France Football: Propriétaire et Histoire d'une Institution du Football

Qui tire les ficelles du championnat de France ? La Ligue 1 McDonalds s’affiche aujourd’hui comme un championnat où la diversité des propriétaires reflète la mondialisation et la complexification des modèles économiques du football. En 2025, la Ligue 1 mêle investisseurs internationaux et propriétaires locaux, reflétant la mondialisation du football moderne.

Le Ballon d'Or, une distinction prestigieuse décernée par France Football.

France Football et le Ballon d'Or: Un Partenariat avec l'UEFA

Quelques jours après l'attribution du 67e Ballon d'Or à Lionel Messi, retransmise en direct dans 170 pays à travers le monde, le groupe Amaury, propriétaire de France Football et de L'Équipe, annonce qu'il s'associe à l'UEFA pour remettre ce trophée.

La confédération européenne va devenir, dès 2024, le partenaire principal pour l'organisation de la cérémonie qui récompense le meilleur et la meilleure joueuse du monde. L'UEFA va mettre son expertise au service de la construction de la soirée, en invitant les plus grandes stars, mais également en développant la partie commerciale de l'événement. S'unir pour continuer à grandir, au moment où le Ballon d'Or étend son influence dans le monde.

Contrairement à l'accord passé avec la FIFA de 2010 à 2015, le nom du trophée ne change pas, le système de vote non plus : France Football conserve la gestion des votes (100 journalistes internationaux dans l'ordre du classement FIFA pour les hommes, 50 pour les femmes), ainsi que toute la partie éditoriale autour de l'événement.

Ces dernières années, le Ballon d'Or est devenu une marque mondiale. Depuis 2007, la compétition ne se limite plus seulement aux meilleurs joueurs évoluant en Europe, mais également à l'homme et à la femme les plus performants au monde.

Ce partenariat est d'ailleurs annoncé au moment où Messi a remporté son huitième trophée alors qu'il joue actuellement pour l'Inter Miami (MLS, États-Unis). Il s'agit d'une première dans l'histoire de voir un joueur qui ne joue plus en Europe être couronné, même si les votes se sont limités à la saison 2022-2023.

« On est très heureux de s'associer à l'UEFA pour coorganiser le Ballon d'Or, explique Jean-Étienne Amaury, directeur général du groupe Amaury, qui a discuté directement, depuis le mois de juin, avec Aleksander Ceferin, le président de l'UEFA. Il y a une histoire commune entre nous, car le Ballon d'Or a été créé en 1956, un an après la Coupe des clubs champions européens, dont L'Équipe est le co-créateur. La cérémonie a connu une évolution et s'est désormais étendue à l'échelle mondiale. Un partenariat avec l'UEFA a tout son sens parce que c'est un acteur mondial, qui peut rassembler les acteurs et les grandes figures de ce sport. On va désormais accélérer le profil international de cette cérémonie. On a senti un enthousiasme tant avec son Président Aleksander Ceferin que les équipes, qui nous a convaincus. »

Une Cérémonie Désormais Itinérante ?

L'UEFA va donc renoncer à sa distinction de meilleur joueur de l'année, décernée depuis 2011. « Nous garderons le trophée du président, celui de meilleur joueur de la Ligue des champions et de meilleur joueur de l'Euro, confirme le président Aleksander Ceferin. Tout le reste sera fait avec le Ballon d'Or. Nous sommes deux grandes marques de football. Il y a LE trophée du football et l'UEFA a les meilleures compétitions du monde. Ça fait sens de faire quelque chose ensemble. Quand on a commencé à parler, ça a été rapide. En une semaine, on savait que c'était une bonne idée. Nous sommes heureux de ce projet. Tous les joueurs qui veulent remporter le Ballon d'Or jouent dans des compétitions UEFA. »

La volonté de globalisation pourrait entraîner des changements de ville hôte pour la cérémonie de récompense dans les années à venir. « Depuis 2016, l'événement se déroule à Paris, mais on a parlé avec Aleksander de la possibilité de le faire désormais dans d'autres capitales européennes, confie Jean-Étienne Amaury. Ce ne sera pas 2024, car on restera à Paris pour cette édition. Mais par la suite, ça peut être une possibilité de délocaliser la cérémonie. »

En faisant figurer l'UEFA à ses côtés, le Ballon d'Or prend-il le risque de se recentrer sur l'Europe? Aleksander Ceferin n'y croit pas : « L'UEFA est une marque globale. Elle peut s'appeler comme elle veut, c'est une marque globale. Il y a plus de 50 % des personnes qui regardent nos compétitions qui ne sont pas européens. Je ne pense pas que ça devienne un trophée européen. Ça reste le plus grand trophée. »

« Depuis 2007, le prix récompense le meilleur joueur de la planète, c'est toujours le prix du meilleur joueur de la planète, précise Jean-Étienne Amaury. L'UEFA est un grand acteur du monde du football. Nous sommes confiants sur le fait que la dimension mondiale de ce trophée demeure compréhensible car nous restons dans la continuité de ce qui a été réalisé ces dernières années. »

Les deux parties n'ont pas souhaité communiquer les détails financiers de cet accord.

