Football : Statistiques et enjeux du match Belgique-France

Le match de Ligue des nations entre la Belgique et la France promet d'être un affrontement passionnant. Voici les principales statistiques à connaître avant ce match.

L'équipe de France va disputer à Bruxelles le 919e match de son histoire, avec un bilan de 462 victoires, 193 matchs nuls et 263 défaites, et 1653 buts marqués pour 1244 encaissés. Et ce sera la 163e rencontre avec Didier Deschamps sur le banc.

LE BUT MYTHIQUE DE LA BELGIQUE | ANALYSE CHRONO

Historique des confrontations

Au nombre des affrontements, la Belgique, qui est l'adversaire que l'équipe de France a le plus joué dans son histoire, mène toujours, avec 30 victoires, 19 matchs nuls et 28 défaites contre les Bleus depuis 1904, et 162 buts marqués pour 134 encaissés.

Pour trouver trace d'une victoire des Diables Rouges contre les Bleus, il faut remonter à juin 2015. Au Stade de France, les hommes de Didier Deschamps avaient été surclassés par leurs voisins, alors entraînés par Marc Wilmots, en match amical (3-4), avec deux buts de Nabil Fekir et Dimitri Payet en toute fin de match pour rendre le score un peu plus présentable.

Mais les Diables Rouges n'ont jamais réussi à battre les Tricolores en phase finale d'une grande compétition internationale, que ce soit lors des Coupes du monde 1938, 1986 et 2018 ainsi qu'à l'Euro, en 1984 et donc en 2024.

La France reste sur quatre victoires consécutives contre la Belgique :

  • dans le dernier carré de la Coupe du monde 2018 (1-0),
  • en demi-finales de la Ligue des nations 2020-2021 (3-2),
  • en huitièmes de finale de l'Euro 2024 (1-0)
  • puis, le mois dernier, lors de la deuxième journée de la Ligue des nations (2-0).

Les enjeux pour les équipes

Qui des Français ou des Belges rentreront en bus pendant que les autres fileront en quart ? Jour de choc pour l'Équipe de France ! Après avoir bouclé une phase de groupes bien plus délicate que l'on pouvait l'imaginer, les choses (très) sérieuses commencent vraiment ce lundi pour les Tricolores, qui n'ont absolument plus le droit à l'erreur.

Reversée dans la partie de tableau la plus difficile à la faveur d'une deuxième place du groupe D pas vraiment planifiée, la France doit désormais assumer son statut et éliminer les meilleures nations européennes. Cela passera d'abord par un succès contre la Belgique qui, elle aussi, a soulevé bien des inquiétudes lors de la première phase du tournoi...

En face, la situation est sensiblement la même pour les Diables Rouges. Annoncée comme l'ultra-favori du Groupe E, la Belgique a fortement déçu avec un bilan très mitigé d'une victoire (2-0 contre la Roumanie), d'un nul (0-0 contre l'Ukraine) et d'une défaite (0-1 contre la Slovaquie).

Relégués à la deuxième place de leur poule, les Belges doivent, comme les Français, se racheter aux yeux du grand public mais surtout auprès de leurs supporters. Romelu Lukaku et ses compatriotes, au même titre que nos Bleus, ont fait preuve d'une efficacité offensive plus que douteuse lors de la première phase du tournoi.

On le sait désormais, les affrontements entre la France et la Belgique sont sans pitié. La seule victoire de la Belgique lors de ses 6 derniers matchs contre la France (2 nuls et 3 défaites) remonte à un succès 4-3 en amical au Stade de France le 7 juin 2015.

Au regard des difficultés rencontrées lors des trois premières rencontres, Didier Deschamps devrait changer de système, une fois de plus. La tendance est à un retour du 4-4-2, mais ce coup-ci, sous forme de losange. Laissés sur le banc lors du dernier match de poules, Antoine Griezmann et Marcus Thuram devraient profiter de cette évolution tactique pour retrouver une place de titulaire au sein du onze suivant : Maignan - Koundé, Upamecano, Saliba, T.

Joueurs clés et absents

En l'absence de Kylian Mbappé (86 sélections), laissé, non sans polémique, à la disposition du Real Madrid, et d'Antoine Griezmann (137 sélections), qui a pris sa retraite internationale à la surprise générale, Ousmane Dembélé (52 sélections) est le joueur tricolore le plus capé de ce rassemblement.

