France - Pays de Galles : Un Chapitre Mémorable de l'Histoire du Rugby

L'affiche entre la France et le Pays de Galles est un classique du Tournoi des Six Nations, mais elle est beaucoup plus rare en Coupe du monde. Retour en chiffres sur l'histoire commune de ces deux nations. Dimanche, le Pays de Galles et l'équipe de France vont s'affronter pour la centième fois de leur histoire. Pour l'heure, le bilan est à l'avantage des Diables Rouges qui comptent 51 victoires, contre 45 pour les Bleus et 3 matches nuls.

Avant le quart de finale, la France et le pays de Galles ne se sont affrontés qu'une seule fois en Coupe du monde. Cette confrontation a eu lieu en demi-finales du Mondial néo-zélandais de 2011. Les Bleus s'étaient imposés 9-8. Parmi les joueurs présents sur la feuille de match, seuls quatre étaient déjà présents lors de la demi-finale de 2011 (victoire des Bleus 9-8) : Maxime Médard pour la France et Alun-Wyn Jones, Jonathan Davies et George North pour le pays de Galles. Leigh Halfpenny, titulaire en 2011, n'a pas été retenu pour ce match par Warren Gatland.

Les Moments Clés et les Chiffres Historiques

La première opposition entre les deux nations a eu lieu le 2 mars 1908, à Cardiff. Les Gallois s'étaient alors nettement imposés 35-4. Pour voir la première victoire des Bleus dans cette affiche, il faut alors attendre la 16e confrontation et un match disputé à Colombes le 9 avril 1928 (8-3). Le 5 avril 1998, les joueurs de Jean-Claude Skrela infligent une déculottée historique aux Gallois à Wembley (51-0) grâce à sept essais de Fabien Galthié, Xavier Garbajosa (2), Stéphane Glas, Thomas Liévremont et Xavier Sadourny (2). Il s'agit du plus gros écart de points entre les deux équipes lors d'un match. Le plus lourd revers français remonte à 1909 : une défaite 47-5.

Philippe Sella et Gethin Jenkins sont les deux joueurs qui ont disputé le plus de France - Galles (14 fois chacun). Le quinze du Poireau est un adversaire qui a particulièrement réussi au trois-quart tricolore : Sella s'est imposé à 13 reprises, marquant 5 essais. Le pilier gallois a, lui, connu un bilan plus mitigé de 7 victoires pour 7 défaites. Reggie Gibbs a profité de l'ultra-domination galloise du début du XXe siècle pour être encore à l'heure actuelle le meilleur marqueur d'essais de l'histoire des France - Galles. Entre 1908 et 1911, il a ainsi planté 7 essais aux Bleus.

Suivent Serge Blanco et Émile Ntamack pour les tricolores et Billy Trew pour les Diables Rouges avec 6 réalisations chacun. Ils pourraient être rejoints par George North, à l'affût, avec 5 essais. Neil Jenkins, ouvreur du pays de Galles de 1991 à 2002, est donc naturellement le joueur ayant le plus marqué dans cette affiche (152). Derrière Dan Carter (1 598), Jonny Wilkinson (1 179) et Ronan O'Gara (1 083), il est le quatrième réalisateur de l'histoire du rugby avec 1 049 points inscrits au niveau international. Loin devant les 53 inscrits par Christophe Lamaison, meilleur réalisateur français des France - Galles.

France - Pays de Galles (43-0) : Un Récital Offensif et Défensif

Largement supérieurs à leurs adversaires, les Français ont livré un récital offensif face au Pays de Galles (43-0) ce vendredi soir. Ce vendredi au Stade de France, le score final a pris une tournure historique. Surtout pour Galles, le puni du soir. Mais pour le XV de France aussi. Ne pas encaisser de point est un petit événement pour lui, dans le Tournoi des Six Nations. Avec une maîtrise globale, 93,78% de plaquages réussis et un ultime temps fort adverse contenu de peu, joueurs et coach ont là un motif de satisfaction. "Au moins, cette équipe est restée sérieuse du début à la fin".

Galles n'avait jamais connu pareil camouflet depuis que le Tournoi compte six nations. Vendredi soir au Stade de France, le XV du Poireau a été "Fanny" face aux Bleus (43-0), qui ont signé une "prestation parfaite défensivement", d'après leur sélectionneur Fabien Galthié. L'entraîneur du XV de France a insisté en conférence de presse sur "l'équilibre" propice à cette copie immaculée : "L'équipe a été juste dans ses positions défensives, en termes de discipline et dans sa variation sur le plan offensif, ce qui ne nous a pas surexposés."

