Couleur et Histoire du Maillot de Rugby de l'Afrique du Sud

L'équipe d'Afrique du Sud de rugby, surnommée les Springboks, est l'une des plus emblématiques du monde. En raison de son palmarès, elle est considérée comme l’une des meilleures sélections nationales au monde. Elle est en effet la seule équipe nationale à être quadruple championne du monde. Leur tenue, à dominante verte et or, est immédiatement reconnaissable et chargée d'histoire et de victoires.

L’équipe nationale de rugby sud-africaine, surnommée les "Springboks", est l’une des plus grandes puissances du rugby mondial. Son histoire est marquée par des victoires prestigieuses et des moments inoubliables.

Les Springboks enlèvent en effet le titre de champion du monde à domicile en 1995 contre les All Blacks pour leur première participation à la Coupe du monde de rugby. L’Afrique du Sud a remporté la Coupe du Monde de Rugby à plusieurs reprises (1995, 2007, 2019 et 2023), consolidant son statut de nation incontournable dans ce sport.

Les Springboks sont également des acteurs majeurs du Rugby Championship (anciennement Tri-Nations), où ils affrontent régulièrement des géants comme la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Argentine.

Siya Kolisi, premier capitaine noir à soulever la Coupe du Monde en 2019.

De nombreux joueurs sud-africains ont marqué l’histoire du rugby. François Pienaar, capitaine emblématique de la victoire en 1995, reste une figure historique et inspirante du rugby mondial. Plus récemment, des joueurs comme Siya Kolisi, premier capitaine noir à soulever la Coupe du Monde en 2019, ont marqué l’histoire par leur talent et leur leadership.

Les Couleurs Traditionnelles et Leurs Évolutions

Pour leur entrée en lice en Coupe du monde face à l'Écosse, les Springboks se sont passés de leur traditionnelle tunique verte et or, comme cela sera le cas pendant plusieurs matchs du Mondial, pour aborder une tunique alternative - blanche et turquoise - pas franchement très agréable à l’œil. À Marseille face aux Écossais, les Springboks arboraient une tenue blanche et turquoise, loin de leurs couleurs traditionnelles.

Les champions du monde ont lancé leur Coupe du monde ! En cas de quart face à la Nouvelle-Zélande ou à la France, il leur faudrait aussi faire une croix sur leur tenue fétiche.

Origines des Couleurs

La sélection sud-africaine a écrit ses premières pages en bleu marine. Couleur prédominante du drapeau de la colonie du Cap (l’Afrique du Sud n’étant pas encore une entité politique unie), elle était portée par les meilleurs joueurs sud-africains à l’occasion de leur premier test match disputé en 1891 face aux Lions Britanniques. Une tenue empruntée au Diocesan College de Cape Town, l’un des premiers établissements sud-africains à pratiquer le rugby.

Les décennies défilèrent, leur col blanc se parait d’une couleur or et l’équipe sud-africaine s’imposait au fil des rencontres comme l’une des nations fortes du rugby mondial.

Le springbok est généralement brodé en or, une couleur qui renforce encore davantage l’aura de cette équipe légendaire. Cet animal majestueux symbolise la force, la vitesse et la résilience, des qualités qui caractérisent parfaitement le jeu des Sud-Africains. Cependant, pour certains matchs, notamment à l’extérieur, il peut être blanc. Les chaussettes sont généralement vertes et blanches, reflétant les couleurs nationales.

Le Springbok : Un Emblème Chargé d'Histoire

Vous aurez sûrement remarqué que l'emblématique antilope sauteuse, aussi appelée « Springbok » en Afrikaans, n'apparaît pas sur le torse des joueurs sud-africains lors de cette Coupe du monde au Japon. Quelles en sont les raisons ?

Là-bas, pour éviter que les journalistes leur trouvent un surnom comme ils l’avaient fait avec les Néo-Zélandais rebaptisés All Blacks, leur capitaine Paul Roos suggéra d’adopter le springbok comme emblème.

