Hymne de la Nouvelle-Zélande Rugby: Histoire et Signification du Haka

Le haka est une danse accompagnée de chant traditionnelle maori que les joueurs du XV néo-zélandais, les All Blacks, pratiquent après l’hymne national.

LES ORIGINES DU HAKA

Cette danse est en effet devenue célèbre à travers le monde grâce au rayonnement de l'équipe néo-zélandaise de rugby qui est reconnue pour être une des meilleures de ce sport.

Les joueurs, en tenue noire, interprètent traditionnellement un Haka avant le début de chacune de leurs rencontres, dans le but d'impressionner l'adversaire.

Le Haka a fortement contribué à la légende du XV néo-zélandais dans le monde de l’ovalie.

Mais d'autres nations de la zone océanienne exécutent un haka avant d'entamer une rencontre de rugby : ainsi Fidji (cibi), les Samoa (Siva tau) et Tonga (Sipi Tau) possèdent leur propre « danse » d'avant match.

L'interprétation systématique du haka date de 1987, lors de la première Coupe du monde de rugby. Il était auparavant réservé aux tournées des All Blacks dans les pays étrangers.

Dans la culture maorie, le "haka" est une danse qui peut exprimer la joie, la colère, la vengeance. Ce rituel des Iles Pacifiques était autrefois interprété par les combattants pour implorer le Dieu de la guerre avant de partir à la bataille.

Le haka est une danse traditionnelle maorie de la Nouvelle-Zélande, qui est devenue célèbre dans le monde entier grâce à l'équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande, les All Blacks, qui effectuent une version du haka avant chaque match.

Origines et Signification

Le haka a une longue histoire dans la culture maorie, et il peut être utilisé pour célébrer des événements importants, comme la naissance d'un enfant ou une victoire lors d'une bataille.

Le haka est également utilisé comme un moyen de défier les ennemis, en montrant la force et la détermination des danseurs, il n'était pas rare de trouver des insultes dans les paroles.

Les peuples de toute l'Océanie polynésienne pratiquaient cette danse, il servait également à représenter les émotions, la passion, la vigueur, et l'identité d'un peuple. Chaque tribu disposait de sa propre danse, et leur réputation reposait majoritairement sur leur aptitude à l'effectuer.

L'origine de ce chant viendrait du chef maori Te Rauparaha (1768-1849). Pour échapper à des ennemis, il se serait caché dans un fossé sur les conseils d'un autre chef de tribu.

Les paroles du haka évoquent son angoisse ("C'est la mort") puis son soulagement quand les ennemis s'en vont ("C'est la vie"). "L'homme poilu qui est allé chercher le soleil" désignerait Te Wharerangi, le chef de tribu qui a aidé Te Rauparaha à quitter l'ombre du fossé pour retrouver le soleil du jour.

Pour le remercier, celui-ci aurait dansé et chanté.

C'est toujours un joueur d'origine maorie, tel que Tana Umaga, qui "mène" et entame le haka.

Littéralement, Haka signifie "faire" en maori.

Plus généralement, le terme désigne une danse chantée rituelle des insulaires du Pacifique Sud. C'est en fait un nom générique pour toutes les danses maori.

Le Haka et le Rugby

Si beaucoup de personnes connaissent le Haka, c'est grâce au rugby. Il faudra néanmoins attendre le début du 20ème siècle et une tournée en Angleterre pour le voir exécuté.

Auparavant réservé aux tournées dans les pays étrangers, le Haka est démocratisé lors de la première Coupe du Monde, en 1987. Dès cet événement, les All Blacks, vêtus de noir, pourront l'effectuer avant chaque rencontre.

Le haka, sous sa forme primitive, a été composé vers 1820 par un chef maori, Te Rauparaha.

Retenu captif par une tribu ennemie, il parvient à s'évader. Dans sa fuite, il se cache dans une fosse pour échapper à ses ravisseurs.

