Pendant les fêtes de fin d'année, le petit théâtre des aventures du PSG ne fait pas relâche. À la manière d'un vaudeville, les péripéties du club parisien viennent de connaître un nouvel épisode avec le limogeage, mardi 27 décembre, de son entraîneur, Laurent Fournier, remplacé par Guy Lacombe.
Dixième entraîneur en place depuis la reprise du club par le groupe Canal+ en 1991, ce dernier doit recevoir les rênes de l'équipe dès le 28 décembre, date de la reprise de l'entraînement.
Le président du club, Pierre Blayau, a annoncé l'éviction de Laurent Fournier, mardi 27 décembre, pour mettre fin à "une tendance médiocre depuis une dizaine de matches". Pour justifier la mise à l'écart de Laurent Fournier, Pierre Blayau, le président du conseil de surveillance du PSG, a expliqué, mardi soir, que l'équipe parisienne avait montré "une tendance médiocre depuis une dizaine de rencontres, avec notamment beaucoup de matches perdus à l'extérieur", avant d'ajouter : "Comme entraîneur, Laurent Fournier a eu plusieurs fois sa chance."
Le 10 décembre, après la victoire de son club face à Rennes, et avant deux matches joués à l'extérieur, le président du PSG avait déjà tiré le signal d'alarme, en s'inquiétant publiquement des faibles performances de son équipe. Plusieurs noms de successeurs potentiels au poste de Laurent Fournier avaient alors circulé, dont ceux de Didier Deschamps, de Guy Lacombe, qui avait déjà été pressenti pour ce poste au printemps 2005, et de Paul Le Guen, ancien joueur du PSG et ancien entraîneur de l'Olympique lyonnais.
Pierre Blayau a reconnu, mardi, que Paul Le Guen avait "refusé les offres qui lui ont été faites". Pour expliquer la nomination de Guy Lacombe, le président du PSG a rappelé que "l'ambition du club", formulée au début de la saison, était toujours d'accéder à la Ligue des champions la saison prochaine.
Pour se qualifier directement, le PSG doit finir dans les deux premiers du championnat. "Ce changement d'entraîneur ne se fait pas dans un contexte de crise ni de révolution", a voulu souligner Pierre Blayau. Le PSG se trouve aujourd'hui à la sixième place du classement, à un point seulement du deuxième, le Racing Club de Lens. Mais ses dernières prestations ont été décevantes, et selon son président, "il faut relancer la machine".
L'arrivée de Guy Lacombe devrait marquer un changement de style à la tête de l'équipe parisienne. Laurent Fournier professait le consensus, au point, comme le soulignait mardi Pierre Blayau, de paraître "avoir un peu trop foi dans ses joueurs".
Consultant pour Canal+, le propriétaire du PSG, Guy Lacombe arrive avec une réputation d'homme qui a des idées sur le jeu, mais aussi de meneur d'équipe au caractère fort, empreint parfois d'autoritarisme. Responsable du centre de formation de Cannes (de 1990 à 1995) à la fin de sa carrière de joueur, il y a accompagné l'éclosion de Zinédine Zidane et Patrick Vieira. Il a ensuite entraîné Cannes (1995-97), Toulouse (1998-99), Guingamp (1999-2002) et Sochaux, dont il a été écarté en juillet.
Dans le Doubs, il avait connu trois saisons riches avec l'émergence de joueurs comme Benoît Pedretti, Pierre-Alain Frau ou Sylvain Monsoreau, ponctuées d'une victoire en Coupe de la Ligue en 2004. Il devra composer au PSG avec une équipe dont certains éléments ont exprimé leur solidarité avec Laurent Fournier, alors que ce dernier était sur la sellette. Des joueurs qu'au passage le président du PSG a rappelé, mardi, à leurs devoirs. "Ce sont des professionnels sous contrat avec le PSG", a-t-il souligné.
Avant d'ajouter : "A eux de montrer s'ils ont envie de jouer en Champions League la saison prochaine." Ironie du calendrier, pour son prochain match de Ligue 1, le 4 janvier au Parc des Princes, le PSG reçoit Sochaux, l'ancien club de Guy Lacombe.
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Les Défis de Gestion d'Équipe
Ancien entraîneur du Paris Saint-Germain entre 2005 et 2007, Guy Lacombe est revenu dans une interview sur la difficulté de gérer certains stars franciliennes. En particulier Jérôme Rothen et Vikash Dhorasoo qu'il a régulièrement dû écarter à cause de leur comportement.
Le PSG est un club à part et on ne gère pas les stars du club francilien comme tous les autres joueurs. Guy Lacombe l'a appris à ses dépens lors de son passage à Paris entre 2005 et 2007. Interrogé sur son aventure compliquée sur le banc parisien malgré la Coupe de France remportée en 2006, le technicien est revenu sur ses relations tumultueuses avec Jérôme Rothen et Vikash Dhorasoo.