Rapide, agile et capable de réaliser des bonds de deux mètres pour échapper à ses prédateurs, l’antilope sauteuse avait toutes les qualités pour devenir l’animal fétiche d’un collectif souhaitant faire ses preuves face aux puissantes nations britanniques. Vingt-six victoires en vingt-neuf rencontres, le contrat était rempli.

En sport, le springbok devenait un symbole controversé. À juste titre. Depuis sa création, il était l’emblème d’une équipe de rugby intégralement blanche, refusant catégoriquement que des individus de couleur puissent se mêler à l’effectif. Trop associé à l’apartheid, l’antilope sauteuse divisait. Certains militaient pour la conserver quand d’autres souhaitaient voir sa disparition, remplacée par la fleur de protée royale.

Le Contexte de l'Apartheid

En parallèle, leur gouvernement adoptait en 1948 une politique ségrégationniste dénommée apartheid. Durant plus de quatre décennies, une minorité blanche contrôlait le pays et édictait des lois privant les peuples noirs de leurs droits et libertés. L’abolition des derniers préceptes de l’apartheid en juin 1991 mettait fin à la répression. Longtemps divisée, la nation arc-en-ciel souhaitait faire table rase de son lourd passé.

Longtemps utilisé pendant l'ère de la ségrégation raciale, le Springbok est considéré par le peuple comme un symbole de cette sombre période.

La Protea : Un Symbole Alternatif

En 1994, le Conseil National Africain essaye d'imposer la Protea (plante typique sud-africaine) comme emblème national. Toujours présente aux côtés du Springbok, la protea n'est pas encore un symbole à part entière du rugby sud-africain.

Évolution de l'Emblème et des Logos

Dilemme donc pour la Fédération sud-africaine qui dispose de deux logos sur le torse. Il faut attendre la fin de l'année 2008 pour que les deux logos soient séparés. Le Congrès National Africain refait valoir son souhait de distinguer les deux emblèmes. (LAHALLE/L'Équipe)

Accolé à la protée jusqu’en 2008, le springbok a désormais disparu de l’emblème officiel mais conserve sa place sur la tenue, représenté dans le coin supérieur droit hormis durant la Coupe du monde.

Le Springbok Mis de Côté

Lors de ce Mondial, l'Afrique du Sud, finaliste samedi contre l'Angleterre, n'arbore pas l'emblème du Springbok sur la poitrine. Explications.

Nouvelle-Zélande 2011, les Sud-Africains remettent leur titre en jeu. Mettra-t-elle fin à cette série noire, samedi, en finale, contre l'Angleterre ?

Autres Faits Marquants

L'Afrique du Sud vient d'abolir l'apartheid quand elle accède en 1995 à la finale de la Coupe du monde de rugby. Le moment de stupeur se prolonge. « C'était incroyable », ajoute Steven Roos, un responsable de la Fédération sud-africaine de rugby, témoin de l'événement.

« A l'époque, nous savions surtout que Nelson Mandela était membre de l'ANC (le Congrès national africain) et pour nous l'ANC était un mouvement terroriste. De « terroriste », Mandela est « passé d'un coup président, mais la plupart des Blancs restaient sceptiques », raconte-t-il. « Certains avaient même stocké de la nourriture parce qu'ils pensaient qu'une fois les Noirs au pouvoir, il n'y aurait plus d'approvisionnement. Et voilà Mandela, élu un an auparavant à l'issue du premier scrutin multiracial, en train de souhaiter bonne chance à une équipe monochrome - à l'exception de l'ailier métis Chester Williams.

Une fois la surprise passée, « tout le stade s'est mis à scander Nelson ! Nelson ! », poursuit Steven Roos. Le geste de Mandela ne fait pourtant pas l'unanimité. « A l'époque, on était encore en négociation », avant l'adoption d'une nouvelle Constitution, rappelle Strike Thokoane, secrétaire général du parti africaniste Azapo.

