Cet article explore l'alliance prometteuse entre Decathlon et CMA CGM dans le monde du cyclisme, ainsi que les réflexions profondes du rappeur Gringe sur son premier album solo et son parcours artistique unique.

Decathlon et CMA CGM : Une Ambition Commune dans le Cyclisme
Un mariage accueilli avec beaucoup d’espoirs, le transporteur CMA CGM (propriétaire de plusieurs médias dont RMC Sport) a annoncé qu'il allait devenir le co-sponsor dès la saison prochaine de l'équipe cycliste détenue par Decathlon. Christian Prudhomme, patron du Tour de France, s’est réjoui de la collaboration entre Decathlon et le groupe CMA CGM, porteuse de très grosses ambitions dont celle de remporter le Tour de France en 2030.
Avec l’ambition de rivaliser avec les mastodontes actuels du peloton comme UAE Team Emirates - XRG de Tadej Pogacar et la Visma-Lease a Bike de Jonas Vingegaard, les deux groupes s’appuieront sur un budget nettement revu à la hausse. "Au-dessus des 40 millions dès 2026", avait indiqué début juillet Céline Del Genes, responsable de la relation client chez Decathlon.
L'Espoir d'un Triomphe Français
Et la nouvelle égaie Christian Prudhomme, patron du Tour de France. "Que des équipes françaises investissent, c’est évidemment très important pour le Tour", s’est réjoui ce dernier dans Apolline Matin sur RMC, ce mardi. "Je suis pour le développement du vélo dans tous les pays mais les pays traditionnels du cyclisme comme l’Italie, la France, l’Espagne ou la Belgique doivent toujours avait des champions ou des grandes équipes. C’est une excellente nouvelle en effet."
Il salive de voir ce nouveau concurrent se mesurer à ceux actuellement en place. "Voir aussi que le gâteau va être un peu mieux partagé… Les deux ou trois plus grandes équipes raflent, depuis plusieurs années, tout ce qu’il se fait de mieux parmi les jeunes. C’est indispensable qu’il y ait différentes équipes qui se battent avec chaque leader et que chaque leader peut avoir une chance de gagner le Tour de France."
Il espère un triomphe français sans s’enflammer ("Sait-on jamais") alors que l’édition 2025 ne sourit pas vraiment aux Tricolores, toujours sevrés de victoires d’étapes. "On rêve toujours de victoires de coureurs français", fait-il remarquer. "Au-delà du classement général pour lequel les Français sont un peu barrés, on s’attendait à deux ou trois victoires d’étapes mais je ne pense pas qu’elle se produise aujourd’hui (16e étape entre Montpellier et le Mont Ventoux).
Cycling - Here is a presentation of the new bike and jersey for the Decathlon CMA CGM team.
Gringe : Un Artiste Hors du Temps
Il y a quelque chose d’étonnant avec Enfant Lune, c’est que tu sors ton premier album à 38 ans.
Gringe : J’ai un rapport au temps qui est extrêmement particulier dans la vie. Je ne me sens jamais vraiment pris par un quelconque sentiment d’urgence et surtout, je distords énormément le temps : je vis énormément la nuit, je suis parfois en décalé dans ma manière d’organiser mon quotidien… Je ne suis pas dans des objectifs à atteindre, je ne me dis pas que j’ai des paliers à passer dans des temps impartis pour le faire. Au contraire même.
J’ai compris ça il y a un petit moment : j’ai besoin de temps pour digérer les choses, les comprendre, mieux en parler. Surtout j’ai senti que j’avais besoin de temps pour vivre des choses et mieux en parler. Évidemment, un premier album à 38 ans, sur le papier c’est drôle. Mais dans mon état d’esprit, je me sens plus comme un mec hors du temps. C’est bizarre mais globalement je ne me donne pas trop d’âge… C’est un état d’esprit que j’entretiens, mais malgré moi.
Les Obstacles et les Rencontres
Tu as dis dans une interview qu’au milieu de la composition de cet album, tu avais pensé à tout arrêter.
Gringe : Oui ça a été globalement très dur, j’ai rencontré tout un tas d’obstacles. Le premier c’était de devoir me faire à l’idée que j’étais seul aux manettes : je n’avais plus le confort d’un Orel’ ou d’un Skread à mes côtés, puisque les deux étaient partis en tournée, et il fallait que je devienne un peu plus méthodique que d’habitude. Il fallait que je me constitue une équipe de boulot, que je renforce mes liens avec mon ingénieur du son, que je m’implique vraiment dans le processus artistique.
Et puis j’ai fait des rencontres qui m’ont beaucoup aidé. Léa Castel a fait beaucoup de direction artistique sur l’album, il y a énormément de producteurs sur l’album que je suis allé chercher de moi-même. J’ai du apprendre à faire par moi-même, ce qui n’avait jamais été le cas avant, et j’ai découvert que c’était très long.
