqué mentalement : j’avais une bien meilleure vision du terrain. Cette saison m’a vraiment apporté un déclic mental, qui m’a libérée et m’a permis de jouer différemment.

« À l’université, la saison est très courte, d’août à décembre, et après l’intensité des entraînements baisse. Mais en pro, la saison va d’août à avril environ, et les entraînements restent réguliers… Donc tu fais beaucoup plus de répétitions. C’est sûrement l’une des raisons de mes progrès. Mais cette montée de niveau technique n'est qu'une partie de la progression d'Iman Ndiaye, qui doit beaucoup à sa foi inébranlable en ses capacités.

Adaptation et ambitions futures

« Quand j’étais plus jeune et que j’ai vu que les JO auraient lieu à Paris, puis qu’on a annoncé que les suivants seraient à Los Angeles, je me suis dit ‘c’est drôle, ce sont les deux endroits que je peux appeler chez moi.’ Ça ressemble presque à une destinée. C’est quelque chose que je veux accomplir, et aider mon équipe à accomplir.

« Je n’ai joué qu’une saison, une saison et demie en pro. Ce qui me manque, c’est justement cette expérience, et les moments de haute pression. Si je me compare à des joueuses plus expérimentées, elles ont une approche différente des moments difficiles, où tout le monde sait que le ballon va leur arriver. C’est là-dessus que je dois progresser, ainsi que sur la gestion de mes erreurs. Donc oui, il y a clairement de la place pour progresser.

Tableau des performances récentes d'Iman Ndiaye

Compétition Date Match Résultat
Championnat du monde 4 sept. 2025 Brésil - France Brésil 3 - 0 France
Championnat du monde 31 août 2025 France - Chine France 3 - 1 Chine
Ligue des nations 10 juil. 2025 France - Brésil France 2 - 3 Brésil
Ligue des nations 22 juin 2025 France - États-Unis France 2 - 3 États-Unis
Jeux olympiques d'été 4 août 2024 France - États-Unis France 0 - 3 États-Unis
Jeux olympiques d'été 1 août 2024 France - Chine France 0 - 3 Chine

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