Crise à la Fédération Tunisienne de Football : Entre Corruption et Quête d'un Nouveau Sélectionneur

La Fédération Tunisienne de Football (FTF) traverse une période tumultueuse, marquée par des accusations de corruption et une recherche ardue d'un nouveau sélectionneur pour l'équipe nationale. Cette situation complexe met en lumière les défis auxquels est confronté le football tunisien, tant sur le plan administratif que sportif.

Arrestation de Wadie Jary : Soupçons de Corruption

Le président de la FTF, Wadie Jary, a été placé sous mandat de dépôt le jeudi 26 octobre 2023, suite à des soupçons de corruption. Le dirigeant tunisien de 51 ans a été arrêté dans le cadre d'une enquête portant sur des allégations de corruption, selon un porte-parole judiciaire aux médias locaux.

Wadie Jary est accusé d'avoir conclu un contrat illégal avec Sghaier Zouita, ancien directeur technique de la FTF, ce qui a suscité des préoccupations juridiques. Plus précisément, il est reproché à M. Jary d'avoir empiété sur les prérogatives du ministère de la Jeunesse et des Sports en nommant un directeur technique par contrat, alors que cette fonction doit être régie par décret.

Selon Romain Molina, journaliste investigateur, cette affaire est liée à de la corruption financière au sein de la Fédération, d'autant que la rémunération était beaucoup plus élevée que celle prévue. Il retrouvera sur le banc des accusés d’autres personnalités tunisiennes épinglées par la Justice locale ces dernières semaines « pour des affaires autres que sportives », selon Molina. Cette fois, le vent semble tourner.

Succession de Sami Trabelsi : Une Quête Complexe pour un Nouveau Sélectionneur

CAN 2025 : déception des supporters tunisiens après l´élimination en 8ème de finale

Depuis l’élimination cruelle de la Tunisie en huitièmes de finale de la CAN 2025 face au Mali (1-1, 3 tab à 2), le 3 janvier 2026, le football tunisien vit un véritable feuilleton autour de la nomination du nouveau sélectionneur. Le 4 janvier 2026, au lendemain de l’élimination contre le Mali, la Fédération Tunisienne de Football a annoncé la rupture du contrat avec Sami Trabelsi et l’ensemble de son staff technique.

Entre ambitions internationales, contraintes budgétaires, tensions entre la Fédération et le ministère des Sports, et candidatures multiples, la succession de Sami Trabelsi s’annonce comme l’un des dossiers les plus complexes de l’histoire récente des Aigles de Carthage. Rappelons que Trabelsi, qui effectuait son deuxième mandat à la tête des Aigles de Carthage (après un premier passage entre 2011 et 2013 couronné par la victoire au CHAN 2011), avait été nommé en février 2025. Sa mission principale : qualifier la Tunisie pour la Coupe du Monde 2026 et redresser une équipe en perte de vitesse.

Le match contre le Mali restera dans les mémoires comme un symbole du malaise tunisien : après avoir mené 1-0 à la 88e minute contre une équipe réduite à 10 depuis la 26e minute, la Tunisie a encaissé l’égalisation sur penalty dans le temps additionnel (97e) avant de s’incliner aux tirs au but.

Plusieurs enquêtes ont révélé des interventions directes de dirigeants fédéraux dans les choix tactiques, la composition d’équipe et même la désignation du capitaine sous Trabelsi. Pour bien comprendre les tensions actuelles, il faut remonter à janvier 2025.

Les Candidats en Lice

La Fédération Tunisienne de Football souhaite frapper un grand coup en recrutant un technicien étranger de renom, capable d’apporter une expertise internationale et de redorer le blason des Aigles de Carthage. Cependant, une évolution notable : le ministre des Sports a fini par accepter le principe d’un entraîneur étranger. Cette ouverture a permis de relancer les négociations avec des profils internationaux, notamment Franck Haise.

Voici quelques-uns des candidats évoqués pour le poste de sélectionneur :

  • Franck Haise: L’ancien entraîneur du RC Lens et de l’OGC Nice (limogé en fin décembre 2025) est actuellement LA piste la plus sérieuse et la plus probable. Selon les informations les plus récentes, il accepterait de diviser son salaire par deux pour rejoindre la Tunisie, soit environ 100 000 euros par mois. Les négociations sont en cours et Haise doit se rendre en Tunisie pour finaliser les discussions.
  • Bernard Casoni - Jean-Pierre Papin: Une piste originale et tactiquement intéressante : l’association de deux anciens internationaux français qui ont marqué l’histoire du football français et européen. Toutefois, aucune information concrète sur l’avancement de ce dossier n’a filtré.
  • Walter Mazzarri: Le technicien italien (64 ans), qui a entraîné notamment Naples, l’Inter Milan, le Torino et Cagliari, a officiellement déposé sa candidature auprès de la Fédération Tunisienne de Football.
  • Philippe Troussier: À 70 ans, le technicien français possède une expérience considérable sur le continent africain, ayant dirigé la Côte d’Ivoire, le Nigeria, le Burkina Faso, l’Afrique du Sud et le Maroc. Selon Mosaïque FM, Troussier a formellement déposé sa candidature auprès de la direction sportive de la FTF et d’un membre du bureau fédéral, par l’intermédiaire de son agent.
  • Mouine Chaabani: Actuel entraîneur de la Renaissance Sportive de Berkane (Maroc), Chaabani demeure l’un des grands favoris parmi les candidats tunisiens. Le problème : Comme en 2025, Berkane refuse catégoriquement de libérer Chaabani.
  • Radhi Jaïdi: Actuel entraîneur de Nejmeh SC au Liban, Radhi Jaïdi (50 ans) figure parmi les candidats tunisiens sérieux. En 2023, les négociations entre Jaïdi et la FTF avaient capoté pour une raison très précise : la fédération voulait le payer en dinars tunisiens, tandis que Jaïdi souhaitait être rémunéré en devises car sa famille vit en Angleterre.

