L'Histoire du Hambledon Cricket Club et l'Influence des Scriblériens

Le monde du cricket est riche en histoire, et l'un des clubs les plus emblématiques est sans aucun doute le Hambledon Cricket Club. Parallèlement, un groupe d'écrivains du XVIIIe siècle, connu sous le nom de Scriblériens, a marqué son époque par leur satire et leur critique de la "bêtise intellectuelle". Cet article explore l'histoire du Hambledon Cricket Club et l'impact des Scriblériens sur la culture intellectuelle de leur temps.

Le Hambledon Cricket Club : Un Pilier du Cricket Anglais

On sait l’importance des clubs pour l’Angleterre : ils structurent la vie sociale, littéraire et artistique. Au XVIIIe siècle, le club permet de se réunir entre soi, entre hommes le plus souvent - le lien entre les membres, qui partagent les mêmes valeurs, les mêmes codes et sont du même rang, se renforce de la différence avec les non-membres. Le club se décline sur le mode sportif - le Jockey Club ou le Hambledon Club (pour le cricket).

C’est à Broadhalfpenny Down, de l’autre côté de la route, que s’est joué le tout premier match de cricket de première classe en 1772. À l’époque, 20 000 spectateurs venaient pour assister aux matchs du club de Hambledon. Ce samedi-là, l’équipe réserve affronte Portsmouth. Il y a cinq spectateurs.

Hambledon a eu du mal à constituer une équipe. Les plus jeunes jouaient pour leur école privée, les plus âgés étaient déjà retournés à l’université. Le club n’est pas le seul à être en difficulté.

La ligue du Hampshire était jusqu’à récemment la plus importante au monde. “Je pourrais vous citer vingt clubs qui ont supprimé des équipes au cours des cinq dernières années”, déplore Mark Le-Clercq, le président de Hambledon.

Le premier match féminin enregistré a été joué en 1745, entre les équipes de deux villages du Surrey, Bramley et Hambledon. À l’époque, on distingue les équipes par la couleur des rubans attachés dans les cheveux des joueuses.

Malgré des origines obscures, une chose est sûre : le cricket n’a pas attendu les Jeux Olympiques pour exister. Les JO de Paris 2024 terminés, le Comité International Olympique (CIO) a révélé le catalogue des sports programmés pour les Jeux de Los Angeles en 2028. Parmi ces « nouvelles » disciplines, on retrouve donc le cricket, un des sports emblématiques du Commonwealth.

Le cricket possède une riche histoire qui s’étend sur plusieurs siècles et comprend des moments clés qui ont façonné le jeu tel qu’il est aujourd’hui. Le cricket trouve ses origines dans le sud-est de l’Angleterre au XVIe siècle. Le premier match de cricket connu a eu lieu en 1611. La célèbre série des Ashes entre l’Angleterre et l’Australie a débuté en 1882. Elle reste l’une des rivalités les plus féroces du cricket international.

La pratique de ce sport emblématique de l’Angleterre est en chute libre. Pour redresser la barre, la fédération mise sur deux compétitions majeures organisées dans le pays cet été, ainsi que sur l’important vivier de femmes et de jeunes originaires du sous-continent indien.

Le cricket féminin commence à se développer en Angleterre dès le XVIIIe siècle. L’un des premiers clubs féminins de cricket, le White Heather Club, a été fondé en 1887 par des dames de l’aristocratie du comté du Yorkshire.

Les femmes ne lâchent pas la batte, mais il faut tout de même attendre le XXe siècle pour que le cricket féminin connaisse un véritable essor. La Fédération internationale de cricket féminin (IWCC) est créée en 1958 pour pérenniser la place des femmes sur les terrains de cricket internationaux.

À travers le monde, les femmes jouent au cricket pour le plaisir, pour la compétition… mais aussi pour s’émanciper. En Inde par exemple, ce sport est un véritable symbole de la lutte pour l’égalité des sexes.

Cent-vingt-huit ans après sa première (et seule) apparition aux Jeux, le cricket revient sur le devant de la scène olympique et les femmes sont, cette fois-ci, conviées à la fête.

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Le Scriblerian Club : Un Rempart Contre la Bêtise Intellectuelle

« Triompher de la bêtise », vaste programme ! Il n’en fut pas moins à l’origine de la création d’un club génial dans lequel les écrivains, authentiques héritiers de Rabelais, dénoncèrent les théories absurdes, les faux savoirs, la « bêtise intellectuelle » et, déjà, les fake news.

Au début du siècle, Jonathan Swift fréquente plusieurs clubs : le « Saturday Club », où il rejoint des personnalités politiques, le « Brothers Club », qui a une coloration littéraire plus grande mais qui, d’allégeance Tory, reste mû par des préoccupations politiques. Avec John Arbuthnot, John Gay, Alexander Pope et Thomas Parnell, il fonde le « Scriblerian Club », qui se réunit brièvement, pendant l’année 1714, avant que les circonstances politiques liées à la mort de la reine Anne ne mettent fin à ses activités.

