La victoire 33-8 du XV de France face à l’Italie a suscité de nombreux commentaires dans la presse, tant en France qu’à l’étranger. Après une tournée de novembre jugée décevante en termes de jeu, les deux premiers matchs du Tournoi, face à l’Irlande et au pays de Galles, ont mis en évidence un changement de cap sur le plan offensif.
Les médias transalpins, à l’image de la Gazzetta dello Sport, nourrissaient même quelques regrets à l’issue de la rencontre. « Les Azzurri ont de quoi se plaindre, ayant commis trop d’erreurs qui ont gâché une rencontre où ils auraient pu faire beaucoup mieux ».

Analyse de la performance française
Dans The Telegraph, le constat est lucide : "La France n’a peut-être pas produit son meilleur rugby, mais a démontré une efficacité clinique en transformant les erreurs italiennes en points", un style qui illustre la solidité collective des hommes de Fabien Galthié. Le quotidien britannique insiste aussi sur la gestion de l’effectif et l’adaptation tactique : "Ce n’était peut-être pas une démonstration éblouissante, mais Thomas Ramos, appelé à l’ouverture après la blessure de Jalibert, a su mener l’attaque avec autorité, et la combinaison de jeunes talents comme Gaël Dréan et des cadres comme Antoine Dupont a payé."
Patrice Lagisquet, invité de 100% Rugby sur ICI Pays Basque, estime que le succès bonifié face à l'Italie (33-8) révèle une maturité tactique nouvelle. Sur la capacité à "cadenasser", il ajoute : "Ce qui m'a quand même beaucoup plu, c'est la capacité qu'a eu l'équipe de France sur toute cette période où ils étaient sous pression, cette capacité à cadenasser le jeu. Ils ont verrouillé le jeu, ils n'ont pas encaissé de points."
Il poursuit : "Ils ont joué au pied, joué au pied de pression, joué au pied d'occupation, Dupont a vraiment été décisif, dès qu'il y avait des mauvais ballons, il les assumait, il est allé au combat, il a fait avancer l'équipe, et c'est vrai que c'était quand même impressionnant."
Les points positifs
- Efficacité clinique
- Solidité collective
- Maturité tactique
- Gestion de l'effectif
Les points à améliorer
- Difficultés en conquête
- Pression sur les ballons hauts
- Pression au sol
La mêlée française sous le microscope
Sanctionnée à quatre reprises face à l'Italie (33-8), sans que cela porte à conséquence, la mêlée française a confirmé qu'elle se cherchait, et qu'elle cherchait un successeur à Uini Atonio comme l'a indiqué Fabien Galthié.
Les limites du jour n'ont pas causé de graves dégâts mais elles viennent s'ajouter à un historique qui fait de la France une nation plutôt dominée que dominante en mêlée. Contre l'Irlande (36-14) et au pays de Galles (12-54), le ratio était légèrement négatif (1 pénalité gagnée, 2 concédées).

En novembre dernier (17-32), les Bleus avaient payé cher la supériorité de la bande à Malcolm Marx qui gagna ce soir-là trois pénalités, n'en concédant qu'une seule, et contraignant si fort les Français qu'ils ne sauvèrent que 50 % de leurs mêlées.
« C'est un axe de travail, clairement, admit Galthié. Ça permet aussi de saluer Uini (Atonio, qui a dû arrêter sa carrière en raison d'un accident cardiaque survenu fin janvier). C'est quelqu'un qui, depuis longtemps, contribuait à la performance de notre mêlée et on voit bien aujourd'hui que c'était un joueur exceptionnel. Maintenant, il faut arriver à trouver d'autres joueurs mais je félicite Dorian Aldegheri et Georges-Henri Colombe. Je les ai trouvés solides. »
France 33-8 Italie : "Sortis du piège", une victoire de champions dans le match le plus relevé ?
Regard sur l'Italie
Les médias transalpins, à l’image de la Gazzetta dello Sport, nourrissaient même quelques regrets à l’issue de la rencontre. « Les Azzurri ont de quoi se plaindre, ayant commis trop d’erreurs qui ont gâché une rencontre où ils auraient pu faire beaucoup mieux ».
Mais le quotidien sportif soulignait tout de même un combat globalement « équilibré », notamment en début de deuxième mi-temps, et une belle performance de l’arrière Ange Capuozzo : « le match a été équilibré pendant de longues périodes, mais le score a été dominé par les occasions. Les Azzurri les ont manquées, tandis que les Bleus les ont transformées en essais avec Bielle-Biarrey, Meafou, Ramos, Drean et Gailleton ».
Perspectives pour la suite du Tournoi
Le quotidien écossais n’a pas manqué de souligner les motifs d’espoirs avant de recevoir les Bleus dans deux semaines : « le match contre la France à Murrayfield pourrait être un tournant pour le sélectionneur Gregor Townsend et son équipe. Il affiche un bon bilan face aux Bleus à Édimbourg, avec quatre victoires en sept rencontres ».
Mais The Scotsman se voulait aussi réaliste face à la dynamique positive des Bleus ces dernières semaines. « Il est possible que l’Écosse batte la France et l’Irlande et rate malgré tout le titre, mais n’allons pas trop vite en besogne. L’équipe prolifique de Fabien Galthié représente un test important pour la progression de l’Écosse. Elle est peut-être la plus forte que Townsend ait jamais affrontée.
On le dit depuis le début qu’on veut gagner ce Tournoi. Ça passera par au moins une victoire en Écosse, et un éventuel grand chelem passera par l‘Angleterre. Mais avant ça, on sait que dans deux semaines, on va se déplacer chez le deuxième qui n’est qu’à quatre points de nous… Si on veut gagner ce Tournoi, il faut qu’on gagne là-bas. On a tous vu cette équipe d’Écosse réaliser un match remarquable à domicile face à l’Angleterre. Nous aussi, on va aller jouer chez eux et on va être attendus, car ils peuvent encore espérer gagner le Tournoi. À nous d’être vraiment prêts, parce que ça va être vraiment très dur.