Le hockey sur glace, sport national emblématique du Canada, captive des millions de passionnés à travers le monde. Son histoire riche et complexe, jalonnée d'évolutions et d'innovations, mérite d'être explorée en détail. Au Québec, l’attachement au hockey revêt une dimension particulière, transcendant les barrières linguistiques et culturelles, unissant francophones et anglophones dans une même passion. Ce sport influence le quotidien des Canadiens. Dans les rues de Montréal ou Toronto, il est courant de croiser des passants arborant fièrement les couleurs de leur équipe favorite.
L’histoire du hockey sur glace au Canada remonte au 19e siècle. Ce jeu, initialement pratiqué sur les lacs gelés par quelques téméraires, s’est progressivement institutionnalisé pour devenir le sport-roi.
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Les Origines Lointaines: Du Kolf au Bandy
Bien qu'une distraction, rappelant le golf moderne mais se déroulant sur la glace, nommée kolf, était populaire aux Pays-Bas au XVIIe siècle, l'ancêtre direct du hockey sur glace est généralement considéré comme étant le bandy. Ce jeu, pratiqué en Grande-Bretagne dès le début du XIXe siècle, opposait deux équipes sur des étendues gelées, qui frappaient une balle en bois ou en liège avec des crosses taillées dans du bois de saule.

Bandy
L'Émergence au Canada: Des Soldats aux Étudiants
C'est au Canada que le hockey sur glace a véritablement pris son essor. À partir de 1855, des soldats britanniques en garnison à Halifax (Nouvelle-Écosse) organisèrent des parties de hockey sur les lacs gelés. Durant les années 1870, les étudiants de l'université McGill de Montréal adoptèrent ce sport.
Que s'est-il passé le 3 mars 1875 à Montréal ?
Le 3 mars 1875, le journal The Gazette publiait un article annonçant la présentation publique d'un nouveau jeu appelé "hockey". C'était alors la première démonstration publique de cette activité pratiquée jusqu'alors seulement par un petit groupe de jeunes gens, pour la plupart étudiants de l'Université McGill. Selon l'article, on a affaire à un groupe qui pratique ce jeu depuis quelque temps déjà. Mais ces jeunes durent apporter quelques modifications à leur nouveau jeu.
Cette partie devait se produire sur une patinoire intérieure pour la première fois, on décida d'utiliser un bloc de bois en remplacement de la balle de crosse. Puisqu'il y avait des fenêtres le long de l'édifice, et qu'il n'y avait pas de bande le long de la surface glacée, il fallait trouver un objet avec lequel on ne risquait pas de blesser un spectateur, ni de briser les vitres. La balle, utilisée sur les patinoires extérieures, avait tendance à bondir souvent. De plus, on avait introduit les buts de la crosse, à savoir deux bâtons fixés dans la glace d'une hauteur de six pieds et séparés l'un de l'autre de six pieds. Il n'y avait donc pas de filet, ni de barre transversale, et l'arbitre ainsi que les juges de but devaient décider si le but compté était valide ou non. Une autre nouveauté était le jeu de passe arrière puisque l'on utilisait les règlements du rugby, où la passe avant est interdite.
Finalement, on avait introduit une nouveauté par rapport aux autres jeux de balle et bâton britanniques connus jusque là, soit le bandy anglais, le hurling irlandais et le shinny écossais : aucun de ces jeux ne possédait un gardien de but. Utilisant les buts de la crosse, il devenait naturel d'utiliser aussi le gardien de but de crosse. Chaque équipe possédait neuf joueurs. Ce fut à partir de ces débuts modestes que le hockey commença son entrée dans le monde canadien.
La Première Ligue et la Coupe Stanley
La première ligue de hockey sur glace vit le jour en 1885 à Kingston (Ontario). Le sport devint rapidement populaire au Canada, avec des rencontres régulières entre les clubs de Montréal, Ottawa et Toronto. En 1892, Lord Stanley of Preston, gouverneur général du Canada, décida d'offrir une coupe en argent à la meilleure équipe chaque année. La Coupe Stanley était née, symbole ultime de la domination dans le monde du hockey.

Lord Stanley of Preston
Le Développement en Europe
Le hockey sur glace commença également à se développer en Europe. Pierre de Coubertin en encouragea la pratique dès 1891.
L'essor du professionnalisme en Amérique du Nord
En 1904, la première ligue professionnelle, la Pro Hockey League, fut créée aux États-Unis, avant d'être remplacée en 1907 par la National Hockey Association (N.H.A.). Une ligue concurrente, la Pacific Coast League (P.C.L.), naquit peu après. En 1914, un championnat réunissant les deux ligues fut organisé, le vainqueur se voyant attribuer la coupe offerte par Lord Stanley. La N.H.A. fut supplantée par la National Hockey League (N.H.L.), qui organisa son premier match le 19 décembre 1917. Les Toronto Arenas remportèrent en 1918 le premier Championnat de la N.H.L. et enlevèrent la Coupe Stanley en dominant les Vancouver Millionaires, lauréats de la compétition de la P.C.L. La P.C.L. disparut en 1926, laissant la N.H.L. régner sans partage sur le hockey sur glace en Amérique du Nord.
L'Organisation du Hockey Amateur
Parallèlement, la Ligue internationale de hockey sur glace avait été créée le 16 mai 1908 à Paris par la France, la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne, avec pour président le Français Louis Magnus, champion de patinage artistique et journaliste. Un Championnat d'Europe fut organisé en 1910, tandis que le Championnat du monde allait voir le jour en 1930.
