Histoire et développement du hockey sur gazon en Afrique du Sud

Le hockey sur gazon, bien que moins médiatisé que d'autres sports, possède une histoire riche et complexe, particulièrement en Afrique du Sud. Ses racines remontent à l'époque pré-républicaine, et son évolution a été marquée par des événements historiques majeurs, notamment l'apartheid.

Les Origines du Hockey sur Gazon

Des traces de la pratique du hockey, sous des formes moins formelles, remontent à l'Antiquité, il y a 4 000 ans en Égypte, en Éthiopie (1000 av. JC) et en Iran (2000 av. JC). Le hockey sur gazon moderne puise ses racines en Angleterre au début du 19e siècle, particulièrement dans les écoles privées et les collèges britanniques.

Le sport a gagné en popularité au sein des écoles et des clubs, et en 1908, il est devenu un sport olympique aux Jeux de Londres, avant de faire son entrée définitive dans le programme olympique en 1928, lors des Jeux d'Amsterdam.

Hockey sur gazon - La France corrigée par l'Australie en ouverture de la Coupe du monde

Le Hockey sur Gazon en Afrique du Sud : Une Histoire Marquée par l'Apartheid

L'histoire du hockey sur gazon en Afrique du Sud est intimement liée à l'histoire politique et sociale du pays. Pendant la période de l'apartheid, le sport, comme de nombreux autres aspects de la vie, était divisé selon des lignes raciales. Les fédérations sportives étaient séparées entre populations blanches et non-blanches. Cette ségrégation a eu un impact profond sur le développement du hockey, limitant les opportunités pour les joueurs non-blancs.

En raison de son régime d'apartheid, condamné de manière unanime sur la scène internationale, l’Afrique du Sud en est exclue depuis 1970 du Comité International Olympique (CIO). Malgré l’exclusion du pays en 1970 du CIO, d’autres incidents liés à l’Afrique du Sud éclatent sur la scène internationale sportive : des scènes de violence à Londres en 1970 lors d’une tournée des Springboks en Angleterre, le boycott de 22 pays africains des Jeux de Montréal en 1976 pour protester contre la participation de la Nouvelle-Zélande, dont l'équipe de rugby a effectué une tournée en Afrique du Sud la même année…

Pour Carole Gomez, chercheuse à l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), "le CIO maintient toujours cette politique de laisser la porte ouverte. Pour le comité olympique, c’était par le biais du sport que le régime d'apartheid allait changer d’attitude en réalisant qu’il n’était pas la norme et qu’il était à bien des égards condamnables."

Les étapes clés de l'isolement sportif de l'Afrique du Sud :

  • 1962: Arrestation de Nelson Mandela.
  • 1974: Exclusion de l'Afrique du Sud de l'Assemblée Générale des Nations unies.
  • 1977: Accords de Gleneagles demandant la mise en quarantaine des équipes sportives sud-africaines.
  • 1985: Exclusion de l'Afrique du Sud de la première Coupe du monde de rugby en 1987.

La Fin de l'Apartheid et la Réintégration Sportive

La fin de l'apartheid au début des années 1990 a marqué un tournant décisif pour le sport sud-africain. En mars 1991, une délégation du CIO achève cinq jours de visite en Afrique du Sud. Les deux hommes semblent convaincre les membres du CIO qui créent, dès leur retour en Suisse, le "Comité national olympique sud-africain par intérim", et ce près d’un an avant le référendum sur la fin de l’apartheid.

La deuxième est la fusion des fédérations de chaque sport, jusque-là divisées entre populations blanches et non-blanches, et qui se fera progressivement.

Le sport, y compris le hockey sur gazon, a été vu comme un outil potentiel pour favoriser la réconciliation nationale. La fusion des fédérations sportives a été une étape cruciale pour assurer l'égalité des chances et promouvoir la diversité au sein des équipes.

Si cette décision met fin à une disette olympique d'une trentaine d'années pour l’Afrique du Sud, sa portée symbolique n'est pas aussi importante que d'autres événements selon Julien Migozzi : "La promesse de l’organisation de la Coupe du monde de rugby en 1995 a davantage pesé dans l’abrogation de l’apartheid que l’annonce du CIO, tout comme la promesse d'une participation à la Coupe du monde de cricket".

