Le Hockey Club de Grenoble, connu sous le nom des Brûleurs de Loups (BDL), est un club emblématique du hockey sur glace français. Cet article explore l'histoire du club, ses moments de gloire, ses défis et son impact sur le hockey français.

Les Débuts d'une Passion (1963-1968)
Le club de hockey sur glace de Grenoble a vu le jour le 23 septembre 1963, avec l’inauguration de la patinoire privée au boulevard Clemenceau. C'était la deuxième patinoire française de l’époque dotée d’un toit, après celle de Boulogne-Billancourt. Cette dernière a joué un rôle majeur dans la création du club grenoblois, sous l’impulsion de Philippe Potin et Pete Laliberté.
Philippe Potin, un mécène passionné de hockey sur glace, avait investi dans le club de Boulogne-Billancourt, faisant venir des joueurs canadiens pour le développer. Parmi eux, Gaëtan Laliberté, dit Pete Laliberté. Ne voyant pas d’avenir pour le hockey à Boulogne-Billancourt, Philippe Potin a décidé de créer un club à Grenoble. Il y fit construire une patinoire privée, qui deviendra municipale, et emmena avec lui Pete Laliberté pour monter une équipe élite et une école de hockey.
La nouvelle patinoire de Grenoble avait fière allure pour l’époque : 2 200 places assises, un restaurant et même un bowling attenant. Le tout premier match de l’équipe de hockey sur glace de Grenoble s'est joué le 25 octobre 1963, face à l’équipe suisse de Bâle.
Les Années Internationales (1968-1973)
Le hockey grenoblois se tourne vers l'international avec des ambitions grandissantes.
Reconstruction (1973-1978)
Une période de reconstruction a suivi, marquée par des défis et des changements au sein du club.
Vers les Sommets (1978-1982)
Après avoir digéré la fin des paillettes internationales, le départ de Pete Laliberté et l'intégration à l'élite, Grenoble a fini par trouver son rythme. Une fois que tout a été en place, le titre suprême national ne pouvait être bien loin.
Il aura fallu attendre l'âge de la majorité et les 18 ans du club, pour que les BDL soient enfin sacré champion de France après avoir frôlé le titre à de multiples reprises.
Championnat de France 1981/1982 : La Quête du Graal
Pour cela, Serge Bocquet et Robert Le Blond, les deux présidents, se dirigent à nouveau vers la Tchécoslovaquie pour, après Adolf Sprincl, dénicher un entraîneur de talent : Josef Horesovsky. "L'un des meilleurs entraîneurs que j'ai eu" rappelle Bernard Le Blond.
Autre départ d'un élément indispensable dans la conquête du deuxième titre : l'attaquant international Jean-Paul Farcy. Il n'a pas d'ailleurs pas le choix, puisqu'il avait été prêté par son club Amiens qui monte cette saison en nationale A et qui veut impérativement le récupérer alors que l'intéressé serait bien resté pour la défense du titre... Il reviendra d'ailleurs un an plus tard !
Un autre joueur arrête également sa carrière, mais pour raisons professionnelles : André-Marc Belli-Riz, le buteur venu de Croix et de Gap se consacre entièrement à l'architecture. "J'en avais assez de cumuler le travail et le hockey, cela faisait trop de contraintes, je ressentais une usure morale. Le mot fin également pour Jean-Charles Piccinini : "J'avais été gravement blessé la saison passé, mais de toutes façons, je n'arrivais plus à concilier le travail en cuisine dans mon restaurant et le hockey.
"Quand je suis venu à Grenoble en 1981, j'étais junior, je n'avais pas fait de demande de transfert, car la date limite était dépassée et de toutes façons, le président d'Amiens m'avait dit que ce n'était pas la peine, que j'avais sa parole qu'il me laisserait à Grenoble, j'avais confiance...
Pour le remplacer, Daniel Grillon, formé à Reims et en provenance de Chamonix. Enfin à signaler la montée en équipe première de jeunes comme Stéphane Vissio, Olivier Mutin, Pena ou Valchera.
Saison 1982/83 : Défis et Désillusions
Le championnat de Nationale A 1982/83 est passé à douze équipes. Les doubles champions de France débutent leur saison par un match amical le dimanche 12 septembre avec une victoire 14-3 contre les Espagnols de Jaca. Mais le véritable coup d'envoi a lieu le 25 septembre en championnat avec la réception de Chamonix. Une équipe toujours entraînée par le Canadien Bernard Noreau qui enregistre le retour après sa blessure de Luc Tardif qui récupère donc sa place de renfort étranger auprès de Rick Bourbonnais. Une ouverture totalement ratée par les Grenoblois qui se réveillent trop tard, dans les cinq dernières minutes, ne suffisant pas à éviter la défaite 11-9.