Plongée Introspective et Solitude Créatrice
C’est au bout de six mois d’écriture que j’ai vu que je commençais à aborder les thèmes les plus profonds de ma personne, mais c’était quelque chose de parfois pénible pour moi. Il fallait que je me plonge dans des états assez douloureux pour me rapprocher le plus possible de la vérité, des épisodes de ma vie dont je parle sur le disque.
Complètement, et c’était vraiment le plongeon dans l’inconnu, je n’avais aucun filet de sécurité. Mais c’est en ça que c’est valorisant : une fois le travail fait au bout d’un an et demi, j’ai vu que, alors que j’ai toujours été très passif, très attentiste, en me laissant porter par mes potes, j’avais réussi à diriger un projet de A à Z cette fois-ci.
Avec Orelsan sur Casseurs Flowters j’ai toujours pu jouir de ce confort là, en ayant un pote très talentueux avec une vraie vision artistique : j’avais juste à me laisser faire, à écrire mes textes, et il s’occupait du reste. Pour mon premier album, je me suis retrouvé à devoir faire toute ma direction artistique, discuter avec des gens de mon label, échanger avec des producteurs, travailler sur la pochette… Je me suis retrouvé au four et au moulin et c’est hyper chronophage, ça te décentre un peu de l’artistique. C’est aussi pour ça que j’ai stagné et perdu du temps dans la conception du disque, mais c’est hyper valorisant une fois le disque terminé.
L'Influence d'Orelsan et les Débuts dans le Rap
C’est une locomotive Orelsan. Avec du recul, même si Casseurs Flowters était une histoire qui nous appartenait à nous deux, c’était plus le délire d’Orel’ dans la direction artistique. Et puis j’avais tellement à coeur de faire au moins jeu égal avec lui et de me mettre à son niveau, que je le laissais diriger les choses. Il était bien plus avancé que moi, il avait déjà fait ses preuves avec deux albums solos, alors que moi j’étais un peu personne.
Je reprenais même le rap à l’époque du premier album des Casseurs, je n’avais plus la gymnastique de l’écriture ! Du coup je me suis concentré là-dessus, et il n’y avait plus trop de place pour le reste, surtout qu’Orelsan allait très vite.
Oui mais je rappais de manière très amateur. C’était plus une passion, quelque chose que je faisais dans mon coin, je n’avais pas vraiment pour ambition d’en faire un métier. J’ai toujours été incapable de me projeter et je ne me suis jamais dit que j’allais percer en faisant du rap à Cergy-Pontoise ou à Caen. J’allais à la radio faire des freestyles parce que l’énergie de l’instant me plaisait, mais ça n’allait pas plus loin. J’avais dit un jour que j’enregistrerai un morceau, et c’est finalement ma rencontre avec Orel’ qui a précisé ces choses là. Il m’a dit « Viens, on s’achète une tour d’ordi, un micro, une carte son et on maquette des vrais trucs ».
C’est un titre avec Orel’ qui s’appelait « Quand je rappe » sur une face B d’un groupe américain à l’ancienne. Le morceau a disparu dans les bas-fonds de tous les enregistrements qu’on a pu faire, on a du le graver sur un CD qui a fini en frisbee sur l’autoroute. [Sourire] Parce qu’il faut savoir qu’Orel’ jetait tous les enregistrements que l’on faisait parce qu’il avait trop honte quand on les réécoutait.
L'Expérience Casseurs Flowters et le Retour à la Capitale
Après le premier album des Casseurs et la tournée, le disque arrive en fin de vie, et Orel’ commence à écrire le film Comment c’est loin sans trop savoir si ça va le mener quelque part. Et il se trouve que si. On s’est alors mis à préparer le film, du coup on a sorti le deuxième album qui était la B.O du film, ce qui a ensuite donné lieu à des concerts, puis la série Bloqués suite à une discussion avec Kyan et Navo… Ce sont des opportunités qui se sont offertes à nous et ça a rempli quasiment quatre années de ma vie.
Mais il n’y avait vraiment rien de prémédité à l’origine : à la base, on voulait sortir le premier album des Casseurs Flowters sur le web gratuitement en faisant des clips maison ! Quand je dis sur mon album que je n’ai rien foutu ces dernières années, c’est plus de la provoc’ en vrai. Et c’est surtout une manière de dire que j’ai passé mon temps à contempler. Je suis un grand oisif, mais pas non plus passif, je ne reste pas totalement inactif. Je suis dans l’observation, ça me prend du temps, mais je considère toujours que les choses arrivent en temps et en heure.
Enfant Lune : Un Album Introspectif
Ton disque s’appelle donc Enfant Lune.
Assez rapidement oui, au tiers de l’album.
Toujours, dès mon plus jeune âge j’ai commencé à me sentir libre la nuit, et je me suis mis à faire le mur très rapidement. C’est un moment de la journée qui me plaît, où je me sens libre, plus inspiré, je suis aimanté par ça.
