Histoire du Volley-Ball en France : Des Origines aux Triomphes Modernes

Le volley-ball, un sport né aux États-Unis en 1895, a connu une évolution remarquable pour devenir le sport que nous connaissons aujourd'hui. Son fondateur, William Morgan, professeur d'éducation physique, cherchait une activité complémentaire au football américain. Après les Américains, ce sont les Canadiens qui s'y sont mis et ont adopté ce sport. Enfin, on a pu parler de “volley-ball”, instauré par Alfred Halstead (pour briller encore plus), c’est à cette période que les règles du jeu évoluent. La fameuse règle des “3 touches” fait son apparition dans les années 1920 et surtout, la fameuse manchette apparaît dans la foulée. Autant d’éléments fondateurs de ce sport.

En ce qui concerne les fédérations, une première Fédération, l’USVBA (United States Volley-Ball Association) naît aux Etats-Unis en 1928 (connue aujourd’hui comme l’USA Volley-Ball). Quant à notre fameuse FIVB (fédération internationale de Volley-ball) , fondée à Paris, cette dernière a vu le jour en 1947 ! Bref, le volley-ball était officiellement lancé. Et puis s’en est suivi l’émergence de nombreuses fédérations nationales, Italie, Brésil, France etc. Et surtout le premier championnat du Monde de volley-ball hébergé par nos voisins de l’est à Prague. Tout ça pour souligner que le volley-ball aura toujours été un sport simple et pratique à jouer !

En France, l'histoire du volley-ball est jalonnée d'étapes clés qui ont façonné son développement et son succès actuel. Voici un aperçu de cette évolution :

Les Débuts du Volley-Ball en France

Le 2 février 1936, en plein Front Populaire, un marchand de couleurs et un secrétaire, issus du tennis de table, se rendent à la préfecture de police. Ils s'appellent Félix Castellant et Edouard Dechambre : cachets, signatures, la FFVB est créée.

Anecdote : Le premier règlement officiel ne dépasse pas un tiers d'une page : " Le terrain doit mesurer de 15 à 22 mètres en longueur et de 9 à 11 mètres en largeur. Le filet a une hauteur de 2m40 (2m43 aujourd'hui). Le nombre de joueurs et de passes est illimité. Le service s'effectue à droite ou à gauche derrière la ligne de fond (règle réhabilitée en 1994 !, puis finalement supprimée). Il existe sept fautes (la ligne médiane et la zone d'attaque n'existent pas encore) : le joueur ne peut se servir d'un objet quelconque ou se faire aider par un autre pour lâcher le ballon ; il ne peut frapper le ballon deux fois de suite ; il ne peut attaquer le ballon ; il ne peut dépasser le ballon avec la main (règle obscure ?!); il ne peut servir hors son tour, ni toucher le filet, ni gêner l'adversaire en pénétrant sur son terrain."

Consciente de la brièveté de son règlement, la jeune FFVB rajoutera, un an plus tard : " Un joueur ne peut parler aux officiels, retarder le jeu, discuter, adresser des propos désobligeants aux adversaires, faire rentrer en jeu un joueur disqualifié ( la notion d'entraîneur était encore inconnue : les joueurs se manageaient eux-mêmes)."

1938, le SS Amicale Paris (messieurs) devient le premier club champion de France et en 1941, c'est la Villa Primerose Bordeaux, chez les dames, qui devient le premier club champion de France.

Fédération internationale : La guerre avait arrêté une première tentative de création entre Français et Polonais.

Certains diront raffinement, d’autres améliorations, mais il faut l’avouer, depuis 1895, le volley-ball a fait son petit bout de chemin pour devenir le sport comme on le connaît aujourd’hui.

L'Équipe de France : Une Ascension Vers les Sommets

Le palmarès de l’équipe de France de volley est resté vierge pendant 69 ans. Entre son premier match en 1946 et son premier titre en 2015, les Bleus n’avaient fait que des places d’honneur. Médaillés certes mais jamais titré. Mais depuis leur premier sacre, lors de la Ligue des nations 2015, c’est devenu une machine à tout gagner.