Une semaine plus tard, les Brûleurs de Loups ont l'occasion de se reprendre en recevant une équipe de bas de tableau, Lyon. Mais il faut confirmer avec la première manche du derby disputé à Villard-de-Lans. Pour ce match toujours aussi chaud, les Grenoblois peuvent enfin compter sur Robin Dauphin dans une rencontre où chaque camp est entraîné par un Tchèque : Josef Horesovsky à Grenoble et Vaclav Libora à Villard. Un match, une nouvelle fois, extrêmement disputé avec de nombreux accrochages pour un nul 2-2.
Trois jours plus tard, les Brûleurs de Loups retrouvent la coupe d'Europe... et comme l'an passé les Espagnols de Bilbao. Un match aller disputé au Pays Basque à un horaire pour le moins étrange : midi moins le quart ! Avec un accueil "Coupe d'Europe de foot" : bruit toute la nuit sous les fenêtres de l'hôtel et nourriture disons... En tout cas, sans que cela ne constitue des excuses, les Brûleurs de Loups sont balayés 7-2 par une équipe qu'ils avaient largement dominée l'an passé...
Il ne faut pas laisser s'installer le doute lorsque quatre jours après la déroute espagnole, le CSGG reçoit Megève. Il est donc important le prochain match puisque c'est un déplacement chez le leader Saint-Gervais, avec sa jeune génération qui va marquer le hockey français : Christophe Ville, Franck Ganis, Christian Bozon, Stéphane Botteri ou encore Jean-François Ribordy. Ces jeunes pousses entraînées par le Québécois haut en couleur Jacques Tremblay tombent le champion de France 5-4. St-Gervais, cinq matches, cinq victoires, enfonce encore plus les Brûleurs de Loups.
Le rythme de deux rencontres par semaine se poursuit avec le match retour de coupe d'Europe le mardi 27 octobre 1982 à Clémenceau. Pour ce match qui a attiré la grande foule et que l'on espère être du rachat, les champions de France sont privés de Jean Le Blond, mais bénéficient de la part du règlement du renfort de deux Canadiens supplémentaires, empruntés en Nationale B : le défenseur de Méribel, Michel Brousseau, et l'attaquant d'Annecy, Jean Poiré.
Et cela part... de la pire des manières avec quatre buts basques dans la première demi-heure : Del Saz (4e), Enrique (11e), Munitiz (30e) et Del Saz (33e)... 0-4 à la mi-match pour une équipe qui a déjà cinq buts à rattraper. Antoine Sangiorgio marque enfin à la 39e, mais Del Saz encore lui enfonce le clou (40e). Jean-François Beaudoing redonne des couleurs aux siens à vingt minutes de la fin (2-5) avant que l'inévitable Del Saz n'inscrive son quatrième but de la soirée à la 52e. Mais reste que pour la première fois, un club français est éliminé d'une compétition européenne par un club espagnol !
Ce n'est pas fini, les Brûleurs de Loups descendent encore plus bas avec une défaite à Viry-Châtillon, 4-2, ce qui ne leur était pas arrivé depuis longtemps. Et voilà Grenoble éliminé sans gloire de la coupe d'Europe et neuvième au classement avec cinq points alors que Saint-Gervais et Chamonix en comptent douze...
Et quoi de mieux que la venue de Tours pour se remettre dans le sens de la marche ? Certes, cette équipe a eu du mal à se remettre de son échec de l'an passé, le deuxième consécutif, et a perdu beaucoup de joueurs à l'intersaison : Roland Cloutier, Michel Lussier, Jean-Yves Decock, Guy Galiay, Serge Evdokimoff et Lachance. Elle est également privée en ce 6 novembre de Christophe Pasquier et Marc Audisio suspendus respectivement pour quatre et cinq matches. En revanche, Tours évolue bien avec son nouveau renfort Canadien Patrick Daley. Les Brûleurs de Loups sont eux au complet, sauf Wilfrid Girod, et ils ont une énorme envie de réussir.
Les Grenoblois affrontent ensuite les trois promus à la suite. Amiens et Briançon sont facilement battus, et les Brûleurs de Loups terminent par un déplacement à Épinal, qui accède pour la première fois à l'élite sous la houlette de... Pete Laliberté ! Les champions de France souffrent pour s'imposer 4-3 devant une équipe soutenue par plus de 2 000 supporters dans une patinoire de Poissompré pleine à craquer.
Alors que Grenoble se passionne pour la finale de la Coupe Davis de tennis au Palais des Sports entre la France de Yannick Noah et les États-Unis de John Mac Enroe, les Brûleurs de Loups attaquent les matches retour chez le co-leader Chamonix par une nouvelle défaite 4-3 après avoir été mené 4-0. Et de trois matches consécutifs à l'extérieur avec un court déplacement à Lyon. Une équipe lyonnaise prête à tout pour éviter la Bérézina de l'an passé et qui y parvient puisque les Grenoblois ne s'imposent que 4-3. Une bonne nouvelle quand même en cette fin d'année 82, la naturalisation française de Larry Huras.
