Hockey sur Glace à Courbevoie : Une Histoire de Passion et de Persévérance

« Concernant le hockey à Paris, la parole est à la Défense ! », disait avec humour le légendaire entraîneur Thierry Monier. En effet, le club de Courbevoie, dont la patinoire se trouve près du quartier d’affaires de la Défense, n’a cessé de faire entendre une voix qui a toujours compté dans la région parisienne.

Patinoire Thierry Monier à Courbevoie

De la Patinoire au Mythe : Les Débuts du COC

L'année 1972 marque un tournant pour le sport à Courbevoie. La construction du Centre Charras, incluant une patinoire, a permis l'éclosion du Centre Olympique de Courbevoie (COC), ancêtre des Coqs. Située sous le centre commercial Charras, à proximité d’une piscine et d’un bowling, cette piste de glace a pu voir le jour en 1972 grâce à la volonté de l’ancien député-maire Charles Deprez.

Ce dernier fut le meilleur avocat du Centre Olympique de Courbevoie, placé sous gestion municipale, puisqu’il devint le premier président officiel du COC qui regroupait alors les activités de la patinoire et de la piscine. Cette création, intimement liée à l'inauguration de la patinoire, symbolise une volonté municipale de développer les activités sportives et de fournir aux habitants une infrastructure moderne.

Toutefois, le fondateur du club de hockey sur glace de Courbevoie fut l’ancien capitaine de l’équipe de France Philippe Lacarrière. Ce dernier raconte : «A l’époque, j’avais un très bon ami dont le copain était conseiller municipal à la mairie de Courbevoie. Ayant informé ses confrères de ma carrière internationale dans le hockey, ce conseiller a obtenu leur accord pour prendre contact avec moi. Il m’a donc proposé de créer le nouveau club des Hauts-de-Seine.

Flatté par cette proposition, même si je n’étais pas candidat au départ, je lui ai répondu : pourquoi pas ? Mais, avant d’accepter, je lui ai fait part d’un certain nombre d’exigences. Je tenais notamment à faire démarrer le COC avec uniquement des petits, que ce soit dans la section du patinage artistique ou dans celle du hockey sur glace. Dans mon esprit, il n’était pas question de monter à la va-vite un club virtuel qui ne soit pas pérennisé dans le temps.»

Ayant obtenu ce qu’il voulait, Philippe Lacarrière, qui était encore le joueur-entraîneur des Français Volants, préféra ne pas cumuler trop de fonctions en même temps. Pour cette raison, la première année, il fonda une école de hockey à Courbevoie mais avec l’aide du gardien de but des « Volants » Eric Mayer.

Dès la deuxième saison, Philippe Lacarrière demanda à un autre coéquipier, Thierry Monier, de prendre en main les destinées sportives du nouveau club des Hauts-de-Seine. Ce joueur, à la bonhomie communicative et qui avait un réel talent de pédagogue, accepta avec enthousiasme ce nouveau challenge tout en continuant à jouer avec l’équipe senior des Volants qui était encore basée à Charenton.

Thierry Monier : Une Figure Légendaire

Le choix de Philippe Lacarrière s’avéra très judicieux puisque Thierry Monier allait rester la cheville ouvrière et l’entraîneur du COC pendant une très longue période de trente-trois ans ! Cette longévité record lui valut le surnom de « Guy Roux du hockey sur glace français » en référence au célèbre entraîneur de football qui resta également l’inamovible coach du club d’Auxerre pendant presque un demi-siècle.

Si Thierry Monier fut le personnage incontournable et légendaire du club de Courbevoie, c’est que cet ancien Conseiller Technique Régional (CTR), également entraîneur national des équipes de France juniors, s’évertua à construire avec patience et obstination un ensemble cohérant et complet d’équipes de hockey aux portes de la capitale depuis la catégorie des poussins jusqu’à celle des seniors.

De son vivant, le regretté Thierry Monier, qui avait eu l’occasion de parfaire sa formation d’entraîneur à l’étranger, notamment au Canada, raconta cette anecdote : « Ma première présence sur la glace à Courbevoie est un souvenir impérissable dans ma mémoire. Il y avait soixante-quinze gamins sur la piste qui n'avaient pour ainsi dire jamais vu un entraîneur de leur vie ! Lorsque j'ai sifflé dans un coin de la patinoire, certains sont venus me voir comme si j’étais une bête curieuse avec un sifflet. D'autres ont continué à s'amuser sur la glace, et un autre, dont je ne dirais pas le nom, est allé voir une jeune fille qui était au bord de la piste et lui a demandé : « Mais c'est qui le con qui siffle ? ». Or, il se trouve que cette jeune fille était mon amie de l'époque ! Cela nous a bien fait rire après coup… »

Concernant sa très longue carrière d’entraîneur dans le club de Courbevoie, Thierry Monier ne cachait pas sa fierté en disant : « Je possède un record qui mériterait d'être inscrit dans le livre des records puisque je suis à Courbevoie depuis le 13 septembre 1973. Si à l'époque nous prenions des 29-0, il arrive aujourd'hui que nos minimes gagnent sur des scores semblables. Le secret de cette progression, c'est la fidélité et la stabilité.