Désormais dirigée par l’Italien Andrea Gianni, la bande à Earvin Ngapeth semble inarrêtable, alors que se profilent désormais les championnats du monde en Slovénie et Pologne, du 26 août au 11 septembre. La réussite des Bleus s’explique en particulier par le « simple » fait que les Bleus possèdent actuellement une génération incroyable.

Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov, Benjamin Toniutti et consorts ont très vite marqué les esprits, dès leurs premiers pas en Bleus au début des années 2010. « Ils ont une génération de dingue. Quand on les voyait jouer, on savait qu’ils seraient très forts, très vite. Je savais qu’ils pourraient nous amener des premiers titres, se souvient Pierre Pujol, ancien passeur de l’équipe de France jusqu’en 2014.

« C’est une génération assez particulière qui est en train de marquer l’histoire du volley et même du sport français. Leur plus grande qualité est de ne jamais douter. Ça vient d’un état d’esprit qu’ils avaient déjà en jeunes (champions d’Europe cadets en 2007 et 2009 et juniors en 2008), lors de leurs premiers titres. Et il y a eu une confiance collective qui s’est installée », appuie de son côté l’ancien sélectionneur Laurent Tillie, à la tête des Bleus entre 2012 et 2021.

Aussi spectaculaires qu’efficaces, ils inventent des choses sur les parquets. Mais dans un sport collectif, une somme d’individualité ne fait pas une équipe. Il faut du liant pour amener tout le monde à se mettre au diapason.

« Le plus important, c’était de créer un groupe. Il nous a fallu quelques années mais tout le monde est entré dans le moule », appuie Tillie. Et l’avantage qu’ont les sélectionneurs français, c’est que les hommes qui composent cette sélection sont aussi amis en dehors des terrains. Ce qui peut aussi avoir ses inconvénients, comme le disait le nouveau sélectionneur Andrea Gianni, au cours de cette Ligue des nations.

« Ce sont vraiment des gars bien, humbles. Ils ont leurs codes, leurs envies. C’est ce qui en fait l’une des meilleures équipes de tous les temps », pense Pujol. Et les sélectionneurs ont compris qu’il fallait leur laisser un espace de liberté pour qu’ils puissent s’exprimer pleinement.

Cette rage de vaincre et cet état d’esprit ont infusé dans le groupe. Il s’est propagé aux jeunes joueurs qui les ont rejoints en cours de route. À l’image de Jean Patry, Trévor Clévenot ou Barthélémy Cheninyeze, auteurs d’une finale époustouflante.

« Il y a aujourd’hui un plus large éventail de joueurs et une certaine émulation, précise le sélectionneur champion olympique. Comme les joueurs ne sont pas timides dans ce qu’ils font et dans l’image qu’ils renvoient, ils donnent envie aux jeunes volleyeurs de les imiter. Ça permet à ces jeunes de progresser plus vite. Et derrière, il y a un partage dans tout ce qui se fait.

À l’image des jeunes générations actuelles qui semblent encore constituer un vivier prometteur. Les jeunes bleuets sont devenus cet été vice-champions d’Europe chez les U18 et les U22. Mais chez les grands, corollaire des premiers points, la confiance insufflée par la dynamique de victoires et un mental à toute épreuve créé une dynamique dans laquelle se sont pris les nouveaux arrivants.

Dernier rouage de cette machine à gagner, les Bleus s’exportent facilement désormais. Dans ce groupe de 14 joueurs, vainqueur de la Ligue des Nations, ils ne sont que quatre à ne pas avoir connu d’expérience à l’étranger. Et parmi ces quatre, aucun n’est titulaire.

