L'homophobie dans le football reste une problématique préoccupante, malgré les efforts déployés pour promouvoir l'inclusion et le respect. Certaines rencontres ont été momentanément interrompues par les arbitres en raison de chants et de comportements discriminatoires. Le milieu du football est donc à l'heure de l'autocritique.
Comment expliquer l’homophobie dans les stades ? Guillaume Erner reçoit Fabien Archambault, historien, maître de conférences à l’Université de Limoges. Il a co-dirigé le livre « Le football des nations », ed. de La Sorbonne ; auteur de « Le contrôle du ballon », ed. Ecole française de Rome.
Jeudi 29 août, la ligue de football professionnel a annoncé qu’elle réunirait, le 5 septembre, associations de lutte contre l’homophobie et de supporters.
Lutte contre l'homophobie: témoignage d'Ahmed, ivoirien
Perceptions et Attitudes en France
"Pédé", "tarlouze" ou "tapette"... Un Français amateur de football sur trois reconnait lancer des insultes homophobes devant un match de foot, d'après une étude Ipsos publiée jeudi 17 mai.
L'institut de statistiques Ipsos et Foot Ensemble, une association qui lutte contre l'homophobie dans le football, publient ce jeudi une étude intitulée : "Les Français et l'homosexualité dans le football". Les sondeurs ont interrogé 2.176 Français âgés de 16 à 75 ans sur la question de l'homophobie dans la société et dans le milieu du football.
Aujourd'hui, près de 7 Français sur 10 jugent qu'il est "difficile de vivre son homosexualité dans le milieu du football".
Selon l'étude, "cette difficulté à vivre son homosexualité dans le milieu du football s'explique notamment par des propos homophobes enracinés et banalisés, en particulier chez les amateurs de football". Et en effet, Un spectateur de match de foot sur trois (34%) "admet tenir des propos homophobes tels que 'pédé', 'tarlouze', 'tapette'" devant une rencontre. Quand la personne interrogée est en plus un joueur de football, le taux grimpe à plus d'un Français sur deux (58%).
Globalement, l'étude note que "plus l'investissement dans le football est grand, plus les propos homophobes sont dédramatisés voire relativisés".
L'étude souligne que si 27% des Français jugent ces insultes homophobes, seulement 12% des amateurs de football les caractérisent ainsi. "36% estiment que ces mots sont dits sans rapport avec l'homosexualité (vs. 30% des Français) et 15% les incluent dans le folklore du football".
L'homosexualité reste majoritairement acceptée dans le milieu du football, bien que 8% des Français considèrent "tout à fait inacceptable" l'homosexualité dans ce sport.
Il faut les tuer ces pédés » ; « Bande de pédés » ; « On va tous vous enculer » ; « Marseille, c’est des enculés ». Voilà le florilège de chants encore entendus dans les stades de Ligue 1 ou Ligue 2 ces dernières semaines, à l’Orange Vélodrome de Marseille, à Geoffroy-Guichard à Saint-Étienne ou au Parc des Princes à Paris.
Près de quatre ans après les actions entamées par Roxana Maracineanu, ex-ministre des Sports, les associations de lutte contre l’homophobie s’alarment du bruyant retour de ces chants.
Les stades français sont souvent le théâtre d’actes discriminatoires, ce fut encore le cas, le 26 janvier, lors du match de Ligue 1 entre Nice et l’OM. Si les instances disposent de règles face à ce type d’incidents, dans les faits leur utilisation reste très timorée.
L’article 549 du règlement des compétitions placées sous la tutelle de la Ligue de football professionnel (LFP) - la Ligue 1 et la Ligue 2 -, dit qu’un match peut être arrêté « à plusieurs reprises », voire « définitivement », en cas d’incidents graves ; de même qu’il ne peut, en théorie, reprendre « que si » ceux-ci « ont cessé ». Mais dans la pratique, cette disposition, apparue à la fin des années 2010, n’est que peu ou partiellement appliquée. Comme le 26 janvier, alors que Nice recevait l’Olympique de Marseille (OM) en championnat. Chants homophobes, remarques sexistes, banderoles racistes et injurieuses… Juste avant la 24e minute, l’arbitre, Eric Wattellier, a interrompu la rencontre, tandis que le speaker de l’Allianz Riviera exhortait les spectateurs en cause à en finir avec ces comportements prohibés. Puis la partie a repris quelques secondes plus tard. Comme les slogans offensants, qui ont retenti jusqu’au coup de sifflet final.