Pour moi, le pire affront, c'est lorsqu'un jeune ou un dirigeant qui m'a côtoyé ne vient pas me dire bonjour. C'est la suprême insulte. Malheureusement, le hockey français a été victime plus souvent qu'à son tour de présidents « supporters » qui ne pensent qu'à leur équipe fanion. Vous savez, ma vie dans le hockey n'est qu'un bonheur. J'ai tout fait, tout dirigé, tout encadré, sauf être l'entraîneur en chef de notre équipe nationale senior. J’ai été simplement l’assistant de Jacques Tremblay. Mais, je ne suis ni amer ni triste car le hockey est ma vie et j'ai fait de mon loisir et de ma passion mon métier. Je souhaite à tous nos joueurs d'avoir autant de plaisir à pratiquer ce sport que j'en ai eu depuis 1965. »

L'Ascension et le Renouveau : Des Années 1990 à Aujourd'hui

Afin de lancer le plus vite possible le COC dans le grand bain du championnat de France senior, qui constituait quand même la vitrine la plus visible du club, Thierry Monier engagea l’équipe de Courbevoie en 1980 dans le modeste championnat de la Division 3 (Nationale C à l’époque). Pour l’anecdote, on notera que par la suite, le logo représentant un gant de hockey avec une crosse, fut remplacé par celui comportant un coq, car ce gallinacé était inspiré par la prononciation de l'acronyme du club (COC).

Lors de la saison 1982-1983, l’équipe chère à Thierry Monier sauva cette fois son maintien uniquement sur la glace mais d’extrême justesse. Comme l’alerte avait été chaude, dix ans après sa création, le club de Courbevoie décida, au mois de septembre 1983, de présenter une équipe en Division 1 un peu mieux structurée et plus compétitive.

Le COC profita alors d’un événement sportif extérieur. En effet, la fusion entre les Français Volants de Paris et Meudon-la-Forêt ayant pris fin, l’équipe senior commune issue de cette entente fut dissoute. Du coup, cinq joueurs vedettes des Français Volants, Marc Demolliens, Bernard Cabanis, Richard Peterson, Thierry Decoux et Antoine Préchac, décidèrent de quitter le club de la capitale qui avait été rétrogradé, et ces derniers allèrent dans le club de la proche banlieue pour renforcer l’équipe de Courbevoie.

En fait, ce ne fut pas un véritable exil puisque les Volants et Courbevoie avaient des liens historiques communs très étroits grâce à ses deux anciens joueurs, les frères Philippe et Thierry Lacarrière, qui étaient les présidents des deux clubs. Cette « transfusion sanguine » effectuée avec le club parisien intramuros qui avait permis sa création, n’empêcha pas d’un côté les Français Volants d’être rapidement promus dans la Ligue Magnus (Nationale A à l’époque) tandis que le club de Courbevoie termina pour sa part à une honorable troisième place en Division 1. Il faut dire que le COC bénéficia aussi de l’aide précieuse d’un très bon renfort étranger, celle de l’attaquant canadien Ace Brimacombe.

En 1985, le COC brilla à nouveau en terminant sa saison en Division 1 à la deuxième place du championnat régulier juste derrière le club de Rouen qui commençait son ascension irrésistible vers les sommets. Mais lors de la poule finale, le COC dut se contenter de la troisième marche du podium. Douze ans après sa création le club de Courbevoie était toutefois entré dans l’histoire du hockey sur glace français d’autant que ses équipes de jeunes représentait une véritable pépinière que beaucoup de clubs environnants convoitaient.

Malheureusement, ce fut ensuite pour le COC plutôt le chant du cygne avec une descente inexorable sur le plan des résultats avec une relégation en Division 2 la saison suivante et l’arrêt définitif de l’équipe senior en 1987. En effet, tous les renforts venus des Français Volants, qui formaient l’épine dorsale de l’équipe fanion, faisaient partie d’une génération atteinte par la limite d’âge et la plupart d’entre eux se retirèrent donc peu à peu de la compétition.