Tauliers de l'équipe, les deux internationaux tricolores ont été écartés par celui qui a notamment été l'un des formateurs de Zinédine, 'Yazid' comme il aime l'appeler, Zidane du côté de Cannes."En fait, Rothen c’était un joueur qui… Je connaissais bien son agent parce que je l’avais eu comme joueur et on avait quand même des relations. Mais Jérôme Rothen c’était quelqu’un qui ne voulait pas se livrer, a révélé Guy Lacombe dans un entretien publié jeudi 20 mars sur la chaîne YouTube de Paris United. "Il avait du mal à intégrer une équipe. Il l’avait très très bien fait à Monaco. Mais pour avoir été entraîneur de Monaco, je sais que c’est très particulier."
Arrivé courant décembre 2005 à Paris, Guy Lacombe y a d'abord été assez séduit par l'apport de Vikash Dhorasoo. Selon lui, l'ancien Milanais a été l'un des cadres de l'effectif finalement vainqueur de la Coupe de France contre l'OM. Mais son départ chez les Bleus pour la Coupe du monde 2006 a ruiné son passage au PSG.
"En ce qui concerne Vikash (Dhorasoo) c’est un petit peu différent. C’est un garçon très intelligent. Mais lorsqu’il revient du Mondial 2006 il est traumatisé, il a perdu toute envie de faire des efforts sur un terrain parce qu’il est déçu de ne pas avoir participé au Mondial où il n’a pratiquement pas joué", a encore expliqué l'entraîneur passé notamment Guingamp et Rennes. "Et puis ensuite, on a eu du mal à le remettre dans le coup. Après, il y a eu un incident avec le président. Mais c’est vrai qu’au niveau médiatique, cela a été dur pour moi parce qu’on m’a vraiment attaqué."
Et l'ancien responsable de la DTN, chargé de la formation des entraîneurs, de préciser sur celui des deux qui était le plus dur à gérer: "Vikash c’est quelqu’un de très intelligent, Jérôme... je n’ai pas eu beaucoup de difficulté à les gérer. Moi j’ai pris mes décisions mais c’étaient les médias qui… J’ai été déçu du comportement de ces deux joueurs, ça oui, en tant que professionnels."
"Parce que je me disais que Jérôme Rothen, en tant qu’international français, allait nous apporter plus que ce qu’il était. Après, en mon âme et conscience, je prenais des décisions."
L'Absence de Leadership et le Départ de Lacombe
En fin de compte et ce qui semble avoir le plus marqué le PSG, avec lequel il vivra une seconde saison terrible et achevée par une trise 15e place en Ligue 1, Guy Lacombe a justifié l'échec de son collectif par l'absence de leader. S'il avait contacté Yoann Gourcuff, Sébastien Squillaci et envisagé un retour de Gabriel Heinze avant le mercato estival, la vente du club et la baisse du budget par Colony Capital a tout fait capoter.
Et selon l'entraîneur, il s'est retrouvé sans leader dans le vestiaire pour cette campagne 2006-2007 malgré la présence de joueurs comme Jérôme Rothen ou Pedro Miguel Pauleta.
"Ce n’est pas un leader Pedro (Pauleta). C’est un homme fantastique, c’est un humain mais pour être un leader il faut parfois un peu de…", a poursuivi l'ex-coach du PSG. "Lui ne voulait pas se mettre en porte-à-faux vis-à-vis de qui que ce soit. Pedro c’est quelqu’un de remarquable."
Avant de rappeler que la fin des années compliquées du PSG a été marquée par un gros renouvellement du groupe en 2008 "quand Paul Le Guen a changé l'effectif", après une nouvelle saison de galères...
L'année 2007 commence donc avec le même entraîneur sur le banc parisien. Mais dès le premier match de championnat face à Valenciennes, le PSG perd à nouveau et commence à flirter dangereusement avec la relégation. Cayzac apprend en même temps que Paul Le Guen est libre de tout engagement, et intéressé par un poste au PSG [8] : il choisit donc de mettre fin au mandat de Lacombe.
Lacombe a donc vécu une année civile complète au PSG, qui a dû le dépayser des ambiances calmes qu’il avait connues auparavant. À un bilan sportif mauvais, doublé de problèmes au sein de l’effectif - dont il n’était pour la plupart pas responsable -, Lacombe pourra opposer une victoire prestigieuse et marquante en coupe de France.
Mais le principal apport du nouvel entraîneur monégasque concerne son travail pour la promotion de la jeunesse parisienne. Si Le Guen a énormément lancé de jeunes ces dernières années, c’est en partie parce que Guy Lacombe avait montré que c’était possible. En faisant confiance à des jeunes - Dramé, Chantôme, Mulumbu et Mabiala -, il a montré qu’on pouvait sortir du centre de formation parisien, et faire partie intégrante de l’effectif.

Guy Lacombe lors de son passage au PSG. Source: Onze Mondial