Que connaît-on de la kung-fu comedy sous nos latitudes ? Jusqu’à aujourd’hui, pas grand-chose, si ce n’est l’importation de Jackie Chan, sa star incontestée, pasteurisée depuis par les blockbusters à l’américaine.
Dans Shaolin Soccer, Stephen Chow mêle football et kung-fu, effets spéciaux numériques et comédie hongkongaise. Chow réussit un festival de travellings acrobatiques et de plans-petits ponts dans un mouchoir. C'est un film pour les fans de Jim Carrey et de Ronaldo.

Synopsis : L'histoire d'une équipe pas comme les autres
Fung "Pieds droit d'or" (Man Tat Ng) est le champion de football incontesté, mais il se laisse acheter par un de ses coéquipiers Hung (Patrick Tse Yin) et truque volontairement un match. La foule en colère lui brise la jambe et par la même occasion sa carrière. Vingt ans plus tard, Fung est devenu le souffre douleur de Hung.
C'est par hasard qu'il fait la connaissance de Sing "Jambe d'acier" (Stephen Chow), un maître Shaolin dont la mission est de promouvoir le kung fu à travers le monde. Après sa dernière tentative infructueuse d'associer le kung fu avec le chant et la danse, Sing et Fung se retrouvent alors que celui-ci se tire d'un mauvais pas grâce à un ballon de football.
"Pieds droit d'or" propose alors à "Jambe d'acier" d'utiliser son kung fu pour jouer au football. Il ne reste donc plus qu'à Sing de convaincre ses cinq autres "frères" de kung fu de le rejoindre pour former son équipe. Après bien du mal, ils se décident enfin et l'entraînement commence pour l'équipe Shaolin Soccer.
Un succès planétaire né d'Internet
C'est par ces quatre mots que débuta la fabuleuse histoire de Shaolin Soccer, du moins, la deuxième vie du film car lors de sa première il rapporta près de 8 millions de dollars US à Honk Kong, la plus grosse recette à ce jour pour un film local ! Stephen Chow est un inconnu en occident mais c'est une véritable star à Honk Kong.
Dans ce cas, comment ce film a-t-il pu connaître ce succès dans nos lointaines contrées ? C'est bien simple Internet est la clef du mystère, c'est par un simple attachement à un message que tout à commencé ceci pour bon nombre d'informaticiens. Qui n'a pas reçu dans sa boîte aux lettres ce petit morceau de film où une femme gare sa voiture de façon bien spéciale ? Puis la rumeur enfla jusqu'à ce que des copies pirates du film circulent sur Internet et d'un simple succès Chinois il devient un succès planétaire.
C'est alors que le business du cinéma daigna une fois de plus se tourner vers Honk Kong. Miramax, après avoir récupérer les droits de diffusion pour les Etats Unis et l’international sous l’impulsion de Quentin Tarantino met au point une version "coupée" du film pour satisfaire aux exigences de l'industrie du cinéma et par la même occasion change le titre pour "Kung Fu Soccer".
La volonté de Miramax a été simplement de réduire à 90 minutes la durée du film afin d'assurer une bonne exploitation en salle aux Etats Unis et en Europe. Shaolin Soccer est sorti le 21 août 2002 en France dans sa version "américanisée" et a enregistré plus de 700 000 entrées !
Des coupes oui mais pas des champions
En ce qui concerne les passages passés à la moulinette, seul, la suppression du passage au début de la version longue où Fung humilie Hung et se laisse corrompre est préjudiciable à la bonne compréhension du film. Les autres coupes se font plus discrètes et ne porte plus atteinte à son intégrité.
L'absence de la scène de la chanson du jeune gringalet prive les spectateurs d'un passage humoristique. De même, lorsque Mui se bat avec sa patronne ou là encore ils sont privés d'une scène de combat. Ces coupes entraînent des divergences dans les dialogues entre la version internationale et la version non coupée.