Je fais chier mon ingénieur du son pour faire des nuits blanches. Il est obligé de se caler sur mon rythme le pauvre. [Sourire] Mais tout est plus inspirant. Et puis j’ai l’impression d’être plus facilement introspectif quand j’écris dans ces moments là, il y a moins d’effervescence, et j’écris comme un vieux romantique collé à ma fenêtre, avec un lampadaire à l’ancienne à ma fenêtre que j’observe de temps à autres. Dans un épisode de ma vie un peu obscur j’ai aussi vécu pendant un moment à l’hôtel, et j’avais une vue sur le periph’ que j’adorais, ça m’inspirait complètement.
Avant même d’avoir trouvé le titre, j’avais l’ambiance du disque en tête, à travers des sonorités ou des images. Il m’arrive même de voir des couleurs ou des mots qui me viennent en tête quand je fais du son, et ça peut aboutir à des morceaux. En fait j’ai besoin d’écrire sur de la musique, ce qui fait qu’elle sera toujours prioritaire par rapport à l’écriture. C’est la prod’ qui va me donner l’intention, et m’amener dans un état d’esprit particulier. Du coup lorsque je me mets à écrire je me fais tourner une prod en boucle pendant des heures, c’est terriblement obsessionnel. [Sourire] Ça rend fou !
Le Processus Obsessionnel de l'Écriture
Oui, notamment à cause du côté obsessionnel de la musique. Tu ne réfléchis plus qu’en construction de rimes, tu as des mécanismes intellectuels qui sont verrouillés, ça rend fou, tu ne peux plus t’en échapper.
Totalement, pendant un an et demi. C’est complètement fou, je n’ai jamais fait aussi long. Pourtant ça m’arrive de le faire d’une manière assez naturelle, j’ai des petites périodes où je me coupe du monde puis je refais surface, mais là pendant un an et demi j’ai vécu en autarcie dans ma bulle. J’ai revu mon ex-copine il y a quelques temps et elle m’a retrouvé dans un état lamentable. À la fin elle me disait : « Je comprends pourquoi tu as fini comme ça. Tu es déjà de base un cérébral et tu viens en plus de te couper de ton corps et de tes sensations, tu t’es enfermé dans tête ».
Un Travail d'Acteur et une Construction en Trois Étapes
Si c’était à refaire je le referai différemment, j’y ai laissé des plumes parce que c’était total comme démarche. Quand j’allais boire des coups je n’allais pas faire la fête, je descendais une fois de temps en temps de chez moi lorsque des potes voulaient absolument me voir, mais pas plus. J’étais trop obsédé par cet album et j’y revenais tout le temps. Même Noël, je ne l’ai pas fait ! Je suis descendu chez mon frère dans le Sud, et je suis resté 48h chez lui en express pour ensuite retravailler sur mon album.
Mais il fallait que je me recentre sur moi-même pour ce disque, surtout par rapport aux sujets que j’aborde : je voulais retrouver les états dans lesquels j’étais à l’époque où j’ai vécu les choses que j’évoque dans mes textes pour mieux mettre des mots dessus. C’est presque un travail d’acteur en vrai. Quand je prépare un rôle pour le ciné, je me raconte l’histoire du mec, je commence à lui façonner une personnalité, pour que au moment de jouer j’arrive à faire corps avec ce que je dois interpréter.
C’est vraiment un agencement auquel je pensais quand l’album a commencé à se dessiner. Je voulais construire Enfant Lune en trois étapes : dans une première partie je voulais vraiment planter un décor assez sombre et mélancolique, ensuite évoquer la thématique amoureuse, puis finir sur une partie plus spirituelle, mentale.
L'Émancipation des Casseurs Flowters
Parce que j’étais incapable d’écrire quoi que ce soit d’autre. J’ai essayé de faire des morceaux dans l’esprit Casseurs Flowters au début mais je trouvais que ça ne marchait pas. J’avais même écrit tout un morceau qui s’appelait « Winter » en référence à Winter le Dauphin de Casseurs Flowters qui est très drôle, mais avec le temps j’ai réalisé qu’il n’avait plus du tout sa place dans le disque.
Je m’étais mis à écrire des choses plus sérieuses comme « Scanner », « Pièces Détachées », et j’ai alors pris la décision de me débarrasser de tous les titres un peu rigolos/marrants que j’avais en stock. C’était aussi une manière de m’émanciper des Casseurs Flowters en me disant que si je devais faire de la musique en solo, c’était aussi intéressant pour les gens de savoir qui je suis vraiment avec ce disque. Je n’ai jamais trop donné d’infos sur ma vie dans mes morceaux, alors que la musique sert aussi à ça : tendre un miroir à l’autre sur ce que tu as vécu, et voir ce que lui va en retenir. C’est ce que j’attends d’un artiste en tout cas.
