Gary Payton : L'ascension d'une légende du basketball

Gary Dwayne Payton, né à Oakland le 23 juillet 1968, est une figure emblématique du basketball. Son parcours, depuis les playgrounds d'Oakland jusqu'au titre de champion NBA, est une source d'inspiration. Retour sur la carrière exceptionnelle de celui que l'on surnomme "The Glove".

Débuts prometteurs

Tout commença à la Skyline High School, en Californie, pour le natif d’Oakland. Gary Payton y jouera aux côtés de Greg Foster, futur joueur et coach NBA.

L'étape universitaire à Oregon State

Direction ensuite l’Oregon pour le jeune Gary, où il rejoint l’Oregon State University de Corvalis en 1986, pour y jouer avec les Beavers. Durant ces 4 saisons, GP deviendra l’un des basketteurs les plus sacrés de l’histoire de son université. Il était un joueur incontournable ! Il sera sélectionné 3 fois au All-Pac-10 et nommé Freshman Of The Year en 1987.

Sous l’aile de Ralph Miller, son coach, Gary Payton apprendra les principes de sa propre moitié de terrain : robustesse et agilité, il deviendra le poison ultime du point guard adverse. Il aura inscrit 30 points ou plus à 19 reprises, dont un carton à 58 points contre USC durant sa 4ème et dernière année. Pendant ces 4 saisons, OSU fera 3 apparitions au tournoi NCAA et une apparition au National Invitation Tournament.

Le 5 mars 1990, Gary fait la Une de l’hebdomadaire spécialisé « Sports Illustrated » avec un titre explicite : « The player of the year. All-American à l’unanimité, Payton totalise trois sélections dans le cinq All-Pac 10. Il sera également retenu dans l’équipe de la décennie de la Conférence.

Gary quitte Oregon State avec le meilleur total de points (2 172), le meilleur total de passes (938), le meilleur total d’interceptions (321) - le seul qui tienne encore - et le meilleur total de paniers primés (178) de la fac. Sa dernière saison fut très significative : le meneur des Beavers délivra 235 passes tout en chipant 100 ballons. S’il fut désigné « Joueur universitaire de l’année » par « Sports Illustrated », Lionel Simmons, l’ailier senior de LaSalle, lui fut préféré pour le trophée John Wooden qui récompense le meilleur basketteur NCAA.

Dans un match face à South Carolina, Payton planta 58 points, à trois longueurs du record de la Conférence Pac 10 détenu par Lew Alcindor (futur Kareem Abdul-Jabbar). Arrivé dans l’équipe universitaire des Beavers d’Oregon State en 1986, pour sa dernière saison NCAA, Gary Payton s’est totalement déchainé ce jour-là. South Carolina (Harold Miner, Ronnie Coleman, Robert Pack) a été incapable de stopper l’élan de Gary Payton au Gill Coliseum d’Oregon. Devant 9878 spectateurs, le futur joueur des Seattle Sonics termine la rencontre avec un total de 58 points à 22/38 aux shoots et 13/18 sur la ligne des lancers-francs.

Après une première mi-temps désastreuse et un retard de 22 points, Payton a renversé la tendance au retour des vestiaires avec 34 points marqués (15/20 au shoots) en secondes période puis 6 en prolongation, soit 40 points après la pause. Mené 60-48 au cours de la deuxième mi-temps, Oregon va infliger un 21-2 pour mener ainsi 69-62.

Lors de ce match hallucinant en attaque, le meneur bat le record du nombre de points marqués dans l’histoire de l’université d’Oregon State : en inscrivant un lancer-franc en première période, il dépasse Steve Johnson (joueur des Beavers de 1977 à 1981) avec un total provisoire de 2037 points vs 2036 ce jour de février 1990. Par la même occasion, il bat son propre record qu’il partageait avec un autre joueur d’Oregon State, Mel Counts, celui de battre le plu grand nombre de points marqués en un seul match universitaire : 48. Il était ainsi à 3 petits points seulement d’égaler le record du plus gros total de points enregistrés dans un match de la conférence Pac 8/10/12.