Malgré l'ampleur du score, Gallois et Français ont eu autant le ballon et cela s'est traduit dans leurs nombres respectifs de plaquages : 181 accomplis par les Bleus (93,78% de réussite), contre 185 par leurs adversaires (87,26%). "L'équipe a fait preuve de beaucoup de solidarité, a estimé Julien Marchand en zone mixte. On s'était dit de ne pas lâcher les intervalles entre nous, de rattraper les coups quand il fallait - parce que les petites erreurs, ça arrive."

Le Défi Lancé à la Mi-Temps

Puis il y a eu un peu plus que ces consignes classiques, dixit Théo Attissogbe : "On voulait avoir une défense féroce. A la mi-temps, on a vu le score (28-0, ndlr) et on s'est fixé comme objectif de ne pas encaisser de point." Le caractère rarissime de la performance se situait là, parce que ce pays de Galles en difficulté avait échoué à marquer lors de quatre des dix mi-temps qu'il avait eu à disputer dans le Tournoi 2024. Deux dans le même match impliquait, côté Bleus, de balayer tout relâchement et de juguler la réaction d'orgueil des visiteurs.

La Solidarité Défensive et l'Expulsion de Ntamack

A une dizaine de minutes de la fin, à quatorze en raison du carton jaune (depuis devenu rouge) de Romain Ntamack, les Français ont ainsi dû contenir le baroud d'honneur des Dragons. Emilien Gailleton y a contribué, en participant à la création d'un maul défensif qui a abouti à un renvoi d'en-but tricolore. "Ce que je retiens, c'est ce zéro point encaissé", a-t-il spontanément déclaré en zone mixte, alors qu'il aurait pu nous parler de l'essai qu'il avait inscrit dès son entrée, au même titre que Marchand.

"Si on arrive à maintenir cette défense, ce sera très bien", reprend le talonneur toulousain, désireux de chasser un éventuel excès de confiance, deux ans après un large succès à Twickenham (10-53) et une semaine avant d'y retourner : "Les Anglais l'auront encore en tête, nous aussi, un petit peu. Mais ce sont des choses qu'il faut oublier. Cela ne reflète pas du tout la réalité d'aujourd'hui.

Les Joueurs Clés et Leurs Performances

Ce vendredi, on a retrouvé le bulldozer Grégory Alldritt. Des charges de mammouth, des dizaines de mètres gagnés, des défenseurs renversés à la pelle. Le numéro 8 du Stade Rochelais a remis les pendules à l’heure. Il n’a rien perdu de sa terrible force de frappe et de son abattage énorme, en tout cas il les a retrouvés. Et il a tenu les 80 minutes du match sur la même intensité, très élevée. Les chiffres ne mentent pas : avec 64 mètres gagnés le ballon sous le bras et 18 plaquages au compteur, il a abattu un travail de titan. Cerise sur le gâteau, il parachève le récital tricolore en marquant, en force, le septième essai des Bleus (77e). Pour rêver d’un nouveau Grand Chelem, le XV de France aura besoin d’un grand Alldritt. Il ne déçoit que rarement. Jamais, même.

En novembre, il devait pallier le forfait de l’inévitable Cyril Baille. Il l’a fait avec brio. Ce vendredi soir face au pays de Galles, le joueur de Toulon a livré une très belle prestation. Il est pourtant resté longuement au sol après une possession des Bleus (10e). Mais il est solide. De retour sur le pré, il a participé activement à la bonne tenue de la mêlée tricolore mais s’est surtout démultiplié aux quatre coins du terrain. Ballon en main, le Toulonnais a chargé 10 fois dans la défense galloise et n’a jamais reculé. En défense, Gros a plaqué à tour de bras (9 plaquages) sans en manquer.

Le Jeu au Pied et l'Importance de Ntamack

On a beaucoup entendu le terme de «dépossession». Il faut dire que ce vendredi, comme lors de la tournée d’automne, les Bleus maîtrisent parfaitement, ou presque, le jeu au pied. Celui de Thomas Ramos, dans le jeu courant ou face aux perches, notamment. Il y a aussi ces longs coups de pompe renvoyés dans les angles par l’arrière-garde française. À la 28e minute, l’ailier Théo Attissogbe a d’ailleurs surpris tout le monde en envoyant un long coup de pied depuis ses 15 mètres qui a finalement échoué à quelques centimètres du 50-22. Dans le jeu, Ntamack et Dupont ont aussi envoyé quelques caviars au pied à leurs ailiers.