Le club est peut-être né du projet formé par Alexander Pope vers 1712-1713 de publier un périodique consacré aux œuvres des « non-savants » (unlearned). Swift avait déjà une certaine expérience en la matière. Dans Le Conte du tonneau, il avait exploré les infinies possibilités ouvertes par le texte littéraire pour dénoncer tout ce qui porte le nom de « moderne », tout en adoptant la voix et les intonations d’un Moderne. En 1708, il s’attaque à l’astrologue John Partridge.

Si le Scriblerian Club, comme son nom l’indique, s’attaque aux scribouillards en tous genres, il rassemble des écrivains qui partagent les mêmes idées politiques - les membres du club sont tous des Tories. Il se donne pour héros Martinus Scriblerus, personnage fictif qui concentre les excès des faux savants et pédants de tout poil. Le club vise à produire une édition de ses œuvres, en particulier de ses Mémoires, qui ne seront publiés par Pope qu’en 1741.

Composés en 1714 et retouchés plus tard, les Mémoires de Scriblerus portent la marque d’influences littéraires et satiriques diverses mais concordantes, qui s’attaquent de façon acerbe à l’enthousiasme généré par le faux savoir (nom de code : fake news) : Cervantès, Rabelais, Samuel Butler, et bien sûr le Swift du Conte du tonneau (publié avec La Bataille des livres).

La satire met en avant le ridicule des théories auxquelles parvient Martinus comme les objectifs qu’il se fixe, le mode de raisonnement comme la rhétorique pseudo-scientifique du texte. Scriblerus lui-même réapparaît dans diverses publications, en particulier sous la plume d’Alexander Pope. Il est par exemple l’auteur de Peri Bathous, ou l’art de couler en poésie, satire de l’essai de Longin sur le sublime. Il est le commentateur du poème d’Alexander Pope, Dunciad variorum (1729), où il figure également comme l’auteur d’une satire composée par Arbuthnot, Virgilius restauratus. Il est l’auteur d’un essai sur l’origine des sciences (rédigé par Arbuthnot) dans lequel il s’attache à démontrer que les sciences proviennent de quelques créatures simiesques qui les ont transmises aux peuples de l’Éthiopie et de l’Inde.

Moins connus peut-être que d’autres textes des membres du club, comme Les Voyages de Gulliver, L’Opéra du gueux, ou La Dunciade, ces mémoires forment la matrice d’une philosophie du style, partagée par tous les auteurs du club, fondée sur la mise au jour de l’imposture critique et des théories absurdes.

Héritier de la satire de Lucien, ou, plus près d’eux, de Rabelais, le monde des Scriblériens se donne ainsi un projet général : triompher de la bêtise. Cette ambition fait des émules dans tout le XVIIIe siècle, inspirant à l’occasion un Henry Fielding - qui n’hésite pas à utiliser le nom de « H. Scriblerus Secundus » - ou un Laurence Sterne. Et il n’est pas jusqu’à un poème héroïco-comique de 1742, Cricket, de James Love, qui ne soit annoté par Martinus Scriblerus. Tout le siècle reconnaît dans ce personnage le pédantisme stérile et la vacuité intellectuelle.

Dans l’esprit du Scriblerus Club, Pope, par ailleurs poète et traducteur d’Homère, auteur d’essais sur la littérature et la critique, compose entre 1728 et 1743 un véritable hymne à la bêtise, The Dunciad. Écrit peu après Peri Bathous, traduit en français sous le titre La Dunciade, parfois désigné sous le titre plus clair en français de La Sottisiade, ce long poème annoté célèbre le règne de la Bêtise, la déesse Dulness, fille de la nuit et du chaos, dont le pouvoir est sans partage.

Si la Dunciade célèbre le livre imprimé et toutes ses potentialités (poème, annotations, citations, préfaces, appendices, etc.), elle révèle également l’importance des querelles pour la composition de la satire : la réponse à un affront initial, le désir de porter la controverse dans le domaine public pour le rendre juge de la dispute, la forme dialogique qui préserve les voix individuelles pour mieux les déformer, la difficulté à les faire disparaître tout en conservant une certaine distance satirique.

La Dunciade rend publique une querelle privée (entre Cibber et Pope). Elle la transforme en antagonisme littéraire, dans un contexte politique (Cibber est poète lauréat). Elle parcourt la République des Lettres pour que le lecteur perçoive avec acuité la corruption politique du ministère Walpole. Elle en organise la cacophonie pour mieux révéler la vacuité du monde littéraire.

Membres du Scriblerian Club
Nom Profession
John Arbuthnot Médecin et écrivain
John Gay Poète et dramaturge
Alexander Pope Poète et satiriste
Jonathan Swift Écrivain et satiriste
Thomas Parnell Poète et ecclésiastique

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