Le hockey est indissociable de l’image du Canada. C’est d’ailleurs surprenant qu’un sport, réputé pour être violent, soit le porte étendard d’un pays connu, lui, pour son accueil chaleureux et jovial ! Comment est-ce possible ? Le hockey a récemment été consacré par le gouvernement canadien comme le "sport national d'hiver", tandis que la crosse en est le pendant estival. Cette reconnaissance officielle confirme ce que beaucoup savaient déjà.
Au Québec, l’attachement au hockey revêt une dimension particulière, transcendant les barrières linguistiques et culturelles, unissant francophones et anglophones dans une même passion. Ce sport influence le quotidien des Canadiens. Dans les rues de Montréal ou Toronto, il est courant de croiser des passants arborant fièrement les couleurs de leur équipe favorite.
Cependant, peu de gens connaissent réellement l'histoire du hockey, en particulier ses origines et les premières organisations. Cet article vise à explorer le développement du hockey depuis ses débuts jusqu'à la création de la LNH, en mettant l'accent sur les aspects montréalais et les relations entre les communautés anglophones et francophones au sein de ce sport.

Une scène de hockey sur glace.
Les Origines du Hockey à Montréal
Il est quasiment impossible de savoir d’où vient ce sport. Les spécialistes pensent qu’il vient certainement de jeux très anciens comme le « gouret ». Cet ancien jeu de bâton était pratiqué par les Gaulois. Ils émettent aussi l’hypothèse que le Hockey serait la réunion de plusieurs sports, dont le Shinty, le Bazhig Kamm ou encore le Hurling.
Son nom viendrait du mot français « hoquet » qui désigne la crosse du berger. Bref, à l’image des Canadiens, ce sport serait un véritable melting-pot ! Ce que l’on sait avec certitude, par contre, c’est que les règles de ce jeu furent établies en 1877. Ce sont des étudiants de l’Université McGill qui les rédigèrent.
Le 3 mars 1875, le journal The Gazette publiait un article annonçant la première démonstration publique d'un nouveau jeu appelé "hockey". Cette activité était pratiquée par un petit groupe de jeunes, principalement des étudiants de l'Université McGill. Selon l'article, on a affaire à un groupe qui pratique ce jeu depuis quelque temps déjà. Mais ces jeunes durent apporter quelques modifications à leur nouveau jeu.
Pour cette première partie en patinoire intérieure, un bloc de bois remplaçait la balle de crosse. Puisqu'il y avait des fenêtres le long de l'édifice, et qu'il n'y avait pas de bande le long de la surface glacée, il fallait trouver un objet avec lequel on ne risquait pas de blesser un spectateur, ni de briser les vitres. Les buts de crosse, constitués de deux bâtons fixés dans la glace, étaient utilisés sans filet ni barre transversale. De plus, le jeu de passe arrière était autorisé, suivant les règles du rugby. Une innovation majeure par rapport aux autres jeux de balle et bâton britanniques était l'introduction d'un gardien de but, utilisant les buts de la crosse. Chaque équipe comptait neuf joueurs.
Voici un extrait de l'annonce dans The Gazette du 3 mars 1875 :
Victoria Rink - A game of hockey will be played at the Victoria Skating Rink this evening between two nines chosen from among the members. Good fun may be expected, as some of the players are reputed to be exceedingly expert at the game.
Un autre extrait du journal The Gazette rapportant les faits saillants du premier match de hockey:
Hockey - At the Rink last night a very large audience gathered to witness a novel contest on the ice. [...] The game is like lacrosse in one sense - the block having to go through flags placed about 8 feet apart in the same manner as the rubber bail - but in the main the old country game of shinty gives the best idea of hockey.