Craint d'être retrouvé, il répète tout bas : "Ka mate, ka mate" ("Je meurs, je meurs"). Hors de danger, l'homme se met alors à célébrer la vie, en criant : "Ka ora, ka ora" ("Je vis, je vis"). Ce jour-là naît le "Ka mate ! Ka mate !".

Avec le temps, cette danse chantée devient un outil de communication. Implanté dans toutes les couches sociales, il est utilisé pour les cérémonies de bienvenue mais aussi, si besoin, avant de partir en guerre - d'où parfois des termes et des gestes très guerriers.

Le rugby ne s'empare de ce rite pour son propre usage que bien plus tard. En 1888, plus exactement. Selon la Fédération néo-zélandaise, c'est à cette date, lors de leur première tournée à l'étranger, en Angleterre, que les ancêtres des All Blacks, déjà tout habillés de noir, s'expriment pour la première fois à travers cette danse guerrière.

Pendant presque un siècle, les descendants de Joe Warbrick, le capitaine de l'époque, n'exécuteront ce haka que pour leurs matchs loin de leurs bases. Il faudra attendre 1987, et la première Coupe du monde de rugby, pour que ce cérémonial d'avant-match, autorisé par la tribu Ngati Toa dont Te Rauparaha fut le chef, devienne systématique, y compris en Nouvelle-Zélande.

Réaliser un haka n'est pas donné au premier venu. Comme toute danse, il est chorégraphié et codifié dans les moindres détails. Il est tout d'abord mené par un "leader".

À la manière d'un pape, il est choisi par les joueurs eux-mêmes. Le plus souvent, mais pas toujours, il s'agit d'un joueur d'origine maori. Mais ce n'est pas forcément le capitaine.

"Il faut qu'il soit laid et effrayant. Étant donné que 99% des joueurs le sont, ce n'est pas un problème", expliquait en 2013 à ESPN, mi-sérieux, mi-rigolard, Liam Messam, qui a mené de nombreux hakas.

"Il faut qu'il soit aussi confiant en lui-même, qu'il puisse s'exprimer librement sans s'occuper de ce que les autres peuvent penser", soulignait l'ancien troisième ligne néo-zélandais du RC Toulon.

C'est le leader qui donne le ton, en déambulant et en hurlant des consignes à l'équipe, répartie sur plusieurs rangs. À son signal, ses partenaires s'accroupissent à moitié, les bras à l'horizontale au niveau du visage, en lançant un "Houuuuu" féroce.

Le chef de meute entonne alors le premier couplet, en scandant et en détachant les syllabes, pour renforcer le caractère "guerrier" du haka. Ses coéquipiers le rejoignent vocalement à partir du second couplet, en frappant leurs mains sur leurs cuisses puis en multipliant les gestes avec leurs bras. L'ensemble dure 1 minute et 15 secondes.

"Cela fait bouillir votre sang", décrivait en 2019 à CNN le deuxième ligne Scott Barrett, futur adversaire des Bleus. "C'est quelque chose de spécial, c'est sûr."

Types de Haka

La version du haka des All Blacks s'appelle le "Ka Mate", et elle a été composée par le chef maori Te Rauparaha dans les années 1820. Elle raconte l'histoire de son évasion d'une embuscade ennemie, et elle est devenue un symbole de la force et de la résilience de la Nouvelle-Zélande.

Il existe également d'autres types de Haka, comme le Kapa o Pango, qui est une version revisitée et plus violente. Il a été instauré pour la première fois par Tana Umaga en 2005 lors d'un match contre l'Afrique du Sud. Le geste final simule un égorgement, ce qui a suscité plusieurs polémiques.

Les joueurs ont toutefois toujours le droit de l'effectuer, comme l'illustre la finale de la Coupe du Monde 2011, où les Néo Zélandais l'avaient repris pour effrayer les Français.

Le Kapa haka et le Timatanga sont les deux autres types de Haka régulièrement dansés et chantés par les All Blacks.

