Le Retour de Tess Lieder Renforce les Ambitions de l'Équipe Nationale de Handball des Pays-Bas

La gardienne star Tess Lieder (ex-Wester) est de retour dans le groupe des Pays-Bas pour le Championnat du monde en Norvège, Suède et au Danemark, où les Orange pourraient croiser la France en quarts. Son retour est un atout majeur pour l'équipe néerlandaise, qui vise le podium après avoir terminé à la 6e place de l'Euro sans elle.

Tess Lieder-Wester lors de l'Euro 2020

Un Retour Attendu Après un Congé Maternité

Tess Wester est de retour. La gardienne star des Pays-Bas (30 ans) porte désormais le nom de son mari, le footballeur Mart Lieder, dont elle a eu une petite fille en novembre 2022. Mais c'est bien elle qui figure dans la liste des 17 Orange pour le Championnat du monde en Norvège, en Suède et au Danemark (29 novembre-17 décembre). Durant son congé maternité, les Néerlandaises avaient fini à la 6e place de l'Euro, il y a un an.

Avec le retour de la joueuse de Dortmund (Allemagne), elles peuvent viser le podium au Mondial, quatre ans après leur incroyable triomphe au Japon sous la direction du Français Emmanuel Mayonnade. Le Suédois Per Johansson, qui a repris la sélection l'an passé, dispose d'un groupe expérimenté, avec de nombreuses joueuses rompues à la Ligue des champions, autour des stars Estavana Polman (Rapid Bucarest, Roumanie), MVP du Mondial 2019, et Lois Abbingh (Vipers Kristiansand, Norvège).

Trois représentantes du Championnat de France ont été retenues : l'arrière droite Laura van der Heijden (Chambray), la pivot Merel Freriks (Brest) et l'ailière droite Kelly Vollebregt (Nantes). Les Pays-Bas joueront dans le groupe H du tour préliminaire, à Frederikshavn (Danemark), contre la République tchèque, l'Argentine et le Congo. Ils figurent, avec le Brésil et l'Espagne, parmi les adversaires potentiels de l'équipe de France en quarts de finale.

Une Rivalité Historique Avec l'Équipe de France

L'orange est au menu des Bleues, opposées à leurs grandes rivales néerlandaises. Un choc entre championnes olympiques 2021 et championnes du monde 2019, entre deux des dernières équipes invaincues de cet Euro. En cas de nouvelle victoire après celles, éclatantes, contre la Macédoine du Nord (24-14) et la Roumanie (35-21), la France aurait déjà un pied dans le dernier carré.

Le rendez-vous est coché sur l'agenda quel que soit l'enjeu. Depuis une grosse décennie, les Pays-Bas sont l'adversaire que les Françaises aiment détester, dès les compétitions de jeunes. Et réciproquement. « On s'entend peut-être un peu mieux en dehors du terrain alors qu'avant on ne se parlait quasiment pas, précise Béatrice Edwige. Mais la rivalité sur le terrain du handball est toujours aussi importante. »

🔴 [LIVE] LE MEILLEUR ET LE PIRE DE SANS FILET / MEA CULPA AWARDS (Tennis)

« On a pris une grosse claque aux JO, c'est difficile de tourner la page d'un match pareil » Debbie Bont, ailière droite des Pays-Bas Il y a eu des revers douloureux comme en quarts de finale du Mondial 2015 (25-28), puis plusieurs victoires de haute lutte, jusqu'au quart triomphal des JO de Tokyo (32-22). Un duel qui était pimenté par la présence à la tête des Oranges, à l'époque, de l'entraîneur de Metz, Emmanuel Mayonnade.

« C'est toujours spécial d'affronter la France, souriait lundi Debbie Bont, l'ailière droite batave de Metz, une lueur de défi dans les yeux. On a pris une grosse claque aux JO, c'est difficile de tourner la page d'un match pareil. Ça fait mal, mais ça donne aussi sacrément envie de faire un bon match contre elles. » Une fois de plus, il manque de grands noms chez les Néerlandaises, la patronne Lois Abbingh - maman depuis fin septembre - et la gardienne Tess Wester (enceinte) mais, comme chez les Bleues, le collectif ne semble pas s'en ressentir.