« C'était prématuré, on a eu l'impression qu'il se rendait à l'ennemi. Selon lui, les relations ne pourront s'apaiser que si les conditions de vie des Noirs s'améliorent. Or, les inégalités restent criantes en Afrique du Sud, où les 43 % de la population sous le seuil de pauvreté sont quasiment tous noirs.

« Et il y a cette impression que c'est toujours les Noirs qui tendent la main de la réconciliation », note M. « Dans une certaine mesure, les Blancs ont accepté Mandela mais pas sa race », estime M. Matshiqi. « En devenant le symbole de la réconciliation, il a masqué l'absence de réel changement dans le pays.

« Il ne faut pas se bercer d'illusion, poursuit-il : pendant la Coupe du monde de football 2010, vous verrez des Noirs et des Blancs chanter pour la même équipe. Mais au-delà de cette euphorie, il n'y aura pas davantage de progrès.

Le Rugby en Afrique du Sud : Une Histoire Riche

Le rugby est introduit en Afrique du Sud par les Britanniques. Les premiers joueurs de rugby sont des soldats de la Couronne britannique, présents pour imposer la pax britannica aux Zoulous et surtout aux Boers, installés depuis deux siècles.

Un instituteur anglais, Canon George Oglivie, enseigne au Diocesan College du Cap, où il introduit le football, tel qu'il est enseigné au Collège de Winchester, c'est-à-dire le rugby-football. Un premier match oppose en 1862 des militaires à des civils du Cap, tous sont sujets de sa royale Majesté.

Le rugby se développe au détriment du football. Des clubs de quartier poussent dans les agglomérations, comme Johannesburg, Le Cap et Pretoria. Le premier club, le Hamilton Rugby and Football Club, naît au Cap en 1875, puis c'est la Western Province Rugby Union en 1883. Le Griqualand West suit en 1886, l'Eastern Province en 1888, et le Transvaal en 1889.

Le South African Rugby Board naît en 1889. Les jeunes Boers appréciant ce sport, et pour réunir un effectif suffisant, les clubs se composent de Britanniques et d'Afrikaners. Le rugby y gagne en popularité, il est même pratiqué par les prisonniers de guerre, qui peuvent ainsi se changer les idées.

La légende veut que la guerre soit interrompue en 1902 pour un « match » Angleterre-Afrique du Sud. La première tournée des Lions britanniques en Afrique du Sud a lieu en 1891 ; son déplacement est financé par Cecil Rhodes, le Premier ministre de la colonie du Cap et par Paul Kruger, le président de la république du Transvaal.

Ce sont les premiers matchs représentatifs, disputés par les équipes sud-africaines qui apprennent encore le jeu. Les touristes jouent et gagnent un total de vingt parties, ne concédant qu'un seul essai durant toute la tournée. Trois matchs disputés contre des équipes régionales sont considérés comme des tests, quoique l'« Afrique du Sud » n'existe pas encore comme unité politique en 1891, et se terminent sur des scores serrés : 4-0, 3-0 et 4-0.

Un des événements marquants de la tournée est le fait que l'équipe britannique offre la Currie Cup au Griqualand West pour avoir fourni la meilleure opposition. La tournée suivante des Lions britanniques a lieu en 1896. La série est perdue 3 tests à 1 par la colonie, mais elle voit la première victoire des Sud-Africains contre les Lions britanniques par 5-0 au Newlands Stadium.

Après la guerre des Boers, l’équipe d'Afrique du Sud dispute trois test matchs en 1903 contre les Lions britanniques. Le temps des tournées faciles est terminé. Le 12 septembre 1903 l'équipe conduite par Ferdie Aston remporte le troisième test match contre les Lions britanniques 8-0, après deux matchs nuls.

Il faudra attendre un demi-siècle, lors de la tournée en Nouvelle-Zélande en 1956, pour que les Sud-Africains perdent une série de test matchs à domicile ou à l'extérieur. Plusieurs Britanniques jouent alors dans l'équipe sud-africaine, l'Écossais Saxon McEwan, l'Irlandais H.H.Ferris et le Gallois J. E. C. Partridge. La tournée a lieu peu de temps après la fin de la guerre entre Boers et Britanniques, plusieurs joueurs sud-africains avaient combattu dans les rangs des Boers.

