Plus d’un an après leur défaite face à l’Afrique du Sud lors du Mondial 2023, les Bleus ont parfaitement renoué avec la pelouse du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Samedi 9 novembre, les joueurs de Fabien Galthié ont déroulé face aux Japonais (52-12), dans le cadre de la tournée d’automne. Pour ce premier test de leur tournée automnale, les Bleus n'ont pas fait dans le détail avec huit essais marqués, dont deux doublés de l'ailier de l'Union Bordeaux-Bègles Louis Bielle-Biarrey, désigné homme du match, et du troisième ligne de la Rochelle Paul Boudehent. Antoine Dupont - de retour après son épopée olympique en rugby à VII - et ses coéquipiers auront sûrement plus de difficulté à s’imposer lors de leur prochain match, face à la Nouvelle-Zélande, samedi 16 novembre.

Cette fenêtre automnale, avec également la Nouvelle-Zélande et l’Argentine au menu, doit permettre aux Bleus de regagner en confiance et sérénité. Pour l’occasion, Antoine Dupont et sa bande vont retrouver leur écrin du Stade de France, là où ils n’ont plus mis les pieds depuis leur sortie de route en quarts de finale de la Coupe du monde face à l’Afrique du Sud, un soir d’octobre 2023. "On apprécie toujours de jouer au Stade de France, même si les matchs en province avaient aussi été intéressants, avec un public différent. On avait pu toucher plus de personnes que quand on joue à Paris. Mais ce Stade de France nous réussit plutôt bien, c’est un plaisir d’y jouer. Il y a eu ce mauvais souvenir (contre l’Afrique du Sud), mais la page est tournée", confiait cette semaine le troisième ligne des Bleus et du Stade Toulousain, François Cros.
Il n’empêche, l’ambiance ne sera pas la même qu’il y a un an lorsque la communion entre les Bleus et leur public avait atteint son paroxysme à l’occasion du Mondial à domicile. Ce soir, ils devraient être entre 45.000 et 50.000 supporters à prendre place en tribunes, dans un stade qui peut en recevoir 80.000. Habituellement, le XV de France se plaît davantage à jouer ce genre de rencontre en dehors de la capitale. La billetterie pour les trois matchs des Bleus lors du dernier VI Nations, organisés exceptionnellement à Marseille, Lille et Lyon, avait d’ailleurs été prise d'assaut.
Ce qu’il faut retenir de France-Japon :
- Le cador. Louis Bielle-Biarrey. Le jeune ailier bordelais a logiquement été élu homme du match. Sur son couloir gauche, il a fait souffrir toute la partie les Japonais qui ne sont jamais parvenus à le maîtriser. Il a inscrit un doublé et délivré de nombreuses passes clés.
- Le chiffre. 389. Depuis 389 jours, et le quart de finale perdu contre l’Afrique du Sud, Antoine Dupont n’avait plus disputé la moindre minute avec le XV de France. Le Toulousain avait été libéré par la fédération pour se concentrer sur son tournoi olympique avec ses coéquipiers du rugby à VII. Après la rencontre, Dupont a expliqué « attendre ce retour depuis de nombreuses semaines ».
- La phrase. « Ce soir, il y a pas mal de choses à revoir. » Des mots prononcés par Louis Bielle-Biarrey au micro de TF1, au terme de la rencontre. Comme Fabien Galthié ou Antoine Dupont, Louis Bielle-Biarrey a rappelé que la seconde période des Bleus n’était pas suffisante et que les 12 points inscrits par les Japonais auraient pu être évités.
- Le tournant du match. Le premier essai des Japonais. A la 50e minute de jeu, les Brave Blossoms ont - enfin - été récompensés de leurs efforts. Après s’être vu refuser un essai par la VAR quelques minutes plus tôt, Harumichi Tatekawa aplatit dans les règles le ballon derrière la ligne d’en-but. Il ne s’agit pas d’un vrai tournant (existe-t-il un tournant quand le score s’élève à 52-12 ?), mais d’un fait marquant de cette partie.
- Nutrisport. C +. Sur notre échelle de notation sportive allant de « A » à « E », cette rencontre n’est pas la plus palpitante de l’année et obtient la note encourageante de C +. Pour un grand match, il faut souvent deux grandes équipes. Ce soir, les Japonais, bien que très valeureux, n’ont pas fait le poids face aux Bleus.