Le Hockey aux Jeux Olympiques
Dès 1914, le Comité international olympique accepta qu'un tournoi de hockey sur glace soit organisé à l'occasion des Jeux prévus à Berlin en 1916. Bien que ces Jeux furent annulés, le hockey sur glace fit bien partie du programme des VIes Jeux Olympiques (d'été) qui se déroulèrent à Anvers en 1920. Le Canada (en fait l'équipe des Winnipeg Falcons) remporta le titre en battant les États-Unis par 2 buts à 0.
La Domination Canadienne et l'Ascension Soviétique
Même si les professionnels ne participaient pas aux Jeux, les Canadiens dominèrent régulièrement le tournoi olympique, jusqu'à l'arrivée des Soviétiques qui, dès leur première participation en 1956, obtinrent la médaille d'or après avoir battu Américains (4-0) et Canadiens (2-0).
Le Hockey, un Sport Médiatique en Europe
Le hockey sur glace devint un sport médiatique en Europe en 1968, à l'occasion des Jeux de Grenoble.
Le CIS (SIC) : Sport Interuniversitaire Canadien
Le CIS (ou SIC, pour Sport Interuniversitaire Canadien dans sa version francophone) est le circuit sportif universitaire canadien, équivalent à la célèbre NCAA étasunienne, qui regroupe une multitude de sports individuels et collectifs. Le hockey y est bien évidemment présent, aussi bien chez les hommes que chez les femmes.
Le Canada est un immense pays, près de quinze fois plus grand que la France, c’est pourquoi le CIS est divisé en championnats régionaux. Parmi la cinquantaine d’universités membres du circuit, trente-cinq équipes masculines participent au championnat de hockey et elles sont donc réparties dans trois conférences géographiques.
- Huit équipes participent à l’AUS (Atlantic University Sports) qui regroupe les universités des provinces maritimes du Canada (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse et Île du Prince Edward).
- Huit équipes participent à CanadaWest qui regroupe des universités provenant du Manitoba, de la Saskatchewan, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique.
Les trois conférences sont indépendantes. Il n’y a aucun match inter-conférence durant la saison. Les équipes sont en lice dans pour atteindre les playoffs de leur conférence et se disputer le titre régional. Pour l’AUS et CanadaWest les six premiers se disputent la course à la coupe et les deux premiers de la saison régulière sont qualifiés directement pour les demi-finales.
Toutes les équipes disputent vingt-huit rencontres de saison régulière. Elle démarre au mois d’octobre et est divisée en deux parties, entrecoupées d’une pause au mois de décembre afin que les joueurs-étudiants puissent se concentrer sur les examens du semestre d’automne. La deuxième partie de saison régulière ainsi que les séries éliminatoires se déroulent de janvier à mars. Le mois d’avril est consacré aux examens du semestre d’hiver des universités.
À la fin de chaque saison, les meilleures équipes du circuit s’affrontent dans un tournoi sur un week-end : la coupe de l’Université. Les vainqueurs de l’AUS, l’OUA et CanadaWest ainsi que l’université hôte s’affrontent sur quatre jours. Après trois jours de phase de poule et trois matches par participante, les deux meilleures équipes s’affrontent en finale. C’est l’Université de McGill de Montréal qui a remporté la coupe en 2012. Le tournoi était organisé par l’Université du Nouveau-Brunswick, à Fredericton.
Bien que disposant de moyens inférieurs aux voisines étasuniennes, les universités canadiennes sont bien structurées. Il existe évidemment des disparités en termes de structures et de moyens au sein du CIS. Les équipes disposent d’un staff composé d’un entraîneur-chef et d’un ou plusieurs entraîneurs assistants. L’aspect médical n’est pas laissé au hasard non plus avec du personnel à la disposition des joueurs. Au niveau des infrastructures, la plupart des universités disposent de leur propre patinoire sur le campus.
La quasi-totalité des joueurs du circuit provient du hockey junior canadien. On y trouve donc surtout des joueurs ayant évolué dans le junior majeur, qui ne sont donc pas éligibles pour la NCAA, et des joueurs issus du junior A canadien, qui sont eux éligibles pour la NCAA. Le circuit ne comporte actuellement aucun joueur français. Les Gee-Gees de l’Université d’Ottawa ont accueilli ces dernières années Lucas Bini (Mulhouse) et Thomas Baubriau (Anglet). Pierre-Yves Albert (Cholet) est lui passé par l’Université du Québec à Trois-Rivières quelques années auparavant.
Pour trouver des joueurs d’origine française, il faut se tourner vers le championnat féminin ! En effet, quatre internationales françaises sont inscrites dans un programme à l’Université de Montréal. Elles évoluent avec les Carabins dans le RSEQ.
Le niveau du circuit est globalement sous-estimé, notamment en raison de l’absence de communication et de promotion effectuée autour de la compétition. De nombreuses rencontres sont néanmoins diffusées en ligne chaque semaine. L’ombre du circuit étasunien est également un obstacle.
L’équipe du Canada U20 a disputé deux rencontres à Calgary, au mois de décembre, face à l’Université de l’Alberta (1-4) et à une sélection de joueurs de CanadaWest (2-0) afin de procéder à la sélection finale pour les championnats du monde à Oufa en Russie. L’opposition proposée par les joueurs du CIS a impressionné de nombreux observateurs, poussant même certains journalistes à suggérer que les équipes d’AHL devraient s’intéresser d’un peu plus près aux joueurs du circuit universitaire canadien.
À titre de d’information, à la pause de décembre, le top 10 du CIS était le suivant :
- University of Alberta (CanadaWest)
- Acadia University (AUS)
- University of Saskatchewan (CanadaWest)
- University of New-Brunswick (AUS)
- University of Western Ontario (OUA)
- Université du Québec à Trois-Rivières (OUA/RSEQ)
- Saint Mary’s University (AUS)
- University of Windsor (OUA)
- University of Manitoba (CanadaWest)
- S1 E1
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