Les Sud-Africains font une tournée en Grande-Bretagne et en Irlande en 1906. Ils y gagnent un nom, les Springboks et ils marquent l'histoire. Ils perdent contre l'Écosse 6-0 et l'emportent 15-12 contre l'Irlande devenant ainsi les cinquièmes détenteurs Raeburn Shield et les premiers en dehors des Îles Britanniques.

Mais surtout ils battent ensuite le pays de Galles 11-0 à Swansea, le pays de Galles en plein premier « Âge d'or ». Les Gallois, invaincus en 1905, viennent de battre les All Blacks, et sont la seule équipe à parvenir à battre les Originals à Cardiff, par 3-0.

Les Sud-Africains font match nul 3-3 contre l'Angleterre. Au cours de cette tournée, les Sud-Africains disputent 28 matchs, ils remportent 25 victoires, ne perdent que deux matchs et font un match nul.

Le dernier match non officiel de la tournée donne lieu à une large victoire des Springboks par 54 - 6 sur une sélection de Paris à Paris, avec 13 essais à leur actif. La sélection parisienne est représentée par les deux clubs parisiens : le Stade français et le Racing club de France, car l'équipe officielle joue le surlendemain contre l'Angleterre.

Ces matchs se déroulent quatre ans seulement après la seconde guerre des Boers qui a divisé le pays opposant les « Afrikaners » aux « Coloniaux britanniques ». En 1910, les Lions se déplacent en Afrique du Sud. Avant une interruption due à la Première Guerre mondiale les Springboks font une tournée en Grande-Bretagne, en Irlande et en France en 1912-1913.

Les Springboks rentrent dans l’histoire : ils l’emportent sur l'Écosse 16-0, l’Irlande 38-0, le pays de Galles 3-0 ; ils battent ensuite l’Angleterre 9-3 et la France au Bouscat 38-5.

La rivalité entre les Springboks et les All Blacks commence en 1921 à l'occasion d'une tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande. Cette première confrontation se conclut sur une égalité entre les deux équipes (une victoire, une défaite et un match nul).

La rivalité entre All Blacks et Springboks se poursuit aujourd’hui avec les deux rencontres annuelles du Rugby Championship. Les All Blacks font leur première tournée en Afrique du Sud en 1928, cette tournée se solde par une égalité entre les deux équipes.

Les Springboks font une tournée en Grande-Bretagne et en Irlande en 1931-1932. Ils battent le pays de Galles 8-3 à Swansea, ils l’emportent 8-3 contre l’Irlande. Ils gagnent ensuite le 2 janvier contre l’Angleterre par 7-0, puis contre l’Écosse par 6-3 avec deux essais de Danie Craven et du capitaine Bennie Osler.

Les Wallabies australiens effectuent leur première tournée en Afrique du Sud en 1933 pour une série de cinq test matchs qui est gagnée par les Springboks par 3 victoires à 2. En 1937, les Springboks rendent visite d'abord aux Wallabies (2-0), puis les Springboks remportent leur série contre les All Blacks (2-1) lors d'un passage en Nouvelle-Zélande.

Les All Blacks remportent le premier test match mais s’inclinent lors des deux suivants. Ils ont affaire à forte partie car cette équipe d’Afrique du Sud de 1937 est parfois décrite comme la meilleure qui ait joué en Nouvelle-Zélande.

Après une interruption de onze ans due à la Seconde Guerre mondiale, le premier test match d’une série de quatre matchs est disputé en 1949 contre l’équipe de Nouvelle-Zélande. Les All Blacks n'emportent aucun match de cette série, perdant 15-11, 12-6, 9-3 et 11-8. Danie Craven débute comme entraîneur en 1949 et il commence sa carrière en réalisant un exploit : une série victorieuse 4-0.

