Le handball français s'est affirmé comme une discipline où la transmission familiale fonctionne à merveille. Des dynasties de joueurs aux liens uniques entre parents et enfants, le handball est souvent une affaire de famille.

Un match de handball en France.
Dynasties et Fraternités
On se souvient des Barjots, champions du monde de handball en 1995, avec dans leurs rangs des joueurs comme Jackson Richardson et Pascal Mahé. 24 ans plus tard, c'est au tour de leurs fils de faire parler d'eux. Melvyn Richardson dispute en Allemagne sa première grande compétition avec les Bleus tandis que Kentin Mahé a lui déjà été sacré en 2015 et 2017.
Mais chez les Bleus, ils ne sont pas les seuls à pratiquer le handball en famille. Les frères Karabatic et les frères Gille sont inséparables. Si ils n'évoluent plus dans le même club, les frères Gérard se retrouvent régulièrement face à face en Championnat.
Autres exemples de handball en famille:
- Michaël Guigou
- Nedim Remili
- Ludovic Fabregas
- Mathieu Grébille
D'autres enfin ont fait leurs débuts dans ce sport sous la pression familiale plus ou moins insistante.
Les Sœurs Borg : Une Affaire de Jumelles
Après nos deux premiers épisodes « Dans la famille de… » consacrés à Mathilde et Pauline Plotton ainsi qu’à Camille et Romane Depuiset, nous partons à la rencontre d’un autre duo de sœurs… Ce sont les jumelles Enola et Lylou Borg, figures de la jeune garde montante tricolore, qui ont quitté Mios, leur berceau familial, pour rejoindre respectivement Pessac et Mérignac l’été dernier.
Lylou : Je m’appelle Lylou Borg, j’ai 18 ans et je suis demi-centre. J’ai commencé le hand toute petite… dans les pas de maman qui a joué à haut niveau et a été internationale française. J’ai joué à Mios jusqu’à cet été avec Enola, ma sœur. On a été notamment championnes de France interpôles.
Enola : Moi je suis Enola, j’ai aussi 18 ans, je suis arrière gauche, et j’ai le même parcours que ma sœur.
Malgré cette possibilité d’évoluer à haut-niveau, vous ne vous consacrez pas qu’au hand. Vous jonglez avec des études aussi.
Lylou : Je fais des études de psychologie parce qu’on ne sait jamais ce qu’il peut arriver dans la vie d’un sportif. Je ne me le souhaite pas, mais, si un jour je me blesse ou que je décide d’arrêter le handball, j’aurais ça à côté.
Enola : On était en galère sur la base arrière alors ma mère a décidé de reprendre une licence et de venir aider l’équipe. Et je crois que ça lui faisait vraiment plaisir de jouer avec nous. C’était vraiment trop bien d’être comme ça, toutes ensemble. Et avec notre père sur le banc en plus !
Lylou : Ce sont des souvenirs que l’on va garder toute la vie. Elle avait dit quand on était petites en riant qu’elle adorerait jouer avec nous. Et c’est arrivé.
Lylou et Enola, non seulement vous êtes sœurs, mais aussi jumelles. Un trait dont on vous parle et on vous parlera souvent et longtemps.
Enola : C’est simple on se connait presque par cœur. Ça a toujours été facile de la trouver, ça se voyait que l’on savait jouer ensemble.
Lylou : Nous sommes allées, toutes les deux à Mérignac, pour écouter les propositions du club.
Enola : Moi j’ai préféré aller à Pessac car c’est un club plus familial, qui ressemble à Mios. J’ai aimé l’ambiance, la salle, ce qui m’était proposé. Et ma grand-mère, Danièle Garrigue, a joué à Pessac.
Lylou : Nous, à Mérignac, notre objectif est clairement le maintien. On n’a rien à perdre. On joue les matchs à fond. Pessac tourne bien de son côté et joue le haut de tableau pour le moment.
Enola : On est bien classées, mais nous aussi on cherche d’abord le maintien. C’est le discours que l’on a eu avec le staff en début de saison.
Enola : Moi j’ai vraiment hâte d’être à ce match car il va y avoir toute notre famille présente. Ça me fait rire de jouer contre elle, car de l’extérieur, quand je la regarde, j’ai l’impression de savoir tout ce qu’elle va faire.
Lylou : Ça va être un sacré moment, même si on s’est déjà joué en match de préparation cette saison et que je le l’appréhendais un peu.
Enola : Ah non, mais moi je dis rien sur ma sœur.
Lylou : Moi je vais vous dire elle et elle, elle risque de dire moi.
Enola : C’est vraiment une question difficile… On a des qualités différentes sur le terrain.
Enola : On est très famille.
Enola : Le fait qu’elle se donne toujours à fond.
Les Pecaud : Une Collaboration Père-Fils
Une famille pas comme les autres. Les Pecaud, Samuel et Arthur, père et fils, travaillent ensemble pour essayer de maintenir le Dijon Métropole Handball dans l'élite du handball français.
Depuis quelques années, le père et le fils font partie de la même équipe. Le père, Samuel, est le coach adjoint d'Ulrich Chaduteau au Dijon Métropole Handball et le fils, Arthur, est ailier au DMH. L'histoire des deux hommes a toujours été liée autour du handball.
La saison prochaine ce sera la fin de l'aventure. Samuel arrête le coaching au DMH et Arthur s'en va vivre de son sport à Saran. C'était court, comme une carrière sportive, mais l'histoire de la famille Pecaud va rester dans la mémoire du sport dijonnais.
L'Ère Costantini : Un Tournant Historique
En 1985, la France est la 35e nation mondiale au handball. Daniel Costantini, alors professeur d’EPS, prend les rênes de l’équipe de France : les Barjots sont nés !
Daniel Costantini, l'entraîneur de l'équipe de France de handball | Archive INA
Enfin, il faudra encore patienter quelques années, mais celle-ci aura marqué les mémoires car débarque alors, pour redresser et transcender une équipe dont le niveau à l’international taquine la catastrophe, celui qui sera sélectionneur, entraîneur et manager jusqu’en 2001 : Daniel Costantini.
Après son départ de l'Equipe de France, Daniel Costantini est remplacé, à la surprise générale, par un entraîneur sans palmarès, Claude Onesta. Son tempérament volcanique entraîne une période de disette internationale.
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En 1985, l'équipe de France de handball est classée 35e mondiale. Humiliée sur la scène internationale, la Fédération décide de confier son destin à un jeune professeur de sport marseillais, Daniel Costantini. L'entraîneur dynamite le jeu français en sélectionnant le Réunionnais Jackson Richardson. C'est le début de la révolution bleue.
Comme on aime revoir - ou découvrir - ces images : cette finale du Mondial 2001 arrachée en prolongation et remportée avec la cheville strapée de Patrick Cazal, après quoi l’entraîneur historique, Daniel Costantini, tirera sa révérence ; le défilé, en tête de cortège pour la délégation française aux JO d’Athènes, en 2004, de Jackson Richardson, élu porte-drapeau, premier Réunionnais et premier représentant d’un sport collectif à remplir cette mission ; l’euphorie, sur les visages des joueurs de Claude Onesta, qui mettent sens dessus dessous le studio de Canal+ après avoir remporté leur première finale olympique à Pékin, en 2008, face à l’Islande ;