Football Gaélique: Un Sport Méconnu en France, Institution en Irlande

Le football gaélique est un sport qui ressemble à un mélange de rugby à XV et de football. Ces Nantaises et Nantais sont jeunes, motivés, athlétiques, fair-play… et partagent une passion pour un sport méconnu en France mais véritable institution en Irlande : le football gaélique.

Match de football gaélique en Irlande

Ces Nantaises et Nantais sont jeunes, athlétiques et ont pour passion une discipline méconnue en France mais sport national en Irlande : le football gaélique.

Origines et Développement

« On trouve les premières traces du foot gaélique au XVe siècle », explique Mathieu Rivoallan, joueur et président du club nantais, le Nantes Don Bosco football gaélique.

La Gaelic Athletic Association (GAA), fédération créée en 1885, est la plus grande organisation sportive d’Irlande. « Là-bas, le foot gaélique est le premier sport en nombre de licenciés, devant le rugby et le foot. Au stade de Croke Park, à Dublin, les matchs importants se jouent devant 80 000 spectateurs ! »

Les règles du football gaélique

Terrain et Équipement

Les joueurs évoluent sur des terrains de 140 mètres par 90, plus grands que des terrains de foot donc. Les buts sont un savant mélange de poteaux de rugby avec une barre transversale plus basse et un filet.

Terrain de football gaélique

Popularité et Présence en France

Les joueurs du Nantes Don Bosco football gaélique sur le terrain. Les joueurs du Nantes Don Bosco football gaélique sur le terrain.

En France, on compte un millier de licenciés. Avec 85 joueurs (55 hommes et 30 femmes), le Nantes Don Bosco football gaélique est le premier club de France en effectif.

Le club peut aussi s’enorgueillir d’être le seul club nantais champion d’Europe : mi-octobre, son équipe masculine (senior A) est devenue championne d’Europe après sa victoire contre le club hôte, La Corogne (0-6/0-1).

Règles et Caractéristiques du Jeu

La meilleure définition pour résumer sportivement le foot gaélique tient dans cette formule, selon Amandine Dranguet, joueuse et coach adjointe au Nantes Don Bosco football gaélique : « Des appuis comme au handball, des rebonds comme au basket, des poteaux comme au rugby et des tirs comme au foot. »

Le foot gaélique se joue avec un ballon rond, des protège-dents, des crampons, des gants, à quinze contre quinze en Irlande. Et le plus souvent à neuf contre neuf en France, où il y a moins de joueurs.

« C’est un sport très complet. On court, on saute, les actions sont très rapides : après un but, la balle repart dans le jeu immédiatement.

« Plus libre » que d’autres sports collectifs, le foot gaélique demande d’assimiler des règles complexes. « Quand un joueur se déplace, il doit respecter un système de pas, comme au hand, détaille Amandine Dranguet, joueuse et coach adjointe au Nantes Don Bosco football gaélique. Quatre pas, un rebond à la main puis possibilité de continuer à avancer avec quatre pas suivis d’un solo, une jongle au pied tout en courant ! »

Avec deux façons de marquer : comme au foot, dans le but avec un gardien et au pied (3 points). Ou comme au rugby, au-dessus de la barre transversale, au pied ou à la main (1 point).

Ni mêlée ni hors-jeu, ni tacle ni plaquage, mais le coup d’épaule est autorisé. « Il faut oublier toutes les habitudes des autres sports, réapprendre à coordonner ses gestes, explique Mathieu Rivoallan. C’est l’intensité d’un match de basket sur un terrain beaucoup plus grand !

C’est la mentalité du foot gaélique qui fait la différence, confient d’une seule voix Amandine Dranguet, 25 ans, et Mathieu Rivoallan, 31 ans. « En Galice, pour les championnats d’Europe, nos adversaires nous ont fait une haie d’honneur quand on a gagné, raconte Amandine. On se connaît tous, on se respecte, on est solidaires. »

Mathieu précise : « En Irlande, les joueurs professionnels de grands clubs peuvent avoir des contrats de sponsoring mais ne sont pas payés.

Tous deux sont d’anciens joueurs de foot. Lui s’est essayé au foot gaélique en 2016 après avoir assisté à un match en Irlande. Elle y joue depuis trois ans, après une blessure au foot. Passionnés de sport collectif, ils cherchaient un rythme d’entraînements et de matchs plus compatible avec leurs activités professionnelles. Aujourd’hui, ils confient « un seul regret : ne pas avoir commencé plus tôt !