George Raveling coach de South Carolina était abasourdi par cette performance à l’issue de la rencontre : « en tant que coach dans la NCAA, il s’agit d’une aussi bonne performance que celle de Bill Walton, Kareem-Abdul-Jabbar ou quiconque. Ca pourrait être la plus grande performance individuel dans l’histoire du basket universitaire. Dans 30 ans, quand mon petit-fils me demandera quels sont les grands joueurs j’ai jamais vu, je lui parlerai d’une nuit pluvieuse en Corvallis lors de laquelle j’ai vu Gary Payton marquer 58 points. La dernière année de Gary Payton à Oregon State est ponctué par une récompense, celle de meilleur joueur de la Pac-12.

Annoncé comme un top prospect en NBA, Gary Payton se dirige dès maintenant vers la Draft NBA 1990 !

L'ère des SuperSonics (1990-2003)

Gary Payton est sélectionné en 2ème position par les Seattle Supersonics, derrière Derrick Coleman qui file à New Jersey, dans une cuvée de draft qui, avec du recul, est plutôt faible. Gary poursuit donc sa carrière dans l'Etat de Washington, dans un état voisin qui l’a vu grandir et qui a pu l’admirer et, surtout, l’entendre.

Car oui ce n’est pas pour rien si notre cher Payton est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands trashtalkers all-time, voire même le meilleur. Une langue pendue du matin au soir, notre « petit » meneur d’1m93, pour 82 kilos , savait s’y prendre pour déstabiliser son adversaire. Se permettant d’envoyer une petite punchline à MJ dès lors première confrontation, on voyait bien la confiance en soi que possédait Gary.

Mais ces 2 premières saisons en NBA furent compliquées. 7,2 et 9,4 points de moyennes ne reflétant pas le talent du bonhomme. Il pourra néanmoins goûter aux Playoffs NBA dès ces premières saisons. Seattle s’inclinera au premier tour des Playoffs 1991 face aux Portland Trail Blazers, mais arrivera à passer ce premier tour durant les Playoffs 1992 en l’emportant 3-1 sur les Warriors, avant de s’incliner face au Utah Jazz de Malone et Stockton 4-1. Payton a enfin découvert les Playoffs, mais c’est maintenant qu’il doit montrer qu’il mérite sa réputation du meilleur prospect du pays !

Gary partage déjà les parquets depuis le début de sa carrière avec un certain Shawn Kemp. Ce jeune duo impressionne déjà les foules par la qualité de passe de Payton et la détente inhumaine de Kemp. Ces deux-là sont l’avenir de la franchise après une période de déclin et on peut dire qu’ils vont relever le challenge avec brio ! Payton va élever sa moyenne de points à 13,5 et 16,5 points pour les saisons 1992-1993 et 1993-1994 !

Cette progression provient d’un mental d’acier, qui pousse GP à tout donner sur le terrain, aussi bien en attaque qu’en défense. En effet, Payton sera sélectionné pour la première fois de sa carrière en All-NBA THIRD Team et en All-NBA First Defensive Team, en 1994. Il ne quittera plus les All-NBA Teams et la All-NBA First Defensive Team jusqu’en 2002 ! Gary Payton est enfin reconnu à sa juste valeur, comme l’un des tous meilleurs meneurs de la ligue avec John Stockton et Kevin Johnson !

Changement de coach pour les SuperSonics qui voient débarquer George Karl au poste de Head Coach en 1992 qui fera partie de la belle aventure des SuperSonics des 90’s.

Payton continuera de goûter aux Playoffs durant ces 2 saisons en allant jusqu’en Finale de Conférence en 1993 en éliminant le Utah Jazz 3 victoires à 1 (le premier tour se jouait en 5 matchs à l’époque) et les Houston Rockets en 7 matchs. Néanmoins en Finale de Conférence, les Sonics tomberont face aux Phoenix Suns du MVP sortant Sir Charles. C’est lors de cette campagne de Playoffs 1993 que GP sera surnommé « The Glove », (« le gant » en français) rappelant sa défense agressive et tenace.

Ce surnom provient de son cousin qui le nomma ainsi pour lui dire « qu'il tenait Kevin Johnson comme une balle de baseball dans un gant », meneur des Phoenix Suns durant cette Finale de Conférence 1993.