Le 27 août 2005, les All Blacks ont surpris la planète rugby en interprétant un nouvel haka face à l'Afrique du Sud, pendant le Tri-Nations. Cet haka, baptisé "Kapa o Pango", est plus "guerrier" et suscite la polémique.

Les All Blacks miment en effet l'égorgement de l'adversaire à la fin du chant. Certaines équipes ont souligné le caractère anti-sportif d'un tel geste.

Pour Derek Ladelli (chorégraphe de la nouvelle version), cette nouvelle danse est avant tout une façon pour les joueurs de rendre hommage à leur pays. Le chant évoque "la fougère argentée", symbole de la Nouvelle-Zélande.

Paroles et Traduction

Ka Mate

En Maori, voici les paroles du Ka mate:

Ringa Pakia
Uma Tiraha
Turi whatia
Hope whai ake
Waeuwae takahia kia kino
Ka mate ! Ka mate !
Ka ora ! Ka ora !
Tenei te tangata puhuruhuru
Nana nei i tiki mai, whakawhiti te ra
A hupane ! A kaupane !
A hupane ! A kaupane !
Whiti te ra ! Hi !

Ce qui signifie en Français:

Frappez des mains sur les cuisses
Que vos poitrines soufflent
Pliez les genoux
Laissez vos hanches suivre le rythme
Tapez des pieds aussi fort que vous pouvez
C'est la mort ! C'est la mort !
C'est la vie ! C'est la vie !
Voici l'homme poilu
Qui est allé chercher le soleil, et l'a fait briller de nouveau
Faites face ! Faites face en rang !
Faites face ! Faites face en rang !
Soyez solides et rapides devant le soleil qui brille !

Kapa o Pango

Le Kapa o Pango, réputé plus violent, possède paradoxalement un texte assez soft:

Kapa o pango kia whakawhenua au i ahau !
Hi aue, hi !
Ko Aotearoa e ngunguru nei
Hi Au,au, aue ha!
Hi Ko Kapa o Pango e ngunguru nei !
Hi Au,au, aue ha!
Hi I ahaha ! Ka tu te ihiihi
Ka tu te wanawana
Ki runga ki te rangi e tu iho nei, Tu iho nei, hi !
Ponga ra ! Kapa o Pango, aue hi !
Ponga ra ! Kapa o Pango, aue hi, ha !

Ce qui veut dire:

Laissez-nous nous unir avec notre terre
C'est notre terre qui gronde
Nous sommes les All Blacks
Il est temps ! C'est mon moment !
Notre règne Notre suprématie triomphera
Et nous atteindrons le sommet !
La fougère argentée ! All Blacks !
La fougère argentée ! All Blacks !

Les Black Ferns et le Haka

Alors que les All Blacks ont deux hakas différents (le Ka Mate et, depuis 2005, le Kapa o Pongo), les Blacks Ferns ont leur propre danse ancestrale et identitaire issue de la culture maorie : le Ko Uhia Mai (qu’on pourrait traduire par "Qu’on le sache" ou "Faisons-le savoir"), depuis 2009.

Depuis leur première rencontre internationale, en 1991, les joueuses du pays au long nuage blanc ont toujours effectué le haka après les hymnes nationaux.

Les rugbywomen exécutaient le Ka Mate comme les hommes jusqu'en 1996, avant que des anciens et des experts de la culture maorie ne jugent inappropriée cette danse guerrière pour des femmes. Pour eux, Debbie Chase, qui dirigeait l'interprétation, n'aurait pas dû le faire en écartant les jambes. Un nouveau haka, le Ka Panapana, est donc adopté en 1996.

Cette dernière danse étant attribuée à une tribu maorie particulière, il est devenu évident qu'il fallait créer un nouvel haka représentant l'ensemble du pays. Le chef maori Whetu Tipiwai s'est chargé de l'écriture en 2006 et le Ko Uhia Mai est réalisé pour la première fois trois ans plus tard par la sélection, en quête de modernité.

