L'Hymne du Football Anglais : Entre Autodérision et Espoir

Composé en 1996 et plein d'autodérision, le chant "Football is coming home" est le slogan des supporters anglais et de toute une nation. Mais il pourrait être remplacé en cas de victoire des Three Lions à l'Euro 2021...

Un air entraînant, un refrain répété à l'envi et puis une bonne dose d'autodérision toute britannique. C'est la recette de "Football's coming home" (Le football revient chez lui), inoxydable hymne des Anglais depuis 1996, mais qui pourrait bien être dépassé à la fin de cet Euro 2021.

"Trente ans de peine ne m'ont jamais empêché de rêver. Tellement de blagues, tellement de railleries. Mais tous ces "oh, on y était presque" finissent par peser, au fil des années", dit cette chanson douce-amère, sur des accords guillerets.

Une chanson presque parodique

Ecrite à la demande de la Fédération anglaise de football en 1996, pour accompagner l'organisation de l'Euro sur la terre natale du football, elle résonne encore, 25 ans plus tard, avant les matchs de la sélection à Wembley dans cet Euro.

Alors que la bataille de la "Britpop" (pop anglaise) divisait le pays et le monde entre fans de Blur et d'Oasis, le groupe The Lightning Seeds avait été choisi pour cette mission au service de la nation.

Aux antipodes des chants belliqueux ou cocardiers parfois entonnés par les supporters anglais, comme "No Surrender to the IRA" ou "Ten German Bombers", le compositeur du groupe, Ian Broudie avait choisi une note humoristique, presque parodique.

"Je ne voulais pas que la chanson soit "Angleterriste" ou nationaliste", avait-il expliqué au Guardian en 1994. Il voulait une chanson qui "soit davantage sur ce que c'est qu'être supporter, ce qui, à 90%, consiste à perdre. La majeure partie d'une vie de supporter de est faite de déception", avait-il ajouté.

Il avait ainsi refusé que des joueurs chantent avec le groupe, enrôlant plutôt David Baddiel et Frank Skinner, deux acteurs de la série humoristique "Football Fantasy League" sur la BBC. Le succès a été immédiat.

"C'est convivial, les gens se sentent concernés, il y a cette énorme accroche répétitive "It's coming home" qui est devenue pratiquement un slogan pour chaque tournoi. C'est plein d'humour pince-sans-rire anglais, les rimes sont simples, il y a un gros refrain et les paroles sont faites pour que n'importe qui ait l'impression que même en la braillant, il chantera à peu près juste", avait ajouté Skinner dans un podcast en 2019.

La chanson était tellement appréciée des joueurs que Paul Gascoigne, l'excentrique meneur des Three Lions de l'époque, refusait de descendre du bus de l'équipe tant qu'elle n'avait pas été diffusée à fond, avait-il raconté.

Même les adversaires étaient conquis. Jürgen Klinsmann avait révélé qu'il arrivait aux Allemands de la chanter en allant aux matchs.

"Football is coming home" s'est malheureusement aussi révélée prémonitoire. "Tout le monde connaît le résultat, on l'a déjà vu mille fois, on sait bien, on est certain, que l'Angleterre va tout gâcher, va tout foirer", annonçait-elle avant même la désillusion en demi-finale, aux tirs au but, contre l'Allemagne, future lauréate de l'Euro 1996.

Cela n'a pas empêché la chanson de redevenir numéro 1 des ventes ou des téléchargements - le seul N.1 des Lightning Seeds en six albums enregistrés -, notamment lors du fantastique parcours du Mondial 2018, lui aussi interrompu avant la finale.

Une résurrection dont les auteurs et interprètes profitent assez peu.

"J'ai vu un article qui disait que la chanson avait eu quelque chose comme 16 millions d'écoutes en 2018 jusqu'au (quart de finale) Angleterre-Colombie, ce qui nous a fait 900 livres (1000 euros) à nous partager à trois avec Frank (Skinner) et Ian Broudie", avait raconté Baddiel dans une émission radio en 2019.

La concurrence de "Sweet Caroline"

L'avenir de la ritournelle est cependant menacé. Sournoisement, elle commence à être remplacée, surtout en fin de match, par "Sweet Caroline" (Douce Caroline) de Neil Diamond et ses paroles bien plus optimistes: "Douce Caroline, jamais les bons moments n'ont paru aussi bons", repris à tue-tête par Wembley.