Enquête Chiffrée sur l'Homophobie dans le Sport en France
C'est la première fois que paraît une enquête chiffrée sur l'état de l'homophobie dans le sport en France : 922 acteurs sportifs (dont 199 footballeurs), évoluant en Aquitaine* ont été interrogés tout au long de l’année 2010/2011, ce qui correspond à la plus grande population jamais réunie dans une étude sur la thématique sport et homophobie au plan international.
Le résultat est affligeant mais était hélas prévisible : 50,6 % des sportifs hommes ont déclaré avoir des attitudes négatives envers les gays, ce qui est bien plus élevé que dans les milieux non-sportifs.
Les chiffres sont un peu moins élevés en ce qui concerne la position des sportives vis à vis des gay ; ou la position des deux sexes vis à vis des lesbiennes.
Plus le sportif est de haut niveau, s'il pratique un sport dit "masculin" ou s'il pratique un sport collectif, plus il est homophobe.
Dans un tel environnement, on peut comprendre qu'il y ait aussi peu d'homosexuels visibles dans le sport français : soit ils sont contraints de se cacher, soit ils sont victimes d'un phénomène de "plafond de verre".
Le sport, qui devrait porter les valeurs de respect, de diversité et éduquer à celles-ci, s'avère en fait une "fabrique d'intolérance" et un bastion des attitudes homophobes.
Cette problématique inquiète toute l'Europe et une conférence-débat sur le thème "Sports et discriminations" a été organisée le 22 septembre 2011 au Parlement Européen.
Cet événement réunissait des sportifs, des représentants des instances sportives et de la société civile, ainsi que des politiciens de l'Union ou de ses pays membres.
La problématique de l'homophobie dans le sport a constitué le centre des débats et a clairement été posée comme prioritaire.
Initiatives et Actions Contre l'Homophobie
Le 17 mai 2010 en réponse au refus du Créteil Bébel de jouer contre le PFG, Rama Yade, alors ministre des Sports proposait le lancement d'un plan d'action très ambitieux :
- la signature de la Charte contre l'homophobie par toutes les fédérations sportives,
- la mise en place d'un module de formation sur l'homophobie pour les éducateurs sportifs,
- une enquête nationale sur la question,
- et l'organisation en France d'une réunion du réseau européen FARE sur le thème de l'homophobie dans le football.
Au terme du court mandat de Chantal Jouanno qui l'a remplacée à ce poste, nous devons tirer un bien mauvais bilan :
- tout d'abord, il n'est plus question de politique de lutte contre l'homophobie. Cette problématique, bien présente et spécifique, a été "noyée" dans un plan général, et donc forcément flou, de lutte contre les discriminations.
- à part des effets d'annonce, nous sommes sans nouvelles des signatures de la Charte par les fédérations. Et la Fédération Française de Football n'a toujours pas signé.
- après un an et demi, le module de formation n'est toujours pas mis en place, car sa création piétine.
- l'enquête nationale sur l'homophobie dans le sport a bien été réalisée mais elle est restée dans les tiroirs du Ministère et n'a jamais été publiée. Comporterait -elle des vérités gênantes ?
- suite au refus du financement promis et à de multiples tracasseries administratives, la réunion FARE contre l'homophobie a dû être reportée sine die.
Puisque Monsieur Douillet, nouveau Ministre des Sports déclare ne pas être homophobe, nous lui demandons d'inscrire cette affirmation dans ses actes et de mettre en place une réelle et volontaire politique de lutte contre l'homophobie dans le sport.
« Le but final de cette enquête et des opérations de sensibilisation à la lutte contre l'homophobie est qu'un jeune footballeur homosexuel vive mieux dans son équipe et qu'il sente qu'il n'est plus tout seul... Je pense qu'on est à un tournant. » Théo Lequy veut y croire.
Membre de l'association Foot Ensemble, présidée par Yoann Lemaire, il rêve que l'homophobie, inhérente au football français, ne soit bientôt plus qu'un vieux souvenir. Et de fait, certains résultats d'une étude inédite réalisée par Foot Ensemble, décryptant les perceptions et attitudes des jeunes joueurs vis-à-vis de l'homosexualité, semblent aller dans ce sens.