À chaque récupération de balle, les joueuses du nouveau coach suédois Per Johansson déroulent un jeu ultrarapide dans le sillage d'Inger Smits et de Kelly Dulfer. De retour après une maternité, de graves blessures et une rupture douloureuse avec son club danois d'Odense, l'arrière gauche star Estavana Polman, MVP du Mondial 2019, monte doucement en puissance.

« La priorité sera de ralentir leur jeu », annonce Olivier Krumbholz, qui n'effectuera peut-être pas de nouveaux changements après les entrées convaincantes de Pauline Coatanéa et d'Orlane Kanor face aux Roumaines.

Un Titre Mondial Historique en 2019

L’équipe féminine des Pays-Bas s’est imposée en finale du championnat du monde, face à l’Espagne, 30-29. Il s’agit du premier titre mondial pour les Oranje, entraînées par le Français Emmanuel Mayonnade, par ailleurs entraîneur du club de Metz. La rencontre s’est jouée dans les ultimes instants, alors que les deux équipes étaient à égalité.

Les Espagnoles ont été pénalisées d’un carton rouge et d’un jet aux 7 mètres pour une faute de la pivot Ainhoa Hernandez sur la gardienne Tess Wester. Les Néerlandaises ont transformé ce penalty. Ce sont les Espagnoles qui avaient pourtant pris le match en mains. Dominées d’entrée de jeu en première période, les Néerlandaises accusaient déjà quatre buts de retard à la 7e minute, avant de revenir au score et de boucler la première mi-temps avec trois points d’avance (16-13).

Mais après avoir compté jusqu’à cinq longueurs d’avance en deuxième période (22-17 vers la 40e minute), l’équipe des Pays-Bas a vu les Espagnoles revenir dans le match et remonter au score (25-24 à la 51e minute). Les deux équipes se sont alors maintenues à un point d’écart, l’Espagne égalisant à 59e minute (29-29).

Même si elles avaient pris la troisième place du Mondial en 2017 et du championnat d’Europe en 2018, les Néerlandaises ne faisaient pas partie des équipes spontanément citées comme favorites de ce Mondial. En demi-finale, l’équipe des Pays-Bas avait néanmoins marqué les esprits en dominant la Russie (33-32, championne olympique en titre et qui était invaincue jusqu’alors depuis le début du tournoi.

Les Pays-Bas peuvent d’ores et déjà rêver d’un podium olympique à l’été 2020 puisque ce titre mondial leur offre un billet direct pour Tokyo. En 2016, à Rio, les Néerlandaises avaient échoué en demi-finale contre la France et fini quatrièmes.

L'Héritage de Tess Lieder

Née le 19 mai 1993 à Heerhugowaard, aux Pays-Bas, Tess Lieder (née Wester) a débuté sa carrière internationale en 2012. Elle a rapidement su s'imposer comme une pièce maîtresse de l'équipe nationale néerlandaise, accumulant 144 sélections et 12 buts.

Son palmarès est impressionnant :

  • Championne du monde en 2019
  • Vice-championne du monde en 2015
  • Médaille de bronze en 2017
  • Vice-championne d'Europe en 2016
  • Médaille de bronze en 2018

Au niveau des clubs, Tess Lieder a évolué dans plusieurs championnats européens de premier plan. Après des débuts aux Pays-Bas avec VOC Amsterdam et E&O Emmen, elle a rejoint l'Allemagne, jouant pour VfL Oldenburg et SG BBM Bietigheim, avec lequel elle a remporté le championnat en 2017. Elle a ensuite poursuivi sa carrière au Danemark avec Odense Håndbold, remportant le championnat danois en 2021, puis en Roumanie avec le CSM București.

Son retour sur les terrains après sa maternité avait déjà été salué comme un exploit, témoignant de sa détermination et de son amour pour le handball. Tess Lieder laisse derrière elle un héritage considérable. Son style de jeu, alliant agilité, anticipation et leadership, a inspiré de nombreuses jeunes gardiennes. Son engagement sur et en dehors du terrain a contribué à l'essor du handball féminin aux Pays-Bas et en Europe.

Palmarès de Tess Lieder
Compétition Résultat Année
Championnat du Monde Championne 2019
Championnat du Monde Vice-championne 2015
Championnat du Monde Médaille de bronze 2017
Championnat d'Europe Vice-championne 2016
Championnat d'Europe Médaille de bronze 2018

tags: #gardienne #pays #bas #handball