La rivalité entre la France et l'Espagne en handball masculin est une histoire riche en émotions, marquée par des confrontations épiques dans les plus grandes compétitions internationales. Ces deux nations, considérées comme des puissances mondiales de ce sport, se sont souvent retrouvées face à face, offrant aux spectateurs des matchs à couteaux tirés, où chaque détail compte.
En 2021, lors du championnat du monde de handball en Égypte, les Bleus se sont inclinés 35 à 29 contre les joueurs de la Roja dans la « petite finale », match pour la troisième place du Mondial.
L'équipe de France n'a pas fait le poids pour aller chercher la médaille de bronze face à l'Espagne. Une nouvelle fois, les Bleus ont complètement manqué leur entame de match, commençant avec un handicap de 4 buts. Les Bleus n'ont jamais mené, ni ne sont revenus à égalité. Quand ils se sont un peu plus rapprochés, comme à -1 juste après la mi-temps, les Espagnols ont remis un coup d'accélérateur pour prendre le large. Sans souffle, confiance ni caractère, ils n'ont jamais été en situation de faire douter les espagnols, et sont aussi tombés sur de très bons gardiens, notamment lors des jets de 7 mètres. Les Bleus terminent au pied du podium de ce Mondial. Le résultat est un peu meilleur qu'espéré en début de compétition, mais la manière des deux derniers matchs a laissé à désirer.
Les espagnols ont été supérieurs dans beaucoup de domaines. Par phase, on a été intéressant mais on a été pris dans le piège Corralès (le gardien),. On a eu du mal à concrétiser des situations positives. Défensivement on a fait de bonnes phases et on a été punis par des tirs de loin ou en appui. On rate 2-3 moments clés dans le match.

Dans cette compétition, on a alterné le très bon et le moyen voire insuffisant. Cela donne ce bilan mitigé en termes de jeu, mais ce qui est intéressant c'est de voir comment l’équipe a avancé pendant ce mois. On peut voir la compétition sous l'angle de ce qui nous a manqués, mais je préfère regarder sous l'angle de ce qu'on a réussi par rapport aux conditions exceptionnelles en termes de situations, d'effectif. L'état d'esprit était prometteur, de nature à donner de l'espoir pour la suite. Il y a du boulot, on ne va pas se satisfaire de cela. On est content du carré final mais on a joué un rôle qui ne nous satisfait pas. Cela doit nous servir pour le TQO. C'est dans ce moment charnière qu'on est attendu.
Il a manqué beaucoup de choses, de la fraîcheur, on a souffert de la déception de vendredi. On a mis du temps à rentrer dans cette partie, l'Espagne a démontré plus d'envie que nous et a été meilleure. Maintenant, du travail, du travail du travail, surtout qu'on se retrouve dans 4 semaines pour le TQO. On a manqué de détermination, celle qu'on avait au début contre la Norvège pour réagir après la Serbie. On l'avait aussi contre le Portugal et la Hongrie. On était toujours fort mentalement, on était sereins, confiants de nos forces. C'est ce qui avait permis la victoire. Les blessures nous ont coupés dans notre élan, même si ce n'est pas une excuse.
Le vétéran Guigou prend la parole sur le même diffuseur : Quand on a enchaîné sept victoires et qu'on fini sur deux défaites... Il nous a manqué un peu de force, d'énergie pour finir la compétition. On a montré de belles choses mais c'est dur de sortir comme ça d'une compétition où on a été vaillants. Quand le niveau a augmenté, le manque d'énergie et de solution a été trop dur pour la fin. Quand on joue un match pour la troisième place et des équipes plus rodées comme l'Espagne c'est dur. On avait trouvé de bon allure et rotation mais les deux blessures en quarts nous ont fait mal dans la dynamique. L'Espagne a été meilleure tactiquement sur ce match. Et en plus de tomber sur un grand Corrales dans les buts, il nous a manqué un peu d'audace, d'envie et de folie. On n'a pas forcément cru en nous comme au début de la compétition, et on a un peu répété les erreurs de notre demi-finale contre la Suède. Il y a des questions à se poser : c'est clairement une remise en question pour la suite. Ce n'était pas évident non plus d'enchaîner les matchs à très haut niveau sur ce mondial.