Menée en partenariat avec la LFP et le Fondaction du football (Fonds de dotation du football français dédié aux actions de responsabilité sociétale depuis 2008), auprès de 1605 jeunes footballeurs de 12 à 19 ans (91 filles et 1514 garçons) issus de 32 centres de formation et préformation et de14 pôles espoirs, l'enquête (dévoilée ce mercredi) révèle des statistiques aussi inattendues qu'encourageantes : selon l'étude, près de 8 jeunes sur 10 (78 %) jugent l'homosexualité acceptable (1), tandis que 7 jeunes sur 10 sont favorables à ce qu'un joueur homosexuel puisse être leur capitaine (71 %).
Les répondants estiment en grande majorité qu'un coéquipier gay est un sportif comme un autre, quelqu'un de normal et/ou de courageux (78 %), qu'ils ne seraient pas hostiles à un coming out dans leur équipe (74 %), et seraient prêts à soutenir un coéquipier gay (76 %) en cas de problème.
Autre résultat satisfaisant : 67 % des joueurs jugent essentielle la lutte contre l'homophobie dans le football (et ce principalement via l'arrêt des matches en cas de propos homophobes et la sensibilisation des plus jeunes au sein des clubs), et 71 % pensent qu'il faudrait arrêter les chants homophobes dans les stades.
Autant de statistiques qui laissent entrevoir une sortie du tunnel grâce à la prochaine génération, sachant notamment que, selon l'étude, l'homosexualité est beaucoup plus tolérée chez les moins de 13 ans (86 % d'entre eux la jugent acceptable), que chez les ados en pleine puberté (64 %).
« Que les jeunes considèrent qu'un homo est un joueur comme un autre et qu'il pourrait porter le brassard de capitaine, fait vraiment très plaisir. Ça veut dire qu'on avance » Yoann Lemaire, président de l'association Foot Ensemble, initiateur de l'étude.
« Nous avons été surpris d'avoir autant de réponses au questionnaire (soumis sur la base du volontariat et de l'anonymat) et que certains de ces résultats soient aussi positifs, se satisfait Yoann Lemaire, président de l'association Foot Ensemble, initiateur de l'étude. Que les jeunes considèrent qu'un homo est un joueur comme un autre et qu'il pourrait porter le brassard de capitaine, fait vraiment très plaisir. Ça veut dire qu'on avance.
D'autant plus qu'au-delà de ces résultats, qu'ils soient jugés fiables ou pas, le fait même qu'une telle enquête ait pu être menée sur les sujets de l'homosexualité et de l'homophobie, si longtemps tabous et rejetés dans les centres de formation, suggère que le travail de sensibilisation mené depuis plus de six ans auprès des jeunes par la LFP et le Fondaction du Football (via son programme Open Football Club) commence à porter ses fruits.
Mais Yoann Lemaire, ancien footballeur homosexuel, est aussi bien placé pour savoir que ces statistiques avantageuses ne trompent personne sur une réalité terrain encore très sombre...
Si les chiffres sur « l'acceptabilité » de l'homosexualité rassurent, l'enquête révèle paradoxalement qu'une majorité de jeunes estiment que faire son coming out reste courageux, difficile voire dangereux (79 %), qu'ils ont des coéquipiers homophobes dans leur équipe (51 %), et que les homosexuels sont plus souvent victimes d'insultes, de moqueries et de violences que les hétéros (83 %).
Et ils sont aussi nombreux à qualifier un joueur homosexuel de « dégoûtant », « faible », « efféminé » ou « obsédé sexuel » (30 %), à admettre qu'ils seraient gênés de prendre leur douche en leur présence (43 %) et qu'ils ont déjà tenu des propos homophobes tels que « PD », « tarlouze » ou « tapette » au cours d'un match, d'un entraînement ou en tribune (42 %).
S'il estime à 12 % « seulement » le pourcentage de répondants au questionnaire s'affichant comme clairement homophobes, il précise qu'il s'agit souvent « d'une minorité de joueurs virulents et extrêmement influents sur le reste du groupe ».
Il confie aussi que « dans certains clubs de L1 (qu'il ne veut pas nommer), les résultats de l'étude sont catastrophiques. Le travail à faire reste immense si on veut qu'un jour des jeunes osent enfin faire leur coming out. » Et, visiblement, on en est loin.
