Le FC Montfermeil, club de football amateur situé en Seine-Saint-Denis, est devenu un symbole d'espoir et de réussite pour les jeunes de banlieue. Son histoire est intimement liée à celle de la ville de Montfermeil et de ses habitants, en particulier ceux de la cité des Bosquets.
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Des débuts difficiles
De nombreux habitants de Montfermeil sont convaincus que la cité des Bosquets rime avec drogue, délinquance et danger. Au fil des années, le quartier est devenu le refuge des exclus de la région parisienne. Le problème de Montfermeil est celui de l'intégration des immigrés. Le football à Montfermeil a toujours été un sujet sensible. Il y avait de la violence parce que les jeunes déversaient leurs problèmes au club de foot.
À l'origine, le club a même été radié, mais désormais, c'est le club amateur qui envoie le plus de jeunes en centre de formation. Ce qui est beau dans l'histoire, c'est que c'était le premier club de France à être radié, alors que désormais, c'est le club amateur qui envoie le plus de jeunes en centre de formation.
Le football comme vecteur d'espoir
La seule chose qu'on avait c'était le football avant, fermer les bosquets et là avec 2 ou 3 personnes, on s'est dit non mais qu'est ce qu'on va faire de ces enfants là ? Et c'est pour ça qu'on s'est vraiment battu par rapport à ce club.
L'histoire du FC Montfermeil, c'est un club au secours d'un quartier. La petite phrase que j'aime bien, c'est de l'ombre à la lumière. Avant, quand on parlait des Bosquets, on parlait "ouais, c'était de la venance, on peut pas se déplacer" et maintenant quand on parle de mots fermés, les Bosquets, c'est vraiment tout le travail qui a été fait depuis maintenant une vingtaine d'années.
Le club s'est fait une place centrale aux Bosquets et certains se portent garant de l'apaisement du quartier. Sans lui, la ville serait bien plus violente. Le fait d'avoir des clubs pros qui viennent jusque dans le 93 fait que les jeunes veulent montrer une belle image. Cela pousse les gens à s'améliorer, c'est vecteur d'espoir.
Un club formateur de talents
Chaque saison, une quinzaine de jeunes signent dans les centres de formation des clubs professionnels : le PSG, Toulouse, l'OM ou encore Saint-Étienne. Le meilleur exemple est William Saliba, aujourd'hui défenseur des Bleus, symbole de la réussite du club.
Le club est aujourd'hui celui qui fait signer le plus de joueurs en clubs de formation, à Milan, Arsenal, Dortmund… A chaque entraînement, des sélectionneurs internationaux sont présents. De quoi attiser les rêves : 400 jeunes joueurs de moins de 17 ans ont ainsi postulé pour intégrer l’équipe du championnat de France U17 à la rentrée. Vingt-cinq ont été retenus, pour 16 (11 joueurs et 5 remplaçants) qui vont réellement pénétrer sur le terrain.
Au club depuis 12 ans, Fabio compte dans son effectif U 19 des joueurs venus de toute la région parisienne. On a énormément de demandes, on a énormément de joueurs qui postulent pour être pour resigner au club. Disons que le plus dur, c'est de rester attractif, rester au haut niveau et de rester attractif, rester cohérent dans dans ce qu'on fait depuis des années au club.
Le club sert de tremplin. Il travaille avec le club depuis presque 10 ans. Il peut y avoir des jeunes qui n'ont pas encore la chance à travers Ibrahim d'intégrer un centre de formation. C'est un sans juste milieu qui est assez intéressant et pertinent pour les joueurs.

L'importance de l'encadrement et des valeurs
On essaie de faire un travail, on essaie d'éduquer les jeunes, on essaie de former des animateurs, on essaie de tout faire. Mais bon, la réputation, elle restera toujours.
Mala mine Diarra, membre du FC Montfermeil, travaille pour l'espace Jeunesse de la ville. Lui aussi est un enfant des Bosquets. De son ancienne cité, il ne reste rien. La dernière barre d'immeuble est tombée en 2020. Dans le quartier rénové, malamine inculque la rigueur, les valeurs à la nouvelle génération.
Du coup j'avais vraiment ce regard là sur les jeunes. Donc du coup un jeune faisait trop de *********. On lui disait attention là t'as fait une bêtise. Là-bas on a parlé avec ton prof d'eps, y a un souci et là y avait un lien entre le club et l'école qui a fait qu'aujourd'hui bah les jeunes ils disaient qu'il faut que je me tienne à carreau si samedi je vais jouer.
On continue à monter en puissance et montrer vraiment une bonne image de nous autre que la violence. On passait dans les faits divers. C'est m'enfermer ici, mot fermer, ça là c'est m'enfermer un je ne l'ai signé, ils m'ont fermé un réalisateur.
Un documentaire pour raconter une histoire vraie
À l’origine, le réalisateur Ousmane Ly faisait surtout des clips, mais il a toujours voulu faire de la fiction, du long métrage ou du documentaire. Le producteur Guillaume Thevenin, avec qui il travaille et qui est un mordu de foot, avait pensé à un docu sur un club de foot amateur où l’on parle de l’émergence des jeunes, comment ils font pour devenir pro. HBO a été directement emballé.
