La Belgique est de loin l’adversaire le plus fréquent rencontré par l’équipe de France. Les 75 rencontres entre les deux pays représentent 9% du total des matchs des Bleus depuis 1904. En effet, les deux équipes se sont affrontées 75 fois au cours de l'histoire du football.

Supporters des deux équipes lors d'un match France-Belgique
Au nombre des affrontements, la Belgique mène toujours, avec 30 victoires, 19 matchs nuls et 28 défaites contre les Bleus depuis 1904, et 162 buts marqués pour 134 encaissés.
Les Premiers Affrontements Amicaux
Officiellement, cet amical Belgique-France à Bruxelles est le premier match de l'histoire des deux sélections, le 1er mai 1904. Avant le coup d'envoi, les Français sont douze et ont recours à un tirage au sort pour déterminer qui de Jacques Davy ou Emile Fontaine jouera cette partie, à une époque où il n'y a pas de remplaçants dans le football.
C’est un match étrange disputé sur le stade du Vivier d’Oie, à Uccle dans la banlieue de Bruxelles, un stade doté d’une seule (petite) tribune en stuc, qui existe toujours. L’équipe de France est en fait composée de joueurs parisiens complétée par l’attaquant de Tourcoing Adrien Filez. Deux anecdotes : les Français sont douze, et c’est un tirage au sort qui détermine le titulaire entre Jacques Davy et Emile Fontaine. Le second ne sera donc jamais international.
La partie se termine sur un score nul (3-3) mais un trophée étant en jeu (par le mécène Evence Coppée), il est partagé entre les deux équipes, six mois chacune.
Le deuxième match contre la Belgique, toujours à Bruxelles, démarre avec une heure de retard. La raison ? L'arbitre John Lewis s'est perdu en calèche dans les rues de la capitale belge... Le décalage du coup d'envoi oblige le soldat Georges Crozier à quitter les Bleus dès la 65e minute pour attraper un train et tenter de rentrer à temps dans sa caserne.
Ce quatrième derby entre Belges et Français est aussi le premier du genre remporté par l’équipe de France, le seul des dix joués, avec une régularité d’horloge d’un par an, jusqu’en 1913. C’est également la première victoire à l’extérieur de l’histoire des Bleus, à une époque (celle précédent la première guerre mondiale) où ceux-ci ne gagnaient que 10 matchs sur 36 disputés (pour 4 nuls et 22 défaites).
Jusqu’à la Coupe du monde 1930, France-Belgique était synonyme de match international. Seuls les matchs amicaux seront étudiés ici. Ils représentent 62 des 75 rencontres.
Matchs Amicaux d'Avant-Guerre et d'Après-Guerre
Alors que la bataille fait rage dans les Ardennes où Hitler a lancé une offensive de la dernière chance, Français et Belges fêtent la libération par un match très amical au Parc des Princes, par un froid de gueux (les vestiaires n’étaient pas chauffés). C'est la première rencontre internationale de l'équipe de France depuis la Libération de Paris. Le match se solde par une victoire des bleus 3-1.
En cette fin de printemps 1950, la question qui agite la Fédération française concerne la Coupe du monde au Brésil : ira, ira pas ? Eliminée en barrage par la Yougoslavie en décembre, l’équipe de France est repêchée le 30 avril suite au forfait de l’Ecosse. Mais le 4 juin, les Belges mettent une raclée à des Français arrogants qui se demandaient à quoi bon jouer contre une équipe aussi faible. Résultat, 4-1 pour les Diables Rouges, triplé de Jeff Mermans et la FFF qui jette l’éponge le lendemain et renonce à aller au Brésil. Motif officiel : des déplacements trop longs entre les matchs. Officieux : la peur d’une humiliation face à l’Uruguay au premier tour.
Matchs Amicaux Récents
Après une épouvantable série de dix matchs sans victoire depuis 1957 (quatre nuls, sept défaites dont six d’affilée entre 1961 et 1966), l’équipe de France bat enfin la Belgique, et à Bruxelles, ce qui ne gâche rien. La rencontre est marquée par la réussite de Marco Molitor, débutant de 22 ans auteur d’un doublé, et par le carton rouge pour le latéral droit français, un certain Roger Lemerre.