Quant à la campagne de 1994, Payton et ces Sonics ne dépasseront pas le premier tour, en échouant en 5 matchs face aux Denver Nuggets, après une saison où les SuperSonics ont signé leur record All-Time de victoires en saison régulière avec 63 victoires et 19 défaites.

L'équipe se renforce

Depuis l’arrivée de Gary Payton en 1990, la franchise de Seattle s’est renforcée autour de la doublette Payton-Kemp. Premièrement en 1993, l’Ailier Fort / Pivot, Sam Perkins arrive en Oregon en provenance des Los Angeles Lakers, avec qui il a pu disputer les Finals 1991 face aux Chicago Bulls d’un certain Michael Jordan. Autour de ce trio sera ajouté Detlef Schrempf en 1994, le sniper allemand en provenance des Indiana Pacers, qui continuera sur sa très bonne production statistique durant ces 5 saisons dans l’Oregon. La dernière pièce se trouve en Hersey Hawkins, l’arrière scoreur venant des Charlotte Hornets, qui apportera sa capacité de scoring à l’équipe.

C’est à partir de cette saison 1995-1996, que The Glove possède enfin l’armada qu’il mérite. Eliminé une nouvelle fois au premier tour des Playoffs 1995 par les Los Angeles Lakers en 4 matchs. Payton et ces SuperSonics sont prêt à prendre leur revanche et montrer qu’ils peuvent concurrencer les plus grosses écuries de la NBA.

La saison de la consécration (1995-1996)

Cette saison sera une consécration pour Payton et sa franchise, car oui c’est SA franchise, celle qu’il portera sur ces épaules tout au long de la décennie 90 et l’emmènera loin cette saison 1995-96. Tout d’abord, Seattle finira premier de la conférence Ouest en battant le record de la franchise de victoires avec 64 victoires pour 18 défaites ! Payton sera en plus sacré DPOY, Defensive Player Of The Year, le seul meneur de jeu de l’histoire à avoir reçu cette distinction.

De l’autre côté du pays, une autre équipe fait beaucoup parler d’elle. Une équipe jouant en rouge et blanc, emmené par le meilleur joueur de tous les temps, qui ravage tous sur son chemin et établi le meilleur bilan de l’histoire avec un bilan de 72 victoires pour 10 défaites. Ce record qui tiendra 20 ans, est établi par les Chicago Bulls de Michael Jordan ! Tous les fans de la Grande Ligue veulent voir cette confrontation en NBA Finals ! Et leur vœu sera exaucé !

La bande à Gary se pointera donc en Playoffs face aux Sacramento Kings du très esseulé all-star Mitch Richmond, qui ne pourront pas stopper les SuperSonics, qui les sortiront 3 victoires à 1. En Demi-finale de conférence, Seattle ne fera qu’une bouchée des Houston Rockets, pourtant champion en titre, mené par Hakeem Olajuwon. 4-0 ! Un message envoyé à leur concurrent de l’Est et à leurs futurs adversaires, le Utah Jazz de Stockton et Malone.

La bataille au sommet de la conférence Ouest ! Au cours d’une série de Playoff haletante, deux des meilleurs duos de l’histoire de la NBA se rendront coup pour coup, mais comme à chaque match il nous faut bien un vainqueur et un vaincu. Seattle gagnera le Game 7, significatif d’une qualification pour les NBA Finals ! Ça y est, la confrontation ultime, celle tant attendu est enfin arrivé ! Les Seattle SuperSonics face aux Chicago Bulls, Gary Payton face à Michael Jordan !

Malheureusement pour Seattle, l’équipe ne fait pas le poids et perd la série 4 matchs à 2 face à peut-être la meilleure équipe de l’histoire. Mais sur ces Finals, Payton aura impressionné par sa capacité à défendre sur Michael Jordan à partir du match 4, en « limitant » le joueur des Bulls à 23 points et 31,6 % aux tirs dans le 4e match, puis à 26 points dans le 5e et enfin à 22 avec 26 % de réussite dans le 6e et dernier match. Sur ces trois matchs, le 4e et le 5e seront les deux seules victoires de Seattle dans cette série.

