Henri Guaino, figure politique française, s'est illustré par son parcours atypique, ses prises de position tranchées et les controverses auxquelles il a été confronté. De l'ombre des ténors de la droite à la lumière des projecteurs, Guaino incarne une forme de gaullisme social qu'il entend défendre avec conviction.

Un Parcours Marqué par la Volonté et l'Engagement
Henri Guaino est, depuis lundi, le 13e candidat officiel à la primaire de la droite en vue de 2017. L'ancienne "plume" de Nicolas Sarkozy, devenue député en 2012, est peu à peu sortie de l'ombre des ténors de la droite, de Séguin à Sarkozy. Après tant d'années dans les pas des ténors de la droite, d'abord Philippe Séguin et Charles Pasqua, puis Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, la "plume" de l'Elysée entre 2007 et 2012, rêve désormais d'un destin national. A 59 ans, il veut être le représentant du "gaullisme social" face aux 12 autres candidats à la primaire de la droite qu'il juge trop libéraux. Après des mois d'hésitation, le voici qui se lance à son tour dans la course à l'Elysée. L'occasion de revenir sur ses origines et son enfance, probablement méconnues du grand public.
Les Figures Fondamentales de son Enfance
Malgré tout son amour pour le général De Gaulle, ce modèle politique décédé lorsqu'il n'avait que 12 ans n'est pas la pièce maîtresse de son enfance. Tout simplement parce que celle à qui il doit son parcours, c'est… sa mère. Celle-ci est décédée quand il n'avait que 23 ans, après une vie passée comme femme de ménage. "Je ne suis pas sûr d'être à la hauteur de ce qu'elle m'a donné", témoignait en 2013 le député des Yvelines. "Elle a eu une vie gâchée, elle n'était pas maître de sa vie. Elle travaillait tout le temps et son seul bonheur c'était le sourire de ses enfants". Elle est morte trop jeune pour assister à la réussite professionnelle de son fils.
Henri Guaino est né de père inconnu. Il avait évoqué le sujet douloureux lors de son fameux discours à l'Assemblée nationale en 2013, où il prenait position contre le Mariage pour tous. "En parlant de moi", disait-il, "je parle pour tous ceux qui ont vécu le même drame intime dont souvent on ne parle jamais". Henri Guaino s'est donc trouvé un père de substitution de sa jeunesse : l'écrivain Albert Camus, qui, comme lui, a grandi pauvre et sans père. Albert Camus "est trop proche de ma raison et de mon cœur pour que je me tienne à distance de lui", confie l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy dans un ouvrage en forme d'hommage, Camus au Panthéon : discours imaginaire (Plon, 2013).
Une Enfance Marquée par la Pauvreté
Henri Guaino a grandi à Arles dans la pauvreté, élevé par sa mère, femme de ménage, et par sa grand-mère. Il a également expliqué ceci : "Quand on a eu cette enfance-là, on n'est jamais apaisé, on a toujours envie d'être à la hauteur, de prouver qu'on est le meilleur. C'est l'orgueil du pauvre, comme disait Philippe Séguin".

La Découverte de De Gaulle et les Aspirations Militaires
Enfant, sa maison était peuplée de livres. Il a découvert successivement Napoléon et Clémenceau (ce qui lui fait un point commun avec Manuel Valls). C'est surtout dans les manuels scolaires qu'il a fait la rencontre décisive : celle du général De Gaulle, dont il se réclame aujourd'hui.
Dans les années 1970, le jeune Guaino fait ses classes comme élève officier de réserve dans la cavalerie, à Saumur. Il sera ensuite transféré au 3e régiment de cuirassiers de Lunéville. Les chars plaisent bien au jeune gaulliste. Et surtout la discipline. Cela dit, le jeune réserviste admet qu'il "en a bavé" à Saumur, et que son physique "peu sportif" et son tempérament le rendaient finalement peu disposé à une carrière militaire.
Les Échecs à l'ENA et la Construction d'un Parcours Singulier
Ceux qui veulent le mettre en colère évoquent avec perversité ses trois échecs successifs au concours de l'ENA. Lui explique ses échecs par le caractère "iconoclaste" de ses copies de concours et préfère rappeler son DEA de politique économique et son diplôme de Science Po Paris. Il rétorque : " Et alors ? Est-ce que ça fait de moi un raté ? Je suis fier de mon parcours.
Henri Guaino face à la Justice et aux Médias
Les avocats de Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair ont annoncé aujourd'hui avoir porté plainte contre le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino. De surcroît, ils annoncé officialisé le dépôt d'une plainte à l'encontre de plusieurs médias pour leur couverture "outrancière" de l'affaire de proxénétisme du Carlton."Plusieurs assignations ont déjà été ou vont être délivrées, à L'Express, au Figaro, au Nouvel Observateur, à Paris Match et à VSD", écrivent les avocats du couple, Mes Frédérique Baulieu, Richard Malka et Henri Leclerc. "Les propos tenus par Monsieur Henri Guaino sur la chaîne Paris Première justifient également le dépôt d'une plainte pénale au regard de leur gravité."