L'ailier parisien était aussi le seul champion du monde 2018 à jouer le match gagné contre Israël à Budapest jeudi (4-1). Il devrait être encore le seul à évoluer sur la pelouse bruxelloise.

Officiellement toujours muet dans cet Euro, le puissant attaquant belge a tout de même déjà fait trembler les filets à trois reprises durant la phase de groupes. Malheureusement pour lui (et pour son pays), tous ses buts ont été annulés par l'arbitrage, ce qui doit lui laisser un goût plus qu'amer à l'heure actuelle.

Parfois maladroit, ce colosse aux pieds carrés n'en demeure pas menaçant, et l'arrière-garde tricolore aura fort à faire pour contenir ses assauts.

Les Bleus ont remporté leurs quatre derniers matchs contre la Belgique lors de tournois majeurs, inscrivant 13 buts et n'en concédant que trois.

Auteur de 13 buts en tournois majeurs, le néo-madrilène n’est plus qu'à une longueur de Michel Platini (14) dans l’histoire des Bleus. On le sait, le natif de Bondy est en quête de gloire et, masqué ou non, il chasse les records à vitesse grand V.

Les Français savent qu'il leur faudra être beaucoup plus efficaces qu'ils n'ont pu l'être face à l'Autriche (1-0), les Pays-Bas (0-0) ou encore la Pologne (1-1).

Préparation aux tirs au but

Battus et médiocres dans l’exercice à l’Euro 2021 et à la Coupe du monde 2022, les Tricolores se sont entraînés vendredi. Le sujet avait valu une montée de tension au sein de la Fédération française de football.

En février, sur RMC, le directeur technique national Hubert Fournier avait déclaré avoir ouvert une réflexion sur le travail des tirs au but dans toutes les sélections, partant du constat que les Tricolores étaient peu en réussite du bas en haut de la pyramide d’âge. Et interpellant les sélectionneurs.

« C’est lui qui est le responsable et tout part de lui. Il devra leur proposer un scénario en essayant au maximum de contextualiser... » Se sentant vidé, Didier Deschamps, en charge de l’équipe de France A, avait répliqué.

Les Bleus, qui retrouvent un match à élimination directe face à la Belgique ce lundi en 8e de finale de l’Euro, restent sur deux échecs dans l’exercice, au même stade de la compétition européenne en 2021 face à la Suisse (3-3, 5-4 t.a.b) puis en finale de la Coupe du monde (3-3, 5-3 t.a.b) contre l’Argentine.

Pointé du doigt sur le manque de préparation, le staff tricolore s’inscrit en faux. Franck Raviot, entraîneur des gardiens, glisse avoir préparé pour Hugo Lloris les zones préférentielles des tireurs… mais que certains ont changé au dernier moment.

Cette fois, seront-ils prêts ? « Notre volonté est de gagner avant d’en arriver là » avait répondu le défenseur William Saliba jeudi. Deux jours plus tard, son homologue Ibrahima Konaté a lui souligné que l’équipe « y pensait ». « On l’a travaillé. Après, il y a toujours un facteur chance. Les conditions d’entraînement ne seront jamais celles de match » a poursuivi le joueur de Liverpool.

Dans le groupe des 25 présents en Allemagne, sept ont déjà frappé chez les pros en cours de rencontre : Kylian Mbappé (42 marqués sur 52 frappés), Olivier Giroud (33 sur 37), Antoine Griezmann (24 sur 37), Marcus Thuram (5 sur 8), Théo Hernandez (4 sur 6), Randal Kolo Muani (3 sur 3), Ousmane Dembélé (2 sur 3).

Le principal atout est peut-être finalement dans les buts. Avec 11 penaltys arrêtés sur les 54 tirés contre lui durant des rencontres (soit 20 %), Mike Maignan présente des statistiques deux fois plus élevées qu’Hugo Lloris (10 stoppés sur 106 en carrière, soit 10 %).

Sur les réseaux sociaux, Maignan, auteur d’un début de tournoi remarquable, a taclé la nouvelle règle autorisant le tireur à effectuer des arrêts dans leur course d’élan (sauf sur le dernier pas).

Bilan global et palmarès

A leur prochaine victoire contre la Belgique, les Bleus vont enfin équilibrer un bilan structurellement déficitaire depuis 1905 et la toute première défaite (0-7). Mais comme ils gagnent très souvent depuis une quarantaine d’années (10 victoires, 3 nuls et 2 défaites depuis 1984), les voici revenus à 29 victoires pour 30 défaites et 19 nuls.