Un autre exemple dans la version internationale le gardien de l'équipe de Shaolin (Troisième frères) dit : "Pardon Johnny est ce que tu peux faire le message à ta femme ..." alors que dans la version non coupée il dit : "...Jane ... C'est Gary ... Je t'aime ....".
Stephen Chow : De Bruce Lee à Shaolin Soccer
Du moins sa lumière nous parvient tout juste. A l'instar des astres célestes la renommée de Stephen Chow nous parvient bien après sa réelle percée dans le 7ème art. C'est grâce à Bruce Lee (aka Lee Jun Fan 1940-1974) que Stephen Chow à découvert les arts martiaux, certaines postures de l'acteur rappellerons à n'en pas douter aux fans celles de Bruce Lee (exemple version longue à 26 minutes et 27 secondes).
Après des débuts de carrières plutôt difficile dans les années 80 où il anima une émission pour enfant, il tourna également avec Jet Li dans Just Heroes (1989) de John Woo. C'est au début des années 90 après "The Winner" (1990) une parodie de film de Chow Yun Fat (figure emblématique des films de John Woo) qu'il se dévoua pour un style bien particulier de comédie, la comédie "Mo Lei Tau" (basée sur le non-sens) tel que le roi singe (1995).
Depuis 1994, Stephen Chow est passé également de l'autre côté de la caméra, toujours sur le même style et en parodiant les plus grands classiques avec "From Beijing with love" (Guo chan Ling Ling Qi 1994) ou encore "God of Cookery" (Shi Shen 1996) sans oublier bien sûr Shaolin Soccer (Siu lam juk kau 2001).

L'humour décalé à la chinoise
Nombre de personnes sont connaisseurs et amateurs du non sens à l'Anglaise cher au Monty Pythons, celles-ci ne seront pas déçues par le non-sens Cantonais. Cependant, il reste regrettable que la version internationale ait fait l'impasse sur de nombreux passages loufoques tels que "la montée d'inspiration" du jeune gringalet (cf. version longue à 17 minutes et 22 secondes) ou encore la rencontre amicale ou Sing se croît sur un champ de bataille (cf. version longue 49 minutes et 45 secondes) avec casque, mitraillette et talkies-walkies.
Le ZAZ Cantonais
ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams, David Zucker) sont les pionniers des films parodiques et Stephen Chow grâce à ce film gagne ici ses premières lettres de noblesses dans cet art. Tous les genres sont ici détournés du film de kung fu traditionnel à la SF comme Matrix (scène du tir en bullet time à 20 minutes et 54 secondes) en passant par Jurassic Park (avec la scène du gobelet sur la table à 35 minutes et 29 secondes).
Toutefois cela reste sans conteste le dessin animé "Olive et Tom" (Capitain Tsubasa) qui est le plus parodié. Comme l'indique Stephen Chow dans la section bonus, l'idée du film est venue du succès international du manga ainsi que de la popularité du football. C'est également dans le côté irréaliste des matchs de football du dessin animé que Stephen Chow a puisé son inspiration pour orchestrer les matchs du film. C'est pourquoi des résultats de match tel que 40-0 ou bien une victoire déclarée par forfait suite à une équipe adverse décimée, sont possibles.
Les effets spéciaux au service de l'histoire
Une utilisation à outrance des effets spéciaux dans les productions actuelles se font parfois au détriment de l'intérêt du film. L'utilisation des effets spéciaux permet de renforcer le côté plus spectaculaire des performances acrobatiques du Kung Fu Shaolin. La moitié du budget du film a été affectée pour la réalisation des effets spéciaux. Beaucoup d'images de synthèses ont été utilisés (la partie bonus comporte un making of des effets spéciaux) et la quasi-totalité de celles-ci sont visibles lors des matchs de football. Shaolin Soccer ne serait pas un "Honk Kong movie" sans l'utilisation du wire-fu.
Comme pour renvoyer la balle à l’émigration massive des cerveaux hong-kongais à Hollywood, Chow s’empare à son tour d’un savoir-faire purement occidental, cette maîtrise des effets spéciaux numériques jusque-là très déficiente dans les productions de l’ex-colonie britannique.
