L'équipe de France de handball a connu un Mondial féminin difficile au Japon, culminant avec une défaite face au Danemark. Cette contre-performance a soulevé des questions sur la préparation et la performance de l'équipe en vue des Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Une contre-performance au Mondial
Ce lundi, l'équipe de France de handball s'est classée treizième du Mondial féminin au Japon, après avoir battu la Hongrie 26/21 lors d'un match de classement. Les tenantes du titre savaient depuis leur défaite vendredi contre le Danemark (20/18) qu'elles ne passeraient pas le premier tour, la pire performance des Bleues depuis plus de vingt ans dans un championnat du monde.
Le constat de l'expérimentée demi-centre Allison Pineau est cruel, et pourtant si vrai : « On ne méritait pas mieux. On ne peut s'en prendre qu'à nous-mêmes. » Sorties dès la phase de poule des championnats du monde après un ultime revers face au Danemark (18-20), vendredi, les tenantes du titre, également championnes d'Europe, sont tombées de leur piédestal à Kumamoto (Japon).
Depuis 2008 et le championnat d'Europe disputé en Macédoine, jamais une équipe de France féminine n'avait quitté une grande compétition internationale à l'issue du premier tour. Déjà qualifiée pour les JO de Tokyo l'an prochain, elle va devoir analyser les raisons de cette débâcle qui fait tache dans son palmarès.
Les raisons de l'échec
Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette contre-performance. Leur départ raté (défaite contre la Corée, nul face au Brésil) a coûté cher aux Bleues au moment des comptes. Et les victoires contre la très faible Australie puis l'Allemagne n'ont finalement fait que retarder l'échéance.
Difficultés en attaque
Mais c'est surtout en attaque que les Françaises se sont fait hara-kiri, avec à peine un tiers de tirs réussis devant le Danemark. « Tant que nous ne réglerons pas notre problème aux shoots, nous n'aurons pas de solution, analyse Olivier Krumbholz, le coach. »
Baisse de régime des joueuses clés
Pour renverser la tendance, les éléments-clefs de l'équipe doivent retrouver leur influence, notamment Estelle Nzé-Minko, la meilleure joueuse de l'Euro-2018, qui n'était pas au mieux au Japon, mais aussi Grâce Zaadi, l'organisatrice, moins brillante que lors des triomphes des deux années précédentes.
Préparation mentale
Coincé entre deux compétitions gagnées et l'objectif olympique, ce Mondial était difficile à aborder mentalement pour les Françaises, déjà qualifiées pour Tokyo contrairement à leurs rivales. « C'est un élément déterminant auquel on n'a pas voulu faire face. La motivation de l'équipe n'était pas à la hauteur de celle des autres équipes », admet Krumbholz.
Réactions et perspectives
Maladroite, inefficace au tir, incapable de réagir dans l'adversité, l'équipe de France a montré "un visage totalement différent de celui des deux précédentes compétitions", reconnaît l'arrière Alexandra Lacrabère, championne du monde en 2017 et d'Europe en 2018.
Alexandra Lacrabère, vice-championne olympique 2016, championne d'Europe 2018 et championne du monde 2017, explique qu'il "va falloir prendre un peu de temps pour analyser, voir ce qui s'est mal passé collectivement". La capitaine de l'équipe de Fleury-les-Aubrais (Loiret) poursuit : "moi personnellement, je n'étais pas en forme comme je l'aurais voulu. Après, je sais ce que je dois faire pour être en forme pour les JO, et ça va commencer dès qu'on va rentrer en France".
Désormais, les Bleues rentrent en France, après ce Mondial raté. Place aux vacances pour Alexandra Lacrabère : la béarnaise d'origine reprendra l'entraînement juste après Noël, le 26 décembre, avec ses coéquipières de Fleury-les-Aubrais.
Car l'objectif principal des Bleues et d'Alexandra Lacrabère, ce sont les Jeux Olympiques dans huit mois au Japon : "on peut nous en vouloir de ne pas avoir passé le premier tour. Par contre, on peut voir qu'on est là, qu'on est soudés, qu'on se bat toujours pour la France, et moi je suis persuadée que cette élimination prématurée ne peut que nous faire rebondir et nous faire travailler pour les Jeux".
Cet échec n'est pas sans rappeler celui des Experts en 2012. Au sommet de leur art, champions olympiques (2008), doublement titrés aux Mondiaux (2009, 2011), maîtres du continent (2010), ils étaient aussi tombés en phase qualificative de l'Euro en Serbie. Avant de retrouver de leur superbe aux Jeux de Londres avec l'or olympique.
« On avait été très marqués, se souvient l'ancien international, Daniel Narcisse, retraité depuis des parquets. Ce qui nous avait permis de rebondir, c'est le fait de communiquer, d'échanger, de se poser les bonnes questions. Il faut le faire tout de suite car les Jeux vont arriver très vite.
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Les JO de Tokyo en ligne de mire
Pour Tokyo, Olivier Krumbholz va avoir des choix d'autant plus difficiles à faire qu'aux Jeux le groupe n'est que de quatorze joueuses contre seize au Mondial. "La peine de l'une n'est pas supérieure à la peine de l'autre et il n'y a pas de privilèges", dit le sélectionneur, qui l'a montré en écartant pendant le tournoi Camille Ayglon, la plus capée de toutes, au profit de Gnonsiane Niombla. "Anciennes ou nouvelles, la pression est là pour toutes. A nous de lui faciliter la décision en étant au top", dit Alexandra Lacrabère, l'une des plus expérimentées.
Les joueuses doivent "rester groupées, c'est le point le plus important", estime Manon Houette. Après le dernier échec en date, à l'Euro-2015 (défaite en quarts), un conflit avait éclaté entre le sélectionneur de l'époque, Alain Portes, et certaines joueuses. Cette crise avait provoqué le retour aux affaires d'Olivier Krumbholz. "Je n'ai pas le sentiment qu'on va se désolidariser, bien au contraire", assure la Messine avant les deux matchs de classement (13e à 16e place) bien peu exaltants que les Bleues devront jouer dimanche contre l'Angola et lundi (en cas de victoire) face à la Hongrie ou à l'Argentine.
Après l’affront de Kumamoto, pire performance de la France dans un Mondial depuis 1999, les joueuses comme le staff vont devoir « se remettre en cause et faire preuve d’humilité », prévient Olivier Krumbholz. « Là, on a pris une fessée, mais on a de l’orgueil. Je reste optimiste pour les Jeux : il y a des joueuses de talent et on aura beaucoup plus de temps pour se préparer. » Puis le patron des Bleues philosophe : « Vous savez, Nelson Mandela avait dit un jour : “Dans la vie, je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends”. » Il reste huit mois aux Françaises pour retenir la leçon de Kumamoto.

Tableau des Résultats Clés
| Événement | Résultat |
|---|---|
| Mondial Féminin au Japon | 13ème place |
| Défaite contre le Danemark | 20-18 |
| Objectif Principal | Jeux Olympiques de Tokyo 2020 |