Donc côté bilan, avantage à la Belgique, sauf si on se restreint aux matchs de compétition. Parce que là, l’équipe de France est largement devant avec 10 victoires pour 3 défaites et 3 nuls, et encore, ces trois défaites ont toutes eu lieu en matchs de qualification. En phase finale, c’est carton plein avec 6 victoires françaises en 6 matchs.

Voilà pourquoi, entre autres, les Bleus ont un palmarès incomparable avec celui des Diables Rouges : deux fois champion du monde, deux fois champion d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, ainsi que de la Coupe intercontinentale et de la Ligue des Nations d’un côté, champion olympique de l’autre. Encore faut-il préciser que cet unique titre belge date de 1920, à Anvers et en seulement trois matchs. Depuis 1920, la Belgique n’a disputé qu’une finale, celle de l’Euro 1980 (perdue 1-2 contre la RFA à Rome) et deux demi-finales mondiales, perdues elles aussi face à l’Argentine en 1986 (0-2) et à la France en 2018 (0-1).

Sur l’ensemble des matchs disputés depuis 1904, l’équipe de France u une avance de 73 rencontres (923 à 850) au printemps 2025. Ça n’a pas toujours été le cas : juste avant la première guerre mondiale, les Belges comptaient 46 matchs, les Français 36. En 1939, l’écart s’est creusé : 178 à 154 en faveur de la Belgique. Au début de 1970, il est à peu près le même (346 à 324). En juin 1986, quand les deux équipes se retrouvent pour la troisième place de la Coupe du monde au Mexique, l’écart a fondu (461 à 457). Les Bleus dépassent les Diables Rouges une première fois au printemps 1994, mais ces derniers jouent la Coupe du monde aux Etats-Unis et reprennent provisoirement l’avantage.

L’explication est simple : les Bleus n’ont plus manqué une seule phase finale européenne ou mondiale depuis 1994 et a disputé huit fois des demi-finales. Sur la même période, la Belgique a manqué deux Coupes du monde (2006 et 2010) et quatre Euros (1996, 2004, 2008 et 2012) et n’a atteint qu’une seule fois les demi-finales (en 2018, battue par la France).

Joueurs : nombre et renouvellement

Côté joueurs, logiquement il y a plus de Français que de Belges. Avec 942 internationaux A pour 923 matchs, l’équipe de France a un taux de renouvellement de 1,02 joueur par match. Pour la Belgique, avec 735 Diables rouges pour 850 matchs, le taux de renouvellement est beaucoup plus faible : 0,86 seulement. Signe évidemment d’un réservoir beaucoup plus restreint (66 millions d’habitants d’un côté, 11 millions de l’autre).

Un indicateur plus intéressant est celui du nombre d’éphémères. Côté français, il est important, avec 250 internationaux n’ayant qu’une sélection (26,5 % du total), contre 144 côté belge (19,5 %). Ce qui confirme le fait que la Belgique a consommé moins de joueurs que la France et les a beaucoup plus sollicités.

Côté carrières, le Belge Hector Goetinck a eu la carrière la plus longue, 17 ans, 6 mois et 10 jours entre avril 1906 et novembre 1923 (17 sélections) dont 3 contre la France en 1905, 1907 et 1910. La Belgique compte aussi 7 joueurs ayant dépassé les 37 ans, le vétéran ayant même frôlé les 40 ans (Timmy Simons, à 28 jours près en novembre 2016). Les internationaux belges commencent plus tôt également, puisque les moins de 18 ans à leur première sélection sont 11, dont 3 débutants à moins de 17 ans. Le dernier, et pas le moindre, est Romelu Lukaku en 2010.

Enfin, du côté des meilleurs buteurs, net avantage à la Belgique, du moins pour le premier rang : Romelu Lukaku et ses 88 buts écrasent la concurrence, très loin devant Olivier Giroud. Mais on compte sur Kylian Mbappé pour faire mieux, même s’il lui manque 40 buts (et qu’il n’en a plus marqué depuis l’Euro 2024). La différence se voit en dessous : les Français compte 5 buteurs à plus de 40 buts, contre un seul côté belge.


Statistique France Belgique
Nombre de matchs joués 923 850
Victoires 29 30
Matchs nuls 19 19
Défaites 30 29
Buts marqués 134 162
Taux de renouvellement des joueurs 1.02 0.86

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