Football et Identité Régionale: Le Cas de la Bretagne

Que l’on aime ou pas le football, impossible ces récentes années de passer à côté de son actualité. Et ce n’est pas la victoire de la seule prétendue Équipe de France qui y changera quelque chose, encore moins, pour les détracteurs de sa gouvernance générale, les innombrables scandales politico-financiers qui ont taché les différentes instances de la FIFA et cie.

Tout d’abord, il semble nécessaire de distinguer pratique du football et politiques de gestion de ce sport. En effet, il ne faut pas oublier que près de 190000 habitants en Bretagne sont aujourd’hui licenciés dans un club. Bien supérieur au nombre de cyclistes, tennisman, handballeurs et autres sports de voile. Ce qui correspond tout de même à quasiment 2% de la population bretonne.

Mais d’un autre point de vu, lorsque l’on observe le découpage du football mondial (confédérations et fédérations), il semble que celui-ci soit très lié aux influences des pouvoirs politiques en place.

Certains diront que les équipes régionales existent. Et ils ont raison… dans une certaine mesure. La FFF est structurée en Ligues, et organise régulièrement des compétitions entre elles. Mais à l’image de la récente réforme des régions, la FFF s’est alignée sur le modèle voulu par les pouvoirs publics, et a découpé la métropole en les mêmes 13 régions administratives. Et là encore, les quatre départements composant la Bretagne administrative (22, 29, 35 et 56) se voient séparés de la Loire-Atlantique.

Mais plus encore, est-il légitime d’observer qu’une seule équipe puisse représenter la France ? En tout cas, on peut penser que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. En effet, comme il a été indiqué plus haut, il existe des équipes régionales au sein de la Fédération mais celles-ci sont déstructurées, et ne peuvent prétendre porter leurs couleurs dans des compétitions officielles.

Selon ses statuts en son article 10, il est stipulé que « peut devenir membre toute association responsable de l’organisation et du contrôle du football et de toutes ses variantes dans son pays ». Autant dire que soumis à ce régime, impossible de voir émerger officiellement à l’heure actuelle une Équipe de Corse, du Pays Basque, ou d’Alsace.

Mais pourtant, la Nouvelle Calédonie et Tahiti sont membres à part entière de la Fifa. Et cela, réglementairement, en vertu de l’art.6 du même article qui stipule qu’ « avec l’autorisation de l’association membre du pays dont elle dépend, une association d’une région n’ayant pas encore obtenu l’indépendance peut également demander l’admission à la FIFA ».

Et c’est là que toute la perfidie du texte juridique, manipulé par une vision politique étriquée et autoritaire, joue tout son rôle. Puisque pour ce faire, entre autres de devoir justifier d’un cadre associatif, de solides finances et d’équipements sportifs coûteux, il nous faudrait quémander l’autorisation à la FFF.

Qui ne tente rien, n’obtient rien. Mais tout de même, le jeu n’en vaudrait-il pas la chandelle ? Le sport n’est-il pas l’un des moyens d’expression dont dispose les peuples pour se faire entendre et diffuser leur message ?

En comparaison, il existe belle et bien dans le Football Gaélique une Équipe de Bretagne officielle.

ConIFA : Une Alternative Internationale

Notons que prétendre dès aujourd’hui entrer comme membre à part entière de la Fifa est utopique. Mais l’idée d’une représentation sportive bretonne sur les plans internationaux est belle et bien là, réaliste.

Précisons en outre qu’il existe une organisation internationale de football bis ou parallèle : la ConIFA.

La Confédération des Associations Indépendantes de Football, créée en 2013, a pour principal but de « promouvoir, célébrer et renforcer l’identité des peuples, des nations, des ethnies, des minorités et des territoires sportivement isolés », non reconnus par la communauté internationale et par la Fifa, à travers la pratique du football.

La reconnaissance de ces associations est donc par définition plus souple et respectueuse que celles dont nous avons parlées plus haut. Et c’est en ce sens que depuis lors des coupes de continents et du monde ont eu lieu, voyant s’affronter les équipes du Darfour, de Kabylie, du Tibet, de Rohingyas, de Kurdes, d’Occitans, et même de la sélection du comté de Nice victorieuse en 2014.

Comparaison GAA et FIFA
Caractéristique Gaelic Athletic Association (GAA) Fédération Internationale de Football Association (FIFA)
Sport principal Football gaélique, hurling Football
Domaine géographique Irlande Monde entier
Statut des joueurs Amateurs (principalement) Professionnels et amateurs

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