Les blessures sont une réalité inévitable dans le monde du sport professionnel, et le basket-ball, avec ses exigences physiques intenses, ne fait pas exception. Les joueurs de la NBA sont particulièrement susceptibles de subir divers types de fractures et autres blessures, nécessitant des approches de traitement spécifiques pour assurer un rétablissement complet et un retour au jeu en toute sécurité.

Schéma d'un terrain de basketball
Blessures Courantes Liées à la Pratique du Basket-ball
Le basket-ball est un sport qui sollicite énormément le corps, exposant les joueurs à divers traumatismes. Voici une liste des blessures les plus courantes :
- Blessures du membre supérieur
- Blessures du membre inférieur
- Entorses et luxations des doigts
Blessures du Membre Supérieur
Les blessures du membre supérieur sont fréquentes chez les basketteurs, allant des contusions aux fractures plus graves.

Épaule
Lors d’une chute, le basketteur peut avoir une contusion de l’épaule mais aussi une disjonction acromio-claviculaire, une fracture de la clavicule ou une luxation de l’épaule. Dans ce dernier cas, la luxation doit être prouvée par une radiographie avant d’être remise en place. Des micro-traumatismes répétés peuvent être responsables d’une épaule douloureuse et instable par lésion du bourrelet de la glène.
Coude et Poignet
Les traumatismes du coude chez le basketteur sont variables, allant de la simple entorse à la luxation ou fracture. Au niveau du poignet, il s’agit le plus souvent de réception de chutes à l’origine de lésions ligamentaires dont il faudra faire le bilan précis. Il ne faudra pas passer à côté d’une fracture du scaphoïde ou d’une lésion ligamentaire grave. Chez l’adulte, les fractures prédominent alors que les luxations sont plus fréquentes chez les jeunes.
Blessures des Doigts
Les blessures des doigts sont très fréquentes au basket-ball. Il s’agit fréquemment d’entorses mais aussi de fractures. Il est indispensable de réaliser un bilan radiographique et au moindre doute un complément d’imagerie (échographie ou IRM). Ces lésions, si elles sont négligées peuvent engendrer des instabilités (en particulier du pouce) ou des raideurs séquellaires.
Le traitement le plus fréquent est l’immobilisation par syndactylie (immobilisation du doigt traumatisé avec le doigt valide qui l’entoure). Le doigt peut rester coincé dans le filet ce qui peut être entraîner un « ring finger » (c’est -à-dire une plaie par arrachement du doigt). Il s’agit d’une blessure grave qui nécessite une opération urgente. Il est nécessaire d’ôter les bijoux (bague, alliance) pour prévenir ce type de blessure.
Blessures du Membre Inférieur
Les membres inférieurs sont particulièrement vulnérables en raison des sauts, des courses et des changements de direction constants.
Blessures Musculaires
Dans la pratique du basket, les blessures musculaires sont fréquentes. La plus fréquente est la contusion de jambe ou de cheville en rapport avec une « béquille ». Un hématome peut également se développer. L’échographie ou l’IRM permettent de confirmer le diagnostic en cas de doute.
La prise en charge immédiate comprend la mise au repos et l’application de froid. Un programme de préparation physique adapté permet de prévenir ces lésions.
Douleurs de Rotule (ou Syndrome Fémoro-Patellaire Douloureux)
Ces douleurs antérieures de genou appelées « syndrome fémoro-patellaire » sont très fréquentes au basket. Elles sont liées à un déséquilibre des forces musculaires appliquées sur la rotule. Ces douleurs de rotule peuvent être associées à des sensation de frottements ou des crépitations.
Le traitement du « syndrome fémoro-patellaire douloureux est essentiellement médical avec un rééducation axée sur l’enseignement d’exercices que le sportif pourra réaliser lui même. Il faudra éviter les exercices en semi-flexion de genou pendant la période douloureuse.
Instabilité de Rotule
L’instabilité de la rotule est liée au fait que la rotule ne s’engage pas correctement dans la trochlée du fémur et qu’elle s’échappe en dehors : c’est la luxation externe de rotule. La luxation traumatique de la rotule implique une rupture de l’aileron interne rotulien ou ligament fémoro-patellaire médial (MPFL).
