Le «Bleuet de France» est un symbole de mémoire et de solidarité, porté pour commémorer les armistices des deux guerres mondiales et honorer celles et ceux tombés pour la France: les militaires blessés, les victimes du terrorisme, les pupilles de la Nation et les familles en deuil.
Chaque année, la France célèbre la signature de l'Armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre. La Nation célèbre l'Armistice, alors que le Bleuet de France fête son centenaire.
Mais quelle est sa signification ?
Le bleuet de France - Karambolage - ARTE
Origines du Bleuet de France
L'histoire du Bleuet de France commence au cœur des tranchées de la Première Guerre mondiale. Alors que les combats font rage, les soldats français remarquent que les bleuets continuent de pousser sur les champs de bataille dévastés.
Comme l'expliquent les historiens, cette tradition trouve justement son origine pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918). Sur ce terrain boueux, retourné par les bombes et les obus, cette fleur sauvage repousse ici et là.
Dès l’année 1918, le bleuet est officiellement adopté comme symbole de la mémoire des soldats tombés au combat. Bleu comme la première couleur du drapeau français, il rappelle aussi le bleu horizon des jeunes soldats qui rejoignent les vétérans, « les poilus », dans les tranchées, au front.
Le bleuet est le symbole choisi pour illustrer la solidarité envers le monde combattant pour plusieurs raisons. D’une part, il rappelle l’uniforme bleu horizon que les jeunes, les « Bleuets », portaient en rejoignant leurs ainées, les « Poilus » sur les champs de bataille. D’autre part, le bleuet est reconnu comme la fleur française du souvenir, celle qui poussait dans la boue des tranchées, la seule note colorée dans un paysage dévasté. Enfin, le bleu est également un des couleurs de la Nation française, première couleur du drapeau tricolore.

Création et Officialisation
À l'époque, les pensionnaires des Invalides confectionnaient ainsi des bleuets en tissu qu’ils vendaient sur la voie publique. Un moyen de leur fournir une occupation et une source de revenus.
L'initiative revient à Charlotte Malleterre et Suzanne Leenhardt, deux infirmières de l'Institution Nationale des Invalides, qui ont l'idée de faire confectionner aux pensionnaires blessés des bleuets en tissu et de les vendre sur la voie publique. Hôtel des Invalides, 1918. Deux infirmières, émues par le sort des mutilés de guerre, décident de leur faire confectionner des bleuets en tissu. Vendus sur la voie publique, ils permettent d'avoir un peu d'argent pour ses hommes.
En 1925, le bleuet est devenu officiellement un insigne, encore souvent épinglé de nos jours à la boutonnière des officiels. En 1925, Charlotte Malleterre, fille du commandant de l’Hôtel national des Invalides et Suzanne Lenhardt, infirmière major, créent un atelier à l’Institution nationale des Invalides (INI).
Puis, à partir de 1935, l'État encadre et officialise la vente du Bleuet le jour de l'Armistice. Le bleuet est reconnu comme la fleur française du souvenir.
La démarche s’étend à l’ensemble du pays en 1928, lorsqu’elle reçoit le patronage officiel du président Gaston Doumergue accorde son patronage. Quelques années plus tard, en 1934, l’association Bleuet de France est créée.
Cette même année, le 11 novembre, se tient la première collecte autorisée sur la voie publique à Paris, permettant la vente de plus de 128 000 fleurs. C’est pourquoi, il est décidé à l’occasion du 11 novembre 1934 de vendre, pour la première fois, les fleurs de bleuet fabriquées par les anciens combattants sur la voie publique dans la capitale : 128 000 fleurs seront vendues ! C’est une vraie réussite suivie d’une véritable reconnaissance, car dès 1935, l’Etat décide de la vente officielle du Bleuet chaque 11 Novembre partout en France.
Un second jour de collecte sera mis en place le 8 mai 1957.
Au fil des décennies, le bleuet a évolué pour devenir un symbole national de mémoire et de solidarité. En 1991, l’association du Bleuet de France est dissoute au profit de l’Œuvre nationale du Bleuet de France. En 1991, l’association du Bleuet de France devient l’Œuvre nationale du Bleuet de France. L’ONACVG la prend alors sous son aile et en assure depuis sa gestion et sa présidence.
Symbolisant l'aide aux soldats blessés, mutilés et « gueules cassés » du conflit, le bleuet est tombé doucement en désuétude, avant d'être remis au goût du jour au début des années 2010. Si la tradition s'est lentement perdue, elle a fait son retour en 2012, après que Nicolas Sarkozy a fait adopter une loi fixant au 11 novembre « la commémoration de tous les morts pour la France » et non plus uniquement ceux de la première guerre mondiale.
Le Bleuet de France Aujourd'hui
Aujourd'hui, le Bleuet de France continue d’incarner ces valeurs. Plus de cent ans après sa création, la vocation du Bleuet de France reste d’actualité. Aujourd’hui, cette fleur incarne les valeurs de respect, de paix et de tolérance chères à l’ensemble de la communauté combattante.
