Le club de handball d'Ajaccio, intégré au Gazélec Football Club Ajaccio (GFCA), est une institution sportive en Corse. Cet article explore l'histoire du club, ses succès notables et ses projets futurs, en mettant en lumière son rôle dans le développement du handball sur l'île.

Genèse et Essor du GFCA
Si l'histoire des deux clubs plonge ses racines au début du XXe siècle (1910), la création du Gazélec actuel remonte à 1960, à l'initiative de la corpo EDF-GDF qui lui a donné son nom (Gazélec est la contraction de Gaz et Électricité). L'influence insulaire de ce club omnisports sera immédiate. Au début des années 60 il connaît un fantastique essor, dans le sillage d’une équipe de football multi-championne de France amateur. Puis il s’installe durablement dans le paysage sportif îlien, pour en devenir un acteur majeur.
« Le GFCA est le club sportif de Corse où il y a le plus de licenciés », annonce d’emblée Pierre Guidicelli, président de la CMCAS Corse. Si les (nombreuses) activités omnisports du Gazelec - du handball au basketball en passant par la gymnastique, l’athlétisme ou encore le volleyball - ont conservé le sigle GFCA (Gazelec Football Club Ajaccien) accolé à leur propre nom, c’est que ce dernier, essentiellement par le biais du club de Ligue 2 mais aussi via l’équipe corpo, a entraîné l’ensemble des disciplines sportives sur sa trace.
Avec près de 2 200 agents et ayants droits licenciés (près de 400 en natation, quasiment autant au hand et au volley, une centaine au tennis), le Gazelec s’impose incontestablement comme un acteur incontournable du sport en Corse, mais également au plan national : « le seul club omnisport qui a des champions de France de foot corpo ? C’est le Gazelec. Qui a des champions de France de hand, de gym, de volley ? C’est le Gazelec. Nous avons même eu un jeune haltérophile qui a été pressenti pour intégrer l’équipe de France pour les J.O ! », se prévaut Joachim Bigi, dit Jojo, avec une pointe de fierté dans la voix.
Valeurs et Principes du GFCA
Formation des jeunes, joueurs-éducateurs, valeurs positives du sport et bon comportement sont quelques-uns des principes véhiculés par l’Omnisports. Et au « Gaz », l’ouverture sur les autres est de règle, comme l’indique Antoine Exiga : « on a aidé d’autres clubs sportifs, à travers du prêt de matériel, des éducateurs mis à disposition gratuitement,… Nous avons également des partenariats avec des scolaires, on a créé les conditions pour aider les professeurs d’éducation physique, on les invite à faire des entraînements, on va dans les quartiers défavorisés, on développe le handisport,… » Une véritable « mission d’intérêt général ».
Marius Micheletti conclut en nous en livrant un aperçu : « Regardez le stade, en bas [du siège de l’Union Territoriale Corse, ndlr] : il est ouvert en permanence. Tout à l’heure les pompiers s’entraînaient.
Le Stade Ange Casanova
Le Gazélec, c'est aussi de cette époque que date la construction du stade Mezzavia, exemple unique d'enceinte bâtie en partie par des supporters (1961). En 1994, il prendra le nom du président fondateur du club, le légendaire Ange Casanova, cadre EDF et syndicaliste sympathisant communiste, disparu en 1998.
Après l'ACA, propriétaire de longue date de François-Coty (10.500 places), le Gazélec sera chez lui dans quelques jours à Ange-Casanova (2.980 places). La Caisse centrale d'activités sociales de l'énergie (CCAS), l'actuel propriétaire, va le lui céder «au prix du marché». «Nous nous inscrivons dans la même logique privée que l'OL: être propriétaire du stade pour générer le maximum de recettes les jours de match», explique Jean-Joseph Folacci, en charge des infrastructures. Le stade sera agrandi cet été de quelque 1.200 places, ce qui portera sa capacité totale à 4.200 sièges environ.