Pour préparer l’Euro 1992, Michel Platini fait des essais en mettant deux milieux défensifs, Sauzée et Petit, comme latéraux, et Cantona en meneur de jeu. Résultat, les Belges de Scifo mènent trois fois au score, mais les Bleus ne se découragent pas et égalisent à chaque fois. Le dernier but (3-3) est signé Jean-Pierre Papin d’un somptueux ciseau retourné à cinq minutes de la fin, de l’entrée de la surface.
A deux semaines du match d’ouverture de la Coupe du monde en Corée du Sud, les Bleus de Roger Lemerre sortent le barnum au Stade de France pour un amical contre la Belgique en forme de message d’amour. Il en faut plus que ça pour impressionner les coéquipiers de Marc Wilmots (alors attaquant). Les champions du monde et d'Europe en titre subissent un revers surprise pour leur dernier match à domicile avant le Mondial nippo-sud-coréen. Les Belges marquent même tous les buts, par Glen De Boeck (40e) puis dans la même minute par Timmy Simons contre son camp. Marc Wilmots arrache la victoire dans le temps additionnel.
Le dernier France-Belgique avant la demi-finale de 2018 perpétue une tradition bien installée depuis trente ans : en amical, personne ne gagne à domicile. Ce jour-là, les Bleus se font hacher menu par des Belges déchaînés qui mènent 2-0 à la mi-temps (doublé de Fellaini) puis 4-1 avant l’heure de jeu (Nainggolan et Hazard, Valbuena ayant réduit le score). Vexés, les Français manquent de peu égaliser après des buts de Fekir et Payet dans les cinq dernières minutes (3-4). Les Bleus de Didier Deschamps sont malmenés par la génération d'Eden Hazard qui mène même 4-1 avant que Nabil Fekir et Dimitri Payet ne réduisent l'écart dans les toutes dernières minutes, chacun marquant son premier but en Bleu. "C'était un match très disputé, où la Belgique avait été très efficace, impressionnante", s'est souvenu l'attaquant français Olivier Giroud dimanche.
Les Confrontations en Compétitions Officielles
Si les matchs amicaux ont une saveur particulière, les rencontres en compétitions officielles sont celles qui marquent le plus les esprits. Les Diables Rouges ont notamment été le tout premier adversaire officiel de l'Équipe de France en 1904, un match qui s'était soldé par un score de 3-3.
A domicile, les Bleus prennent l'avantage dès la 40e seconde puis corsent le score dès la 11e minute, avant de remettre ça à la 69e (3-1). C'était lors du huitième de finale de la coupe du monde 1938.
Les Bleus se qualifient pour les demi-finales dès ce deuxième match en écrasant les Belges et leur vedette Enzo Scifo 5-0. Michel Platini s'offre un superbe triplé, annonciateur du sacre à venir en finale contre l'Espagne (2-0). C'était lors du premier tour de l'Euro 1984.
La France et la Belgique ont perdu 2-0 en demi-finales (face à la RFA et l'Argentine respectivement) et se retrouvent dans un stade qui sonne creux. C'était lors du match pour la troisième place du Mondial 1986. La France gagne le match 4-2 après prolongations.
Plus récemment, les deux dernières confrontations entre les deux équipes ont tourné à l'avantage des Bleus : 3-2 en demi-finale de Ligue des nations 2021 et 1-0 en demi-finale du Mondial 2018.

La joie des joueurs de l'équipe de France après leur victoire face à la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde 2018
Si l'on en croit les statistiques, les oppositions France-Belgique ont plutôt tendance à être prolifiques en buts. On compte ainsi un total de 293 buts marqués par les deux équipes en 75 matchs, ce qui porte la moyenne à 3,9 buts par rencontre !
Pour trouver trace d'une victoire des Diables Rouges contre les Bleus, il faut remonter à juin 2015. Au Stade de France, les hommes de Didier Deschamps avaient été surclassés par leurs voisins, alors entraînés par Marc Wilmots, en match amical (3-4), avec deux buts de Nabil Fekir et Dimitri Payet en toute fin de match pour rendre le score un peu plus présentable.