En attendant de pouvoir reconstituer une équipe fanion compétitive, Thierry Monier se concentra désormais exclusivement sur la formation des jeunes de la proche banlieue. Au mois de septembre 1992, après cinq saisons d’absence, le club de Courbevoie présenta à nouveau une équipe senior dans le modeste championnat de France de la Division 3.

Après avoir réussi à se qualifier pour la phase finale, le COC termina troisième du classement final juste derrière Bordeaux et Tours. La saison suivante, en 1993-1994, classée deuxième du championnat de l’île de France derrière Conflans, le COC ne parvint pas cette fois à se qualifier pour le tournoi final national après avoir chuté lors des demi-finales de la poule Nord.

A nouveau qualifié pour la demi-finale nord en 1994-1995, le Club de Courbevoie réussit cette fois à se qualifier pour la série finale nationale mais il termina à nouveau sur la troisième marche du podium de la Division 3. En 1995-1996, l’équipe phare du COC, qui avait probablement le niveau pour disputer la poule nationale, mais qui était tombée sur les deux adversaires les plus forts avec Cergy et le relégué Évry, fut contrainte de baisser pavillon après une large défaite 10-4 en Essonne.

En 1996-1997, le COC termina premier du championnat de l’île de France et se qualifia pour la poule finale nord mais l’équipe de Courbevoie ne parvint pas à entrer ensuite dans le carré final. En 1997-1998, le COC termina deuxième du championnat de l’île de France juste derrière Orléans mais il chuta à nouveau dans la poule finale nord.

L'indépendance

En 1998, un événement important dans l’histoire du club de Courbevoie se produisit. En effet, l’association multisports créée par Philippe Lacarrière (patinage et hockey) prit son indépendance vis-à-vis de la mairie de Courbevoie en abandonnant le centre sportif municipal pour devenir officiellement le « Club Olympique de Courbevoie ».

Comme les trois initiales de cette nouvelle formulation restaient identiques, le club put conserver l’acronyme COC qui était entré dans la tradition locale. Le premier président de ce nouveau club fut Jean-Paul Dollet à qui succéda Jean-Paul de Gabriac, un agent immobilier, dont le vrai nom était en fait Jean-Paul De Cadoine De Gabriac (seigneur cévenol), qui restera longtemps un personnage important dans l’histoire du club.

En effet, si ses collègues Michel Cailleteau et Franck Daty dirigeront également le club omnisports, Jean-Paul de Gabriac, président de la section hockey, reprit ensuite la tête du COC tandis que Patrick Legrand fut nommé à la présidence de la section Hockey sur Glace.

Mais pour l’heure, lors de la saison 1998-1999, le COC joua exactement le même scénario que l’année sportive précédente en se classant juste derrière Orléans dans le championnat de l’île de France mais les Coqs ne purent se qualifier ensuite pour la série finale.

Qualification

Lors de la saison 1999-2000, quatre clubs (Courbevoie, Meudon, Neuilly-sur-Marne et Tours 2) furent qualifiés dans le championnat de l’île de France pour la phase finale. Le COC et Neuilly réussirent ensuite à se qualifier pour les demi-finales.

Courbevoie ayant remporté les demi-finales « Ouest », au mois d’avril 2000, le COC participa au tournoi final de la Division 3 à Grenoble puisque le club alpin avait été rétrogradé de la Division Elite pour raison financière. A l’issue de ce tournoi, le COC se retrouva une fois de plus sur la troisième marche du podium lors du tournoi final.

Toutefois, Grenoble ainsi que Courbevoie et Bordeaux furent promus tous ensemble en Division 2. A noter que cette accession ne fut obtenue qu’en prolongation contre Amiens (5-4) grâce à un but marqué par son renfort suédois.

2000

En 2000-2001, après quatorze ans d’attente, les hockeyeurs des Hauts-de-Seine disputèrent enfin à nouveau le championnat de la Deuxième division. Si l’ossature de l’équipe senior, toujours supervisée par le directeur technique Thierry Monier, mais entraînée par Manuel Custa, resta formée par des joueurs issus du club, le COC se renforça avec les arrivées des défenseurs Rishi Ovide-Etienne (Viry) et Grégory Boissière (Cergy).

En attaque, arrivèrent également Ludovic Duranceau (Besançon), Guillaume Gehin (Epinal) et Cédric Tougard (Français Volants) sans oublier le gardien de but tchèque Joseph Janca. Tous ces renforts étaient chargés d’encadrer aussi le hockey mineur afin de préparer l’avenir comme c’était la tradition locale.