Parce que s'il l'était, un joueur âgé de 25 ans (Presnel Kimpembe, défenseur du PSG), sacré champion du monde en 2018 et formé dans le club le plus médiatique de France, n'aurait jamais traité ses adversaires de « Bande de tapettes ! » (dimanche dernier, envers le banc rennais, suite à son exclusion), comme on brandit l'insulte suprême.
Les arbitres et délégués de match pourront porter un brassard arc-en-ciel, également proposés aux personnes des clubs présentes au bord des terrains et aux journalistes TV.
Mobilisation des Joueurs Professionnels
Trente-deux joueurs professionnels se sont mobilisés dans un clip, parmi lesquels José Fonte (Losc), Arkadiusz Milik (Marseille), Ander Herrera (PSG), Mathieu Debuchy (Saint-Étienne), Jimmy Briand (Bordeaux), Andy Delort (Montpellier), Morgan Schneiderlin (Nice) ou encore Bruno Guimaraes (Lyon).
« Je trouve que le milieu du foot est encore très archaïque sur la question de l'homosexualité, nous confie Fabien Onteniente, qui a réalisé le clip bénévolement. Moi, j'ai commencé le cinéma dans les années 80 et j'ai toujours été entouré de personnes gays, ce qui est tout à fait naturel. Alors, j'ai envie que le football soit plus ouvert. Il n'y a pas de raison que des jeunes joueurs aient honte de dire qu'ils sont homosexuels. Autant jouer franc jeu et que le foot rayonne pleinement, avec des gens heureux. Parce que le cacher rend malheureux. »

Réponse Ministérielle et Actions Gouvernementales
Sensibiliser, former et, quand cela est nécessaire, sanctionner, sont les trois domaines d’actions qui permettent de lutter contre les LGBT+phobies dans le sport et de favoriser une pratique sportive inclusive. Le sport est en effet un puissant vecteur d’égalité, de fraternité et de diversité.
Le ministère chargé des Sports poursuit depuis plusieurs années une politique forte de prévention des discriminations, avec l’appui de tous les acteurs du mouvement sportif français, et mène des actions concrètes de sensibilisation, d’éducation et de pédagogie, au quotidien, pour faire du monde du sport un lieu d’épanouissement, de partage et de respect.
Faire mieux comprendre les enjeux d’une inclusion respectueuse de chacun, permettre à tous l’accès au sport et aux enceintes sportives, sensibiliser et former les éducateurs, les pratiquants et les dirigeants, modifier les règlements pour prendre en compte le respect de l’identité de genre font partie des engagements portés par le Gouvernement, notamment dans la perspective de l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
Financement d’actions de sensibilisation envers les sportifs et les encadrants au sein du réseau Grand INSEP (INSEP, CREPS, écoles nationales…), de plusieurs pôles France ou de centres de formation de clubs professionnels, en lien avec le mouvement sportif.
Dans le cadre de l’Instance nationale du supportérisme qui réunit les associations de supporters et les acteurs du monde sportif, le ministère chargé des Sports a mandaté une étude conduite par le cabinet Mouvens afin de dresser un état des lieux précis des discriminations dans les enceintes sportives et identifier des leviers d’actions pour prévenir ces discriminations avec l’ensemble des acteurs concernés.
Enfin, un groupe de travail impliquant des associations, des chercheurs, des sportifs, des dirigeants et des parlementaires, vient d’être constitué pour spécifiquement traiter de l’inclusion des personnes trans dans les clubs sportifs.
Dans le cadre de la nouvelle campagne de délégation portant sur la période 2021-2024, le ministère chargé des Sports confie à chaque fédération sportive délégataire de service public des prérogatives nouvelles liées à la protection de l’intégrité et à l’éthique. Aussi, chacune devra se doter d’une stratégie nationale fortement soutenue par le ministère chargé des Sports pour favoriser un sport citoyen, inclusif et responsable.
Pour construire et évaluer leurs objectifs, les fédérations sportives pourront s’appuyer sur un référentiel Afnor actuellement en co-construction avec le ministère.
La Fondation FIER, créée en 2015 sous l’égide de la fondation Agir contre l'exclusion, pour présenter ses 17 préconisations sur les axes de lutte contre toute forme de discriminations dans le sport.
Le changement des comportements est l’affaire de tous. Le mouvement sportif, les fédérations et ligues professionnelles, les clubs aussi bien sûr, sont les acteurs centraux de ce changement, aux côtés des pouvoirs publics, des collectivités et des partenaires privés, comme des médias.