Cette expatriation a permis aux Bleus de découvrir d’autres cultures, dans des clubs rompus à la Ligue des champions et évoluant dans les meilleurs championnats du monde. « Ma première consigne en équipe de France a été de leur dire de s’expatrier, se remémore Tillie. Ça les a obligés à sortir de leur zone de confort, à prendre des coups, à se confronter aux meilleurs joueurs et à se retrouver en difficultés. Ce n’est que dans ces cas-là qu’on progresse.

En plus de parfaire leur formation de joueurs, cela leur a aussi permis de changer de regard sur leurs adversaires, juge Pierre Pujol, qui a également joué dans plusieurs pays européens. « Quand on joue à l’étranger, on ne voit plus les Italiens ou les Brésiliens comme des monstres. On les voit tous les jours ou toutes les semaines sur le terrain. C’était indispensable.

PARIS 2024 - Le jour où les Français ont ROULÉ sur la Pologne pour remporter L'OR devant leur public

Les Championnats du Monde : Un Défi Constant

Double champions olympiques en titre, les Français ont tout gagné, mais il leur manque toujours un titre mondial à leur palmarès XXL. Jamais titrés au championnat du monde, les volleyeurs français sont toujours à la recherche du titre mondial manquant encore à leur collection de trophées.

Doubles champions olympiques en titre en 2021 et 2024, champions d'Europe en 2015, et quatre fois vainqueurs de la Ligue des nations (2015, 2017, 2022, 2024), les Bleus ont, pourtant, toujours peiné aux Mondiaux, dont l'édition 2025 débute vendredi 12 septembre. Alors, comment expliquer que cette compétition résiste encore aux Français ?

Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus, évoque d'emblée la densité du plateau international. "La concurrence est rude au niveau mondial. Les équipes sont très proches en termes de niveau et la marge est minime, commence le passeur emblématique des Bleus, qui a dépassé le cap des 400 sélections. Aux Jeux de Paris, on est passé près d'une élimination contre l'Allemagne en quarts de finale avant de finalement être champion olympique."

On a aussi bien performé sur la Ligue des Nations (VNL), glisse ce dernier. Elle amène quelque chose qui nous va bien, une décontraction et un détachement du résultat final, qui nous permet de bien nous exprimer parce qu'on arrive à jouer relâchés et à prendre du plaisir. Ce n'est pas le cas, c'est vrai, sur les championnats du monde, où l'enjeu est complètement différent, car celui-ci est supérieur.

Entraîneur des Bleus entre 2012 et 2021, Laurent Tillie souligne, lui, le format de la compétition : "Sur les éditions précédentes, les championnats du monde étaient une longue compétition, avec beaucoup de matchs en phase de poules. Pour l'édition 2025, la compétition évolue, avec seulement trois matchs de poules avant les phases finales. Un format qui ressemble d'ailleurs à celui des JO.

"La compétition va aller très vite. Il va falloir beaucoup de constance et un peu de chance", annonce Laurent Tillie, qui estime que leur qualité de jeu est "suffisante pour espérer un podium". Mais après une VNL manquée, les hommes d'Andrea Giani pourraient y puiser une force salvatrice pour le championnat du monde.

Aux Philipinnes, les Bleus voient grand et ne visent rien d'autre que l'or. "On veut un gros résultat, ambitionne Jean Patry, parce que cela va être la dernière compétition pour pas mal de gars de l'équipe. Cela va nous donner un petit truc en plus. Une page va se tourner et on a envie de terminer en beauté."

"On est tous en mission sur ce championnat du monde. On a à cœur d'aller chercher cette médaille qui nous manque. Comme il s'agit peut-être de la dernière compétition qu'ils joueront tous ensemble, et qu'ils ne l'ont jamais gagnée, cet objectif va les motiver, reconnaît Laurent Tillie. Ils ont l'expérience et la fraîcheur avec des jeunes joueurs.

Pour cela, les Bleus, qui retrouveront Earvin Ngapeth et Jean Patry, blessés respectivement au genou droit et malade cet été, devront déjà finir en tête de leur groupe, composé de la Corée du Sud, de la Finlande et de l'Argentine. "Leur poule est équilibrée et la France devrait s'en sortir tranquillement, avant les matchs couperets de la phase finale", prédit Laurent Tillie.