D’autres profils ont été mentionnés dans la presse sans réelle confirmation : Thierry Henry et Patrick Vieira (pistes fantaisistes compte tenu de leurs prétentions salariales qui nécessiteraient de multiplier le budget par 5 ou 10), Raymond Domenech, Willy Sagnol (sélectionneur de la Géorgie) avec son adjoint Adel Chedli et Eric Chelle (sélectionneur du Nigeria).

Les Obstacles et Défis

Plusieurs facteurs compliquent la nomination d'un nouveau sélectionneur :

  • Contraintes budgétaires: Le salaire du sélectionneur est un obstacle majeur, comme l'a démontré l'échec des négociations avec Queiroz en janvier 2025. Queiroz réclamait un salaire annuel estimé à 1,4 million d’euros (environ 500 000 dinars tunisiens par mois) pour lui et deux adjoints, le tout payé en devises étrangères.
  • Ingérence politique: Le véto présidentiel sur Queiroz en janvier 2025 et le blocage ministériel répété illustrent le poids écrasant du politique dans les décisions sportives.
  • Absence de cahier des charges: La FTF navigue à vue, sans cahier des charges précis ni critères définis. Aucun profil type n’a été établi, aucune feuille de route claire n’a été communiquée.

À l’heure où nous écrivons ces lignes (14 janvier 2026), soit plus de 10 jours après le limogeage de Trabelsi, la Tunisie n’a toujours pas de sélectionneur.

La Tunisie se retrouve engluée dans des luttes d’influence, sans cap clair, sans projet cohérent, et sans réponse aux attentes légitimes d’un public qui réclame bien plus qu’un simple changement de sélectionneur.

Qualifiée pour le Mondial au Qatar, la Tunisie a confirmé dans ses fonctions le sélectionneur actuel, Jalel Kadri, et ses adjoints.On ne change pas un staff qui gagne. Le président de la Fédération tunisienne de football, Wadi Jarii, a confirmé lundi le maintien en poste du trio composé du sélectionneur Jalel Kadri et de ses adjoints, les anciens de 2004 Selim Benachour et Ali Boumnijel.

Les trois hommes seront chargés de conduire les Aigles de Carthage en éliminatoires de la CAN 2023 puis au Mondial 2022, pendant lequel ils auront pour adversaires la France, le Danemark et le vainqueur d'un barrage intercontinental (Pérou, Australie ou Emirats arabes unis).

Réélection de Wadii Al Jari et Défis Futurs

Wadii Al Jari, président sortant de la Fédération tunisienne de football (FTF), a été réélu pour un nouveau bail de quatre ans. Il l’a emporté largement face à Jalel Tekaya par 272 voix contre 114.

Durant sa campagne, le futur vainqueur de la consultation avait réfuté l’idée d’un bilan négatif de sa gestion: “J’entends tous les jours que rien ne va depuis l’arrivée du bureau fédéral actuel et que le football tunisien a touché le fond, avait-il déclaré, pourtant, les chiffres ne confirment pas ce que racontent ces gens”.

Mais le président Al Jari reconnaît indirectement les limites actuelles du football tunisien au niveau international et prône le travail dans la stabilité pour de meilleurs résultats. Pour ce faire, il cite l’exemple du voisin algérien : “Malgré cela, la Tunisie fait toujours partie des meilleures équipes. Maintenant, il faut aller chercher les jeunes talents qui évoluent à l’étranger. Il faudra également être solidaires. L’Algérie était absente pendant 25 ans. L’équipe qui a été battue par la Tunisie lors de la CAN 2013, s’est qualifiée au mondial avec les mêmes joueurs, staff et bureau fédéral. Ils étaient solidaires et ont tout fait pour que l’équipe réussisse. Je suis optimiste, nous sommes capables de nous qualifier au mondial 2018. Vous pouvez me détester mais aimez la Tunisie comme ce fut le cas en 2004 (ndlr l’année du titre de champion d’Afrique).

Les feux sont braqués aujourd'hui sur les deux assemblées générales de la FTF qui retiendront l'attention et attendues sur des charbons ardents par ceux qui s'apprêtent à se porter candidats pour les élections d'un nouveau Bureau fédéral le 25 janvier prochain. La première assemblée est ordinaire avec deux points principaux inscrits à son ordre du jour : la lecture du rapport moral qui résumera toutes les activités de la Fédération pendant la période qui a commencé le 11 mai 2024, date de la tenue de la dernière assemblée ordinaire, puis le deuxième point qui concernera la présentation du rapport financier pour la période de Wassef Jlaiel, du 25 octobre 2023 au 30 juin 2024.

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