Venant de Montfermeil, qui est l’un des meilleurs clubs amateurs en France, puisqu’il est le seul du pays à avoir les U17 et les U19 Nationaux, et connaissant très bien la ville et le club, où il a même joué jusqu’à ses 15 ans, Ousmane Ly savait qu'il serait vraiment à l’aise pour faire un tel projet. Il allait au stade tous les dimanches pour regarder les seniors, même s'il savait qu'il n'allait pas faire carrière dans ce sport. En ce moment, tout tombe à pic pour lui entre la victoire de la Ligue des champions et la sortie du docu.
Avec ses équipes, il a suivi l’équipe durant toute une saison. Ce qui l'a marqué c'est que les joueurs, c’était un peu comme ses petits frères. Le fait d’avoir fait beaucoup de clips de rap, un style qu’ils écoutent, et qu’ils voient sur ses réseaux qu'il est souvent avec des artistes, ils étaient assez admiratifs et respectueux. Ça n’avait pas de prix, parce que grâce à leur confiance, ils le laissent faire un peu tout ce qu'il voulait. Après, quand la caméra tournait, il ne parlait pas avec les jeunes. L’idée, c’était de ne pas prendre de place dans leur saison ou dans les vestiaires.
La série documentaire suit Kéba, Neel, Marwan, Mathias, Ibé, Anis et Isaac, en Seine-Saint-Denis, au cours de cette année décisive où ils vont tout donner pour tenter d’intégrer le championnat de France U17. Les caméras ont suivi particulièrement sept d’entre eux lors des matches, des entraînements avec leur staff, mais aussi chez eux, en famille, durant toute cette saison décisive, à l’issue de laquelle chacun espère décrocher un contrat « pro » avec un club.
Les défis et les réalités du monde amateur
Il y a un gouffre entre le monde amateur et les clubs pros, que ce soit dans l'hygiène de vie, le suivi, il n'y a pas photo. Pour tout cela, les clubs amateurs n'ont pas les moyens. Tous les soirs, les joueurs rentrent chez eux, donc l'entraîneur ne sait pas ce qu'ils mangent et à quelle heure ils dorment. Ils ne peuvent pas les fliquer, contrairement à des clubs pros.
Certains n'ont pas d'autres perspectives d'avenir que le football. Ils ne se rendent pas compte à quel point c'est compliqué de faire son trou dans ce milieu. Le fait de n'avoir rien et de regarder les autres qui ont tout. Tu montres aussi énormément le rôle des familles.
Quand les proches détectent un potentiel, il y a un suivi derrière parce qu'il y a l'espoir. Il y a aussi les parents, les agents… C'est une grosse pression sur les épaules des petits, alors que certains - je pense par exemple à Isaac - veulent juste taper dans la balle pour kiffer.
On a vu le nouveau phénomène des mecs qui se disent agents et qui sont dans tous les clubs amateurs pour parler aux familles habillés avec une chemise… C'est un monde de requins, ça peut aller très vite. Et c'est important de les mettre en garde dès maintenant, les jeunes. Mais ce n'est pas que sur ce thème-là. On a filmé pendant 92 jours, donc on a parlé de beaucoup de sujets comme l'éducation sexuelle.
Les nouvelles générations regardent comment les anciens ont fait pour réussir, mais aussi où étaient leurs failles. C’était trop important de les mettre en avant. Mon docu référence, c’est « À la Clairefontaine », quand tu vois Ben Arfa et ses erreurs, tu comprends mieux le personnage. C’est pareil pour Abou Diaby. Pour que les gens comprennent le profil, tu es obligé de montrer le bon et le mauvais.
L'impact du FC Montfermeil sur la société
Je trouve qu'avec ce documentaire, on comprend mieux le football français. Les joueurs, leurs affaires, des profils comme N’Golo Kanté. Avec nos personnages, on se projette forcément sur des joueurs existants. Et surtout, il y a un message d’espoir. C’est le foot, la banlieue, mais ce n’est pas que des mecs remplis de testostérone. Ici, le club fait plus pour les jeunes que la mairie.
Avant, quand on parlait des bosquets, on parlait « ouais, c'était de la venance, on peut pas se déplacer » et maintenant quand on parle de mots fermés, les bosquets, c'est vraiment tout le travail qui a été fait depuis maintenant une vingtaine d'années.
De la Seine Saint Denis à Hollywood, des jeunes du Club de foot de Montfermeil sont à Los Angeles pour soutenir le film Les Misérables tournés dans leur ville. En banlieue, il y a du talent, il y a des gens qui veulent réussir. On est là, on est déterminés et ladili. Pour nous, c'est c'est un exemple. Partir avec 40 jeunes à Los Angeles, la plupart, ils ont jamais voyagé. C'était c'était incroyable.
Aujourd'hui, Montfermeil récolte enfin le fruit de son labeur. Victor Hugo a écrit, il n'y a ni mauvaises herbes ni mauvais homme, que des mauvais cultivateurs.
| Aspect | Réussite | Défi |
|---|---|---|
| Formation de jeunes talents | Nombreux joueurs signent dans des clubs professionnels | Gouffre entre le monde amateur et professionnel |
| Rôle social | Vecteur d'espoir et d'apaisement dans le quartier | Réputation difficile à effacer |
| Encadrement | Présence d'éducateurs et de bénévoles dévoués | Manque de moyens financiers |
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