James George Aylwin Creighton : Un Pionnier
Parmi les noms cités par The Gazette, James George Aylwin Creighton est particulièrement important. Originaire de Halifax, il s'installe à Montréal en 1872. Selon Henry Joseph, un autre joueur de cette partie historique, Creighton est à l'origine du hockey montréalais. Bien que le hockey existât déjà à Halifax sous une forme de shinny, Creighton transforma ce jeu à Montréal. Plus tard, à Ottawa, il forma une équipe de fonctionnaires fédéraux, les Rideau Rebels. Certains historiens soutiennent que Creighton a importé le hockey de Halifax, mais d'autres affirment que les deux formes étaient distinctes. Quoi qu'il en soit, Creighton est souvent considéré comme le père du hockey.
Depuis, l’amour des Canadiens pour le Hockey ne s’est jamais démenti. Ils demeurent, d’ailleurs, à ce jour, une des meilleures nations de hockeyeurs. La Ligue nationale compte aujourd’hui environ 90 % de joueurs canadiens !
L'Expansion du Hockey grâce au Carnaval de Montréal
Le hockey resta confiné à un petit groupe jusqu'au début des années 1880, lorsque le Carnaval de Montréal contribua à son expansion. Lancé par les clubs de raquettes anglophones pour promouvoir la ville, le carnaval organisa le premier tournoi de hockey d'une semaine. Lors du premier tournoi, trois équipes étaient présentes : l'Université McGill, les Victorias de Montréal et Québec. En 1885, le tournoi comprenait des équipes telles que les Victorias de Montréal, le Montreal Hockey Club, l'Université McGill, les Crystals de Montréal et Ottawa. L'Université McGill remporta le premier trophée jamais offert pour le hockey.
Le Carnaval de Montréal a joué un rôle clé dans la popularisation du hockey.
Les Premières Ligues Organisées
En décembre 1886, les équipes qui s'étaient affrontées la saison précédente créèrent l'Amateur Hockey Association of Canada (AHAC), la première ligue avec un calendrier de parties confirmé. Cinq équipes y participèrent : Crystals, M.A.A.A., McGill, Victorias et Ottawa. Québec rejoignit la ligue en 1890. Régulièrement, la ligue comptait quatre équipes de Montréal, en plus des équipes d'Ottawa et de Québec. Le tournoi du Carnaval de Montréal structura l'organisation du hockey et popularisa le jeu tel que pratiqué à Montréal.
En 1883, Québec se présenta à Montréal avec seulement sept joueurs, ce qui obligea les autres équipes à réduire leur formation. Le comité organisateur de 1884 établit un règlement reconnaissant le jeu à sept joueurs, ce qui ne plut pas à tous, notamment à l'équipe de McGill.

Lord Stanley of Preston
La Coupe Stanley
En 1893, le Gouverneur-Général du Canada, Lord Stanley, voulut récompenser le champion canadien avec un trophée appelé "Dominion Hockey Challenge Trophy", plus tard connu sous le nom de Coupe Stanley. Bien que la ligue possédât déjà son propre trophée, le "Canadian Senior Amateur Cup", ce nouveau trophée serait disputé entre les champions de ligue à travers le Canada. Les Senators d'Ottawa étaient les favoris, mais c'est le M.A.A.A. qui remporta le championnat et la coupe. La première partie disputée pour la Coupe Stanley eut lieu en 1894, où le M.A.A.A. affronta et battit les Capitals d'Ottawa.
Lord Stanley stipula que l'équipe détentrice devait remettre le trophée au champion de sa ligue si elle ne terminait pas au premier rang. La Coupe Stanley était alors disputée par des défis tout au long de la saison. À compter de 1914, seules deux ligues se disputaient la coupe Stanley, l'Association Nationale de Hockey et la Pacific Coast Hockey League. Après la disparition de la PCHL en 1926, la LNH hérita des joueurs et de la possession incontestée de la Coupe Stanley.
Voici les conditions préliminaires de Lord Stanley pour la gestion de la coupe :
- The winners to give bond for the return of the cup in good order when required by the trustees for the purpose of being handed to any other team who may in turn win.
- Each winning team to have at their own charge engraved on a silver ring fitted on the cup for the purpose the name of the team and the year won.
- The cup shall remain a challenge cup, and will not become the property of any team, even if won more than once.
- In case of any doubt as to the name of any club to claim the position of champions, the cup shall be awarded by the trustees as they may think right, their decision being absolute.