Ne plus JAMAIS être BLESSÉ au basket
Rupture du Ligament Croisé Antérieur (LCA)
Les traumatismes ligamentaires du genou sont fréquents au Basket en particulier la rupture du ligament croisé antérieur. Ce traumatisme survient en général à l’occasion d’une impulsion ou d’un arrêt brutal avec changement de direction.
Sur le terrain, il faut glacer et mettre en place une immobilisation du genou par une attelle et l’utilisation de cannes. Le sportif doit bénéficier d’un examen rapide par un spécialiste qui confirmera le diagnostic par l’examen clinique et des examens radiologiques (IRM). La prise en charge est généralement chirurgicale dans cette population sportive.
Tendinites Rotuliennes ou Quadricipitales
Les tendinites rotuliennes sont très fréquentes dans la pratique du basket-ball. En effet, ce sport nécessite des sauts répétés et des séances de renforcements musculaires intensifs. C’est le syndrome du « jumper knee » (genou du sauteur).
Le traitement est avant tout médical avec physiothérapie et programmes de renforcement excentrique. Il est également possible de réaliser des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). L’injection est préparée à partir d’un prélèvement de votre sang, qui est ensuite centrifugé afin de ne garder que des éléments qui favorisent la cicatrisation de votre tendon. En dernier recours, une opération pourra vous être proposée.
La prévention de ces tendinites consiste à réaliser des exercices d’étirements de toute la chaîne musculo-tendineuse. Ces tendinites prédisposent à des ruptures complètes traumatiques. Un traitement chirurgical est alors indispensable afin de suturer le tendon rotulien ou le tendon quadricipital.
Tendinite (ou Tendinopathie) d’Achille
Les tendinites d’Achille sont un peu moins fréquentes que la localisation rotulienne. Elles sont également en rapport avec les sauts répétés et les séances de renforcements musculaires intensifs.
Le traitement est avant tout médical avec physiothérapie et programmes de renforcement excentrique. Il est également possible de réaliser des injections de PRP (Plasma Riche en Plaquettes). L’injection est préparée à partir d’un prélèvement de votre sang, qui est ensuite centrifugé afin de ne garder que des éléments qui favorisent la cicatrisation de votre tendon. En dernier recours, une opération pourra vous être proposée.
La prévention de ces tendinites consiste à réaliser des exercices d’étirements de toute la chaîne musculo-tendineuse.
Rupture Traumatique du Tendon d’Achille
Le tendon d’Achille correspond à l’insertion finale du mollet sur la grosse tubérosité du calcaneum. C’est semble-t-il le plus résistant de l’organisme. Tous les sports où la propulsion est exigée sont susceptibles de provoquer une accumulation d’énergie lors de la phase d’appui, et de provoquer une tension fatale. Ainsi que les sports individuels type squash, badminton, voire même karaté ou judo.
L’examen clinique est simple, l’inspection permet de retrouver un œdème discret comblant les gouttières rétro-malléolaires. L’appui monopodal sur la pointe des pieds est impossible. En décubitus ventral, il existe une perte de l’équin physiologique du pied. La flexion plantaire toutefois est préservée.
Les traitements des ruptures aiguës du tendon d’Achille chez la plupart des sportifs sont essentiellement chirurgicaux avec des techniques à ciel ouvert, mini-invasives ou percutannées. C’est à cet effet que le diagnostic doit être effectué précocement afin d’éviter les séquelles fonctionnelles secondaires. La reconstruction chirurgicale permet une reprise sportive plus rapide et limite les récidives de rupture. Le traitement orthopédique avec immobilisation du pied en équin est réservé dans des cas de contre-indication avec traitement chirurgical.
Fasciite Plantaire et Rupture de l’Aponévrose Plantaire
La fasciite plantaire est une inflammation douloureuse du fascia plantaire (plancher fibreux du pied tendu entre l’os calcanéum et la base des orteils). Cette inflammation est causée par un étirement répété de ce fascia. L’épine calcanéenne est un excroissance osseuse au point d’insertion de ce fascia sur l’os du calcanéum.
