Il y a 20 ans, le 12 juillet 1998, la France remportait la Coupe du Monde de football face au Brésil, 3-0. Ce jour-là, la France est rentrée dans l’histoire en remportant pour la première fois la Coupe du monde. Retour sur les moments de joie et de célébration qui ont suivi cette victoire historique.

La Ferveur Populaire à Travers le Pays
La joie est la même dans tout le département.
À Saint-Brieuc, entre 5 000 et 6 000 personnes sont en liesse dans les rues. « On n’avait jamais vu ça à Saint-Brieuc ».
À Lannion, des centaines de personnes se retrouvent sur les quais. Concert de casseroles à Lannion !
À Dinan, les supporters montent sur les voitures. Supporters fous de joie dans les rues de Dinan.
Dans la commune voisine de Perros-Guirec, c’est le même constant : « liesse historique. » À Perros-Guirec le 12 juillet 1998. La France est championne du monde, ces trois enfants sont euphoriques ! Et 1, et 2, et 3-0 !
Dans la salle des fêtes de Loudéac, la foule en liesse.
A Plumaudan, les Bleus ont aussi leurs supporters.
« Du monde partout à des heures où habituellement la ville dort sur ses deux oreilles. »
À Dinan, « ils étaient tous champions du monde », titre Ouest-France le 14 juillet.
France 3 - 0 Brazil | World Cup 1998 HD
La Réception à l'Élysée : Les Bleus à l'Honneur
En ce jour de Fête nationale, les Bleus champions du monde sont reçus en grande pompe au palais de l’Élysée, siège de la présidence de la République et résidence officielle du chef de l’État. Ce n’était ni la première, ni loin d’être la dernière fois.
Célébrée comme jamais auparavant, première victoire en Coupe du monde oblige, l’Équipe de France a eu les honneurs des ors de la République à l’Élysée en 1998, un jour de Fête nationale : Thierry Henry, le capitaine Didier Deschamps, le président Jacques Chirac, le sélectionneur Aimé Jacquet, le Premier ministre Lionel Jospin (photo principale, de gauche à droite) et les compagnes des Tricolores (au premier plan).

Retour au palais pour les joueurs de l’Équipe de France et leur staff (à droite, le sélectionneur Aimé Jacquet) le 1er septembre 1998, cette fois pour être décorés de la Légion d’honneur.
Jacques Chirac pose le 31 août 2000 à l'Élysée avec la coupe du monde 1998 parmi les Bleus, dont le sélectionneur Roger Lemerre, Laurent Blanc - porteur du trophée du championnat d'Europe des nations 2000, gagné le 2 juillet face à l’Italie à Rotterdam (2-1, but en or) -, Franck Lebœuf, le capitaine Didier Deschamps, Thierry Henry et Bixente Lizarazu (de gauche à droite), lors d'une réception au cours de laquelle le président de la République va célébrer le "doublé historique" des Tricolores au Mondial puis à l’Euro à deux ans d’intervalle.
Onze mois après avoir conquis une deuxième étoile, les champions du monde 2018 vivent un nouveau moment de gloire le 4 juin 2019 dans le palais présidentiel. Venus avec le trophée, les vingt-trois joueurs et le staff sacrés en Russie sont décorés de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron, en présence de leurs familles, du président de la FFF Noël Le Graët, de sa directrice générale Florence Hardouin et de nombreux invités, dont les membres du Comité exécutif de la Fédération.
La Une de L'Équipe : Un Moment Gravé dans l'Histoire
Pour la première fois de son histoire, les Bleus sont Champions du Monde. Une de L'Equipe le lendemain de la victoire de la France en Finale de Coupe du Monde 1998 : France vs Brésil (3-0). Zidane (Zinedine), Djorkaeff (Youri), Petit (Emmanuel).

Les Articles du Monde : Retour sur les Événements du 14 Juillet 1998
A l’occasion de la Coupe du monde de football 2018 en Russie, Le Monde republie des articles parus en 1998, lors de la première Coupe du monde remportée par les Bleus, à Paris.
- Des foules immenses ont célébré la victoire des Bleus contre la Seleçao
- Sur les Champs-Elysées, une voiture fauche et blesse quatre-vingts personnes
- Les bonnes affaires du Mondial
- Il faut un moratoire mondial pour les OGM
- Aux Champs Elysées, près de l'Hôtel de ville...
- Visite du premier ministre russe à Tokyo
- Ces mains qui portent l'art taïwanais des marionnettes
- NAOTO KAN
- Météo Temps frais, averses dans le Nord
- 23.20 Ciné Cinéma I Latcho Drom
- Le beau jeu des Néerlandais doit apprendre à gagner
- Théâtre politique XAVIER DURRINGER
- Un faux héros chinois pour combattre les poisons du néo-capitalisme
- De la fête au cauchemar : les hooligans
- TÉLÉVISION : les audiences du match de football France-Brésil
- La Bourse de Tokyo clôture en hausse
- Au CFO, on reclasse
- Xavier Durringer surfe sur la réalité sociale et politique
- L'ayatollah Khamenei qualifie d'« hypocrite » l'attitude des Etats-Unis
- TENNIS: l'Espagnol Alex Corretja s'est adjugé le tournoi de Gstaad .