Si l’on regarde l’historique des confrontations récentes, les Experts ont l’avantage. Sur les 13 derniers France-Espagne, les hommes de Claude Onesta se sont imposés à huit reprises, ne laissant échapper la victoire que cinq fois (2 nuls et trois défaites). Surtout, ils restent sur deux succès consécutifs, en ) et donc en demi-finale du dernier Euro (30-27).
A l’aube d’entamer ce match, l’Équipe de France a l’avantage d’être plus fraiche physiquement que la sélection Espagnole. En bénéficiant d’adversaires largement à la portée des Bleus en huitièmes et en quarts, Claude Onesta a pu faire tourner son effectif et laisser ses cadres au repos, à l’instar de Nikola Karabatic et de Thierry Omeyer en huitièmes. Ce n’est pas le cas de l’Espagne, qui était opposé à des adversaires de plus gros calibres (la Tunisie et le Danemark) et qui a dû batailler pour obtenir sa qualification face au Danemark.
Pour cette rencontre, Claude Onesta va pouvoir compter sur un groupe de 17 joueurs au complet. Si les joueurs de champ avaient tous marqués au moins un but face à l’Argentine en 8e, « seulement » dix joueurs français ont marqué face à la Slovénie en quarts, à savoir Luka Kabaratic, Daniel Narcisse, Kevin Nyokas, Michaël Guigou, Nikola Karabatic, Xavier Barachet, Kentin Mahé, Guillaume Joli, Cédric Sorhaindo et Valentin Porte.

Mais l’Espagne réalise également un très beau Mondial. Après une phase de groupes parfaite, ou ils remportés tous leurs matchs (face au Brésil, le Qatar, l’autre surprise de cette compétition, la Biélorussie, le Chili et la Slovénie), les joueurs ibériques se sont facilement défaits de la Tunisie en ... FOOT.
Il y a 20 ans, c'est par un choc entre les Bleus de Zidane et l'Espagne de Raul (1-0, but de Zidane) que le Stade de France avait été inauguré. Deux ans plus tard, les champions du monde parviennent à éliminer la « Roja » en quarts de finale (2-1) avant de filer vers le sacre continental.
Mais ces succès ne font pas oublier que, historiquement, la France peine face à l'Espagne (12 victoires et 16 défaites en 35 confrontations). La plus difficile à digérer pour le camp tricolore ces dernières années reste le quart de finale de l'Euro 2012, disputé en Ukraine. Afin de contrer les offensives d'Iniesta, Laurent Blanc, alors sélectionneur, tente un coup tactique : sélectionner deux défenseurs habitués au côté droit, Debuchy et Réveillère. Ce choix s'avère désastreux, Iniesta étant à l'origine du premier but. Les Bleus, avec Lloris, Rami mais aussi Benzema, Ribéry et Malouda comme titulaires, s'inclinent sans jamais avoir bousculé leurs adversaires (2-0). Il s'agit du dernier match de Laurent Blanc sur le banc français. Moins de trois semaines plus tard, il est remplacé par Didier Deschamps. L'actuel sélectionneur n'a pas vraiment eu une grande réussite face à l'Espagne sur le banc tricolore avec une victoire, un nul et deux défaites.
Ce sont des matches à couteaux tirés, où tous les coups sont permis et les retournements de situation ne se comptent plus. Durant la dernière décennie, les basketteurs tricolores et espagnols se sont retrouvés à six reprises lors de matches couperets de grandes compétitions internationales (Euro, Mondial, JO). Un an auparavant, c'est au cours de l'Euro disputé en France que les Bleus ont cédé dans une demi-finale d'anthologie devant 20 000 personnes à Lille (75-80). Ils ont craqué face à un immense Pau Gasol (40 points, 11 rebonds), le fer de lance de la sélection ibérique et futur coéquipier de Parker chez les Spurs.
Mais le palmarès des Bleus pèse peu face à des Espagnols qui en dix ans ont remporté trois fois l'Euro, été finalistes à deux reprises des JO et surtout été sacrés champions du monde en 2006. Trop souvent, l'Espagne a ainsi mis fin aux espoirs tricolores pendant des matches couperets aux Euro (2009, 2011, 2015) et aux JO (2012, 2016). La retraite de plusieurs joueurs emblématiques (Parker et Diaw côté français, Gasol et Navarro chez les Espagnols) pourrait rebattre les cartes.