Car dans le club de Courbevoie tout se passait en famille. On ne jouait qu’avec des hockeyeurs du cru, que ce soit des juniors ou des vétérans ayant évolué de longues années dans l’équipe fanion. On notera qu’Antoine Préchac, qui avait été le kiné de l’équipe de France et qui s’était mis à pratiquer le roller, effectua un retour dans le club.

Les dirigeants des Coqs persistèrent dans leur politique qui consistait à présenter dans le championnat de France une équipe constituée de joueurs formés au club avec seulement un étranger sur chaque ligne. Comme le nombre de licenciés continuait à croître, le COC présenta également cette saison là une équipe en Division 3 avec des vétérans, mais aussi une équipe loisir adulte et une équipe loisir jeunes. Pour l’anecdote, le club inscrivit sa première fille prénommée Mirabelle.

L’équipe fanion, emmenée par son capitaine Manuel Cuesta, termina en cinquième position du championnat de la poule nord en Division 2 puis les Coqs remportèrent la poule pour l’octroi de la neuvième place finale. Avec une équipe extrêmement stable, le COC profita de sa cohésion pour signer de bons résultats d’ensemble. Ce parcours était très encourageant pour un club qui ne s'appuyait que sur sa formation locale avec quelques étrangers chargés de les guider, comme la recrue tchèque Lukas Schramek, qui termina meilleur buteur de l'équipe.

2002

Lors de la saison 2002-2003, du fait d’une réforme structurelle des championnats, l’équipe senior du club de Courbevoie se retrouva, seize ans après, engagée à nouveau en Division 1. Ce championnat regroupait en fait le haut de tableau de l'ancienne Division 2, enrichie de trois clubs qui évoluaient une classe au-dessus.

Pour l’occasion, l’imposant mais très véloce défenseur tchèque (1,90 m, 103 kg) Marek Novotny venu de Brno, rejoignit son compatriote, le buteur Lukas Schramek. Le troisième étranger fut le meneur d'hommes canadien Michel Tremblay. Pour le reste, l'équipe était globalement un peu tendre, et elle avait bien besoin de l'expérience d'Arnaud Decorte, un défenseur solide et bon à la relance qui avait passé cinq ans à Cergy, ainsi que de Laurent Bougro, un centre qui encourageait sans cesse ses coéquipiers auxquels il apportait sa précieuse connaissanc...

Le Rôle de la Patinoire Thierry Monier

La patinoire Thierry Monier, avec sa capacité d'accueil de 500 spectateurs, constitue le cœur battant des Coqs. Cet espace, au-delà d'être un lieu de compétition, est aussi un lieu de rassemblement, d'échange et de partage pour les supporters. L'hommage rendu à Thierry Monier, figure emblématique du COC, souligne l'importance de la transmission des valeurs et de l'héritage sportif au sein du club.

Au-delà du Sport : L'Impact Local et la Culture du Palet

L'histoire des Coqs de Courbevoie ne se limite pas à des victoires et des défaites sur la glace. Le club joue un rôle social important dans la ville. Il participe à la vie communautaire, favorise l'inclusion et la cohésion sociale. En proposant des cours de hockey pour tous les âges et tous les niveaux, il contribue à l'épanouissement des jeunes et à la pratique sportive. Le COC est ainsi plus qu'une simple équipe, c'est un élément essentiel du tissu social de Courbevoie.

Les Supporters : Les Roosters et l'Esprit d'Équipe

Les supporters, baptisés "Les Roosters" (coqs en anglais), constituent une partie intégrante de l'histoire du COC. Leur engagement, leur passion et leur fidélité sont les piliers de l'ambiance vibrante qui règne à la patinoire Thierry Monier lors des matchs. Ce lien indéfectible entre le club et ses supporters est une richesse inestimable. L'esprit de corps, de solidarité et de communauté se ressent fortement dans la description du club et de ses supporters.

L'Avenir des Coqs : Entre Traditions et Modernité

L'avenir du COC reste à écrire. Le club devra composer avec les défis de la compétition, la gestion financière et l'évolution du paysage sportif. Mais l'histoire des Coqs témoigne de leur capacité à surmonter les obstacles et à s'adapter aux changements. En conservant ses valeurs fondamentales et en s'appuyant sur la passion de ses supporters, le COC a toutes les chances de poursuivre son histoire avec succès.

Voici un tableau récapitulatif des moments clés de l'histoire du club :

Année Événement
1972 Création du Centre Olympique de Courbevoie (COC)
1980 Engagement de l'équipe en Division 3
1983 L'équipe de Courbevoie en Division 1
1987 Arrêt de l’équipe senior en Division 2
1992 Retour de l'équipe senior en Division 3
1998 Indépendance du COC vis-à-vis de la mairie
2000 Promotion en Division 2
2002 Engagement en Division 1

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