Mais les Diables Rouges n'ont jamais réussi à battre les Tricolores en phase finale d'une grande compétition internationale, que ce soit lors des Coupes du monde 1938, 1986 et 2018 ainsi qu'à l'Euro, en 1984 et donc en 2024.
L'équipe de France va disputer à Bruxelles le 919e match de son histoire. Avec un bilan de 462 victoires, 193 matchs nuls et 263 défaites, et 1653 buts marqués pour 1244 encaissés. Et ce sera la 163e rencontre avec Didier Deschamps sur le banc.
75. C'est le nombre de fois que la France et la Belgique se sont affrontées. Sur les 75 matchs ayant eu lieu depuis 1904, les Tricolores se sont imposés à 26 reprises, soit seulement 35 % du temps, contre 30 victoires belges (40 %) et 19 résultats nuls (25 %). En revanche, les Bleus l'ont toujours emporté en tournois majeurs, avec trois succès en Coupes du Monde (en 1938, 1986 et 2018) et un à l'EURO 1984.
Les chiffres sont meilleurs sous l'ère Deschamps. Après avoir débuté par un match nul et vierge (le 14 août 2013), la "bande à DD" ne s'est inclinée qu'une seule fois contre les Diables Rouges. C'était le 7 juin 2015, dans le cadre d'un match amical au Stade de France (3-4).
Derrière la Belgique, ce sont la Suisse et l'Italie qui ont le plus affronté la France, soit 39 fois chacune. Dans l'ensemble, les Français affichent un bilan positif face à la Nati (16 victoires et 13 défaites) mais négatif contre la Squadra Azzurra (12 succès et 19 revers).
Les Bleus défieront d'ailleurs la Nazionale à l'automne prochain (le 6 septembre puis le 17 novembre), dans le cadre de la Ligue des Nations (A), mais aussi la Belgique (le 9 septembre et 14 octobre).
| Compétition | Matchs Joués | Victoires France | Victoires Belgique | Matchs Nuls | Buts France | Buts Belgique |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Total | 75 | 26 | 30 | 19 | 134 | 162 |
| Coupe du Monde | 3 | 3 | 0 | 0 | 8 | 3 |
| Euro | 1 | 1 | 0 | 0 | 5 | 0 |
Après leur défaite en demi-finale du Mondial 2018 (1-0), il y a trois ans et demi, les joueurs de la Belgique ont estimé avoir été meilleurs que ceux de l’équipe de France. Mais les statistiques de ce match historique, réglé par une tête de Samuel Umtiti, dressent un constat nettement plus nuancé. N’en déplaise à Thibaut Courtois.
Le 10 juillet 2018 reste un jour de frustration éternelle pour la Belgique. Au terme d’un match tendu et électrique, les Diables Rouges se sont fait sortir par l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde (1-0). Avec le sentiment d’avoir été meilleurs sur le terrain de Saint-Pétersbourg. Ils ont d’ailleurs affiché une énorme rancœur dès l’après-match, en taclant directement leurs adversaires.
"Je préfère perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France", a lâché Eden Hazard, la mâchoire serrée. "On perd contre une équipe qui n’est pas meilleure que nous, et qui ne joue pas", appuiera Thibaut Courtois avec un regard noir. Les racines du fameux "seum" de nos voisins du nord, largement moqué sur les réseaux sociaux.
Mais cette impression de supériorité est-elle vraiment justifiée? Trois ans et demi après la tête victorieuse de Samuel Umtiti, RMC Sport s’est replongé dans les statistiques de cette rencontre historique. Et la version belge en perd de sa superbe. Dès la première ligne…
La France S’est Montrée Plus Dangereuse
Au niveau des "Expected Goals" (l'outil de mesure permettant d’établir la probabilité qu’une occasion se transforme en but), les Bleus sont largement devant avec 1,91 contre 0,38 pour les Belges. Les partenaires de Kylian Mbappé ont d’ailleurs frappé dix fois de plus que leurs rivaux à la Gazprom Arena (19 à 9).
Même s’ils ont été globalement moins précis dans leurs tentatives, ils ont cadré plus de fois au total (5 à 3). Ils ont tiré plus, aussi bien à l’intérieur de la surface (12 à 6) qu’à l’extérieur (7 à 3). Les coéquipiers de Raphaël Varane ont aussi remporté plus de duels dans l’antre du Zénith, preuve de leur implication sur le pré (57,7% contre 42,3%).