Le Bleuet de France assure depuis la fin de la Première Guerre Mondiale le soutien psychologique, matériel et financier des hommes et femmes qui ont risqué leur vie pour la France, des victimes d’actes terroristes, des soldates blessés en opération extérieures (OPEX), des anciens combattants, des pupilles de la Nation (orphelines) et des veuves de guerre. Son champ d’intervention ne se limite plus aux soldats blessés lors des deux guerres mondiales mais prend en compte l’ensemble des conflits, des victimes de guerre aux pupilles de la Nation et aux victimes d’actes de terrorisme.
Sur le plan mémoriel, l’Œuvre nationale du Bleuet de France joue également un rôle clé. Elle finance chaque année des centaines de manifestations culturelles à travers la France : concours scolaires, expositions, représentations théâtrales, rencontres cinématographiques, voyages pédagogiques sur les hauts lieux de notre histoire.
Ouverte en octobre 2020, la boutique du Bleuet de France a pour vocation de diffuser et de rendre accessible le Bleuet au plus grand nombre de Français. Par leurs achats sur ce site, particuliers, entreprises et institutions contribuent au financement des actions de solidarité et de mémoire du Bleuet de France. Les bénéfices collectés permettront au Bleuet de France d'améliorer le quotidien de plusieurs milliers d'anciens combattants, de pupilles de la Nation, de victimes de guerre et de victimes du terrorisme.
Les produits proposés sont réalisés en collaboration avec des entreprises françaises partageant ses valeurs et l'engagement citoyen et solidaire du Bleuet de France.
Le Bleuet de France et le Poppy
De part et d'autre de la Manche, des fleurs sont vendues le 8 mai et le 11 novembre au profit des anciens combattants. Mais à chaque pays sa tradition. Les membres du gouvernement et le futur président, Emmanuel Macron, ont arboré des petites fleurs bleues, lundi 8 mai lors des célébrations de la capitulation allemande en 1945. Il s’agit de bleuets, quand les Britanniques arborent eux des coquelicots, au point que le 11 novembre y est communément appelé « Poppy day ».
De l'autre côté de la Manche, c'est le « Poppy », le coquelicot, qui est le symbole mémoriel de la nation britannique et des pays du Commonwealth envers ses soldats tués ou blessés. Tiré d'un poème écrit par un soldat canadien lors de la deuxième bataille d'Ypres, le « poppy » a été adopté comme symbole en 1921 par la Royal British Legion, une association chargée des anciens combattants. Dès cette année-là, il commence à apparaître sur le revers des vestes des Britanniques. Jusqu'à aujourd'hui, la tradition du « poppy » persiste, en particulier au Royaume-Uni, où il serait mal vu qu'un homme politique fasse une apparition la semaine précédent le 11 novembre sans arborer son coquelicot.
La Royal British Legion, l'association caritative derrière la fleur noir et rouge, perçoit plus de 50 millions de dons par an. En comparaison, les sommes récoltées outre-Manche frôlent chaque année les 50 millions d'euros, contre un peu plus d'un million en France.
Ces deux fleurs sauvages ont continué à pousser dans la terre ravagée par les combats de la première guerre mondiale. Et toutes deux font écho à un poème, les « Bleuets de France » et « In Flanders fields » (« Dans les champs des Flandres »).
Soutenir le Bleuet de France
Soutenir le Bleuet de France, c’est perpétuer la mémoire de ceux qui ont combattu et souffert pour la liberté. Participez aux collectes nationales, chaque 8 mai et 11 novembre, ou faites un don tout au long de l’année sur le site officiel du Bleuet de France.
Depuis, des campagnes d’appel aux dons ont lieu chaque 8 mai et 11 novembre en France, en Outre-mer, et à l’étranger.
Désormais, les autorités civiles et militaires devront ainsi arborer la fleur bleue en public chaque 8 mai, jour de la Victoire de 1945 et chaque 11 novembre, jour de l’Armistice de 1918. En outre, il est également recommandé de le porter lors de la Fête nationale.
Cette année, cette fleur, symbole de la mémoire des anciens combattants et des victimes de terrorisme, a fait l’objet d’une circulaire ministérielle le 6 octobre dernier, destinée à le faire connaître. « Malgré son siècle d’existence, le bleuet souffre d’une relative méconnaissance au sein de la population française. Cette méconnaissance est un facteur handicapant pour augmenter la capacité du Bleuet de France à lever des dons au profit de ceux qui restent » pointe la ministre chargée des Anciens combattants, Patricia Mirallès.
| Aspect | Bleuet de France | Poppy (Royaume-Uni) |
|---|---|---|
| Symbole de | Mémoire et solidarité envers les anciens combattants et victimes de guerre en France | Mémoire des soldats tués ou blessés du Royaume-Uni et du Commonwealth |
| Date de commémoration principale | 11 novembre (Armistice) et 8 mai (Victoire 1945) | 11 novembre (Remembrance Day) |
| Association principale | Œuvre Nationale du Bleuet de France | Royal British Legion |
| Montant des dons annuels | Environ 1 million d'euros | Environ 50 millions d'euros |