Ce dernier s’est également illustré en tentant un petit coup de pied dangereux derrière un ruck ou en trouvant systématiquement la touche sur les renvois gallois. Sans compter, évidemment, ces jeux au pied dans le fond du terrain qui ont permis à Louis Bielle-Biarrey (notamment) de mettre la pression. Son retour était attendu après 17 mois d’absence loin des Bleus. Et la soirée se passait plutôt bien à Saint-Denis. Dans son traditionnel rôle de régulateur, Romain Ntamack gérait les affaires courantes, sans coups d’éclat, mais appliqué. C’est lui qui était à l’origine du premier essai de Bielle-Biarrey après avoir décalé judicieusement Ramos. Puis, d’une passe au pied bien dosée, il avait permis à Gailleton de marquer en coin. Retour tranquille, sans forcer son talent. Jusqu’à la 71e minute et ce plaquage trop haut, à l’épaule, sur la tête de Ben Thomas. Un carton jaune transformé en rouge après recours au bunker. La seule fausse note de la soirée.

Les Défis et les Perspectives d'Avenir

Qui vient gâcher ses retrouvailles avec le public dyonisien. Et qui rebat les cartes avant le déplacement à Twickenham : qui pour le suppléer en 10 ? Ramos, comme en novembre, ou Jalibert, qui a rétrogradé dans la hiérarchie ? «Il y a une procédure aussi qui aura lieu mardi ou mercredi et on a aussi des arguments à faire valoir , veut croire Galthié. C’est un joueur qui a un casier vierge, c’est un geste qui ne lui ressemble pas et on va plaider pas mal d’éléments qui peuvent ramener cette action à un fait de jeu involontaire.» Difficile d’imaginer que l’ouvreur toulousain passe sous les fourches caudines de la commission de discipline.

Ces Bleus ont placé des premiers actes en face de leurs mots. Mais le carton rouge de Romain Ntamack (71e minute) pour un plaquage haut est venue quelque peu l'assombrir, tant le débat autour de l'ouvreur va encore battre son plein dans les prochains jours. Ce dont Galthié se serait bien passé. Pourtant, le sentiment qui domine, c'est l’impatience. Celle de connaître la suite. Cette équipe possède absolument tout pour tracer un avenir royal. Et c’est justement dans le temple de Twickenham, et dans un contexte autrement plus complexe, qu’elle devra désormais le prouver.

Tableau Récapitulatif des Confrontations France - Pays de Galles

Compétition Nombre de Matchs Victoires Pays de Galles Victoires France Matchs Nuls
Total 100 51 45 3
Coupe du Monde 1 0 1 0

Les Difficultés du Pays de Galles

Le XV du Poireau a été émincé vendredi soir au Stade de France. Passé au court-bouillon par les Bleus, 43 points, et 7 essais, concédés, aucun inscrit. Une 13e défaite d’affilée pour des Gallois qui ont perdu leurs douze rencontres en 2024. Et un septième revers consécutif face au XV de France. En l’absence de nombreux cadres, en retraite internationale ou blessés, la relève a affiché ses limites. Particulièrement dans l’animation offensive où les trois-quarts n’avaient rien de dragons, à l’image de l’ouvreur de Cardiff, Ben Thomas (26 ans, 8 sélections), emprunté à chaque fois qu’il fallait lancer le jeu et manquant d’alternance au pied.

Mais les anciens, rappelés pour tenter de sauver la patrie, l’arrière Liam Williams (33 ans, 93 sélections) ou l’ailier Josh Adams (29 ans, 60 sélections) se sont encore moins mis en valeur. Ajoutons un pack en manque total de puissance et on se dit que le pays de Galles va avoir du mal à éviter une deuxième cuillère de bois d’affilée. «On savait que ça allait être un match difficile. On avait parlé de comment les mettre sous pression dans le début du match, et on l’a bien fait, mais on a fait plusieurs mauvais choix, des erreurs, on a manqué de précision. Évidemment, dans la presse galloise, la question du maintien à son poste du sélectionneur est relancée.

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