France-Pologne : Une Rivalité Historique au Sommet du Volley-Ball

Le duel entre la France et la Pologne est un classique du volley-ball mondial, une confrontation qui transcende les simples matchs pour devenir des moments de légende. C'est le match dont rêvent tous les joueurs de sports collectifs, une sorte de France-Brésil du 12 juillet 1998 mais en volley.

Une confrontation intense entre deux nations majeures du volley-ball.

Un Match de Rêve : La Finale Olympique de 2024

Benjamin Toniutti, capitaine de l'équipe de France, nous décrypte ce 10 août 2024 où, dans une Arena Paris Sud en fusion, les Bleus ont disloqué la Pologne (25-19, 25-20, 25-23) pour conserver leur titre de Tokyo. Un exploit que seules deux autres équipes avaient réalisé avant elle, l'URSS (1964 et 1968) et les États-Unis (1984 et 1988).

Un « mur de Paris infranchissable » Tout au long de la finale, l'équipe de France a soumis les champions d'Europe, emmenés par le phénoménal cubano-polonais Wilfredo Leon, à une qualité de block exceptionnelle qui lui a permis de prendre l'avantage dans le troisième set en passant de 2-3 à 7-5.

« On a deux ailiers Jean (Patry) et Antoine (Brizard) très forts au block, raconte Benjamin Toniutti, le capitaine des Bleus. Nico Le Goff est également un gros contreur, ainsi que Barthélémy (Chinenyeze). En face, ils avaient les meilleurs attaquants polonais au poste 4 (ailier à gauche au filet). On ­pouvait donc leur mettre la pression sur leur point fort et contenir ce poste 4. La dimension physique était très importante.

On savait qu'ils allaient faire des points mais l'idée était de constamment les freiner et qu'ils se mettent à douter. C'est ce qui est ­arrivé. Antoine a bloqué deux fois de suite Tomasz Fornal (réceptionneur-attaquant polonais), ce qui a fait sortir celui-ci du match... Or, Fornal est un joueur décisif pour son équipe. Les Bleus sont parvenus à faire déjouer les attaquants polonais.

L'équipe de France célébrant une victoire importante.

Des Atouts Majeurs : Ngapeth, Clévenot et Jouffroy

Autre atout majeur des Bleus, l'efficacité en réception et en défense d'Earvin Ngapeth, MVP du tournoi et meilleur joueur français de l'histoire. « L'un des points cruciaux du match a consisté dans notre faculté à mettre une pression énorme sur les Polonais au service tout étant hyper solides en réception, explique Benjamin Toniutti.

On a tenu des services à 125 km/h grâce, notamment, à Earvin, et ça les a obligés à forcer le leur et à commettre des fautes. Et puis il y a eu ce sauvetage incroyable d'Earvin (au troisième set, à 16-17, le réceptionneur-attaquant sauve de la main droite une frappe de Leon qui avait transpercé le block formé par Patry et Chinenyeze). Ils avaient tout fait comme il faut et, malgré ça, la balle revient ! Là, l'adversaire se dit : "Mais qu'est-ce que je dois faire pour marquer un point !" Psychologiquement, cette séquence a marqué les Polonais.

Élu MVP du tournoi olympique, Earvin Ngapeth a été l'un des grands artisans de la victoire des Bleus. 10-10, troisième set. Trévor Clévenot enchaîne une attaque, un contre sur Bartosz Kurek, l'attaquant principal des Polonais, puis une autre attaque, faisant basculer le score de 11-10 à 13-10. Le break s'avérera décisif au moment de conclure et illustre la capacité de l'équipe de France à créer des écarts.

« La qualité d'attaque de Trévor (Clévenot, 11 points) et de Jean (Patry, 17 points) a été exceptionnelle. Trévor, c'est un joueur qui rend complètement fou les adversaires. Il voit parfaitement le block, arrive à se sortir de situations compliquées. Même avec une mauvaise balle, Il analyse vite la situation et sort le coup le plus efficace. Derrière tout ça, il y a l'intelligence de la situation, de l'ADN volley, mais aussi beaucoup de ­travail. Trévor, c'est clairement le plus gros bosseur de l'équipe. Trévor Clévenot a inscrit 11 points face aux Polonais.