Les Springboks enchaînent dix victoires consécutives, ils font une tournée en Grande-Bretagne, en Irlande et en France en 1951-1952, période pendant laquelle ils ont marqué l'histoire. Ils l’emportent sur l'Écosse 44-0, l'Irlande 17-5, sur le pays de Galles 6-3, puis ils battent l'Angleterre 8-3.

Ils gagnent ensuite à Paris 25-3 contre la France après une victoire contre les Barbarians. En 1953, les Springboks disputent une série de quatre matchs contre les Wallabies, le premier test disputé à l’Ellis Park se termine sur une victoire de l’Afrique du Sud 25-3. Les Australiens sortent applaudis debout le 5 septembre 1953 à Newlands au Cap après leur victoire 18-14 remportée lors du second test.

Le capitaine wallaby John Solomon est porté en triomphe par deux joueurs sud-africains. C’est la première défaite des Springboks depuis quinze ans (en 1938). En 1955 les Lions britanniques se déplacent en Afrique du Sud. Deux victoires et deux défaites aboutissent à un résultat équilibré.

La tournée des Springboks en Nouvelle-Zélande de 1956 voit la suprématie mondiale du rugby changer de tête : les Springboks perdent la place de numéro 1 au bénéfice du pays du long nuage blanc. La machine verte et or sud-africaine n’avait jamais été battue dans une série depuis 1896.

Les Springboks affrontent les Français en 1958 dans une série historique pour les Bleus. Le 16 août 1958, l’équipe de France remporte sa première victoire par 9-5 face aux Springboks à l’Ellis Park de Johannesburg, sous la conduite de Lucien Mias, le Docteur Pack.

En 1960, après avoir battu les Écossais lors de leur premier match, les Springboks disputent à domicile une série de quatre matchs contre les All Blacks. Le résultat est satisfaisant : victoire 13-0, défaite 3-11, match nul 11-11 et une dernière victoire 8-3 leur permet de remporter la série.

En 1960, les critiques internationales de l'apartheid prennent de l'ampleur et le ton du Royaume-Uni change à la suite du massacre de Sharpeville, survenu le 21 mars 1960, qui heurte l'opinion mondiale.

Une campagne de protestations a lieu en Nouvelle-Zélande avec le slogan « No Maoris, No Tour » (« pas de Māori, pas de tournée ») et la pétition obtient le soutien de 150 000 signatures. Même avant l'entrée en vigueur de l'apartheid en 1948, les équipes sportives en tournée en Afrique du Sud prennent la précaution de sélectionner seulement des joueurs blancs.

Les Springboks enchaînent sur une tournée en Grande-Bretagne, en Irlande et en France en 1960-1961. L’équipe de 1960-1961 rejoint les glorieuses générations précédentes dans l'histoire en réalisant un grand chelem.

Ils l’emportent sur le pays de Galles 3-0, l’Irlande 8-3, ils battent l’Angleterre 5-0 et enfin l’Écosse 12-5. Ils jouent ensuite à Paris et concèdent un nul 0-0 contre la France. L’équipe d'Afrique du Sud dispute quatre test matchs en 1962 contre les Lions britanniques. Les Springboks gagnent les trois derniers tests après le match nul initial.

En 1963 la réception des Australiens est sanctionnée par un partage des victoires 2-2. L'équipe d'Afrique du Sud connait une désastreuse année 1965, en effet les Springboks enregistrent une série de sept défaites consécutives, ils perdent contre l'Irlande, contre l'Écosse, par deux fois contre l’Australie, et enfin par trois fois contre la Nouvelle-Zélande. L’équipe est assez inexpérimentée devant, seul Frik du Preez compte une dizaine de sélections.

En 1967 les Springboks et les Français s’affrontent à quatre reprises, le dernier mot revient aux Sud-Africains : ils emportent les trois premiers tests, à Durban, Bloemfontein et Johannesbourg, les deux équipes faisant match nul à Newlands.