Pourquoi "It's coming home" est-il l'hymne du football anglais ?

Et surtout, avec une demi-finale à jouer (contre le Danemark ce mercredi à 21h) dans un Euro qui semble à leur portée, puis une éventuelle finale toujours à domicile qu'adviendrait-il si, par chance, l'Angleterre finissait par gagner ?

Tensions et Violences à Amsterdam : L'Ombre du Racisme Plane

Sans justifier ou excuser les actes de violence de jeudi soir, plusieurs voix s’élèvent pour rappeler l’attitude provocatrice et raciste de supporters israéliens à Amsterdam.

Des supporters du Maccabi Tel Aviv, sur la place du Dam, avant le match de Ligue Europa contre l’Ajax Amsterdam, jeudi 7 novembre.

Si les heurts survenus jeudi soir à Amsterdam, en marge de la rencontre de Ligue Europa entre l’Ajax et le Maccabi Tel-Aviv, ont été immédiatement dénoncés par Israël et par les Pays-Bas, le chef de la police amstellodamoise a aussi rappelé ce vendredi 8 octobre, qu’ils s’inscrivaient dans des tensions bien avant le match.

Ce déchaînement de violence a conduit brièvement cinq personnes à l’hôpital et provoqué 62 arrestations. Des avions ont commencé à rapatrier les supporters israéliens, dont aucun ne manque à l’appel.

Des invectives avant le match

En conférence de presse ce vendredi, Peter Holla, chef de la police de la capitale néerlandaise, a expliqué que des supporters de ce club israélien avaient attaqué un taxi et incendié un drapeau de la Palestine dès mercredi soir, dans les rues de la ville.

« Les violences avaient déjà débuté mercredi soir entre supporters. C’était une nuit avec des incidents des deux côtés. Les partisans du Maccabi ont retiré un drapeau d’une façade du Rokin et ont détruit un taxi. Un drapeau palestinien a été incendié sur le barrage », a-t-il déclaré aux journalistes.

Selon la police, un rassemblement sur la place du Dam un peu plus tôt dans la journée avait aussi conduit à l’arrestation d’une dizaine de supporters israéliens pour « trouble à l’ordre public », comme le rappelle Sky News.

Des troubles qui s’étaient d’ailleurs poursuivis jusqu’aux premières du jour jeudi, jour du match. Raison pour laquelle la police néerlandaise avait été largement déployée aux abords du stade avant et après la rencontre.

Un climat de tension qui s’est pourtant maintenu après la très large victoire de l’Ajax, 5-0.

Selon Peter Holla, cité par la BBC, les supporters du Maccabi se promenaient dans le centre-ville lorsque des « émeutiers » ont mené des attaques « éclair » ciblant les supporters israéliens.

Le chef de la police a indiqué qu’il avait été « extrêmement difficile » pour la police d’empêcher ce genre de « violence », malgré une importante présence policière.

Sombre réputation

Pendant la rencontre, les supporters israéliens présents en nombre dans le stade (environ 3 000 selon le journal israélien Harretz) ont été accusés d’avoir proféré insultes racistes et chants anti-arabes.

Sans oublier la perturbation de la minute de silence en mémoire des victimes des inondations en Espagne, comme le souligne encore la BBC.

Le Maccabi Tel-Aviv, plus ancien club de foot israélien, concentre une frange historique d’ultras à la sombre réputation.

À titre d’exemple, le média britannique rappelle qu’en 2014, l’attitude de certains supporters à l’encontre du joueur arabo-israélien Mahran Radi avait conduit à l’apparition de slogans ouvertement racistes et violents contre lui.

Comme « nous ne voulons pas d’Arabes au Maccabi ! » et « Radi est mort ».

Autre exemple du comportement nauséabond de ces supporters, l’attaque d’une rare violence perpétrée par des ultras du Maccabi Tel Aviv contre un homme d’origine arabe à Athènes en mars dernier, en marge d’un autre match européen contre l’Olympiakos.

Un article de la télévision allemande Deutsche Welle rappelle que ces supporters ultras n’hésitent pas à sortir dans les rues lors des manifestations anti-Netanyahu.

DW évoque notamment des membres du groupe ultra Maccabi Fanatics qui s’étaient attaqués aux manifestants à l’aide de matraques et de tessons de bouteilles lors d’un rassemblement accusant le Premier ministre de corruption en 2020.

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