À la différence de leurs cousins basketteurs, les handballeurs tricolores ont eu bien moins de difficultés face aux voisins espagnols depuis l'émergence de l'équipe de France au plus haut niveau au milieu des années 1990. Avant l'Euro disputé en Croatie en janvier dernier, les Bleus restaient sur une série de 18 victoires consécutives face à l'Espagne ! Alors, avant les retrouvailles en demi-finale de l'Euro à Zagreb, l'heure était aux sourires entre deux équipes qui se connaissent. En effet, la plupart des joueurs français et espagnols jouent ou ont évolué ensemble en club. Pourtant, sur le terrain, c'est la douche froide : les hommes de Didier Dinart, qui ne sont jamais vraiment parvenus à « rentrer » dans leur match, s'inclinent, malgré un sursaut dans le dernier quart d'heure (23-27). Les deux équipes pourraient se retrouver lors du Mondial qui se tiendra en janvier prochain en Allemagne et au Danemark.
Encore la tête à l’envers en début de match…Une chose est sûre : ce groupe France a montré ses limites ces derniers jours et apparaît au moins un cran en dessous des trois nations médaillées lors de ces championnats du monde. Le constat est là : cette équipe de France, surclassée par la Suède (26-32) en demi-finale, n’était pas en mesure de bousculer l’Espagne et d’aller décrocher une nouvelle médaille en compétition internationale, après son échec de l’Euro l’an dernier.
« Les Espagnols nous ont été supérieurs dans beaucoup de domaines. On a été capables, par moments, de montrer des choses intéressantes mais ils ont été plus en maîtrise que nous, analyse le sélectionneur, Guillaume Gille, qui trouve toutefois des motifs de satisfactions en bout de course. Dans cette compétition, on a alterné le bon et le moyen, voire l’insuffisant. C’est ce qui donne un bilan mitigé en termes de jeu. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir comment l’équipe a avancé au cours de ce mois.
« C’est dur de sortir comme ça d’une compétition où on a été vaillant… » La frustration l’emporte, évidemment, et Michaël Guigou a parfaitement résumé l’état d’esprit à l’heure de quitter le Caire et l’Égypte. Châtiée par l’Espagne pour la troisième place, l’équipe de France rentre bredouille et sans médaille. Rageant au regard du scénario de sa compétition.
« Les Espagnols nous ont été supérieurs dans beaucoup de domaines. On a été capables, par moments, de montrer des choses intéressantes mais ils ont été plus en maîtrise que nous, analyse le sélectionneur, Guillaume Gille, qui trouve toutefois des motifs de satisfactions en bout de course. Dans cette compétition, on a alterné le bon et le moyen, voire l’insuffisant. C’est ce qui donne un bilan mitigé en termes de jeu. Mais ce qui est intéressant, c’est de voir comment l’équipe a avancé au cours de ce mois.
Il y a des questions à se poser. Les Espagnols ont tactiquement mieux joué que nous aujourd'hui (...) On manque deux ou trois penalties. Il a manqué d'audace, d'envie et de folie. On n'a pas forcément cru en nous comme on avait pu le faire sur le début de la compétition. J'ai l'impression que les choses qui n'ont pas très bien marché contre la Suède se sont répétées. On est tombé sur un grand Corrales et on n'a pas su garder notre sang-froid dans les moments-clés.
Il a manqué beaucoup de choses. On peut parler de fraîcheur, de la déception de vendredi... On n'a pas réussi à remettre le bleu de chauffe. On a mis du temps à se mettre dedans. "On était en train de trouver vraiment une bonne allure, de bonnes rotations. Les deux blessures qui sont arrivées nous ont fait mal dans cette quête de confiance et de dynamique. Quand on enchaîne sept victoires et que l'on termine sur deux défaites, est-ce que ça représente vraiment le niveau sur la compétition ? Il nous a manqué un peu d'énergie et de force pour terminer.
Composition des équipes :
- France : Gardiens : V. Gérard, Genty - Joueurs de champ : Abalo, Guigou (cap.), Lenne, Descat, Remili, Mem, Mahé, Porte, Dipanda, M. Richardson, Lagarde, Claire, Acquevillo, L. Fabregas, Tournat. Entraîneur : Guillaume Gille.
- Espagne : Gardiens : Pérez de Vargas, Corrales, Hernandez - Joueurs de champ : Maqueda, Fernandez, Entrerríos, Dujshebaev, Sarmiento, Aguinagalde, Solé, Goñi Leoz, Figueras, Cañellas, Morros, Gómes, Ariño, Guardiola, Marchán, Dujshebaev, Odriozola. Entraîneur : Jordi Ribera.