L'histoire du hockey sur glace à Saint-Ouen: Patinoire, Clubs et Évolution

Saint-Ouen, une commune de la Seine-Saint-Denis, a joué un rôle significatif dans l'histoire du hockey sur glace en région parisienne. L'engouement pour les sports de glisse, favorisé par le développement des sports d’hiver, et l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Grenoble en 1968 ont donné lieu à la construction de nombreuses patinoires.

Cet article explore l'histoire de la patinoire de Saint-Ouen, son architecture unique, les clubs de hockey locaux, et l'évolution du hockey sur glace dans la région.

Hockey sur glace : les jeunes loups de Saint-Ouen

La Patinoire de Saint-Ouen: Une Œuvre Architecturale

La patinoire de Saint-Ouen est un élément structurant de la ville, issu d’une réflexion menée par le maire communiste Fernand Lefort et l’architecte Paul Chemetov, les deux hommes ayant noué des liens étroits depuis le début des années 1960. En effet, Chemetov, tenant de l’architecture sociale et engagée, travaillait déjà depuis 1968 sur l’étude urbaine du centre-ville de Saint-Ouen. Il se voit alors chargé de nombreuses opérations de logements dans la commune.

A Saint-Ouen, l’opportunité d’un terrain sans usage en centre-ville suite à l’abandon d’un projet de souterrain mené par les Ponts et Chaussées détermine le lieu, en même temps qu’il va induire certains dispositifs structurels. L’espace au sol insuffisant pour recevoir piste et gradins amène l’architecte à les placer en hauteur laissant libre l’espace en dessous. La nature du sol explique le choix de quatre piliers carrés en béton armé? de 4 mètres de côté, qui contiennent les ascenseurs et traversent les trois niveaux de parking.

Ces quatre piliers servent de plus à porter les poutres supportant le plancher précontraint en porte-à-faux? qui enjambe les deux voies de la rue du Docteur Bauer (également confortées par des piliers intermédiaires), ainsi que les deux poutres principales de la structure? métallique. Ces deux poutres monumentales visibles au sommet de la patinoire font 90 mètres de longueur.

Le projet est cependant complexe, car le programme? impose une vaste patinoire capable d’accueillir les équipes de la Fédération française de hockey sur glace, alors que la surface au sol du terrain retenu est insuffisante. Il est en outre prévu d’y associer un parking souterrain sur trois niveaux comportant deux rampes d’accès, l’une pour l’entrée, l’autre pour la sortie.

Si le permis de construire est daté d’avril 1975, le chantier prend cependant du retard en raison des difficultés financières rencontrées par la SERAF. Après une première interruption à l’été 1977, il est totalement abandonné en novembre 1978, « interruptions [qui] ont été la cause de graves détériorations des matériaux mis en œuvre » (Conseil d’Etat, 6 / 2 SSR, du 20 janvier 1988, 56503, publié au recueil Lebon).

L’édifice est enfin inauguré en octobre 1980, l’année même où l’architecte est lauréat du Grand prix national de l’architecture. La difficulté majeure de la conception de la patinoire réside dans l’exiguïté du terrain, ne permettant pas d’y loger une patinoire olympique. Chemetov contourne cet obstacle en construisant un édifice à deux niveaux.

Le niveau supérieur, édifié sur un plancher en porte-à-faux partiel sur les rues adjacentes, accueille la patinoire, débordant ainsi sur l’espace public et couvrant le trottoir. Ce volume supérieur de 36 000 m3 abrite les vestiaires, les sanitaires, le dépôt de patins, le restaurant, le bar, la patinoire de 56 x 26 m et la tribune de 600 places.

La patinoire de Saint-Ouen constitue un geste architectural fort et un élément structurant du centre-ville, dont la rupture avec l’environnement urbain est revendiquée par Chemetov. Pensé comme une machinerie, proche du hangar ou d’une station de métro aérien qui sont autant de marqueurs du paysage de la banlieue parisienne, la patinoire est un travail sur le contraste architectural et la banalité de la technique, que l’architecte qualifie de « Beaubourg du peuple, fait avec des bouts d’acier du commerce ».

Véritable prouesse technique et élément fort dans le paysage urbain, ce complexe patinoire-parking en plein centre-ville souffre cependant d’un manque de reconnaissance et d’entretien. Fermée en 2020 pour des raisons de sécurité, cette patinoire n’a pu rouvrir ses portes jusqu’à l’annonce de sa fermeture définitive par la municipalité de Saint-Ouen en septembre 2022.