Reste que les Brûleurs de Loups sont scotchés à la sixième place et qu'il va bien falloir remonter vers l'air pur... En attendant, on s'apprête du côté de Grenoble a recevoir avec les égards qu'il mérite son voisin de Villard-de-Lans. Les Brûleurs de Loups réalisent enfin leur premier match parfait de la saison ! Un succès large 7-2 qui fait enfin gagner une place au classement aux Grenoblois et cette image d'Antoine Sangiorgio marquant un but en récupérant le palet en sortant de prison sous les clameurs de la foule ! Mais c'est le mardi 21 décembre que les Brûleurs de Loups signalent leur retour dans la course pour défendre leur titre. Ce soir-là, ils passent à la moulinette le leader Saint-Gervais.
Ensuite, Grenoble empile huit buts à la suite : Jean Le Blond (20e), Gary Brown (21e), Daniel Grillon (30e et 40e), Bernard Le Blond (42e), Gary Brown (48e) et Philippe Treille (53e et 55e) et encore, les Grenoblois vont se permettre de rater deux pénalties aux 34e et 60e minutes ! Finalement, le dernier mot étant pour St-Gervais avec un ultime but pour l'honneur de Franck Ganis ramenant son équipe à 9-2...
Finalement la trêve arrive trop tôt pour une équipe qui a enfin trouvé sa vitesse de croisière et qui se voit coupé dans son élan par le Père Noël... Une trêve mise à profit pour assister à trois jours de hockey non stop au Palais des Sports.
Jean-François Pointet, trop tôt disparu, est d'ailleurs un bel exemple de ces joueurs formés à Grenoble et qui ensuite ont fait une belle carrière partout en France (Nîmes, Avignon et Dijon). L'occasion d'honorer sa mémoire avec ses souvenirs enregistrés il y a une dizaine d'années : "Je suis né à Nouméa en Nouvelle-Calédonie, alors le hockey au départ... mais après les Jeux de 68, mes parents sont venus à Grenoble et ils voulaient absolument que je fasse du hockey, de plus j'habitais en face de la patinoire et mes meilleurs copains jouaient au hockey, alors il aurait été difficile de résister... J'ai débuté avec Pete comme entraîneur, il était vraiment génial pour faire aimer ce sport. Avec Hervé Réolon et Jean-Luc Chapuis nous jouions ensemble une année sur deux dans les catégories de jeunes, et c'est vrai que c'était une ligne qui marchait bien avec Hervé comme très gros patineur et Jean-Luc comme technicien. Ce tournoi cadet de Noël reste un super souvenir, car j'avais été choisi pour un reportage sur le hockey par [la chaîne de télévision] FR3 ! C'est vrai que ce club de Grenoble n'est associé pour moi qu'à des bons souvenirs, c'est un grand club et j'aimerai rendre hommage à notre entraîneur Noël Roudet qui s'occupait de nous comme un père".
Le début 1983 ressemble à la fin 1982 pour le CSGG qui engrange une sixième victoire de rang. Le 8 janvier, Grenoble prend la troisième place après sa victoire 7-1 contre Viry-Châtillon. Mais la belle série s'arrête brutalement à Tours avec une défaite 5-0, même si deux jours plus tard, le lundi (!) 17 janvier les Brûleurs de Loups passent leurs nerfs et dix buts à Amiens (10-2)..En revanche, nouvelle contre performance avec un nul 2-2 à Briançon.
Voilà donc la première phase qui s'achève pour des Brûleurs de Loups rassurés après un début de saison proche de la catastrophe... Les play-offs débutent d'ailleurs par l'un des matches les plus spectaculaires de l'histoire du club peut être même qu'il pourrait rentrer dans un éventuel top 10 des plus beaux matches des Brûleurs de Loups. Le CSGG reçoit ce soir-là le Gap HC.
La partie est importante entre deux équipes traditionnellement en lutte pour le titre. Les Brûleurs de Loups ouvrent la marque rapidement par Larry Huras, dès la 3e minute, mais Philippe Combe inscrit deux buts avant que Bernard Le Blond en fin de tiers ne renvoient les deux équipes aux vestiaires à égalité deux partout. Mais alors que le match est conforme à ce que l'on attendait c'est-à-dire indécis, quelle mouche pique les Grenoblois dans la dernière période ? Quelle chose extraordinaire a eu lieu dans les vestiaires ? En tout cas, les champions de France réalisent le tiers-temps de leur vie ! Nicolas Ménage ouvre la danse des Brûleurs de Loups (41'25).