Et Quentin Jouffroy signe trois aces Quentin Jouffroy, utilisé jusqu'alors comme joker au service, donne le coup de grâce en fracassant trois aces pour faire passer les Bleus de 18-18 à 23-18 dans le troisième set. « L'entrée de Quentin a été décisive. On était à sept points de gagner les Jeux... Quand tu as un gars qui entre et débloque la situation à ce moment-là, c'est exceptionnel. Il connaît son rôle, entre pour ça, le fait parfaitement.

Il n'a pas la meilleure main mais c'est à son crédit car ce n'est pas facile de réceptionner sa balle. Le service de Quentin n'est pas vraiment flottant et pas vraiment smashé. C'est un geste hybride, avec peu de rotation. En général, un serveur a des caractéristiques auxquelles on s'adapte. Face à lui, c'est très compliqué de le faire. Dans le troisième set, Quentin Jouffroy a été impérial au service.

Un Sentiment d'Invincibilité

Cet après-midi-là, l'équipe de France a roulé sur la Pologne comme si elle était saisie par une forme de transe. Les Bleus ont maintenu un niveau de jeu inouï. Tous au sommet de leur art, et ce, lors de la finale des Jeux. À Paris ! « On était possédés. On avait depuis la demi-finale (victoire 3-0 contre l'Italie, quadruple championne du monde) un sentiment d'invincibilité. Notre parcours, c'est le summum.

Et tout s'est passé comme si on avait imaginé, avant, un match presque idéal. Sur le plan du jeu, de la concentration, de l'agressivité, de la solidarité... Chaque entrée a été positive. Comme si tout avait été écrit. Alors que ce n'est pas ça. Il a fallu de la préparation physique, psychologique... On était programmés pour ces Jeux. Le contexte a aussi compté. On était poussés par des millions de personnes. Mais tout de même, réaliser un match comme ça avec une telle pression... On a tous rêvé de ce moment, de jouer de cette façon-là en équipe. Y arriver, ça donne un sentiment incroyable. Unique. »

JO PARIS 2024 - Comment les Bleus ont assommé la Pologne pour s'offrir un doublé olympique magistral

Les Rencontres Récentes : Des Hauts et des Bas

L'équipe de France, remaniée, a poussé la Pologne au tie-break mais s'est inclinée dans le set décisif ce dimanche à Gdansk. Qualifiée pour le Final 8, elle termine troisième du tour préliminaire de la Ligue des nations et affrontera la Slovénie en quarts de finale. Pas de passe de six pour l'équipe de France.

Après cinq succès d'affilée dans l'épreuve, les Bleus se sont inclinés au bout du tie-break, ce dimanche à Gdansk face à la Pologne (32-30, 20-25, 25-20, 23-25, 15-12) lors du douzième et dernier match du tour préliminaire de la Ligue des nations. Elle concède sa quatrième défaite de l'été.

Mais avec une équipe remaniée, diminuée entre autres par les absences de Trévor Clévenot, Nicolas Le Goff et Barthélémy Chinenyeze, ménagés, les champions olympiques ont trouvé les ressources, notamment Théo Faure (28 points), Mathis Henno (20 ans) et Moussé Gueye, face à Wilfredo Leon (30 points), finalement décisif dans le tie-break.

Une action typique d'un match de volley-ball de haut niveau.

Wilfredo Leon : Le Bourreau des Bleus

Les Bleus conservent malgré tout la troisième place du classement et sont qualifiés pour le Final 8 (30 juillet-3 août) d'une épreuve dont ils sont tenants du titre. Ils affronteront la Slovénie, le 30 ou le 31 juillet à Ningbo (Chine), qui a arraché sa place au bout du tie-break dimanche à Ljubljana face à la Serbie. Antoine Brizard (de dos) remotivant ses troupes.

Malgré le manque d'enjeu direct, les deux sélections étant qualifiées avant cette dernière journée, la revanche de la finale olympique de Paris 2024 (3-0 pour la France) a tenu toutes ses promesses. Devant 11 000 supporters, Leon et ses coéquipiers ont mis la pression sans cesse sur la réception française et tenu leur block, les points forts traditionnels des champions d'Europe.