La patinoire de Saint-Ouen, une architecture audacieuse et marquante.

Réhabilitation et Avenir

La réhabilitation de l’équipement sportif imaginé en 1979 par Paul Chemetov est évaluée à plus de 20 millions d’euros. Le site est appelé à devenir un « haut lieu » populaire et fédérateur de la culture.

Clubs de Hockey sur Glace à Saint-Ouen et Environs

Plusieurs clubs de hockey sur glace sont situés à Paris et dans sa banlieue, offrant des opportunités pour les joueurs de tous niveaux. Parmi ces clubs, on trouve :

  • Club des Sports de Glace de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) : Une structure sportive dynamique proposant la pratique du hockey sur glace.
  • Asnières Hockey Club (Asnières-sur-Seine, Hauts-de-Seine) : Un club dynamique qui accueille tous les passionnés de hockey sur glace, débutants ou confirmés.
  • Club des Français Volants (Paris 12ème) : Une référence pour les amateurs de hockey sur glace et de patinage artistique.
  • Paris Hockey Club (Paris 18ème) : L'un des plus anciens clubs de France, fondé en 1913.

Évolution du Hockey sur Glace en Région Parisienne

Le hockey sur glace en région parisienne a connu une évolution significative au fil des ans. L’engouement pour les sports de glisse, favorisé par le développement des sports d’hiver, et l’organisation des Jeux olympiques d’hiver à Grenoble en 1968 ont donné lieu à la construction de nombreuses patinoires.

Le Hockey Club de Cergy-Pontoise (HCCP): Un Exemple de Réussite

Créé en 1981, le Hockey Club de Cergy-Pontoise (HCCP) s’est développé avec l’agglomération de Cergy-Pontoise autour de la pratique masculine et féminine. Depuis sa création il y a 40 ans, le club n’a cessé de se structurer et de progresser.

Avec pas moins de 17 titres de championnes de France entre 1991 et 2009, puis un dernier titre en 2017, le HCCP est devenu la référence du hockey féminin français. Avec 21 titres de champions de France dont 18 en championnat élite, le « HCCP » est ainsi devenu un bastion du hockey féminin français.

Depuis la saison 2020-21, Les Jokers évoluent au plus haut niveau de compétition en France, la Synerglace Ligue Magnus. C'est officiel depuis vendredi 24 avril 2020. Les Jokers de Cergy-Pontoise évolueront en Ligue Magnus lors de la saison prochaine.

Logo du Hockey Club de Cergy-Pontoise (HCCP)

Infrastructures et Formation

Rappeler peut-être que la première patinoire de Cergy-Pontoise est née avec la ville nouvelle en 1974 sur la dalle de la Préfecture, c’est-à-dire « presqu’au milieu de nulle part » dans un quartier encore en construction.

En 2009, trois ans après sa scission avec la FFSG, la toute jeune FFHG (Fédération Française de Hockey sur Glace) décidait officiellement d’implanter son futur siège administratif à Cergy-Pontoise, avec à la clef le projet de construction à Cergy d’un complexe sportif d’envergure sur la plaine des Linandes, financé par l’État, la Région Île-de-France et l’Agglomération de Cergy-Pontoise : une double patinoire, pouvant accueillir 3 000 spectateurs, baptisée ultérieurement Aren’Ice.

Les Défis de la Division 2

La division 2 a enfin trouvé sa contenance normale à 20 clubs, après quatre saisons passées en effectif réduit. L'échelle nationale de la division est une contrainte forte pour des clubs essentiellement amateurs, et elle a plus pesé sur les budgets qu'elle ne les a aidés à se renforcer. Beaucoup de participants ont ainsi milité pour le retour à des poules géographiques, alors que la FFHG avait initialement prévu de poursuivre la répartition sportive - théorique - sur le classement de l'année précédente. Une répartition qui était à l'époque la volonté de la majorité des clubs.

Conclusion

L'histoire du hockey sur glace à Saint-Ouen est riche et complexe, marquée par l'architecture audacieuse de sa patinoire et l'évolution des clubs locaux. La région parisienne continue de jouer un rôle important dans le développement du hockey sur glace en France, avec des clubs dynamiques et des infrastructures modernes.

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