Après la défaite de 1996, Seattle ne retrouvera plus le chemin des finales avec Payton. En 1997, le départ de Kemp affaiblit encore plus l'équipe qui disparaît des concurrents au titre. Malgré tout, Gary Payton fera parti de l’aventure des Etats-Unis aux JO de 1996 à Atlanta pour aller y rafler la médaille d’or.

Malgré des résultats en déclin, notre Gary élèvera sa marque au scoring et à la passe, portant sa franchise de cœur sur ses épaules. La franchise se retrouvera privé de ses meilleurs joueurs puisque Schrempf, Hawkins, Perkins et MacMillan partiront entre 1997 et 1998. Gary Payton ne passera plus un tour de Playoff à partir de 1998 et ne participera même pas aux campagnes de Playoffs de 1999 et 2001. Il sera tout de même aux JO de 2000 à Sidney, où il remportera la médaille d’or une seconde fois avec les États-Unis.

Au milieu de la saison 2002-2003, il est impliqué dans un échange qui concerne 5 joueurs, et est envoyé à Milwaukee tandis que Ray Allen rejoint Seattle. Payton joue les 28 matches restants avec les Bucks.

Le duo emblématique Gary Payton et Shawn Kemp.

Quête du titre : Lakers, Celtics et Heat (2003-2007)

Agent libre à l’été 2003, Gary Payton a déjà 35 ans, mais toujours pas de bague à sa main. Il signe donc, tout comme Karl Malone, aux Lakers de Los Angeles en espérant enfin arriver enfin au sommet aux côtés du Shaquille O'Neal et de Kobe Bryant. Selon l’agent de Payton, il a refusé une offre de 35 millions de dollar des Portland Trailblazers pour signer un petit contrat avec les Lakers. Les 4 joueurs forment l'une des meilleures équipes, sur le papier, jamais assemblé. On les surnomme les "4 fantastiques".

Mais cette association est tronquée par les blessures de Karl Malone, Kobe Bryant et Shaquille O'Neal durant la saison régulière 2003-2004, mais les Lakers gagneront quand même 56 matchs et remportent la Pacific Division. En playoffs, ils élimineront les Houston Rockets de Steve Francis et Yao Ming 4 victoires à 1. Ils enchaîneront avec les San Antonio Spurs, champion NBA en 2003 et faisant partie des favoris à leur succession, qu’ils élimineront 4 victoires à 2. Pour la Finale de Conférence se dressera les Minnesota TimberWolves du MVP en titre Kevin Garnett, qui ne feront pourtant pas le poids face à nos 4 fantastiques qui filent en Finals, deuxième pour GP.

Mais s'inclineront 4 victoires à 1 face aux Detroit Pistons de Rip Hamilton, Tayshaun Prince et les Wallace. Cette défaite sera et est toujours considérée comme un immense échec !

Avant la saison 2004-2005, les Lakers échangent Payton et Rick Fox contre Chris Mihm, Jumaine Jones et Chucky Atkins de Boston. Bien qu'il se plaigne énormément de ce transfert, il est bien le meneur titulaire des Celtics de Boston au début de l'exercice 2004-2005. Le 24 février 2005, Payton est envoyé chez les Hawks d'Atlanta pour faire revenir l'ancien Celtic Antoine Walker à Boston. Les Hawks se débarrassent immédiatement de Payton après le transfert, et celui-ci revient à Boston une semaine après son départ, en tant que "free agent". Payton commence les 77 matches qu'il joue cette saison-là et Boston se qualifie pour les Playoffs mais seront éliminé dès le premier tour des Playoffs par les Indiana Pacers, 4 victoires à 3, lors du Game 7.

Le sacre avec le Miami Heat

Nous sommes le 22 Septembre 2005, Gary Payton a maintenant 37 ans et il signe un contrat de 1,1 million de dollars avec le Miami Heat, retrouvant à nouveau Antoine Walker (arrivé à Miami sept semaines plus tôt), et Shaquille O'Neal, son ancien coéquipier chez les Lakers. Dans cette équipe de vétéran revanchard, mené par un jeune joueur du nom de Dwyane Wade issu de la Draft 2003, Miami va survoler les Playoffs à l’Est en éliminant tour à tour les Chicago Bulls, les New Jersey Nets de Jason Kidd et les Detroit Pistons ! Direction les NBA Finals pour la franchise floridienne vierge de titre, et une troisième tentative d’obtenir une bague pour Payton.