Les Bleus ont gagné durant cette décennie leurs lettres de noblesse. Le bilan des Bleus contre l'équipe d'Afrique du Sud, de 1961 à 1968, est de quatre défaites (dont deux à Colombes), deux victoires et un match nul.

En 1968, l’Afrique du Sud gagne de nouveau trois test matchs pour un match nul contre les Lions. Les Springboks font une tournée en Grande-Bretagne et en Irlande en 1969-1970. Ils ne remportent aucun match : défaites contre l’Écosse 6-3, l’Angleterre 11-8, nuls contre l’Irlande 8-8 et le pays de Galles 6-6.

En 1970, les Springboks reçoivent les All Blacks pour une série de quatre matchs. Cette fois-ci le successeur de Verwoerd, John Vorster décrète que les All Blacks peuvent se rendre en Afrique du Sud avec des Maoris, ainsi quatre joueurs maoris Henare Milner, Blair Furlong, Sid Going, et Bryan Williams participent à la tournée et sont classés comme blancs honoraires.

Toutefois des manifestants anti-apartheid tentent d'empêcher le départ de l'avion des All Blacks et envahissent la piste de l'Aéroport d'Auckland et le pilier international Ken Gray refuse pour des raisons morales de participer à la tournée.

Cette décision de Vorster d'autoriser la venue de joueurs et de spectateurs Maoris lors de cette tournée des All Blacks en Afrique du Sud provoque une grave crise au sein même du Parti national, quand une faction extrémiste menée par Albert Hertzog, Jaap Marais et Louis Stofberg fait scission pour créer en octobre 1969 le Herstigte Nasionale Party (HNP), une dissidence d'extrême droite.

En 1971, avant la tournée des Springboks en Australie, des appels sont lancés pour couper les liens avec la république d'Afrique du Sud en raison de la politique d'apartheid. La tournée a cependant lieu, appuyée par le gouvernement fédéral australien, et elle soulève une mobilisation et des manifestations anti-apartheid.

Si les Sud-Africains l’emportent 3 victoires à 0 sur des scores de 18-6, 14-6 et 19-11, il n’y aura plus de confrontation entre les deux nations pendant 21 ans. La France effectue une tournée en Afrique du Sud en 1971, avec Roger Bourgarel, initialement écarté par le comité de sélection, puis réintégré à la suite d'une intervention d'Albert Ferrasse, le président de la Fédération française de rugby à XV, joueur antillais de couleur et ailier du Stade toulousain qui joue les deux test matchs, aux côtés de son capitaine Jean Trillo.

En 1974, les Springboks reçoivent les Lions britanniques, ils perdent les trois premiers tests-matchs sur des scores de 12-3 au Cap, 28-9 à Pretoria et 26-9 à Port Elizabeth ils réussissent à faire match nul 13-13 lors du dernier test à Johannesburg.

Les manifestations envers les équipes affrontant les Springboks s'intensifient, le premier ministre britannique Harold Wilson, refusant de recevoir les Lions à leur retour. En 1975 les deux nations se retrouvent pour une série de deux tests-matchs, le résultat est à nouveau favorable aux Springboks qui l'emportent de nouveau par 2 victoires à 0, sur des scores de 38-25 à Bloemfontein le 21 juin, et 33-18 à Pretoria le 28 juin.

En 1976, les Springboks accueillent les All Blacks et rééditent la performance de 1970. Au cours du dernier test-match entre les deux équipes disputé le 18 septembre 1976 à Johannesburg, le premier ministre sud-africain John Vorster réussit à convaincre le premier ministre rhodésien Ian Smith d'accepter de rencontrer le secrétaire d'État américain Henry Kissinger.

Smith annonça à ce dernier son ralliement au principe d'un gouvernement dirigé par la majorité noire ouvrant ainsi la voie à une solution politique en Rhodési...

Grand sujet - Apartheid partie 6 - Vérité et réconciliation (1994-2002)

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