Handball : Un Acteur Majeur au Niveau Amateur
La section handball du GFCA est également un pilier du sport en Corse. Comme l’ambitionnait Ange Casanova, agent des IEG à qui l’on doit, avec d’autres, l’envol il y a tout juste un demi-siècle du sport corpo en Corse. Des sommets que tutoient également d’autres formations, portées par leur histoire singulière. « En 2011 on montait de National 3 en National 2. La saison suivante, on montait en National 1. Là, ce n’est que le début de la saison ; on visait le maintien, nous sommes 6e ! », détaille pour l’exemple Paule-Marie Martinetti, vice présidente de la CMCAS et présidente de la section Hand. La professionnalisation imposerait un montage financier pour l’heure inenvisageable. Toutefois, le plus haut niveau amateur est atteint.
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Saison 2016-2017 en Nationale 3 Féminine
En septembre 2016, alors que venait d’être prise la décision d’accéder à la Nationale 3 Féminine, quel était l’objectif du club ? " Comme toujours au cours de notre histoire, et chaque fois que nous avons eu le plaisir d’accéder au niveau national en même temps que l’honneur de représenter la ville d’Ajaccio à ce niveau, c’était bien entendu le maintien. Il faut se souvenir que nous démarions cette saison avec un effectif de niveau strictement régional, c’est à dire très moyen car sans la moindre recrue venue de l’extérieur. Et envisager le maintien dans ces conditions s’apparentait plus à de l’utopisme qu’à la réalité. Je n’en veux pour preuve que la sévère défaite enregistrée en début de saison à Marseille, à l’occasion de notre toute première sortie en Coupe de France, et qui situait réellement notre véritable niveau.
Et puis les contacts établis avec des renforts potentiels se sont peu à peu concrétisés. Ce fut d’abord la signature de Fernanda RIOS DE ALMEIDA, puis le décision de Léa BONIN de revenir sur sa décision d’avoir plutôt opté pour un club continental pour signer finalement en notre faveur. Et, pour conclure, l’accord que nous donna la joueuse roumaine Cristina DARJAN, dirigée vers nous par le président du HB Corte Jo ORSATELLI. Avec ces trois renforts de qualité, les choses changèrent rapidement. Non seulement notre jeu s’en trouva modifié, mais encore les victoires commencèrent d’arriver (Marseille-Nord, Hyères, Grasse, La Crau). Les objectifs du club étaient à la hausse, avec une quasi-certitude dans l’esprit de chacun que le maintien semblait hautement envisageable.
Las, c’était sans compter sans divers éléments dont les blessures, qui ne nous furent guère épargnées cette saison, ne furent pas les moindres. Il faut ajouter l’échec total ressenti après l’arrêt brutal d’Hélèna GHOUBICHE, un élément de valeur qui aurait pu nous apporter beaucoup, et qui fut pour moi l’une des grandes déceptions de cette saison. Il y eut ensuite un petit manque de sérieux dans les choix de certaines de nos joueuses qui ne mesurèrent sans doute pas toujours la dimension de l’engagement qu’elles avaient pris avec le club. Des absences dues à des prétextes plus ou moins fallacieux firent que le coach Florian SAUVAGET dut souvent composer avec ce qui lui restait comme effectif opérationnel.
Et là, les déceptions ne se firent pas attendre : le partage des points ramené de Bouillargues et de Hyères ne furent que l’arbre qui masqua la forêt. Les plus grandes déceptions furent sans aucun doute les trois défaites enregistrées à Marseille- Nord, à Grasse et à La Crau. Trois rencontres que nous devions gagner, qui étaient bien plus qu’à notre portée, et que nous avons perdues. Elles nous ont coûté fort cher !!! "
Et si vous deviez dresser un bilan de cette saison en N3F, que diriez-vous ? " Notre maintien sur le plan sportif était largement à notre portée. Au lieu de cela, nous avons dû galérer jusqu’au coup de sifflet final de la dernière rencontre de la saison pour espérer un maintien uniquement accordée par rattrapage ! Sur un autre plan, nous avons eu la satisfaction de voir éclore cette pépite qu’est Marie FERRI-PISANI, encore en moins de 18 ans la saison dernière dans nos rangs, la confirmation de la valeur de Marie PERETTI qui possède bien le niveau de N3, et enfin la valeur de nos trois recrues sans lesquelles les choses auraient été bien plus difficiles, voire impossibles. Mais comme toujours dans la vie, nos erreurs passées doivent nous servir à construire un avenir meilleur.