Perceptions Européennes de l'Homophobie dans le Football
De nombreux supporters estiment que les préjugés anti-gay sont répandus dans le football masculin et qu’ils constituent un problème majeur.
En 2022, une étude de YouGov au Royaume-Uni a examiné les perceptions concernant l'homophobie dans le football professionnel. En prévision des annonces attendues en Allemagne, nous avons réitéré cette étude dans les cinq plus grands pays footballistiques d'Europe - le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne.
Les supporters allemands sont les moins susceptibles de penser que l'homophobie est répandue dans le football professionnel de leur pays. 40% affirment que le phénomène est « très » ou « plutôt » courant, contre 48% qui pensent le contraire.
En revanche, les supporters français sont les plus susceptibles de croire que l'homophobie est répandue dans le football, à 58% - seulement 31% ne sont pas d'accord. Les supporters britanniques sont divisés - 46% pensent que c'est répandu, contre 45% qui pensent l'inverse.
Les supporters français sont également les plus enclins à considérer l'homophobie comme un problème majeur dans le football professionnel, à 67% - dont 38% qui jugent qu'il s'agit d'un très gros problème.
Les supporters allemands et britanniques sont les moins susceptibles de considérer l'homophobie comme un problème dans le sport professionnel, bien que les opinions soient partagées.
De nombreux fans estiment que l'homophobie est un problème répandu dans le sport, mais ils considèrent que la situation s'est améliorée au cours de la dernière décennie.
Les supporters britanniques en particulier pensent que les choses se sont améliorées au cours des dix dernières années (55%), contre 43 à 46% dans les autres pays étudiés.
Les supporters français sont les plus susceptibles de dire que l'homophobie s'est en fait aggravée dans le sport au cours des dix dernières années, à hauteur de 29%.
Dans chaque pays, les supporters estiment généralement que la réaction la plus négative viendra des supporters des équipes adverses. C'est particulièrement vrai en Grande-Bretagne (56%).
En revanche, en Espagne, les supporters sont presque aussi susceptibles de penser que les fans adverses auront une réaction positive (33%) que négative (29%) - et 35% s'attendent à une réaction neutre.
Dans les cinq pays, les supporters s'attendent majoritairement à ce que les coéquipiers des joueurs homosexuels réagissent positivement, les supporters britanniques étant les plus nombreux (71%) à envisager une réaction positive dans le vestiaire.
On observe une grande diversité de points de vue entre les supporters des différents pays.
Les supporters britanniques sont les plus enclins à penser que la réaction des médias est une raison qui décourage les footballeurs de révéler leur homosexualité, à 60%, contre 25 à 39% dans les autres pays étudiés.
De plus, on constate que 56% des fans britanniques pensent que les réactions des supporters d'autres équipes sont une raison majeure - un chiffre encore une fois plus important que dans les autres pays (32 à 45%).
En revanche, seuls 11% des supporters britanniques pensent que la réaction du club du joueur est une des raisons principales, alors qu'il s'agit de l'une des hypothèses les plus souvent évoquées dans tous les autres pays, en particulier en Italie (47%).
Les supporters allemands sont particulièrement enclins à penser que la réaction potentielle des supporters des autres équipes (45%) et de leur propre club (41%) fait hésiter les joueurs homosexuels à révéler leur sexualité, tandis que les supporters français et espagnols sont à peu près aussi nombreux à rejeter la faute sur les supporters des deux camps, les clubs et les médias.
Les supporters français sont les plus nombreux à anticiper ce type de révélations (48%).
Paradoxalement, compte tenu des annonces attendues vendredi, les supporters allemands sont les moins nombreux à penser que des joueurs révéleront leur homosexualité au cours des 12 prochains mois (38%).
Tableau Récapitulatif des Perceptions Européennes
| Pays | Homophobie Répandue | Homophobie Problème Majeur | Situation S'est Améliorée | Situation S'est Aggravée |
|---|---|---|---|---|
| France | 58% | 67% | 43% | 29% |
| Royaume-Uni | 46% | Partagée | 55% | Moins |
| Allemagne | 40% | Partagée | Moins | Moins |
| Italie | N/A | N/A | N/A | N/A |
| Espagne | N/A | N/A | N/A | N/A |
Ce tableau résume les principales perceptions de l'homophobie dans le football professionnel à travers différents pays européens, mettant en évidence les différences et les similitudes dans les opinions des supporters.
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