Mais il a fallu un premier set à rallonge (32-30) et huit balles de set pour prendre les commandes, avant un grand numéro d'Antoine Brizard en fin de deuxième pour égaliser (25-20) grâce à deux aces du passeur et cinq points de suite des Français. Avec pas mal de déchets au service (27 erreurs), les coéquipiers de Benjamin Tonutti s'essoufflaient dans la troisième manche et s'inclinaient sans inquiéter les Polonais (25-20).

Mais ils trouvaient les ressources autour d'un superbe Mathis Henno pour boucher quatre points de retard dans la quatrième manche, reprendre la main et conclure sur la spéciale d'Antoine Brizard, une première main devenue célèbre depuis le tie-break de la finale olympique 2021 face à la Russie (25-23). Les Bleus faisaient un petit break (7-5) dans le set décisif sur un ace de Théo Faure, mais ils craquaient physiquement et s'inclinaient sur deux attaques de l'inévitable Leon (15-12), leur bourreau ce dimanche. Les Tricolores ont néanmoins tenu le choc dans un contexte particulier, sans plusieurs de leurs cadres.

Tournoi de Qualification Olympique 2020 : Une Déception

Les Tricolores n’ont pas pesé bien lourd face à la Pologne, double championne du monde en titre, lors de ce 2e match du Tournoi de Qualification Olympique disputé à Gdansk. Trois sets secs (25-21, 25-19, 25-20) et pas beaucoup de regrets à avoir tant les Polonais de Leon et Kubiak ont été dominateurs dans tous les secteurs. Les visages sont marqués. Tristes.

Les chances de décrocher l’unique billet en jeu pour les Jeux olympiques de Tokyo ce week-end sont quasi-nulles pour les volleyeurs français. « C’est mort, confirme Laurent Tillie, le sélectionneur tricolore. Mais on n’a pas de regret à avoir. La Pologne a été largement au-dessus de nous dans tous les secteurs du jeu. Même quand on a bien défendu, comme en fin de 2e set, ils ont été solies au block, en contre-attaques.

Les Tricolores, largement en dessous en service-réception et trop léger offensivement, ont subi un lourd revers contre les Polonais, soutenus par une Ergo Arena en feu. « Il va falloir analyser parce que nous somme clairement en dessous de ce qui se fait de mieux en ce moment », lance le capitaine de la France, Benjamin Toniutti.

La France, qui a dû composer avec un planning infernal et antisportif (3 matches en 40 heures), devra vraisemblablement passé par le TQO regroupant les 8 meilleures équipes d’Europe au classement européen (sans celles déjà qualifiées), prévu à Berlin, en janvier. Une dernière chance au cours de laquelle il faudra gagner le tournoi.

Rapidement breakés dans la première manche, les hommes de Laurent Tillie ont beaucoup tenté et donné sans jamais réussir à recoller au score (7-4, 13-9, 20-15, 25-21). Dominée au block (6-1) et à l’attaque, La France ne trouvait pas les solutions. « On a manqué de fluidité, de lucidité et de réussite, ajoute Laurent Tillie. L’embellie entrevue au début du deuxième acte ne trouvait pas de prolongement.

Revenus au score à 8-8, les équipiers de Leon faisaient alors cavaliers seuls (12-8, 13-11, 17-11). Boyer ne franchissait pas le block adverse, Ngapeth s’agaçait. Les entrées en jeu de Patry et Brizard apportaient un peu d’oxygène aux Tricolores qui refusaient d’abdiquer (21-13, 23-19). La 3e manche ressemblait à la précédente. La France était assez rapidement décrochée (16-12, 22-17). Le match de dimanche contre la Tunisie va tout sauf être simple à jouer.