Objectifs pour la Saison Suivante
Pour la saison prochaine, plusieurs objectifs sur le plan national : d’abord changer totalement d’état d’esprit chez nos joueuses. Je veux dire que celles qui accepteront de s’engager avec nous devront le faire totalement, pour toute la saison sans exception aucune. Beaucoup d’entre elles, du moins je l’espère, ont du prendre conscience que le handball au niveau national n’est pas du handball loisir. C’est un autre état d’esprit, un autre engagement, de tous les instants, des entraînements assidus et sérieux. Il n’y aura plus de place pour la fantaisie pas plus que pour le dilettantisme. Celles qui signeront chez nous devront en être parfaitement conscientes et totalement adhérer à cela. Dans le cas contraire, nous préférons qu’elles s’abstiennent : elles n’auront pas leur place chez nous.
Nous avons constaté que certaines joueuses issues du club avaient fait de sérieux progrès. Nous apprécions cela. Mais il n’y aura désormais plus de place chez nous que pour cela ! Dans un autre domaine, nous allons renforcer notre effectif par l’arrivée de trois, voire quatre éléments de très bon niveau. Des contacts sont déjà établis, et certains sont même sur le point d’aboutir. Et cela, naturellement, en conservant précieusement Léa BONIN, Cristina DARJAN et Fernanda RIOS. Notre ambition ne sera alors plus d’assurer le maintien, mais de viser le haut du tableau, à savoir dans un premier temps la quatrième ou la cinquième place du classement final. Bien entendu, si l’on peut faire mieux encore, pas question de bouder notre plaisir... Et cela pour parvenir, l’année suivante, à recruter trois nouveaux éléments pour, cette fois, viser l’accession à la N2.
Ces objectifs nécessiteront des améliorations de nos structurés, telles que le renforcement de notre staff technique sur le « banc », ainsi que le soutien d’un élément pour assurer un « spécifique gardiens » lors de nos entraînements. Nous y travaillons. "
Projets et Ambitions pour la Saison Prochaine
Quels sont les projets et ambitions du club pour la saison prochaine, que ce soit au niveau national ou régional ? " Je viens de nous entretenir de la Nationale 3. Nous avons également un autre très grand projet, et qui va d’ailleurs se réaliser dès le début de cette prochaine saison 2017-2018 : être présents dans le championnat national des Moins de 18 ans féminines. Oh, la tâche ne sera pas facile. Mais, là encore, il s’agit d’un projet établi sur plusieurs années. Nous savons que le niveau est relativement élevé sur le continent dans cette catégorie. Mais nous ne demandons qu’à apprendre.
Nous disposons déjà d’une base solide avec l’effectif qui a évolué cette saison en moins de 16 ans. Puis nous allons tâcher de fédérer tous les talents de notre Ile, et ce par le biais de partenariats avec différents clubs possédant dans leurs rangs des joueuses de bon niveau, désireuses de s’élever vers l’élite. Certaines joueuses ont répondu à notre appel, en provenance de Sartène, Porto-Vecchio, Bastia. D’autres sont susceptibles de venir renforcer nos rangs, en provenance d’autres clubs ; elles en ont déjà manifesté le désir. Et nous allons également nous attacher à renforcer notre staff technique, par l’arrivée fortement espérée de deux éléments en provenance de la Provence.
« Et puis toutes les autres catégories. Nous allons bien entendu conserver et pérenniser notre Baby-Hand, nos moins de 9 ans, moins de 11 ans, moins de 13 ans, moins de 15 ans masculins, moins de 16 ans féminines, moins de 18 ou 19 ans masculins, nos seniors masculins et seniors féminines, et même une équipe « Loisir » tant les demandes qui nous sont parvenues sont aussi nombreuses que pressantes. Notre objectif sera de la sorte de rester ce que nous sommes déjà depuis 5 saisons, à savoir le club le plus riche en licenciés de toute la Corse ! Tout ceci allié à la formidable équipe de dirigeants bénévoles, dévoués, fidèles et compétents qui est la nôtre (et seuls ces critères autorisent à se prévaloir d’une adhésion à nos principes) nous laisse entrevoir encore de bien beaux jours pour nos couleurs !