La fasciite plantaire se manifeste essentiellement par une douleur au « talon » (correspondant à l’os calcanéum) surtout ressentie lors de la marche ou la course. De nombreux basketteurs souffrent de fasciite plantaire car ils sollicitent intensément toutes les structures de leurs pieds lors des dizaines de sauts réalisés au cours d’un match ou d’un entraînement.
Un traitement est indispensable afin d’éviter une aggravation des lésions. Il s’agit du port de semelles orthopédiques adaptées et de séances de rééducation avec étirement spécifique du fascia plantaire. Un traitement par ondes de choc est également possible dans les cas chroniques. Une rupture complète de ce fascia peut également se produire lors d’un traumatisme. Il est nécessaire de réaliser des examens d’imagerie pour confirmer le diagnostic. Le traitement est le plus souvent médical mais un recours à la chirurgie de la faciite plantaire peut être nécessaire.
La prévention de ces blessures est indispensable chez le sportif. Le basketteur doit choisir une chaussure confortable avec un soutien plantaire suffisant (ou ajouter de semelles adaptées) afin d’équilibrer les pressions sur l’arche de la plante du pied.
Entorse de Cheville
L’entorse de cheville est la blessure la plus fréquente au basket-ball. C’est la lésion des ligaments de la cheville. L’entorse du ligament latéral externe (LLE) est la plus fréquente. Il peut s’agir d’une entorse bénigne (simple étirement ligamentaire) ou d’une entorse grave (rupture des ligaments). Il existe d’autres formes d’entorses plus rares mais qu’il ne faut pas méconnaître car elles nécessitent un traitement particulier.
Une entorse de la cheville peut être la conséquence d’un échauffement, d’un terrain de sport ou de chaussures inadaptés. Sur le terrain, il faut arrêter immédiatement l’activité et appliquer le protocole G.R.E.C. (Glaçage Repos Elévation Contention). Une contention temporaire est mise en place afin de limiter la douleur et l’oedème (gonflement) de la cheville.
Une consultation médicale est indispensable. Il faut s’assurer qu’il n’y ait pas de fracture de la cheville associée en réalisant au moindre doute une radiographie. Un traitement fonctionnel est proposé dans la majorité des cas. Il associe une immobilisation par une attelle semi-rigide ou une contention adhésive. La cheville doit être rééduquée précocement et la reprise de l’appui s’effectue en fonction de la douleur.
La rééducation comporte un renforcement des muscles fibulaires associé à des programmes de travail proprioceptif. Une entorse de cheville mal soignée peut conduire à des séquelles en particulier l’installation d’une instabilité chronique de la cheville, la persistance de douleurs et de blocages chroniques entrant dans le cadre d’un conflit de cheville.
Fissure du Tendon Court Fibulaire
Le tendon du muscle court fibulaire peut être le siège d’une fissuration responsable de douleurs en arrière et en dehors de la cheville. Ces douleurs apparaissent le plus souvent progressivement à la marche et lors de la pratique sportive. L’échographie et l’IRM permettent de confirmer le diagnostic. Le traitement est chirurgical.
Luxation des Tendons Fibulaires (ou Péroniers)
Les tendons fibulaires (ou péroniers) sont situés derrière la malléole externe. Leur luxation en avant de la malléole se traduit par des douleurs, un gonflement et par une sensation de déplacement des tendons sous la peau. Il est nécessaire de réaliser une échographie afin de confirmer le diagnostic. Le traitement est chirurgical.
Fracture du 5ème Métatarsien
La fracture du 5ème métatarsien se produit lors d’un traumatisme avec un mécanisme semblable à une entorse de cheville. Il est nécessaire de réaliser des radiographies pour confirmer le diagnostic. Selon le type de fracture, le traitement peut être une immobilisation par une botte en plâtre ou la chirurgie.