Quand les All Blacks s'accroupissent et montrent leur puissance par leur gestuelle, les Black Ferns restent debout et droites, leurs mouvements plus fluides avec les bras rappelant ceux des danses vahinés de Polynésie. Si elles font aussi le pukana (yeux exorbités) comme les hommes, elles ne tirent en revanche pas la langue.

"Dans la culture maorie, le corps d’une femme est sacré, notamment ses organes reproducteurs, expliquait Aurora Coralie Matariki Rapana, spécialiste de la culture maorie, auprès de Rugbyrama. Par conséquent, une femme ne peut pas écarter ses jambes comme le font les hommes, ni ouvrir complètement les bras. Pas plus qu’elle ne peut frapper violemment sa poitrine, elle aussi considérée comme sacrée."

Les paroles du haka féminin sont en outre moins guerrières et évoquent plutôt force collective et le défi.

Les réactions au Haka

Le public de Twickenham nous avait déjà fait le coup en 2008, puis en 2012. Cela semble être en voie de devenir une tradition pour les supporters anglais : répondre au haka des All Blacks en entonnant le célèbre « Swing low, sweet chariot ».

Les joueurs 15 All Blacks, habituellement très intimidants quand ils lancent leur Kapa O Pango, se font alors submerger par les chants des 80 000 spectateurs anglais présents dans les tribunes.

Chacun se fera son avis sur cette façon particulière de réagir au haka - certains trouvent cela irrespectueux, d'autres au contraire interprètent cela comme une marque de respect.

Mais en tout cas, on ne pourra nier qu'il s'agit là d'une réponse un peu plus classe que les sifflets, comme ceux offerts par quelques supporters au Stade de France la semaine dernière, avant le match opposants les Bleus aux Néo-Zélandais.

Une autre équipe a également réagi au haka de façon mémorable : la France en 2011, quand les joueurs, main dans la main, ont formé un V et ont avancé jusqu’à la ligne médiane, ou bien contre le pays de Galles quand les joueurs les ont regardés fixement pendant quelques minutes afin de leur faire baisser les yeux.

Le Rugby Championship et le Super Rugby

Le “Rugby Championship” n'est ni plus ni moins que l'ancien tournoi des Tri-nations où la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Afrique du Sud ont été rejoints en 2011 par l'Argentine. Il va sans dire que le niveau est exceptionnel même si l'Argentine joue essentiellement les faire-valoir.

Chaque équipe affronte les trois autres dans une série de matchs aller-retour. La victoire est gratifiée de quatre points pour encourager le jeu offensif (le match nul rapporte néanmoins deux points). Comme si cela ne suffisait pas, des bonus sont distribués à raison d'un point pour quatre essais dans un même match ou pour une large victoire.

Si le Rugby Championship est considéré comme l'une des compétitions les plus relevées de la planète rugby, les statistiques sont largement en faveur des All Blacks.

Les Néo-Zélandais ont remporté les deux tiers des éditions, en livrant des matchs rudes mais fair-play.

L'ancien Super 15 a changé plusieurs fois de formule et s'appelle désormais très officiellement le “Super Rugby Pacific” et devrait conserver ce format jusqu'en 2030. Cette compétition internationale qui oppose 12 franchises néo-zélandaises, australiennes, et fidjiennes produit un niveau de jeu exceptionnel.

Certains la considèrent souvent comme plus passionnante qu'une coupe du monde qui rejoue la même partition tous les quatre ans !

L'incroyable popularité du Super Rugby tient à l'esprit très offensif de la compétition où l'on privilégie la vitesse au contact physique.

À ce jeu, les Crusaders de Christchurch possèdent le plus grand nombre de trophées remportés (7), mais le suspense demeure entier chaque année.

Disputée de février à août, la compétition comporte une première phase de poule qui débouche sur des rencontres à élimination directe en trois tours.

Équipe Ville Stade Places
Blues Auckland Eden Park 48000
Chiefs Hamilton Waikato Stadium 26000
Hurricanes Wellington Westpac Stadium 34500
Crusaders Christchurch Rugby League Park 18000
Highlanders Dunedin Forsyth Barr Stadium 30800

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