L'hippodrome d'Auteuil, situé à Paris, est un lieu emblématique des courses d'obstacles en France. Son histoire riche et son actualité dynamique en font un site incontournable pour les passionnés d'équitation.

Les Origines des Courses d'Obstacles
La première course au clocher (steeple-chase) a été remportée par Anne-Édouard de Normandie montant Logic le 4 mars 1830 à Jouy. Les courses d’obstacles commencent à se développer au sud de Paris dans la vallée de la Bièvre (principalement à La Croix de Berny), et à l’ouest, à partir de 1851 dans le parc de La Marche (entre Ville d’Avray et Marnes-la-Coquette). Peu après, les courses d’obstacles vont s’installer dans Paris même.
La « Société des Steeple-chases de France », fondée début 1863, organise une première réunion de courses d’obstacles le 29 mars 1863 sur un terrain aménagé dans le bois de Vincennes, sur le plateau de Gravelle.
La Création de l'Hippodrome d'Auteuil
L’hippodrome d'Auteuil, inauguré le 1er novembre 1873, est né de la volonté de la Société des Steeple-Chases de France de créer un espace dédié aux courses d’obstacles après la destruction partielle de l’hippodrome de Vincennes pendant la guerre de 1870. La Ville de Paris accorde alors une concession au prince de Sagan pour aménager ce site à l’orée du bois de Boulogne, entre les portes de Passy et d’Auteuil.
En 1873, la Société des Steeple-chases de France reconstituée loue à la Ville de Paris un terrain situé d’une part entre les portes d’Auteuil et de Passy, d’autre part entre la Butte Mortemart et les fortifications cernant alors la capitale. L’hippodrome d’Auteuil, créé en 1873 entre les fortifications de Paris et la butte Mortemart, intègre le tracé des cheminements et des allées de Jean-Charles-Adolphe Alphand (1817-1891).
Les Premières Courses et Événements Marquants
La première édition du Grand National de France (futur Grand Steeple-chase de Paris) revient en 1874 à la visiteuse anglaise Miss Hungerford. En 1899, l’hippodrome est le théâtre d’un incident politique lorsque le président Émile Loubet est agressé par le baron Christiani, condamné à quatre ans de prison.
Si elles pouvaient s'exprimer, ces vieilles dames raconteraient quelques anecdotes croustillantes. Comme ce 4 juin 1899, où Émile Loubet, Président de la République, se prend un coup de canne sur la tête par des manifestants antidreyfusards. Les commissaires des pistes doivent présenter leurs excuses à cet hôte de choix. Dix ans plus tard, le 20 juin 1909, les forces de l'ordre débarquent à Auteuil. La première grève des lads retarde l'arrivée des chevaux au départ du Grand Steeple Chase de Paris. Les vans rejoindront l'hippodrome sous escorte policière.
Pendant la Première Guerre mondiale, un obus tiré par la Grosse Bertha explose à proximité en 1918.
Évolutions et Modernisations
L’hippodrome subira une première transformation en 1924 avec l’édification de nouvelles tribunes en pierres et la création d’une piste extérieure comportant de redoutables obstacles pour les steeple-chases. En 1924, de nouvelles tribunes et une piste de steeple sont inaugurées à l’occasion des Jeux olympiques de Paris, où se déroulent les épreuves d’équitation.
Puis à partir de l’été 1967, commencent de très importants travaux d’amélioration des pistes, de modernisation des installations et de réfection des tribunes qui dureront une quinzaine d’années.
Les Tribunes d'Auteuil: Un Patrimoine en Question
La construction des anciennes tribunes d'Auteuil remontent à la Belle Époque. Ces tribunes édifiées par l'architecte Walter Destailleur ont connu les grandes heures d'affluence. «L'hippodrome accueillait jusqu'à 120 000 personnes, les tribunes et les pelouses fourmillaient de monde. Aujourd'hui, si nous en accueillons 30 000 les grands jours, c'est un succès », déplore le directeur.
Malgré un passé glorieux, elles n'ont guère de chance de figurer au programme de la journée européenne du patrimoine. Et pour cause, elles se tiennent sur des cannes. Fermée au public depuis 70 ans, la bâtisse chancelante est étayée sur toute sa longueur. Honteuse, elle cache ses fissures derrière des palissades, tout en regardant jalousement depuis 144 ans la fière allure de sa voisine la Tour Eiffel.
Ces vestiges d'autrefois sont davantage un handicap qu'une richesse patrimoniale pour Stephane de Veyrac, le directeur du champ de courses. «Cet édifice fait partie des premières constructions publiques en béton armé. Rien que pour cette raison nous devons reconnaître qu'il fait partie de l'histoire. Cependant, nous souhaiterions qu'il soit détruit, mais la ville de Paris, qui est propriétaire du site, refuse, considérant que ces 1500 places assises se dressent comme un témoignage architectural. Ici, nous ne sommes que locataires.»
Celle-ci décèle un défaut de fabrication. «Les casquettes (bordures du plafond des tribunes) ont été montées à l'envers, explique Stéphane de Veyrac. La facture d'une remise en état s'élèverait à 10 millions d'euros.» Un montant que la société ne peut se permettre de dépenser dans le contexte actuel.
Les Espaces Verts et Hommages
Une convention entre France Galop et la Ville de Paris a permis la création du parc des pelouses d'Auteuil. Dessiné par le paysagiste Michel Pena, il s’inscrit dans l’esprit du site et respecte la charte d’aménagement durable du bois de Boulogne. Chaque pelouse rend hommage à une personnalité différente.
- La pelouse B rend hommage à Billie Holiday (1915-1959), chanteuse de jazz américaine.
- La pelouse C rend hommage à Henri Sérandour (1937-2009), président du Comité olympique et sportif français pendant 16 ans.
Exclusivement réservé aux courses d’obstacles, il accueille des épreuves internationales majeures, dont :
- Le Grand Steeple-Chase de Paris (6 000 m) en mai
- La Grande Course de Haies (5 100 m) en juin
- Le Prix La Haye Jousselin en novembre
Voici un tableau récapitulatif des principales courses d'obstacles à l'hippodrome d'Auteuil :
| Course | Distance | Mois |
|---|---|---|
| Grand Steeple-Chase de Paris | 6 000 m | Mai |
| Grande Course de Haies | 5 100 m | Juin |
| Prix La Haye Jousselin | TBA | Novembre |
GRAND STEEPLE CHASE DE PARIS | Sel Jem la 7ème merveille de Macaire | Auteuil | Gr.I
Ces dernières années, nos hommes d'état négligent ces lieux chargés d'histoire. Il faut remonter à Valéry Giscard d'Estaing pour retrouver trace d'un Président de la République en fonction qui s'est déplacé à Auteuil.
L'échec de la candidature de Paris aux JO de 2012 - au profit de Londres - conduit à s'interroger sur l'avenir des deux champs de courses d'Auteuil et Longchamp, qui venaient s'inscrire dans le dispositif olympique. Sur le plan économique, certains soulignent depuis longtemps qu'il y a un hippodrome de trop dans la capitale. Méme si d'autres mettent en avant la complémentarité entre Auteuil, fief de l'obstacle, Longchamp, théâtre du plat, et Vincennes, temple du trot. Le tout sur fond de revendications des Verts, qui plaident pour une autre utilisation du bois de Boulogne.
Sur le plan historique en revanche, difficile de contester la pérennité de ces sites.
tags: #hippodrome #auteuil #psg