Hockey sur Glace USA vs Canada: Une Rivalité Historique et Passionnée

La rivalité entre le Canada et les États-Unis en hockey sur glace est l'une des plus intenses et anciennes du monde du sport. Elle a commencé dès la première édition des Jeux d'hiver, en 1920 à Anvers, lorsque le Canada a remporté sa première médaille d'or devant les États-Unis.

L'équipe canadienne de hockey sur glace aux Jeux olympiques d'été de 1920 à Anvers.

Avec 17 confrontations aux JO jusqu'à aujourd'hui, c'est tout simplement le match le plus souvent disputé de l'histoire. Ce scénario s'est produit à sept reprises, dont la dernière en date à Vancouver lorsque les partenaires de Sidney Crosby étaient venus à bout de leurs voisins (3-2) grâce à un but en prolongation du désormais capitaine canadien. Les USA s'étaient déjà inclinés cinq fois par le passé.

La seule année où ils avaient devancé le Canada sur le podium, c'était en 1960 chez eux à Squaw Valley. Au terme d'une phase de poule, durant laquelle ils avaient gagné le match le plus important pour eux (2-1), les Américains avaient terminé premiers.

Mais si cette rencontre est aussi représentative du haut-niveau en hockey masculin, c'est aussi et surtout parce que les deux équipes sont quasiment tous les quatre ans médaillées. Composées en intégralité de joueurs évoluant dans le meilleur championnat du monde, leur ligue nord-américaine, les deux nations totalisent à elles seules 25 médailles (14 pour le Canada, 11 pour les Etats-Unis). Avec huit en argent, les Américains sont ceux qui ont échoué le plus souvent le plus près du titre.

Au cœur de la ville de Québec, surplombant le Saint-Laurent, trônent les Plaines d'Abraham. C'est là, le 13 septembre 1759, que l'armée britannique remporta au terme d'un long siège une bataille décisive face aux Français, marquant le début de la conquête britannique du Québec.

La mort du général Wolfe lors de la bataille des Plaines d'Abraham.

Là-bas, on ne badine pas avec le hockey. Alors, entre Montréal, la grande cité québécoise, et Toronto, la métropole de l'Ontario, le sport national canadien ne pouvait que servir de transposition moderne et pacifique à ces querelles intestines. Montréal et Toronto. Les Canadiens (ou simplement le Canadien), et les Maple Leafs. Deux équipes historiques pour la rivalité la plus ancienne, la plus féroce, et la plus mythique du hockey sur glace.

Quand la politique se mêle au hockey : voici des moments marquants à travers l'histoire

Selon Alexandre Gascon, journaliste à Radio Canada, si le Centre Bell et la Scotiabank Arena, les deux salles où Canadiens et Leafs ont établi domicile, ne sont pas les Plaines d'Abraham, et si le hockey n'est pas la guerre (ici, le seul siège s'effectue devant le but adverse), ce sport se vit bien parfois comme un prolongement de ces ressentiments anciens.

Le trait peut paraître un peu épais, la vision binaire a ses limites, mais le fond de vérité est là pour le journaliste québécois : "Je n'aime pas beaucoup dire ça parce que ce ne sont pas deux blocs monolithiques, mais le fait est que ce sont deux visions, deux philosophies, deux peuples qui s'affrontent. Même si ça ne s'incarne plus tout à fait comme ça aujourd'hui parce qu'il n'y a plus tant de joueurs québécois que ça à Montréal, il n'en reste pas moins que pour les partisans, il reste une très forte valeur symbolique."

L'internationalisation massive de la NHL depuis une trentaine d'années a effectivement estompé la dualité francophone-anglophone. La Ligue nationale n'est plus une simple affaire nord-américaine.

Mais certains joueurs issus du Vieux Continent, avec la foi du converti, finissent parfois par devenir plus haineux envers les Leafs qu'un pur Québécois. Et Gascon de citer le cas de Tomas Plekanec. Le Tchèque a évolué 13 années à Montréal, avant d'être expédié au milieu de la saison 2017-2018 à... Toronto.

Montréal - Toronto, c'est en tout cas LA rivalité historique de la NHL. Ce sont toujours les deux franchises les plus titrées : 24 Coupes Stanley pour les Canadiens, 13 pour les Maple Leafs. Une lutte sportive entre deux clubs, mais aussi une bataille économique et culturelle entre deux villes.

Conn Smythe était un fervent patriote, et il a accusé le Canadien d'avoir des passe-droits de la Ligue Nationale pour ne pas avoir de joueurs conscrits. Ce sera notamment le cas de Maurice Richard, alias "Le Rocket", l'icône absolue du hockey québécois. Richard a voulu s'engager, mais du fait de ses multiples blessures sur la glace, l'armée l'a réformé.

De 1944 à 1979, les deux franchises vont s'affronter à 15 reprises en playoffs en 34 ans, avec un âge d'or dans les années 60, où elles dominent totalement la NHL. Là aussi, le combat prend une tournure identitaire, jusque dans l'expression du jeu des deux équipes.