Palmarès et Compétitions

Pour consulter les résultats détaillés de chaque tournoi, cliquez sur l'année concernée.

Palmarès par Compétition

Jeux Olympiques

  • Hommes
    • 2024 - Paris (FRA) - Vainqueur : FRANCE
    • 2020 - Tokyo (JAP) - Vainqueur : FRANCE
    • 2016 - Rio de Janeiro (BRE) - Vainqueur : BRÉSIL
  • Femmes
    • 2024 - Paris (FRA) - Vainqueur : ITALIE
    • 2020 - Tokyo (JAP) - Vainqueur : ETATS-UNIS
    • 2016 - Rio de Janeiro (BRE) - Vainqueur : CHINE

Championnats du Monde

  • Hommes
    • 2025 - Pays organisateur : Philippines - Vainqueur : ITALIE
    • 2022 - Pays organisateurs : Pologne et Slovénie - Vainqueur : ITALIE
    • 2018 - Pays organisateur : Bulgarie et Italie - Vainqueur : POLOGNE
  • Femmes
    • 2025 - Pays organisateur : Thaïlande - Vainqueur : ITALIE
    • 2022 - Pays organisateurs : Pologne et Pays-Bas - Vainqueur : SERBIE
    • 2018 - Pays organisateur : Japon - Vainqueur : SERBIE

Championnats d'Europe

  • Hommes
    • 2023 - Pays organisateurs : Italie, Bulgarie, Macédoine du Nord et Israël - Vainqueur : POLOGNE
    • 2021 - Pays organisateurs : Pologne, Rép. tchèque, Estonie et Finlande - Vainqueur : ITALIE
    • 2019 - Pays organisateurs : France, Belgique, Pays-Bas et Slovénie - Vainqueur : SERBIE

Tableau Récapitulatif des Dernières Performances de l'Équipe de France

DateMatchRésultatCompétition
18 sept. 2025France - ArgentineFrance 2 - 3 ArgentineChampionnat du monde
16 sept. 2025France - FinlandeFrance 2 - 3 FinlandeChampionnat du monde
14 sept. 2025France - Corée du SudFrance 3 - 0 Corée du SudChampionnat du monde
10 sept. 2025France - BrésilFrance 4 - 0 BrésilMatch amical
9 sept. 2025France - BrésilFrance 4 - 1 BrésilMatch amical
20 août 2025France - SerbieFrance 3 - 1 SerbieMatch amical
31 juil. 2025France - SlovénieFrance 1 - 3 SlovénieLigue des nations
20 juil. 2025France - PologneFrance 2 - 3 PologneLigue des nations

Les volleyeurs français se sont systématiquement classés dans les dix premiers de l'Euro masculin depuis 1975, sauf en 1983, avec une modeste douzième place, et en 1995, année où ils n'étaient pas parvenus à se qualifier. On note deux points d'orgue. Le premier dans les années 80, avec la génération Fabiani, médaillée en 1985 et 1987. Le deuxième avec la bande à Antiga, vice-championne d'Europe 2003 après sa médaille de bronze mondiale l'année précédente. Espérons que l'ère Ngapeth, dans la foulée d'un Mondial 2014 prometteur et d'une victoire inattendue en Ligue mondiale, ouvrira un nouvel âge d'or...

Sur les 18 éditions des Championnats du monde et les 13 tournois olympiques masculins qui ont eu lieu jusque-là, l'Europe se taille la part du lion. Les équipes du Vieux Continent ont en effet décroché 65 médailles sur les 93 décernées, soit environ 70% des récompenses. Les sélections américaines (Argentine, Brésil, Cuba, Etats-Unis) et le Japon se partagent le reste des podiums. Lors des Jeux de Londres, sept équipes européennes figuraient sur les douze engagées et trois d'entre elles avaient atteint le dernier carré.

tags: #france #volley #ball