Contant les tribulations d’une équipe de foot ayant recours aux vertus du kung-fu pour partir à la conquête d’un championnat, Shaolin Soccer a beau être un ébouriffant délire visuel, ce divertissement reste d’une déconcertante humilité lorsqu’il remet en perspective deux mondes, deux traditions. Celle d’un cinéma à l’ancienne, cette kung-fu comedy basée sur le nonsense et les vannes pipi-caca, et celle d’un cinéma plus kinétique, repoussant les limites formelles de l’image.
Plus qu’un mélange des genres, un melting-pot culturel où les différents ingrédients ne sont pas mis en concurrence mais en parfaite alliance. Ici, l’héritage des Trois Stooges comme la virtuosité des effets de Matrix sont utilisés comme atouts pour exprimer la conscience de l’incarnation physique que le cinéma populaire made in Hong-Kong a toujours véhiculée.
Même dans les prouesses les plus improbables, les épreuves les plus délirantes, cette alchimie inédite renforce les sentiments éprouvés envers cette équipe de bras cassés. On souffre pour eux lorsqu’ils prennent des beignes cataclysmiques dignes des Looney Tunes, sans jamais remettre en question l’armada d’artifices qui les entoure. Question de foi. C’est d’ailleurs ce qui différencie Shaolin Soccer d’un film de Zidi avec Les Charlots, genre Les Fous du stade : le premier est un rare exemple de film burlesque, dans le sens le plus profond du terme, liant bouffonnerie et tendresse, mais dans une poésie réinventée par la technologie.
Le tout sans jamais démordre d’un sous-texte désuet mais terriblement charmeur, culminant lors d’un final qui croit dur comme fer à une utopie altruiste, non seulement pour Hong-Kong, mais pour le cinéma dans sa globalité.
Réception et héritage
Shaolin Soccer est un excellent divertissement bien régressif qu’il faut consommer accompagné d’une bière fraîche et d’une bonne pizza. Si certains fans des vidéo-clubs se souviennent de son versant Shaolin Basket, Shaolin Soccer reste unique en son genre.
Ce film très novateur, savoureux mélange des genres (arts martiaux, comédie, action, romantique ...) et bourré de clins d’œil saura séduire les petits comme les grands. Si vous n'avez pas encore eu la chance de voir ce film précipitez vous, vous ne le regretterez pas. Pour les sceptiques une petite suggestion commencez par la version courte et vous ne pourrez vous empêchez de regarder la version longue.
Dans un de ses premiers films, Jim Carrey (qui est l’équivalent américain de Chow) mime un époustouflant combat de kung-fu à l’envers.
Lors d'un match de jeunes entre les universités de ThunderRidge et de Columbine, Dylan Prichett-Ettner a stupéfié le public avec un geste technique haut de gamme. À la réception d'une passe "au petit bonheur la chance" balancée par l'un de ses défenseurs, le numéro 7 a effectué un saut périlleux avant par-dessus le gardien avec réception demi tour avant de pousser le ballon dans les filets. Une pirouette géniale digne d'un champion olympique de gymnastique ou du film Shaolin Soccer. Malheureusement, l'attaquant s'est un peu fait mal sur l'action et, surtout, son but a été refusé pour hors-jeu. Rageant.
Ecran Large a sorti ses plus belles écharpes pour parler football dans ses colonnes. Bien que ce sport mondialement populaire ne soit pas réputé pour sa présence dans les salles de cinéma, l’art du ballon rond de Michel Platini et Diego Maradona a eu le droit à quelques chefs-d’œuvre qui ont su dévoiler des facettes diverses de ce magnifique sport collectif.
C’est pourquoi un petit tour d’horizon du football au cinéma est plus qu’approprié.
Voilà donc une liste de cinq films à voir absolument (et un en bonus parce qu’on est généreux). Bien évidemment, un peu comme Didier Deschamps (le sélectionneur de l’équipe de France), il a fallu faire des choix cornéliens.