Fractures de Fatigue des Os Métatarsiens
Il s’agit d’une fracture survenant au niveau des os métatarsiens (en général le deuxième). C’est une fracture d’usure liée à des micro-traumatismes sportifs répétés au niveau des pieds lors de la course, les sauts et les changements d’appui. Le diagnostic est confirmé par l’IRM ou la scintigraphie osseuse.
Le traitement consiste en une mise au repos et un soulagement de l’appui jusqu’à consolidation de la fracture.
Entorses et Luxations des Doigts
Les entorses et luxations des doigts sont des blessures plutôt fréquentes chez les basketteurs, qui sont pourtant souvent négligées. Lorsqu’elles ne sont pas prises en charge, elles peuvent entraîner des séquelles au niveau des ligaments et des articulations des doigts et limiter la pratique sportive.
La blessure par contact reste la plus fréquente, lorsque la main est en contact avec le ballon de basket ou avec un adversaire. La mauvaise réception de balle est l’origine la plus courante. L’articulation gonfle très rapidement et concerne souvent la zone située entre les deux premières phalanges.
Si elle n’est pas prise en charge, l’entorse ou la luxation du doigt peut occasionner des complications à long terme comme des raideurs ou des instabilités, et invalider la pratique sportive. Les traitements de l’entorse du doigt dépendent du degré de sévérité de l’atteinte.
Blessures au Genou dans la WNBA : Une Étude de Cas
Les blessures au genou sont un type de blessure fréquent dans la Women's National Basketball Association (WNBA). Une étude a été menée pour déterminer la prévalence, le taux/longueur de retour au jeu (RTP) et le mécanisme des blessures du genou dans la WNBA.
Prévalence et Types de Blessures
L'étude a identifié 99 blessures au genou subies par 99 joueuses de la WNBA au cours de 21 saisons (1998-2019). Parmi ces joueuses :
- 37 (37 %) ont subi une déchirure du ligament croisé antérieur (LCA)
- 20 (20 %) une déchirure du ménisque
- 6 (6 %) une entorse du ligament latéral interne (LMC)
- 36 (36 %) une blessure non spécifique au genou (contusion du genou, contusion rotulienne et entorse du genou)
Temps de Récupération et Taux de Retour au Jeu
Les temps moyens de récupération pour une déchirure du LCA, une déchirure du ménisque et une entorse du LMC étaient respectivement de 375, 231 et 124 jours. Les taux moyens de récupération pour ces blessures étaient respectivement de 70%, 95% et 100%.
Le taux de retour au jeu (taux RTP) a été défini comme le pourcentage d'athlètes qui sont retournées à la WNBA pour un minimum d'un match après une blessure au genou spécifiée.
Analyse Vidéo des Mécanismes de Blessure
Une analyse vidéo a été effectuée sur 12 blessures au genou. Les résultats ont montré que :
- 2 (17 %) étaient des blessures avec contact
- 10 (83 %) étaient des blessures sans contact
- L'action la plus courante pendant la blessure était de planter le pied (58%), suivie de près par la réception (33%)
- En termes de position de la hanche au moment de la blessure, la flexion de la hanche était la position la plus souvent observée (92%)
- Toutes les blessures analysées sont survenues avec la jambe en position de flexion et avec le genou fléchi en position de valgus.
Tableau Récapitulatif des Blessures au Genou dans la WNBA
Ce tableau résume les principaux types de blessures au genou, leur prévalence, le temps de récupération moyen et le taux de retour au jeu dans la WNBA, selon l'étude mentionnée.
| Type de Blessure | Prévalence | Temps de Récupération Moyen (jours) | Taux de Retour au Jeu (%) |
|---|---|---|---|
| Déchirure du LCA | 37% | 375 | 70% |
| Déchirure du Ménisque | 20% | 231 | 95% |
| Entorse du LMC | 6% | 124 | 100% |
| Blessure Non Spécifique au Genou | 36% | N/A | N/A |
Il est important de noter que les résultats de cette étude soulignent l'importance de la prévention des blessures au genou chez les joueuses de la WNBA, en particulier les déchirures du LCA. Des programmes de prévention des blessures axés sur le renforcement musculaire, la proprioception et la biomécanique peuvent aider à réduire le risque de ces blessures invalidantes.