Nelson Mandela et François Pienaar lors de la Coupe du Monde de Rugby 1995

Le Développement Actuel du Hockey sur Gazon en Afrique du Sud

Aujourd'hui, le hockey sur gazon en Afrique du Sud continue de se développer. Des efforts sont déployés pour encourager la participation des jeunes, en particulier dans les communautés défavorisées. Les infrastructures sportives sont améliorées, et des programmes de formation sont mis en place pour développer les compétences des joueurs et des entraîneurs.

Le sport puisant ses origines modernes dans les pays anglo-saxons, il n'est pas étonnant de retrouver, au fil des décennies, des pays en tête des classements anciennement sous la gouverne de l'Empire britannique, comme l'Inde, le Pakistan, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud... En Afrique du Sud, le rugby est devenu un facteur d'intégration et de pont entre les communautés noires et blanches. Réservé aux seuls sportifs afrikaners durant la période de la ségrégation et interdit à la population noire, le rugby s'enseigne désormais dans les ghettos noirs.

Bien que le hockey sur gazon ne soit pas aussi populaire que le rugby ou le football, il conserve une base de fans dévoués et continue de jouer un rôle important dans le paysage sportif sud-africain.

Le Hockey dans le Monde

Chaque équipe de hockey sur gazon est composée de 11 joueurs, dont 10 sur le terrain et un gardien de but. Comme souvent dans les jeux de balle et de ballon, l'objectif est de marquer des buts en envoyant une balle dure dans le but adverse à l'aide d'une crosse en forme de crochet. Un match standard est divisé en 4 périodes de 15 minutes.

L'Inde a longtemps conservé son titre de champion, remportant l'Or à 8 reprises dont 6 fois consécutives entre 1928 et 1956, 30 victoires d'affilée et 197 buts inscrits contre 8 encaissés ! En 1976 aux Jeux de Montréal, la Nouvelle-Zélande remporte la médaille d'or, devenant la première équipe non asiatique ou européenne à remporter l'or olympique en hockey sur gazon. D'autres pays se sont, par la suite, distingués au niveau olympique, comme l'Argentine, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Belgique ou encore l'Espagne.

1991 : La fin de l'Apartheid en Afrique du Sud

Le Hockey sur Gazon en Afrique : Initiatives de Développement

Le hockey sur gazon reste un sport relativement peu pratiqué en Afrique. A peine 24 pays d'Afrique --moins de la moitié du continent-- sont affiliés à sa Fédération, parmi lesquels seuls trois (Afrique du Sud, Egypte et Ghana) sont classés parmi les 35 premières nations mondiales.

Le président de la fédération africaine de hockey, l'Egyptien Seif Ahmed, tente de développer son sport sur un continent où il est peu pratiqué.

Exemple d'initiative :

Novembre 2016, Assemblée Générale de la FIH, le Président de la Fédération Togolaise de Hockey demandait explicitement à Olivier Moreau, Président de la F.F.H, de trouver dans ses entraineurs Français une personne volontaire pour venir dans son pays pour former ses propres entraineurs entre le 12 et le 25 Décembre 2016. Guillaume Roussel répond positivement et avec beaucoup d'enthousiasme à cette proposition. Après un chemin semé d'embuches administratives, Guillaume s'envola pour Lomé (Togo) du 14 décembre au 28 décembre 2016.

Au Togo ce sport a débuté en 2008 sur la région de Lomé et a déjà bénéficié de stages de formations d'entraîneurs. Pendant les journées de formation, les stagiaires sont très volontaires et la progression technique est plus que satisfaisante. Ce sont des moments très forts de partage. Visite du grand marché de Lomé d'une longueur extraordinaire (25 minutes de marche en ligne droite sans arriver à sa fin !). Puis le temps de se dire au revoir arrive : le cœur un peu pincé de se séparer après avoir tant partagé.

En Algérie, le hockey sur gazon est une discipline très récente. Le hockey sur gazon figure à l'affiche des Jeux africains de la Jeunesse (JAJ), qu'Alger accueille du 18 au 28 juillet et Seif Ahmed a saisi l'occasion pour convaincre les autorités algériennes de faire figurer leur pays dans la compétition.