- Lycéens décrocheurs
- 22.35 Ciné Cinéma II Matelot 512
- Jamil Mahuad remporte l'élection présidentielle en Equateur
- ITALIE : arrestation du chef mafieux Francesco Schiavone, surnommé « Sandokan »,
- L'exercice mixte de la médecine
- Une réputation très exagérée
- La « saudade » des Brésiliens à Paris
- Un directeur de Campenon-Bernard mis en examen pour abus de confiance
- Quatre mises en examen annulées dans une affaire du Crédit lyonnais
- Le conflit continue chez General Motors, après cinq semaines de grève
- Chantiers d'écriture contemporaine à la Chartreuse
- L'Etat achèterait le Palais des papes
- L'ÉTÉ FESTIVAL
- Corée-Japon : cap sur 2002
- Le triomphe d'Aimé-le-modeste
- Ils sont champions du monde et la France chavire de bonheur avec eux
- Zinedine Zidane, roi du monde
- Un mois de vie en bleu dans la retraite de Clairefontaine
- Les Jeux dans « Le Monde »
- Le 14 juillet, des policiers défileront sur les Champs-Elysées
- Un moral et un jeu invincibles
Les Coulisses de la Finale : L'Incertitude Autour de Ronaldo
Quelques heures avant le match, la présence de Ronaldo, la star de l’équipe brésilienne, est encore incertaine. La France pourrait-elle gagner face aux champions du monde en titre ?
A 19h, les Brésiliens arrivent les premiers au stade de France, devançant d’une dizaine de minutes les Bleus. Mais les Sud-Américains ont quitté leur camp de base à Lésigny (Seine-et-Marne) avec une réelle inquiétude. Un sentiment qui se matérialise un peu plus d’1h30 avant le début de la rencontre lorsque les premiers médias reçoivent la feuille de match, listant les joueurs qui seront sur le terrain et sur le banc.
La journaliste Nathalie Iannetta se souvient : "La scripte qui réalisait le direct pour Canal+ dit dans le casque de Thierry Gilardi qui commentait le match : "il n’y a pas Ronaldo sur la feuille de match". Et là, c’est la stupeur." Pour tous les spécialistes, un seul nom était sur toutes les lèvres lorsqu’il s’agissait d’évoquer le plus grand danger pour l’équipe de France : Ronaldo. A seulement 21 ans, le prodige brésilien impressionne par sa puissance et son efficacité devant le but, des qualités récompensées par un Ballon d’or quelques mois auparavant.
Que s’est-il joué dans l’après-midi pour que l’avant-centre brésilien ne figure pas sur cette feuille de match ? Les rumeurs se répandent, l’agitation autour de sa présence, ou son absence, au match du soir fait monter la pression. Les doutes s’installent. Coup de bluff du sélectionneur brésilien ou vraie blessure du joueur ? Tout le monde s’interroge sur les raisons de cette absence…
Petit à petit, les journalistes apprennent qu’une ambulance est arrivée dans l’après-midi au centre d’entraînement des Brésiliens. Ronaldo aurait fait un malaise, ce que confirme Zico, entraineur adjoint des Auriverde : "Il a fait des convulsions après le repas. On ne sait pas pour quelle raison. C’était la star de l’équipe. Et tout le monde était très préoccupé. Psychologiquement, l’équipe était à terre, préoccupée par la vie d’un de ses joueurs. Il est parti à l’hôpital et n'est revenu qu’une heure avant le match."
Vers 20h, l’attaquant arrive enfin au stade, de retour de la clinique des Lilas après avoir passé des examens neurologiques et cardiaques ce qui rassure l’ex-joueur brésilien Sonny Anderson : "Dès qu’on voit Ronaldo sur la liste et au stade, là on se dit qu’on peut gagner la Coupe du monde."
Ronaldo figure finalement bel et bien sur la feuille de match officielle ; comme celui de tous les joueurs qui vont participer à cet évènement. Nathalie Iannetta, journaliste, résume ainsi les choses : "Oui il y a eu une clé Ronaldo, qui a été une histoire dans l’histoire."
Le Départ de Clairefontaine : Un Voyage Accompagné par la Ferveur Populaire
L’heure du départ… il est 18h ce 12 juillet 1998 ; le car transportant les 22 joueurs, leur entraineur et l’équipe technique, quitte le domaine de Clairefontaine pour rejoindre le Stade de France, au milieu de supporters enthousiastes.
Une ferveur populaire accompagne déjà la sortie du bus. Une foule tellement dense que le véhicule doit rouler au pas pour pouvoir sortir de Clairefontaine avant de rejoindre normalement le stade de France.