Ballon d'or Tous les gagnants du 1956-2023.

Pascal Ferré: Le Monsieur Ballon d'Or

Pascal Ferré, rédacteur en chef du magazine France Football, propriétaire du Ballon d’Or, est revenu sur la cérémonie de ce lundi 29 novembre, où Lionel Messi a été sacré pour la septième fois. C’est le monsieur Ballon d’Or. Pascal Ferré, rédacteur en chef du magazine France Football, est responsable de tout ce qui touche de près ou de loin à la récompense individuelle la plus prisée du football. Après la cérémonie de ce lundi 29 novembre au théâtre du Châtelet, où Lionel Messi a été primé pour la septième fois, il est revenu sur cette édition 2021. Et pour lui, le Ballon d’Or 2021 n’a pas atterri dans les mains de n’importe qui.

LIRE AUSSI. C’était excitant et un vrai plaisir de retrouver des lieux synonymes de joie, de célébration. C’est la preuve que ça nous avait beaucoup manqué. J’aime bien cette expression. C’est exactement ça, il rentre dans la légende. On ne prend pas toujours la mesure ce qu’est en train de réaliser ce petit bonhomme. C’est un champion extraordinaire et qui, à sa classe naturelle, a ajouté la longévité. Certes il est moins époustouflant qu’il y a quelques années mais il a de sacrés beaux restes. Et continuer d’afficher ce niveau de performance à 34 ans, c’est exceptionnel.

Ah oui ! Il y a deux ans, il nous avait demandé de le répéter cinq ou six fois parce qu’il n’y croyait pas trop. Et à raison parce que c’était face à Van Dijk et il l’avait coiffé de quelques points à l’issue du sprint final. Lorsque je lui ai appris, quelques jours avant la cérémonie, il ne me l’a pas fait répéter plusieurs fois parce qu’il avait bien compris, ou alors mon Espagnol a progressé (rires). J’avais vraiment le sentiment que ça lui faisait autant plaisir que la première fois, et même peut-être plus. Et ça, c’est lui qui le confie. Il est père de famille, il a pris davantage de maturité. Il se rend vraiment compte de ce que représente le Ballon d’Or et je pense que ça a plus de valeur qu’auparavant, quand il enchaînait les Ballons d’Or comme d’autres enchaînent les tours de terrain.

Cette année, l’issue du vote était indécise et le vote est serré. Le statut du premier dépend toujours de la personne que l’on bat. Et forcément Messi devance un joueur qui a accompli une saison exceptionnelle, Robert Lewandowski. Il avait toutes les cartes pour aller chercher ce Ballon d’Or, mais il lui en a sans doute manqué une, celle du titre international. On a eu envie d’enrichir le panorama des récompenses. Le meilleur club, c’est assez simple, il s’agit juste de récompenser les clubs qui ont le plus de nommés dans nos listes. Le meilleur buteur, c’est parce que c’est vraiment une race à part. Cette récompense-là n’existait pas. Il y a bien le Soulier d’Or mais ça n’englobe pas les buts marqués en sélection. Robert Lewandowski a reçu le nouveau trophée de Meilleur buteur, créé cette année.

Robert Lewandowski a reçu le nouveau trophée de Meilleur buteur, créé cette année. C’est tout sauf une compensation puisque l’idée avait été lancée bien avant les votes. On aurait très bien pu se retrouver avec Robert Lewandowski qui repart de Paris les deux trophées sous le bras. On est une institution vieille de 65 ans et on ne va pas s’amuser à des petits arrangements comme ça. C’est un nouveau prix, comme on avait lancé le prix Yachine et le prix Kopa. Comme c’est une récompense qui repose sur un vote, il y a toujours des pros et des antis. On a l’habitude de ça. J’ai l’habitude de dire que tout ce qui est excessif, est insignifiant. Je comprends que l’on puisse discuter et les débats autour du résultat mais celui qui est désigné, ce n’est pas n’importe qui quand même. C’est Lionel Messi. Certainement l’un des cinq plus grands joueurs de l’Histoire.