Ces dernières semaines, Dominique Strauss-Kahn a été éclaboussé par l'affaire dite du Carlton. Le nom de l'ancien patron du FMI est apparu dans ce dossier de proxénétisme et d'abus de biens sociaux impliquant des hommes d'affaires et des policiers. DSK aurait pu être impliqué dans l'organisation de parties fines dans plusieurs hôtels. Le Figaro avait notamment évoqué la vie privée du couple.
La Réaction d'Henri Guaino à la Condamnation de Nicolas Sarkozy
Henri Guaino, l'ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, lorsque ce dernier était président de 2007 à 2012, s'est exprimé sur la condamnation prononcée par le tribunal correctionnel de Paris à l'encontre de l'ancien chef de l'État.
Le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris, jeudi 25 septembre, a condamné l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison pour des faits d'association de malfaiteurs. Son ancien conseiller spécial, Henri Guaino, était présent sur le plateau du 20h le soir même pour livrer son ressenti face à cette annonce judiciaire d'ampleur.
Léa Salamé : Henri Guaino, quelle a été votre réaction quand la nouvelle est tombée ?
Henri Guaino : C'est d'abord une réaction de surprise, comme tout le monde, parce que le début de l'audience ne laissait pas présager une telle sentence. Quand vous êtes disculpé sur les principaux chefs d'accusation, forcément, on ne s'attend pas à une peine aussi lourde et avec une telle volonté d'humilier. Parce qu'il n'y a pas d'autres mots.
Pourquoi trouvez-vous que cette peine est humiliante ?
Je pense que le mandat de dépôt avec exécution provisoire est humiliant, puisqu'il s'agit de faire en sorte que, de toute façon, il aille faire le passage en prison. L'exécution provisoire, elle a sa place dans le code pénal, elle est nécessaire pour beaucoup de cas. C'est sûr que si vous avez un pédophile, un tueur en série, un violeur, ou quelqu'un de très violent qui est dangereux, vous pouvez faire une exécution provisoire, c'est tout à fait normal, vous l'enfermez tout de suite. Là, ça ne correspond à aucun de ces cas, il ne risquait pas de s'enfuir, il ne risquait pas de recommencer tant qu'il n'est plus ministre ni président de la République. Il s'agit de le mettre en prison. Vous savez, c'est la même histoire que celle de Mme Le Pen, je ne suis l'avocat ni de l'un ni de l'autre, mais il y a un problème quand on dit : "je ne veux pas qu'elle se présente à la présidence de la République, donc je fais une exécution provisoire".
Donc vous êtes en train de dire que la justice est politique à vos yeux ?
Pas du tout. Je ne rentrerai pas sur le terrain de la politique. Je pense qu'il y a un problème avec la justice. Il y a des magistrats politisés, mais ils ne sont pas tous politisés. Il y a aujourd'hui dans la justice une forme d'ivresse de toute puissance, c'est-à-dire qu'il n'y a plus de limites. Dans le rendu des jugements, il y a forcément une part de subjectivité, puisque ce sont des hommes qui rendent des jugements. La question est de savoir quelle doit être la part de subjectivité. Aujourd'hui, il n'y a plus de limites. On vous dit qu'il ne pouvait pas ne pas savoir et qu'il a laissé faire. C'est une intime conviction. Avez-vous une moindre preuve ? Ils ne violent pas la loi en faisant ça, mais ils poussent tellement loin la subjectivité que ça devient insupportable, c'est-à-dire que ce n'est plus de la justice.
La présidente parle d'une exceptionnelle gravité, comment réagissez-vous ? Qu'est-ce qu'il y a d'une exceptionnelle gravité ? Concernant les motifs d'inculpation pour lesquels il a été relaxé, pourquoi est-ce que ça a été le cas ? Parce qu'il n'y avait pas de preuves. C'est-à-dire qu'en réalité, la première partie du jugement dit, qu'au fond, ce qu'a fait le parquet financier n'apporte aucune preuve, aucun élément qui permette de le condamner. Donc, les faits d'une exceptionnelle gravité ont disparu du paysage. Ensuite, on dit : "l'association de malfaiteurs est un fait d'une exceptionnelle gravité". Mais pour cela, il faut qu'il y ait une préparation. Où sont les preuves, les indices de la préparation ? Au-delà même du cas de Nicolas Sarkozy, du mal qu'on lui fait sans avoir de preuve, il y a une deuxième chose qui est dramatique dans cette histoire, c'est qu'on a là une sorte de coup d'État judiciaire contre la séparation des pouvoirs. Pourquoi ? Parce que pour qu'il y ait un pacte de corruption, il faut des contreparties. C'est un coup d'État judiciaire contre la séparation des pouvoirs parce que la séparation des pouvoirs est le fondement même de l'État de droit et c'est le fondement même d'une constitution démocratique. Or, qu'est-ce qu'on a fait ? Pendant tout le procès, on a cherché la preuve qu'il y avait une réunion de malfaiteurs qui cherchaient à soutirer de l'argent à la Libye à travers l'action extérieure du ministre de l'Intérieur et ensuite celle du président de la République. On n'a parlé que de ça, c'était le cœur des débats. Cela veut dire que la politique étrangère de la France et l'action du ministre de l'Intérieur ont été jugées par le tribunal correctionnel.