En demi-finale, Montréal surclasse Toronto (4-1). Lors du 2e match, Richard inscrit les cinq buts de son équipe. Un record qui n'a jamais été battu depuis. "Richard 5, Toronto 1", titrent les journaux le lendemain.

C'est le début d'une formidable success story qui va faire du Canadien l'équivalent des New York Yankees en baseball : un ogre, en route pour 18 titres d'ici la fin des années 70. Pendant trente-cinq ans, Montréal va soulever la Coupe Stanley en moyenne une année sur deux. Toronto connait aussi de francs succès, avec en point d'orgue un triplé entre 1962 et 1964.

Cette finale 1967, c'est la fin d'une époque. Montréal et Toronto empruntent alors des chemins opposés. Les Leafs rentent dans le rang quand le Canadien va traverser la période la plus faste de son histoire : huit titres de 1968 à 1979.

Le 22 avril 1979, les Habs s'imposent après prolongation, 5-4, et ramassent à la pelle les illusions des feuilles d'érable : Toronto est balayé 4-0 en playoffs. Montréal remportera peu après sa 22e Coupe Stanley, la 4e consécutive.

Le 2 février 2025, les supporteurs des clubs de hockey canadien de Calgary et d’Ottawa, qui recevaient des équipes américaines, ont hué l’hymne national des États-Unis. Une démarche qui a choqué de l’autre côté de la frontière et qui s’est répétée à de multiples reprises, en hockey comme en basket.

Samedi 15 février, en présence du premier ministre canadien Justin Trudeau, la rencontre opposant directement les deux nations au Centre Bell de Montréal pouvait difficilement échapper à cette fièvre patriotique. D’autant plus que les Canadiens fêtaient ce jour-là le soixantième anniversaire de leur drapeau à la feuille d’érable.

Quelques secondes après le coup d’envoi de ce premier match, les dix millions de téléspectateurs ont vu trois échauffourées éclater coup sur coup. Des images un peu étranges vues d’Europe et qui, au petit matin, ont donné l’impression que les deux pays réglaient leur compte en direct. En Amérique du Nord, les ligues de hockey sur glace sanctionnent après coup les bagarres et laissent les joueurs qui le désirent s’affronter en tête-à-tête.

Depuis 2016, les joueurs de NHL, les meilleurs du monde, n’avaient pas pu défendre les couleurs de leurs pays, ni en Coupe du monde, ni aux Jeux olympiques. Pour une génération de joueurs, il s’agissait de leur première rencontre en équipe nationale.

Leader historique de la discipline, le Canada voit depuis quelques années les États-Unis et ses stars contester cette domination. Pour les joueurs et les supporteurs, il fallait répliquer.

Lundi 17 février, deux jours après sa défaite contre les Américains, le Canada s’offre une place en finale, synonyme d’un nouveau match contre son rival. Le matin du match fatidique, Donald Trump joue au coach et décide d’appeler les joueurs de l’équipe américaine.

À Boston, jeudi 20 février, l’hymne canadien, légèrement hué, laisse la place à un match survolté mais beaucoup moins violent. Les Canadiens l’emportent au bout du suspens trois buts à deux.

Les Canadiens ont finalement remporté la Confrontation des quatre nations, jeudi 20 février, en s’imposant contre les États-Unis, qui les avaient battus cinq jours auparavant. Pour le monde du hockey, cette confrontation était historique : les meilleurs joueurs canadiens et américains ne s’étaient pas affrontés depuis neuf ans.

La ligue de Hockey doit organiser prochainement une Coupe du monde et autorisera ses joueurs à participer à cette compétition ainsi qu’aux prochains Jeux olympiques.

La rencontre s'est jouée sur un rythme effréné avec beaucoup d'intensité physique... et trois bagarres dès les neuf premières secondes. Les frères Matthew et Brady Tkachuk ainsi que J.T. Miller s'étaient entendus pour lancer les hostilités dès le début de la partie.

Les Étasuniens ont montré qu'ils pouvaient rivaliser avec la vitesse, l'habileté et le talent des Canadiens, lors de ce premier événement international réunissant les joueurs de NHL depuis la Coupe du monde 2016 - épreuve qui reverra le jour dans deux ans.

Au Canada, si les politiques ne s’immiscent pas dans le vestiaire, les joueurs disposent d’un important soutien populaire. Que ce soit pour faire taire Donald Trump ou pour des raisons sportives, les Canadiens rêvent d’une revanche.

Très attendu, le match suspend presque l’actualité pourtant chargée du pays. À Boston, jeudi 20 février, l’hymne canadien, légèrement hué, laisse la place à un match survolté mais beaucoup moins violent. Les Canadiens l’emportent au bout du suspens trois buts à deux.

Justin Trudeau, s’exprime dans la foulée du match pour répondre à son homologue américain : « Vous ne pouvez pas prendre notre pays - et vous ne pouvez pas prendre notre sport. » La boucle est bouclée.

Cette confrontation, déjà culte dans l’histoire du hockey canadien, devrait connaître d’autres épisodes.

Voici un tableau récapitulatif des médailles remportées par le Canada et les États-Unis aux Jeux olympiques :

Pays Or Argent Bronze Total
Canada 14 4 3 21
États-Unis 2 8 1 11

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