Les Belges Ont Mieux Tenu le Ballon
Voilà qui remet en cause la vision de Courtois et de ses acolytes. Mais la Belgique n’a pas démérité non plus au nord-ouest de la Russie. Comme ils l’ont eux-mêmes souligné, les hommes de Roberto Martinez ont eu la possession du ballon dans cette demie (63,6% contre 36,4%). Une domination territoriale qui se confirme par leur nombre de passes effectuées, largement supérieur à celui des Bleus (594 à 346).
Les collègues de Kevin De Bruyne se sont également montrés plus adroits dans leurs tentatives de passes (91,2% de réussies contre 83,5%). Ils ont aussi tenté beaucoup plus de centres (21 à 6). En revanche, ils ont été moins propres en défense, en commettant beaucoup plus de fautes (16 contre 6).
Au final, la feuille de stats apparaît plutôt équilibrée lors de ce France-Belgique. Tout dépend comment on décide de la lire... Mais les Bleus n’ont pas tellement à rougir de leur victoire.
Ce lundi 14 octobre, les Belges retrouvent l’équipe de France, un peu plus de trois mois après le huitième de finale de l’Euro 2024 qui avait vu les Bleus s’imposer (1-0). Une nouvelle défaite cruelle pour la Belgique, qui a prolongé sa série de désillusions face à son voisin. Pour Tedesco, cette disette doit permettre à ses joueurs de se surpasser.
Contrairement aux quatre derniers affrontements entre les deux équipes, Kylian Mbappé sera absent cette fois-ci. Mais avec un seul but en quatre rencontres, contre les Belges, le joueur du Real Madrid n’est pas l’arme fatale qui a permis aux Bleus de s’imposer.
Coupe du monde 2018: l'analyse tactique de la Belgique, adversaire des Bleus en demi-finale
Quand on pense au football européen, les tournois comme l’Euro 1984 reviennent souvent en mémoire pour leur capacité à captiver le public avec des matches d’une intensité dramatique. Parmi ces rencontres inoubliables, le match entre la France et la Belgique a brillé par sa passion et sa dramaturgie, captivant les amateurs de football et les transformant en histoires que l’on se raconte encore aujourd’hui.
L’Euro 1984 a été une année emblématique pour le football français. Organisé sur le sol français, ce championnat d’Europe a permis aux Bleus de se distinguer et de démontrer leur talent devant leur public. Pour la Belgique, l’enjeu était de se faire une place parmi les grandes équipes européennes. C’était à l’époque de joueurs tels que Michel Platini, dont la flamboyance sur le terrain est gravée dans les mémoires.
Le match France-Belgique était crucial pour déterminer qui prendrait la tête dans le groupe A. Séville, Michel pour la France, et les frères van den Elst de l’autre côté, se sont préparés mentalement pour un salon explosif de compétences et de stratégies. Le coup d’envoi a donné le ton dès le départ. C’était un match où chaque action portait une importance capitale.
Le public a été témoin d’une avalanche de buts, un véritable spectacle de football offensif. À la 11e minute seulement, l’indévissable Alain Giresse a trouvé les filets, déclenchant des cris de joie dans tout le stade. Mais la Belgique, loin d’être démobilisée, a répondu avec audace, transformant ce qui aurait pu être une rencontre déséquilibrée en un affrontement titanesque.
Le reste de la rencontre a été une série continue d’attaques et de contre-attaques, personne n’étant prêt à baisser les bras. Michel Platini, sandales de leadership bien chaussées, a montré pourquoi il était si vénéré.
Ce duel entre la France et la Belgique à l’Euro 1984 a laissé une empreinte indélébile sur le football européen. Les performances stellaires de joueurs comme Platini et Vandereycken ont contribué à populariser le tournoi et à accroître son prestige. Pour la France, la victoire contre la Belgique dans cet Euro a servi de tremplin, installant les Bleus comme une puissance européenne incontournable. De leur côté, les Belges ont prouvé leur combativité, traçant ainsi une voie pour une future génération de grands joueurs, comme Eden Hazard de son futur héritage.