Match MHB - Gazélec Ajaccio
Quelle fin d'après-midi en ce dimanche au FDI Stadium ! L'entame est tout d'abord catastrophique avec des joueurs absents du rendez-vous que ce soit dans l’engagement ou l’agressivité. En face, les Corses ont franchi la Méditerranée avec des intentions surtout après leur défaite à domicile lors de la première journée. Martin dans ses buts sur des exploits individuels, Becker-Fischer, Dambacher ou encore Soutoul tiennent l’équipe à flôts en infligeant un 3-1 dans la dernière minute. En seconde période, Ronan Diaz veut montrer la voie, Becker-Fischer reprend de sa splendeur, Dambacher et Soutoul sont performants et l’équipe grappille doucement mais sûrement son retard pour ne compter que deux unités de retard à la 50e : 26-28. Le MHB s’impose 31-30.
Jérôme DIAZ (entraîneur du MHB) : "C’est une belle victoire que l’on voulait mais le renouvellement de l’équipe fait qu’on n’a pas encore la mesure de l’intensité nécessaire pour gagner ce genre de match. La seconde période est beaucoup plus convaincante.
Adrien GODARD (gardien du MHB) : "Après notre première défaite contre Pau, on se devait de se reprendre, d’autant que l'on jouait notre premier match à domicile. On s'est bien entraîné toute la semaine et on avait travaillé pour pouvoir gagner cette équipe d'Ajaccio. Notre début de match est très compliqué. On se retrouve très rapidement mené de six buts à un quart d’heure de jeu, mais heureusement que Niels Martin fait quelques exploits à six mètres. Globalement, notre première mi-temps est désastreuse et on se retrouve logiquement derrière à la mi-temps (14-21). Après un discours inspirant qui a su nous remettre les idées en place de nos coachs Jérôme Diaz et Frédéric Anquetil, on reprend la seconde mi-temps décidé à remonter au score. Le match se déroule et à cinq minutes de la fin, nous avons comblé une partie du retard : 30-27. C’est à ce moment que le coach décide de me faire rentrer pour un jet de sept mètres. Je l’arrête et l’équipe reprend espoir. Nous avons sû gérer le money time en inscrivant quatre buts et en encaissant aucun but dans les cinq dernières minutes. On gagne finalement le match suite à un tir raté de l’adversaire.
Anecdote et Histoire du Club
Arrivé au club en 1969, seulement quatre années après sa création, Pierre Pietri fait sans aucun doute partie de l'histoire du GFCA. Après ses débuts en tant que joueur, il a par la suite consacré son temps au club en tant qu'entraîneur, manager et dirigeant durant toutes ces années. En dehors de l'exposition, Pierre Pietri a également réalisé un press-book pour chaque année d'existence du club. Un travail de longue haleine, que seul un passionné peut réalisé : "J'ai pris l'habitude de faire un press-book annuel à partir de 1974. Jusqu'à maintenant, j'ai découpé les différents articles de presse et pris des photos moi-même. J'ai été dans les archives de Jo Peraldi, qui travaillait au journal Le Provençal, qui m'a donné pas mal de négatifs. Ce qui m'a manqué, j'ai été les chercher aux archives départementales, c'est un travail qui a été fait en amont il y a plusieurs années, puis chaque année, j'ai ajouté ce qui correspondait à l'année en cours.".
Au travers du travail de cet homme, que l'on peut presque qualifié d'historien, les visiteurs qui se sont rendus au Palatinu ont eu l'occasion de se replonger dans l'histoire d'un club, en phase de transition, comme nous le précise Pierre Pietri : "Cette année est une année de transition, on est en train d'épurer nos dettes, de poser des fondations, et quelque soit le classement où le niveau dans lequel évoluera le GFCA l'an prochain, avec une nouvelle équipe dirigeante c'est sûr qu'il y a un projet qui sera bâti. Et vous verrez, qu'avec la force et la puissance de travail des nouveaux dirigeants, en deux ou trois ans on aura épuré nos dettes et on sera reparti avec un souffle nouveau. Il y a une bonne ambiance, il va y avoir un siège social qui va donner une vie à ce club. On essaie de part ce cinquantième anniversaire de recréer l'esprit club que l'on a connu avant, puis nous avons quand même jouer en D1 et D2 pendant de nombreuses années.