Pour Stéphane Meunier, réalisateur du documentaire Les Yeux dans les Bleus, qui était dans le car avec les joueurs, le souvenir est encore palpable : "Ça durait, ça durait… il y avait du monde partout. Au bord des routes. Sur l’autoroute, les gens étaient arrêtés, debout sur les capots avec des drapeaux. C’était hallucinant. Des motos suivaient. C’était incroyable. Je me sens hyper privilégié d’avoir vu ça de l’intérieur du bus, d’avoir vu la France dans la rue, sur le périph’, debout sur les voitures."
Les joueurs sont acclamés ; et pour les supporters, la France a déjà gagné.
La Confiance des Bleus Avant le Match
"Quand je suis arrivé au stade de France je me suis dit « c’est impossible qu’on perde »", se remémore Lilian Thuram.
Dans le tunnel menant au stade, la confiance est clairement dans le camp tricolore : "Dans le couloir, on voit Ronaldo qui est pâle. Et là il y a Lilian et les joueurs qui se disent : ce soir c’est pour nous !"
Depuis la tribune, à quelques minutes du coup d’envoi, Denis Djorkaeff, frère du joueur Youri Djorkaeff, confirme cette impression : "À partir du moment où ils sont rentrés sur le terrain, je les ai sentis forts. Quand ils se serrent pendant la Marseillaise… dès que ça a commencé, on les a sentis bien."
Et contrairement à tous les pronostics en début de journée, la finale sera à sens unique.
Le Sacre : La France sur le Toit du Monde
Abasourdis autant qu’heureux, les vingt-deux de l’entraîneur Aimé Jacquet ont du mal à prendre conscience qu’ils viennent d’offrir à la France sa première Coupe du monde.
Qu’elle fut longue à venir, cette Coupe du monde !
Enfin, Didier Deschamps s’est hissé sur l’estrade. Jacques Chirac lui a remis la babiole. Il l’a brandie, comme quinze capitaines avant lui. Mais c’était Deschamps. Mais c’était la France. La France, championne du monde.
« Notre génération a réalisé ce que les autres n’ont pu faire », estimait Bernard Lama. « La coupe restera là, elle ne partira pas, c’est ce qu’on voulait tous », affirmait Zinédine Zidane. Le meneur de jeu de l’équipe de France a fait ce qu’il fallait pour la retenir. « Il nous a apporté la lumière », laissait échapper Aimé Jacquet. Ses deux buts ont scellé en une mi-temps la partie et l’avenir du trophée pour les quatre ans à venir. Deux coups de tête, deux pierres apportées à sa stèle pour l’éternité. Cela suffisait pour être champion du monde.
« A la limite, ce match a été trop facile, assurait Lilian Thuram. Tout s’est passé comme ça se passe seulement dans les rêves. » Marcel Desailly jugeait, lui, que les Brésiliens avaient été « décevants ». Bixente Lizarazu évoquait le « scénario presque parfait ». Frank Lebœuf, le pieux, savait que tout était déjà écrit : « On a un destin. Il est tracé. Pour moi, il est heureux. » Stéphane Guivarc’h ne voyait encore qu’« une délivrance ». Youri Djorkaeff considérait simplement que « le travail avait été accompli ».
Les Héros d'une Nation : Des Destins Entrelacés
L’équipe de France avait le baby blues. « Je suis presque déçu que ça se termine », exprimait Emmanuel Petit. Ce 12 juillet mettait un terme brutal à une aventure humaine exaltante qu’aucun d’eux n’avait jamais expérimentée et que la plupart ne connaîtraient plus dans leur carrière finissante.
Alors les joueurs sont retournés une dernière fois se claquemurer à Clairefontaine, leur maison. Ils ont ignoré la foule qui les saluait et fêté, seuls avec leurs femmes, la fin d’une belle histoire.
Ces vingt-deux champions avaient déjà tellement en commun avant cette victoire. « Le football est un vecteur qui permet de gommer les différences raciales, sociales ou politiques », estime Didier Deschamps. Il peut faire plus que cela et amener des destins à s’entrechoquer.
Les similitudes dans les trajectoires des joueurs de l’équipe de France sont frappantes. Ce sont pour la plupart des déracinés, des hommes dont l’existence s’est trouvée un temps en bascule. Le ballon leur a rendu leur équilibre bien avant de leur offrir la gloire.
Si ces hommes n’ont pas tremblé, dimanche, c’est que leur parcours antérieur a forgé des caractères hors normes. S’ils se sont si bien entendu durant ce long voyage en groupe, c’est qu’ils avaient d’autres envies communes, d’autres défis à relever que le football.
Cette Coupe du monde rattrapait chez ses vainqueurs bien des souffrances endurées. Alors, ils avaient le droit de pleurer de bonheur, sur la pelouse du Stade de France.