Et c'est parti pour la folie ! Philippe Treille 5-3 à la 43e, Patrick Faure 6-3 à la 44e, Jean Le Blond 7-3 à la 45e, Patrick Faure de nouveau 8-3 à la 46e, Philippe Treille encore 9-3 à la 48e. Les Brûleurs de Loups viennent d'une autre planète, la leur, capables de toucher le sublime comme de "ramer" dans un match qui ne les inspirent pas. Une véritable équipe d'artistes qui fait rêver la ville ! Quant aux Gapençais, ils n'ont toujours pas compris pourquoi le ciel leur est soudainement tombé sur la tête alors qu'il n'y avait pas le moindre nuage à l'horizon...
C'est donc la tête dans les nuages que les Brûleurs de Loups se rendent le mardi suivant à Villard-de-Lans. Les Grenoblois réalisent à nouveau un match parfait, à l'échelle du derby bien sûr, où il n'est pas question qu'une équipe de craque totalement au risque d'en entendre parler pendant vingt ans... Le CSGG domine cette rencontre de la tête et des épaules, 7-1, Guy Dupuis privant Daniel Maric d'un blanchissage à deux minutes de la fin.
Et les Brûleurs de Loups ont l'occasion de confirmer cette superbe entrée en matière en recevant leur meilleur ennemi de ces dernières années : Tours. Certes, les Tourangeaux ne sont plus aussi forts que les saisons passées, mais cela reste une superbe affiche. La preuve : 2 000 supporters s'entassent dans Clémenceau pour une rencontre tendue qui s'achève sur un score de parité 5-5.
Un pays du Mont-Blanc que les Brûleurs de Loups visitent avec un déplacement dans le magnifique Palais des Sports de Megève pour un beau succès grenoblois 5-3. Revoilà le CSGG dans le sens de la marche surtout que c'est Viry-Châtillon qui vient à Grenoble. Avec un seul point perdu depuis le début des play-offs et huit matches consécutifs sans défaite, le CSGG est prêt à aller défendre chèrement son titre chez le leader : le Hockey Club de St-Gervais.
La patinoire sangervollaine est pleine à craquer (avec de nombreux supporters dauphinois) et les deux équipes savent que le titre se joue maintenant. Dans une ambiance électrique, les locaux ouvrent la marque par André Péloffy dès la 5e minute. Les Dauphinois égalisent à la 24e minute par Wilfrid Girod, ce qui donne le coup d'envoi de la course-poursuite. Trois minutes à peine et André Péloffy, redonne un but d'avance aux siens, suivi une minute plus tard d'un troisième but haut-savoyard par André Leprégassin. Mais les Brûleurs de Loups recollent à la mi-match par Daniel Grillon puis à vingt secondes de la fin du tiers par Jean-François Beaudoing. Mais il faut attendre les cinq dernières minutes avec un but de chaque côté Patrice Alotto puis Philippe Treille, 4-4, rien n'est fait.
Sauf qu'à... dix secondes seulement de la fin de la rencontre, André Péloffy inscrit son troisième but de la soirée et crucifie les Grenoblois. Ce soir-là, le sentiment de frustration est immense dans le camp grenoblois, tout le monde sentant bien qu'une page s'est tournée...
Pour dix petites secondes, il n'y a pas eu de troisième miracle en trois ans.
Les Grenoblois sont les plus nombreux avec six joueurs sélectionnés par Jacques Tremblay et Pete Laliberté. Les Français réalisent un parcours bien moyen, terminant cinquièmes. Bref, la France est encore engluée pour de longues années dans les marécages du groupe C...
"Le courant ne passait pas du tout avec lui et avec certains Franco-Canadiens, il y avait même deux clans. En tant que capitaine, je l'ai ouverte ...
Une Lente Descente aux Enfers (1982-1988)
Une fois la quête du Graal obtenue, le réveil va être pénible avec une longue descente vers l'enfer...
L'Entrée dans l'Ère Moderne (1988-1994)
Le début du professionnalisme a bien failli entraîner par le fond le club grenoblois resté familial dans son fonctionnement. Les années 90 vont permettre aux Brûleurs de Loups de refaire leur retard, et de rattraper la meute se battant pour le titre de champion de France. Même au prix de difficultés financières.
Le Show : La Signature des BDL
Le sport collectif le plus rapide au monde, le hockey sur glace, offre un spectacle sur la glace, mais aussi en dehors. Deux têtes de loups géantes proposent un show lumineux et pyrotechnique qui éblouit les spectateurs en tribunes et en loges.

Tableau des Titres et Distinctions
| Compétition | Nombre de Titres | Années |
|---|---|---|
| Championnat de France | [Nombre] | [Années] |
| Coupe de France | [Nombre] | [Années] |
| Autres compétitions | [Nombre] | [Années] |