- Should either trustee resign or otherwise drop out, the remaining trustee shall nominate a substitute.
La ligue possède son propre trophée, le "Canadian Senior Amateur cup", mais ce nouveau trophée sera débattu entre les champions de ligue à travers le Canada. Comme l'équipe favorite du Gouverneur-Général, les Senators d'Ottawa, ont une bonne chance de remporter le championnat de l'a.h.a.c., la coupe Stanley sera décernée aux champions de cette ligue. Malheureusement, le m.a.a.a. remporte le championnat et la coupe.
Tableau Récapitulatif des Équipes et leurs Affiliations
| Équipe | Ville | Affiliation |
|---|---|---|
| Université McGill | Montréal | AHAC |
| Victorias de Montréal | Montréal | AHAC |
| Wanderers de Montréal | Montréal | AHAC |
| Crystals de Montréal | Montréal | AHAC |
| Montreal Hockey Club (M.A.A.A.) | Montréal | AHAC |
| Ottawa Senators | Ottawa | AHAC |
| Québec Hockey Club | Québec | AHAC |
Le Hockey Universitaire au Canada : Le CIS
Le CIS (Sport Interuniversitaire Canadien) est le circuit sportif universitaire canadien, équivalent à la NCAA étasunienne. Le hockey y est bien évidemment présent, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Le Canada est un immense pays, c’est pourquoi le CIS est divisé en championnats régionaux. Parmi la cinquantaine d’universités membres du circuit, trente-cinq équipes masculines participent au championnat de hockey et elles sont donc réparties dans trois conférences géographiques. Huit équipes participent à l’AUS (Atlantic University Sports) qui regroupe les universités des provinces maritimes du Canada (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse et Île du Prince Edward). Huit équipes participent à CanadaWest qui regroupe des universités provenant du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.
Les trois conférences sont indépendantes. Il n’y a aucun match inter-conférence durant la saison. Les équipes sont en lice pour atteindre les playoffs de leur conférence et se disputer le titre régional. Pour l’AUS et CanadaWest les six premiers se disputent la course à la coupe et les deux premiers de la saison régulière sont qualifiés directement pour les demi-finales.
Toutes les équipes disputent vingt-huit rencontres de saison régulière. Elle démarre au mois d’octobre et est divisée en deux parties, entrecoupées d’une pause au mois de décembre afin que les joueurs-étudiants puissent se concentrer sur les examens du semestre d’automne. La deuxième partie de saison régulière ainsi que les séries éliminatoires se déroulent de janvier à mars. Le mois d’avril est consacré aux examens du semestre d’hiver des universités.
À la fin de chaque saison, les meilleures équipes du circuit s’affrontent dans un tournoi sur un week-end : la coupe de l’Université. Les vainqueurs de l’AUS, l’OUA et CanadaWest ainsi que l’université hôte s’affrontent sur quatre jours. Après trois jours de phase de poule et trois matches par participante, les deux meilleures équipes s’affrontent en finale. C’est l’Université de McGill de Montréal qui a remporté la coupe en 2012. Le tournoi était organisé par l’Université du Nouveau-Brunswick, à Fredericton.
Bien que disposant de moyens inférieurs aux voisines étasuniennes, les universités canadiennes sont bien structurées. Il existe évidemment des disparités en termes de structures et de moyens au sein du CIS. Les équipes disposent d’un staff composé d’un entraîneur-chef et d’un ou plusieurs entraîneurs assistants. L’aspect médical n’est pas laissé au hasard non plus avec du personnel à la disposition des joueurs. Au niveau des infrastructures, la plupart des universités disposent de leur propre patinoire sur le campus.
La quasi-totalité des joueurs du circuit provient du hockey junior canadien. On y trouve donc surtout des joueurs ayant évolué dans le junior majeur, qui ne sont donc pas éligibles pour la NCAA, et des joueurs issus du junior A canadien, qui sont eux éligibles pour la NCAA. Le circuit ne comporte actuellement aucun joueur français. Les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa ont accueilli ces dernières années Lucas Bini (Mulhouse) et Thomas Baubriau (Anglet). Pierre-Yves Albert (Cholet) est lui passé par l’Université du Québec à Trois-Rivières quelques années auparavant.