Dans la tête de Sylvie PETITJEAN, femme aux multiples casquettes, que nous connaissons bien dans la peau de notre TD (Inter) nationale. En effet, son accent « so » british s’entend souvent sur les bords du terrain, aux abords des tables techniques de la planète Hockey. De l’Afrique du Sud, au Nancy HC, d’un bar de pêcheur en Bretagne, elle s’envole pour l’Argentine. Entre temps, elle a vécu les JO de Londres 2012 et nous convoque pour Paris 2024. D’ici là, elle nous aura donné le tournis en passant par la Biélorussie, puis Rio...

Comment avez-vous commencé le hockey ? Cela me paraît une éternité maintenant, quand j'avais 7 ans à l'école en Afrique du Sud. A cette époque le hockey était surtout un sport réservé aux filles alors que les garçons jouaient au rugby. La pratique de ce sport se faisait d'abord à l'école avant de se pratiquer en club. Nous organisions même des tournois inter-écoles tous les ans et la bataille était toujours rude pour remporter le fameux trophée. Quand je suis arrivée en France dans l'Est, le Nancy Hockey Club venait de se créer et ce fut tout naturellement que je me suis trouvée enrôlée dans ses rangs, d'abord en tant que joueuse et ensuite en tant que présidente. Puis je suis arrivée au Polo HCM (ah l'amour!!) où je continue à jouer et me faire plaisir en N2 Dames.

Avant de vouloir évoluer dans les sphères internationales, nous commençons toujours en tant que Déléguée Technique en France lors des tournois finaux en gazon et salle. Puis, lors d'une Coupe d'Europe à Lille, on m'a proposé le rôle de "juge local", qui consistait principalement à gérer la table technique lors des matchs. Et me voilà embarquée dans de nouvelles aventures. Au gré de chaque tournoi européen, j'ai été évaluée, ce qui m'a permis d'atteindre le poste de "Technical Officer" (à savoir, adjointe à la directrice de tournoi). La suite logique d'une évolution de "carrière" a fait que je suis devenue Directrice de Tournoi, d'abord en Europe puis à l'International. D'ailleurs, mon premier tournoi en tant que Directrice fut un 4 Nations en Inde en 2008 (Quel choc culturel, en plus de devoir gérer un tournoi pour la première fois!!!).

Je suis professeur d’anglais (surprenant) à l’Université de Valenciennes. Quel a été votre sentiment lorsque vous avez appris que vous étiez sélectionner pour les J.O. 2016 de Rio de Janeiro ? C’est déjà incroyable d’en faire un, alors deux JO...et en plus à Rio ! J’ai la larme facile ; vous imaginez bien que j’ai sorti les mouchoirs ! Plus concrètement et après ce premier choc, je me suis aperçue que j’étais en fait désignée comme Assistante Directrice de Tournoi (ATD). Doublement surprise, doublement ravie mais doublement tendue en raison des responsabilités plus importantes. Pour Londres, j’ai du me rendre dans un bar de pêcheurs en Bretagne pour trouver du wifi et c’est face à une bière locale que nous avons fêté ma toute première désignation aux JO. Ma grande surprise venait aussi du fait que j’étais à cent mille lieux de penser que la FIH pouvait me sélectionner.

Quel sera votre rôle sur place ? A Londres, j’étais désignée comme juge, à savoir la gestion de la table technique (temps, feuilles de matchs, contrôles des équipements, etc.).Pour Rio, les choses se corsent. Comme mentionné, je suis Assistante Directrice de Tournoi (ATD), à savoir son bras droit. Je dois pouvoir à tout moment la remplacer en cas de problèmes. Nous sommes 3 à avoir été désignées comme ATD. Les ATD gèrent l’ensemble de la compétition et la gestion sportive. Cela demande énormément de préparation en amont en collaboration avec la Directrice de Tournoi, la FIH, le pays organisateur, les équipes et joueuses, les médias, le staff médical, etc. En gros, tous les intervenants dans un tournoi de cette ampleur, avec des discussions en permanence, des réunions en tous genres. Nos journées sont rythmées par une présence sur le bord du terrain afin de garantir le bon déroulement du tournoi. L’autre rôle important est l’évaluation des arbitres et des juges. D’un certain point, vous représentez le hockey français à l’international, est-ce une pression supplémentaire ? Je trouve que je n’ai aucune pression du fait de ma nationalité. En ce moment, beaucoup de choses !

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