Les meilleurs gardiens de Shaolin Soccer 🌀 4K
Autres films sur le football à découvrir
- Coup de tête
- À mort l’arbitre
- À nous la victoire
- Looking for Eric
- Zidane, un portrait du XXIe siècle
Qualité du DVD
Présenté sur 2 DVD 9 et rempli de bonus, cette édition collector n'atteint pas le niveau d'un Top de la rédaction mais s'en approche. Seul quelques lacunes dans la section des bonus (tel que l’absence de commentaire sur le making of des effets spéciaux ainsi que la pauvreté du contenu DVD ROM) est dommageable à la notation.
Avant toute chose il faut savoir qu'il n'y a aucune différence au niveau de l'image mise à part l'ajout de scènes supplémentaires sur la version longue. Présenté sur un format 16/9 1.85 l'image de ce DVD est très bonne et ne souffre d'aucun problème de compression. Les couleurs sont très belles mais certain blanc comme sur le premier match (cf version longue à 47 minutes et 23 secondes) sont légèrement brûlés.
La piste Dolby digital Française possède une dynamique d'un très bon niveau, la spatialisation est très réaliste par exemple lorsque Sing dans le karaoké reçoit une bouteille sur la tête (cf version longue à 23 minutes et 6 secondes), les effets surrounds très bien utilisés permettent d'être plongé à l'intérieur de l'action. Bizarrement, le début du film (logo de la terre, d'un crâne Shaolin et d'un ballon de foot) n'est pas sonorisé contrairement à la piste DTS mais ceci ne pénalisant pas le film, ce défaut reste insignifiant.
La piste DTS est supérieure à la piste Dolby Digital ainsi, chacune des caractéristiques (Dynamique, Spatialisation et Effet Surround) sont nettement plus riches. Le caisson de basse n'est pas en manque notamment sur la scène d'entraînement ou Sing envoie la balle contre un mur faisant ainsi bouger un gobelet sur une table (cf version longue à 45 minutes et 2 secondes). Le même diagnostic peut être appliqué aux pistes Cantonaises Dolby Digital et DTS qui sont également de très bonnes qualités.
Quand on regarde les pistes audio disponibles on peut se demander quelle bande son choisir ? Pour les possesseurs de l'équipement adéquat, il ne saurait être que de bon alois que de choisir une piste DTS bien plus riche que leur équivalent en Dolby Digital. Pour ce qui est du choix de la langue la première visualisation peut se faire en Français mais la piste Cantonaise reste un cran au dessus d'une part pour la qualité de celle-ci mais également pour le respect du jeu des acteurs, cette piste permet de se plonger encore un peu plus dans le film.
Bonus du DVD
- Une interview de Stephen Chow (29 minutes)
- Un Making of du film (20 minutes)
- La filmographie de Stephen Chow (2 minutes)
- La filmographie de Ching Siu-Tung (2 minutes)
- Un Making of des effets spéciaux (7 minutes et 46 secondes)
- Un bêtisier (2 minutes et 32 secondes)
- Un lien internet
Pour conclure sur la section bonus, nous avons le droit ici à un festival d'excellents contenus.
Voici un tableau récapitulatif des bonus du DVD :
| Bonus | Durée | Description |
|---|---|---|
| Interview de Stephen Chow | 29 minutes | Documentaire sur la source d'inspiration, le parcours du réalisateur et sa personnalité. |
| Making of du film | 20 minutes | Informations sur le tournage et commentaires des acteurs. |
| Making of des effets spéciaux | 7 minutes 46 secondes | Présentation des séquences finales et des scènes sans trucage. |
| Bêtisier | 2 minutes 32 secondes | Bêtisier présenté à la fin du film. |
| Filmographie de Stephen Chow | 2 minutes | Biographie du réalisateur et résumé de ses choix artistiques. |
| Filmographie de Ching Siu-Tung | 2 minutes | Parcours du chorégraphe de Shaolin Soccer. |