L'équipe de France de volley s'incline en demi-finale de l'Euro face à la Serbie

L’équipe de France de volley s’est inclinée, vendredi, en demi-finale de l’Euro, au terme d’un match âpre. Elle disputera la petite finale pour la 3e place, samedi, face à la Pologne. Les Serbes l’ont emporté au terme de deux heures quinze de combat acharné (23-25, 25-23, 25-21, 17-25, 15-7) et se hissent en finale de la compétition.

Après avoir écarté de leur route les références du volley continental que sont l’Italie et la Bulgarie, les Bleus se savaient attendus face à la Serbie. La marche s’est avérée trop haute, interrompant leur série de sept victoires devant - c’était le plan - les mener en finale dimanche.

« On a joué contre une équipe plus forte que celles du début, a reconnu le capitaine Benjamin Toniutti. Elle est très complète et nous a mis beaucoup de pression au service. Elle mérite d’aller en finale. »

Un match en cinq sets

Pourtant, tout n’avait pas si mal commencé. Et si les Serbes n’ont rien lâché, se rapprochant en fin de premier set pour finir sur les talons des Bleus (25-23), le duo Ngapeth-Boyer a repris son abattage du tour précédent. La seconde manche a vu la Serbie combiner en défense, et mettre en échec les Bleus, pour se détacher largement. Sous l’eau, manquant de variété et « ayant oublié leur plan de jeu », à en croire le sélectionneur, les Français ne trouvaient plus de solution.

Après avoir effectué une remontée haletante, portés par Ngapeth et Julien Lyneel, ils échouaient de justesse à inverser la tendance (23-25). Menés deux manches à une et dos au mur, les Bleus ont semblé retrouver, lors du quatrième set, l’allant de leurs débuts à l’Euro. Celui capable d’enflammer les plus de douze mille supporteurs venus les soutenir.

Tille «Des détails qui font la différence» - Volley - ChM

« On revient bien dans le quatrième avec une bonne énergie mais le début du tie-break nous fracasse », a mis en avant Julien Lyneel. Comme un symbole, c’est Stéphen Boyer, qui, avec son service, cloué l’Italie (neuf aces), qui a offert le match aux Serbes, en catapultant son ultime service dans le filet.

« Ça fait mal parce qu’on avait les armes, mais c’est le sport », a insisté Lyneel alors que les joueurs serbes se congratulaient derrière lui. Dimanche, la Serbie affrontera la Slovénie en finale de l’Euro (17 h 30).

La déception et la perspective de la petite finale

Les Bleus, eux, ont à peine dix-neuf heures pour digérer l’amertume, et se remettre d’aplomb. Car samedi, la Pologne, double championne du monde en titre et battue, jeudi, en demi-finale par la Slovénie, les attend pour une petite finale à hauts risques (18 heures).

« Honnêtement, ça va être difficile de digérer la déception, reconnaît Jenia Grebennikov. On voulait tellement cette finale à la maison. Ce France-Pologne, ce n’est pas pour la troisième place qu’on en rêvait. »

Avant la rencontre, Stéphen Boyer, lucide, énonçait l’évidence. « On est à Bercy, c’est vrai, mais on n’a encore rien gagné. Et le pire scénario, ce serait qu’on ait fait tout ce chemin, mais que derrière on s’enflamme, on perde face aux Serbes et on se retrouve à jouer une place de trois ou quatre. Si on la perd, on se retrouve à la place du con. On n’a rien gagné, malgré tout ce qu’on a fait avant. »

Face à des Polonais déterminés à effacer leur déception des demi-finales, et ayant bénéficié d’une journée de récupération supplémentaire, Laurent Tillie admettait, vendredi soir, « ne pas encore savoir comment s’y prendre ». Mais il entend remettre ses troupes en ordre de marche. Pour éviter que leur compétition, si bien entamée, ne s’achève en faisant « pschitt ».

Résultats du match

Équipe Set 1 Set 2 Set 3 Set 4 Set 5
France 25 23 21 25 7
Serbie 23 25 25 17 15

La Serbie était arrivée tout doucement dans le dernier carré de l'Euro 2019, sans avoir affronté un grand nom du volley européen, et en se qualifiant laborieusement, en cinq sets, face à la modeste Ukraine en quart de finale. Mais vendredi, l'équipe de Serbie est allée chercher sa place en finale, en dominant les Français, là aussi en cinq manches, après avoir écrasé son adversaire au tie-break (23-25, 25-23, 25-21, 17-25, 15-7). Dimanche, elle affrontera la Slovénie pour un nouveau titre de champion d'Europe (la Serbie avait déjà été sacrée en 2011). Les Bleus, eux, joueront dès samedi (18 heures) face à la redoutable Pologne, double championne du monde en titre, pour tenter de remporter la médaille de bronze et finir l'Euro sur une bonne note.

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