Propriétaires des Clubs de Ligue 1: Un Paysage Diversifié

Le championnat français attire de puissants investisseurs venus du monde entier. Avec des propriétaires aux profils variés, la Ligue 1 est un terrain de jeu pour les investisseurs du monde entier. Avec le rachat programmé de l'Olympique lyonnais par l'Américain John Textor, la Ligue 1 prouve une nouvelle fois qu'elle est attractive pour les investisseurs étrangers. Désormais, les propriétaires tricolores ne représentent plus que la moitié du contingent.

Les clubs de Ligue 1 sont sous l’influence de fortunes diverses. Milliardaires étrangers, fonds d’investissement ou entrepreneurs locaux, chaque propriétaire imprime sa vision. L’argent ne fait pas tout, mais il est souvent la clé pour briller au plus haut niveau.

Voici un aperçu des propriétaires de quelques clubs de Ligue 1 :

  • Angers SCO: Saïd Chabane possède Angers depuis 2011. Ancien industriel dans l’agroalimentaire, il a fait fortune avec Cosnelle, une société spécialisée dans la charcuterie.
  • AJ Auxerre: James Zhou est un entrepreneur chinois qui a bâti sa fortune dans l’industrie du papier et du packaging avec le groupe ORG Packaging. Il a racheté l’AJ Auxerre en 2016.
  • Stade Brestois: Denis Le Saint est un chef d’entreprise français, spécialisé dans la distribution de fruits et légumes. Propriétaire du Stade Brestois depuis 2016, il est l’un des rares dirigeants de Ligue 1 à avoir une approche familiale du football.
  • RC Lens: Joseph Oughourlian est un investisseur franco-arménien ayant bâti sa fortune dans la gestion d’actifs avec Amber Capital. Il a pris le contrôle du RC Lens en 2018 et a fait de la stabilité financière un atout majeur pour le club.
  • LOSC Lille: Elliott Management, fonds américain spécialisé dans les placements à haut rendement, a pris le relais à Lille pour redresser les finances du club.
  • Olympique Lyonnais: John Textor est un entrepreneur américain actif dans les technologies et le divertissement. À la tête d’Eagle Football Holdings, il a pris le contrôle de l’OL en 2022.
  • Olympique de Marseille: Frank McCourt, milliardaire américain, a fait fortune dans l’immobilier avant de se tourner vers le sport. Il a racheté l’OM en 2016 avec l’ambition d’en faire un club compétitif.
  • AS Monaco: Dmitry Rybolovlev est un milliardaire russe ayant fait fortune dans la potasse avec Uralkali. À la tête de l’AS Monaco depuis 2011, il a injecté des centaines de millions d’euros dans le club.
  • FC Nantes: Waldemar Kita, homme d’affaires franco-polonais, a fait fortune dans le secteur pharmaceutique.
  • OGC Nice: Jim Ratcliffe, patron du groupe chimique Ineos, est un milliardaire britannique. Il a racheté l’OGC Nice en 2019 avec l’objectif d’en faire un club ambitieux.
  • Paris Saint-Germain: Le PSG appartient à Qatar Sports Investments (QSI), une filiale du fonds souverain du Qatar. QSI gère un portefeuille colossal de 500 milliards de dollars d’actifs.
  • Stade Rennais: Le Stade Rennais appartient à la famille Pinault, à la tête du géant du luxe Kering (Gucci, Balenciaga).
  • RC Strasbourg: Todd Boehly, milliardaire américain à la tête du consortium BlueCo (propriétaire de Chelsea), a racheté Strasbourg en 2023.
  • Toulouse FC: RedBird Capital, fonds d’investissement américain, possède le TFC depuis 2020.

Tableau des Propriétaires de Clubs de Ligue 1

Club Propriétaire(s) Origine
Paris Saint-Germain Qatar Sports Investments (QSI) Qatar
AS Monaco Dmitry Rybolovlev Russe (Chypriote)
Olympique Lyonnais John Textor Américain
OGC Nice Jim Ratcliffe (INEOS) Britannique
RC Strasbourg Todd Boehly (BlueCo) Américain
Toulouse FC RedBird Capital Partners Américain
Stade Brestois Denis Le Saint Français
FC Nantes Waldemar Kita Franco-Polonais
RC Lens Joseph Oughourlian Franco-Arménien
Angers SCO Saïd Chabane Français
Jean-Michel Aulas et John Textor, symboles de l'évolution des propriétaires en Ligue 1.