GARY PAYTON ET SHAWN KEMP, DEUX GUERRIERS À SEATTLE - LNS #53

Durant ces Finals, le Heat affrontera les Dallas Mavericks de l’allemand Dirk Nowitzki. L’équipe de Miami est bien trop forte pour les texans, emmené par un Dwyane Wade en mode Flash ! Payton remporte enfin son premier titre NBA lors de sa 16e saison au terme du 6e match des NBA Finals 2006. Si sa contribution est moindre (2,7 points), Payton réussit, quand même, deux tirs cruciaux lors de cette série. Le tir de la victoire au buzzer du 3e match, et le game-winner sur un lancer-franc lors du 5e match.

Payton reste encore une année en NBA avant de prendre sa retraite à la fin de la saison 2006-2007.

Gary Payton : Un joueur à part

Le point guard de Seattle fut-il le meilleur meneur des années 90 ? C’est la question que posait de manière indirecte Phil Barber dans un article de « Sporting News » paru en septembre 2000. Celui que l’on surnommait « The Glove » avait tout pour lui : il plantait à gogo, défendait comme un mort de faim et se comportait comme un vrai général sur le parquet. Il offrait tout ce que l’on pouvait attendre d’un point guard et fit preuve d’un sens aiguisé de la compétition.

Si l’on veut bien consentir à écarter Magic Johnson et Isiah Thomas, plutôt associés aux années 80, et Penny Hardaway qui était davantage un combo guard, l’opposition se limite à deux concurrents : John Stockton et Jason Kidd. Sans doute étaient-ils de meilleurs manieurs de balle et playmakers, rappelle Phil Barber. Mais Kidd a toujours été un shooteur médiocre. Stockton était plus une petite peste en défense qu’une véritable sangsue (appréciez la nuance) et s’il était adroit aux tirs, il était moins prolifique au scoring.

Par rapport à ses rivaux, Payton était un attaquant naturel, capable de créer son propre shoot. Ancien coéquipier de Jerry West chez les Lakers, le Hall of Famer Gail Goodrich estima que Payton était « probablement l’arrière le plus complet jamais vu ». « Gary est le Deion Sanders de la NBA », commentait de son côté Isiah Thomas. « Il est trop rapide en défense… Il est toujours là, il ne bouge pas. Il ne donne pas spécialement l’impression de faire un gros effort, il est simplement là. Vous pouvez éliminer de l’attaque adverse le joueur dont il s’occupe.

« Quand vous le voyez, vous pensez à des gars avec d’excellentes mains », surenchérissait Kevin Johnson, le meneur des Suns. « Des Maurice Cheeks, des Derek Harper. Gary est comme eux. Mais c’est aussi un grand défenseur, que ce soit en un contre un ou dans le bloc équipe. Il possède les trois caractéristiques.

Un trashtalker hors pair

Cette logorrhée caractérisera le sieur Payton tout au long de sa carrière NBA, le bonhomme comptant parmi les plus grands trash-talkers que le sport professionnel américain ait enfantés. Larry Johnson considérait Gary, Michael Jordan et lui-même comme les trois plus grands trash-talkers de la Ligue dans les années 90. Payton ignore tout simplement la signification du mot « silence ».

Payton et Garnett, connus pour ne pas jamais fermer la bouche, se sont maintes fois exprimés sur le sujet. Ils expliquent que cette attitude hostile est dictée par un tempérament de compétiteur ultime, une haine viscérale de la défaite, le besoin d’affirmer sa personnalité et de prendre un ascendant psychologique sur l’adversaire. Ce ne sont pas pour autant des ordures dans la vie.

« Quand le match commence, je peux traiter Stephon Marbury de tous les noms. « Je ne peux pas me taire. Mon jeu se nourrit aussi de ça. Je peux essayer de changer beaucoup de choses mais pas le trash-talking. C’est ce qui maintient le feu allumé en moi. C’est ce qui me donne de l’énergie. Comme le dit mon père, c’est mon jeu. C’est moi. Je peux le contrôler mais je ne dois pas le perdre », expliquait de son côté Gary Payton.