Les Bleus devront aussi vite se remobiliser pour l’Euro en France (12-29 septembre). Six de départ Pologne : Bienek 9, Leon 17, Kubiak 11, Nowakowski, Muzaj 9, Drzyzga 5, Wojtaszek (L). Six de départ France : Toniutti, K. Tillie 7, E. Ngapeth 8, Le Roux 3, Chinenyeze 7, Boyer 9, Grebennikov (L). Puis : Brizard, Patry 2, Le Goff 3, Lyneel 2, Rossard.

Statistiques Clés des Confrontations France-Pologne

Voici un aperçu des statistiques des matchs entre la France et la Pologne :

StatistiqueChiffre
Matchs joués15
Victoires de la France6
Défaites de la France9
Sets marqués par la France24
Différentiel de sets-10
Sets encaissés par la France34

L'Euro 2019 : La Pologne en Force

Double championne du monde en titre, la Pologne affronte, jeudi 26 septembre à Ljubljana, la Slovénie en demi-finale de l’Euro masculin et ambitionne de décrocher un nouveau titre européen. Le volley en Pologne, c’est le deuxième sport national, derrière le football, avec plus de 300 000 licenciés (800 000 pour le ballon rond) et un palmarès on ne peut plus riche : double championne du monde en titre (2014 et 2018), déjà sacrée en 1974, l’équipe masculine a aussi remporté l’or olympique en 1976 et l’Euro en 2009 ; et les femmes ne sont pas en reste, championnes d’Europe en 2003 et 2005.

La ferveur des supporters polonais pour le volley-ball.

L’envol de ce sport et la ferveur nationale qui l’entoure, datent du milieu des années 1970. En 1974, en pleine guerre froide, les Mondiaux de volley se tiennent à Mexico. La finale oppose la Pologne à l’URSS, qui, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, en a fait un membre du bloc de l’est. Les rouge et blanc s’imposent 3 sets à 2. « Quand la Pologne a battu l’URSS, cela allait bien au-delà du sport, raconte Stéphane Antiga. Le volley a pris une grande ampleur à partir de ce moment. Depuis, c’est resté. »

Le volley fait partie intégrante de la culture polonaise. Les enfants y jouent très tôt à l’école. Dans les villes, il y a plus de terrains de volley que de pelouses synthétiques. Toutes les rencontres se jouent à guichets fermés. « Au match d’ouverture de notre Mondial, en 2014, on a joué devant 62 000 personnes et il y avait encore des milliers de personnes dehors ! », se souvient Stéphane Antiga, alors sélectionneur de l’équipe polonaise.

Les Bleus en Pologne : Une Affinité Particulière

Cet engouement explique, pour une part, que de nombreux Bleus y évoluent : c’est le cas de Julien Lyneel, d’Antoine Brizard ou encore du capitaine Benjamin Toniutti. Kévin Tillie, réceptionneur-attaquant et fils du sélectionneur des Bleus, n’a jamais joué dans un club français. Il vient de signer à Varsovie pour deux saisons : « La Pologne n’a pas de grosse équipe de basket ; au foot, ce ne sont pas les meilleurs. Il n’y a que le volley qui marche bien, donc les fans sont à fond derrière eux. C’est génial de jouer là-bas. »

Au-delà de l’ambiance, la Pologne présente aussi des avantages structurels et financiers. Les clubs n’appartenant pas à des propriétaires individuels privés, mais aux villes et aux collectivités territoriales, et étant soutenus par des sponsors puissants (énergie, charbon, pétrole…), ils disposent de moyens importants. Ils attirent les meilleurs joueurs du monde. La PlusLiga, le championnat national, est l’une des compétitions les plus relevées. « Financièrement, c’est plus intéressant. Et sportivement aussi », confirme Kévin Tillie.

Depuis plus de quinze ans, la chaîne nationale Polsat retransmet la plupart des matchs de championnat, alors qu’en France la Ligue A n’a pas de diffuseur. Les joueurs sont donc très populaires. « J’ai un coéquipier polonais qui s’est marié et les paparazzis ont débarqué chez lui ! », raconte Antoine Brizard, passeur des Bleus évoluant à Varsovie. Cette réalité est loin d’être celle des Tricolores dans l’Hexagone : « On joue quasiment tous à l’étranger car on sait qu’on ne peut pas avoir ça au quotidien en France », regrette-t-il.

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