Pour trouver des joueurs d’origine française, il faut se tourner vers le championnat féminin ! En effet, quatre internationales françaises sont inscrites dans un programme à l’Université de Montréal. Elles évoluent avec les Carabins dans le RSEQ.
Le niveau du circuit est globalement sous-estimé, notamment en raison de l’absence de communication et de promotion effectuée autour de la compétition. De nombreuses rencontres sont néanmoins diffusées en ligne chaque semaine. L’ombre du circuit étasunien est également un obstacle.
L’équipe du Canada U20 a disputé deux rencontres à Calgary, au mois de décembre, face à l’Université de l’Alberta (1-4) et à une sélection de joueurs de CanadaWest (2-0) afin de procéder à la sélection finale pour les championnats du monde à Oufa en Russie. L’opposition proposée par les joueurs du CIS a impressionné de nombreux observateurs, poussant même certains journalistes à suggérer que les équipes d’AHL devraient s’intéresser d’un peu plus près aux joueurs du circuit universitaire canadien.
À titre de d’information, à la pause de décembre, le top 10 du CIS était le suivant :
- University of Alberta (CanadaWest)
- Acadia University (AUS)
- University of Saskatchewan (CanadaWest)
- University of New-Brunswick (AUS)
- University of Western Ontario (OUA)
- Université du Québec à Trois-Rivières (OUA/RSEQ)
- Saint Mary’s University (AUS)
- University of Windsor (OUA)
- University of Manitoba (CanadaWest)
L'Université de Montréal et le Hockey
L'Université de Montréal (UdeM), institution canadienne francophone de renom au Québec, offre un cadre de vie urbain idéal en plein cœur de Montréal. Stratégiquement située sur le mont Royal, l'UdeM propose une ambiance à la fois studieuse et festive, évoquant un véritable campus à l’américaine, mais francophone. Matchs de sport, cafés étudiants, vie associative et culturelle, toutes les conditions sont réunies pour vivre la parfaite expérience étudiante !
La communauté UdeM est multiculturelle, polyglotte et inclusive : un étudiant sur quatre vient de l’international. Que ce soit pour les logements, la santé, l’expérience étudiante, l’aide aux financements des études, les démarches administratives ou la panoplie de services offerts aux étudiants sur le campus, l’Université de Montréal fait figure de petite cité dans une grande ville.
L'influence du hockey à Montréal, et plus particulièrement à l'Université de Montréal, est un sujet fascinant qui mérite d'être exploré en détail. Cet article se propose d'examiner les liens étroits entre le hockey et l'UdeM, en mettant en lumière l'importance de ce sport dans la vie étudiante et la communauté montréalaise.
L'Université de Montréal, avec son équipe de hockey, les Carabins, joue un rôle important dans le RSEQ (Réseau du sport étudiant du Québec). Les Carabins sont une source de fierté pour l'université et la communauté étudiante, et leurs performances sportives contribuent à renforcer l'esprit d'équipe et le sentiment d'appartenance.
L'importance du hockey à l'Université de Montréal ne se limite pas aux performances sportives de l'équipe. Le hockey est également un élément important de la culture étudiante, et les matchs des Carabins sont des événements populaires qui attirent de nombreux spectateurs. De plus, le hockey peut jouer un rôle important dans le développement des compétences de leadership et de travail d'équipe chez les étudiants qui pratiquent ce sport.
Au-delà de l'université, le hockey est un élément central de l'identité montréalaise. Les Canadiens de Montréal, l'équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) de la ville, sont une institution vénérée, et leur histoire est intimement liée à celle de la ville. L'engouement pour le hockey à Montréal se manifeste par une forte participation aux matchs, une couverture médiatique importante et une passion palpable dans les conversations quotidiennes.
Hockey 101 : comprendre le sport national du Canada
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