« Mon père me disait toujours : « Parle à ton adversaire. Essaie de le sortir du match. » Si vous martelez à un adversaire que vous pouvez le battre, il va peut-être se mettre à le croire. Tout ceci n’est qu’une question de force mentale et j’en ai. Certains joueurs deviennent dingues et en font une affaire personnelle. C’est comme cela que vous les tenez.

Payton a horreur de perdre. Que ce soit au basket, au billard, aux fléchettes, aux cartes, aux dominos ou aux jeux vidéo… Fierté mal placée ? Sans doute. Toujours est-il que la défaite a le don de le mettre hors de lui. Il a besoin de mettre l’adversaire plus bas que terre avant même que la partie ne commence.

« Je ne vais jamais trop loin », assurait-il. « Je ne connais pas les joueurs que j’agresse verbalement. J’essaie juste de sortir mon adversaire du match psychologiquement, de le déconcentrer, d’attirer son attention sur moi. Parfois, on m’accuse de faire du trash-talking alors que ce n’est pas le cas. Les arbitres et les spectateurs s’imaginent tout de suite que je suis en train de pourrir mon vis-à-vis. Or, je peux très bien être en train de lui demander comment se porte sa famille… J’ai acquis cette dureté en apprenant à jouer au basket à Oakland. Là-bas, j’ai compris qu’on pouvait être amis avant et après le match. Mais quand la rencontre démarre, seul le business compte. Fini de rigoler.

Il y a ceux qui désapprouveront le langage digne d’un charretier mais qui salueront le degré d’exigence et l’investissement sans limites du sportif qui arrive sur le terrain avec le couteau entre les dents, prêt à y laisser ses tripes. Et il y a ceux qui seront consternés par un comportement de racaille dans une activité - le sport - censée contribuer à l’équilibre, l’épanouissement, la bonne santé physique et mentale de l’individu. Visée toujours un peu utopique à ce niveau de compétition où l’ego occupe une place au moins aussi importante que le résultat. Surtout quand on brasse des millions de dollars. La NBA ? Bouffer ou se faire bouffer. Ce que Shaquille O’Neal résumait par une formule hilarante : « Dans cette Ligue, tout le monde cherche à écraser l’adversaire. Quelqu’un a réussi à te postérizer ? Tu te tournes vers lui : « Putain, tu m’as planté un dunk sur la tête ???

Avec le temps, les saillies verbales de Gary deviendront un tantinet moins outrancières. Un tantinet seulement… « Je pense avoir grandi et mûri. Bon, je continuerai toujours à l’ouvrir et à la ramener mais je sais mieux me contrôler aujourd’hui, quand baisser le ton.

Toujours dans le collimateur des arbitres, et le meneur historique des Sonics a récolté le 5e plus gros total de fautes techniques derrière le regretté Jerry Sloan (413), Rasheed Wallace (373), Karl Malone (332) et Charles Barkley (329). Preuve que le personnage n’était pas foncièrement mauvais et que sa vulgarité ne se voulait pas nécessairement blessante, Gary se montra capable d’autodérision. Car le bonhomme ne manquait pas d’humour.

Plusieurs émissions de télé parodièrent le personnage du chambreur dans lequel il se complut au fil du temps. En 2001 par exemple, on le voyait tenir un speech de motivation à l’intention de la sélection Ouest lors du All-Star Game de Washington. Six ans plus tard, en réaction aux critiques de Charles Barkley sur la qualité de vie à Oakland, il prit une caméra et s’en alla effectuer un micro-trottoir dans les rues de sa vie natale pour s’enquérir de l’opinion des gens sur « Chuck ».

Tchatcheur-né, Gary fut un bon client pour les médias américains.

Tableau récapitulatif de la carrière de Gary Payton

Saison Équipe Points par match Passes décisives par match Titres
1995-1996 Seattle SuperSonics 19.3 7.5 DPOY
2005-2006 Miami Heat 7.7 3.2 Champion NBA

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