L'Ère des Investisseurs Étrangers

Depuis dix ans, les capitaux étrangers phagocytent peu à peu les parts françaises au sein du football français de haut niveau. Sur les vingt clubs présents en Ligue 1 pour la saison 2022-2023, dix appartiennent à des investisseurs étrangers, et ce chiffre est en passe d’augmenter.

Le 21 juin, un communiqué de l’Olympique lyonnais (OL) officialisait le rachat du club de foot, historiquement propriété de Jean Michel-Aulas, par l’homme d’affaires américain John Textor. Ce dernier promet de sortir le portefeuille afin, notamment, de renverser l’hégémonie parisienne, affirmant en conférence de presse avoir « investi avec [ses] fonds propres ». Sur les 523 millions d’euros obtenus, Textor prévoit déjà d’injecter 86 millions à l’approche du mercato estival. M. Aulas devrait rester à la présidence de l’OL pour les trois prochaines saisons, mais il n’en est désormais plus l’actionnaire majoritaire.

Ce rachat s’inscrit dans un schéma qu’on observe depuis maintenant dix ans dans le milieu du football professionnel français : l’arrivée d’un riche investisseur étranger montant au capital d’un club pour en prendre la présidence.

Performances Financières ou Sportives, Diplomatie : Des Motivations de Rachat Diverses

En France, l’année 2011 est marquée par le rachat de deux des plus gros clubs de Ligue 1 par des investisseurs étrangers. Ils ont des poches profondes et comptent injecter des sommes d’argent jusqu’alors jamais vues dans le championnat français.

En 2011, Colony Capital, actionnaire majoritaire du Paris-Saint-Germain, avec plus de 95 % des parts, perd de l’argent et fait face à un important déficit en matière d’image. Le fonds cède alors 70 % de ses parts à la société en participation qatarie Qatar Sports Investment. Le petit émirat use du soft power footballistique pour améliorer sa réputation. Au cours de la saison 2010-2011, le budget du PSG est quasiment doublé, passant de 80 à 150 millions, et n’a plus cessé d’augmenter depuis.

C’est également en 2011 qu’après plusieurs refus la principauté de Monaco cède deux tiers des parts de l’AS Monaco à l’homme d’affaires russe Dmitri Rybolovlev pour un euro symbolique. A l’époque, selon un administrateur du club monégasque, la famille princière ne souhaitait plus continuer à « financer totalement le club », dont les comptes étaient en mauvais état. Les investissements de l’homme d’affaires russe finissent par payer et transforment Monaco en un club de haut de tableau, dès son retour en Ligue 1 à la saison 2013-2014, durant laquelle le budget du club est augmenté de 100 millions d’euros.

Course à la Surenchère Budgétaire depuis Dix Ans

Si les budgets des clubs professionnels français ont augmenté au fil des ans, l’arrivée progressive des investisseurs étrangers a plus que doublé le budget moyen des clubs en Ligue 1, en passant de 52 millions d’euros en 2011 à 116 millions d’euros en 2022. Aujourd’hui, les cinq premiers budgets de la Ligue 1 (Paris, Lyon, Marseille, Monaco et Lille) sont ceux d’équipes détenues par des investisseurs étrangers : américains, russes, luxembourgeois ou qataris.

En 2022, les capitaux étrangers représentent trois quarts du budget total des clubs de Ligue 1. Le football français professionnel subit une surenchère financière des investisseurs étrangers, à l’instar de la Premier League anglaise ou de la Serie A italienne, également convoitées par les capitaux étrangers.

Racheter un Club, un Investissement à Risque

La reprise des clubs français par des capitaux étrangers suit depuis dix ans le même schéma : rachat d’un club en baisse nette de performance (PSG, Bordeaux…) ou en mauvaise situation financière (Angers, Monaco…) pour le faire monter dans les classements.

Ces rachats ne sont pas des placements sûrs pour les investisseurs, mais bien des paris sur l’avenir des clubs, comme ce fut le cas pour les Girondins de Bordeaux qui, malgré un important apport financier injecté très récemment, n’ont pas réussi à se maintenir dans l’élite. En revanche, les 100 millions d’euros de revenus que le PSG a touchés lors de la saison 2010-2011 se sont transformés en 556 millions pour la saison 2020-2021 sous la direction du président du club, Nasser Al-Khelaïfi, sous forme de droits télévisuels, de revenus de billetterie et de vente de produits dérivés.

Si les capitaux étrangers, manifestement conquis par le football français, ne cessent d’affluer depuis une décennie pour racheter des clubs professionnels hexagonaux, les investisseurs français se désintéressent des clubs sportifs étrangers.

tags: #france #football #proprietaire