Seules ombres au tableau face aux Nippons : la blessure du deuxième ligne du Stade Toulousain Thibaud Flament, touché aux côtes, et le relâchement défensif français en seconde période qui a permis aux Japonais d’inscrire deux essais. Même si le Japon d'Eddie Jones, balayé il y a deux semaines par une Nouvelle-Zélande remaniée (64-19), n'a plus grand chose à voir avec l'équipe qui avait créé la surprise au Mondial-2015 en battant les Springboks, les hommes du sélectionneur Fabien Galthié ont pu répéter leurs gammes offensives à une semaine d'affronter ces mêmes All Blacks, puis l'Argentine.
Un nouveau cycle pour les Bleus
L'enjeu principal de cette rencontre était de redonner le sourire à des Bleus sportivement touchés par l'échec du Mondial, et un Tournoi mitigé. Cette séries de trois tests-matches d'automne est aussi l'occasion de tourner la page extra-sportive d'une tournée estivale cauchemardesque en Argentine, marquée par l'inculpation pour viol de deux joueurs, Oscar Jegou et Hugo Auradou, et la suspension de Melvyn Jaminet pour des propos racistes. La route vers 2027 n’attend pas. Après un dernier Tournoi décevant puis une tournée en Argentine traumatisante, le XV de France entend lancer ce samedi face au Japon (21h10) un nouveau cycle avec déjà le prochain Mondial en Australie dans un coin de la tête.
Un match avec quelques nouvelles têtes comme le pilier Tévita Tatafou mais aussi et surtout, le grand retour d'Antoine Dupont. Des bonnes sensations de jeu et quelques erreurs mais de l’envie et de l’appétit et du plaisir surtout".
Le Stade de France et la U Arena : Deux enceintes pour le rugby
Jouer ce France-Japon en province était ce qui était prévu initialement avant que les plans de la Fédération ne soient chamboulés pour des raisons contractuelles. "En novembre 2022, le France-Afrique du Sud avait été délocalisé à Marseille en raison de travaux sur les lignes de RER en Île-de-France. On doit contractuellement jouer un certain nombre de matchs au Stade de France, donc ce France-Japon remplace en quelque sorte le match contre l'Afrique du Sud", a indiqué à L’Equipe Claude Hélias, vice-trésorier de la FFR.
Que les Bleus se rassurent, le Stade de France ne devrait en revanche pas sonner creux pour les deux chocs contre la Nouvelle-Zélande (16 novembre) et l’Argentine (22 novembre). Le public devrait largement répondre présent pour ces affiches toujours prestigieuses.

Après les Stones, les Bleus ! Le XV de France, en plein blues, part à la conquête de la U Arena de Nanterre, samedi à 21 h face au Japon. Avant toute chose, notez-le : il faut dire « you » Arena. Plus exactement : « la you Arena ». Oubliez l'U Arena si vous ne voulez pas avoir un métro de retard. À propos, la ligne 1 et le RER A permettent d'y accéder en provenance de Paris. L'Arche de la Défense partage désormais l'espace avec un autre joyau architectural. C'est qu'elle en jette, cette U Arena, belle de jour comme de nuit !
Samedi, le XV de France y officiera en pionnier en grillant la politesse au club résident dont la première sortie n'est prévue que le 22 décembre face à Toulouse, en Top 14. « Il nous tarde d'y jouer, avoue Dimitri Szarzewski, le talonneur. Mais on sera tous derrière les Bleus. » Lorsqu'ils évoquent cet écrin, les Racingmen manquent de mots. « Ce stade est tellement magnifique », s'extasie Cedate Gomes Sa, le pilier formé à Saint-Nazaire. « Dès que tu y pénètres, ça te colle la chair de poule, appuie Szarzewski. J'imagine qu'en match, on aura envie de se surpasser. Un message en direction du XV de France. « J'espère qu'on y réussira de grandes choses, appuie son partenaire Henry Chavancy, titulaire en bleu samedi face au Japon. Vu sa configuration atypique, il devrait se transformer en petit chaudron. Sa voûte perchée à près de 50 m lui procure une allure de cathédrale futuriste. Les quatre piliers qui soutiennent la charpente ont été élevés à 35 m, afin de tenir compte des spécificités du rugby, où l'on monte les chandelles sans les souffler.
La U Arena se distingue aussi par son toit fixe, « parce qu'un toit rétractable aurait laissé filtrer les bruits, même en configuration fermée », justifie l'architecte Christian de Portzamparc, Rennais de coeur. L'absence d'une quatrième tribune (d'où le U évoquant un théâtre antique...) accentue l'impression d'arène unique. Au vrai, des matches de rugby ont déjà été joués sous toit fermé, au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d'Ascq, avec le Racing 92 comme hôte. Mais pas sur une pelouse 100 % artificielle, « un soft grass », précise Lorenzetti. Un revêtement destiné à favoriser le jeu. Face à des Japonais connus pour leur boulimie de vitesse, le XV de France passera un test.