Le football australien, souvent appelé "footy", est un sport spectaculaire et méconnu qui combine des éléments du rugby, du football et du basketball. Ce sport unique se distingue par son intensité, son athlétisme et ses règles particulières.

Terrain de football australien
Un sport aux racines historiques
L'histoire du football australien remonte à Melbourne, en juillet 1858. Alors que le championnat annuel de cricket touchait à sa fin, les jeunes colons britanniques cherchaient un moyen de rester actifs et en forme pendant l'intersaison. Les règles officielles du jeu ont été codifiées le 17 mai 1859, avec la création du Melbourne Football Club. Le footy est ainsi le deuxième plus vieux code de football, après le rugby. Les règles du football (soccer) n'ont été écrites qu'en 1863, et celles du football américain en 1869.
Les règles du jeu
Un match de footy dure plus de deux heures et est divisé en quatre quart-temps de 20 minutes chacun. Il y a une pause de cinq minutes entre le premier et le deuxième quart-temps, ainsi qu'entre le troisième et le quatrième. La mi-temps dure 15 minutes. Les équipes changent de côté après chaque quart-temps. De chaque côté du terrain se trouvent les buts, formés de quatre poteaux verticaux sur la ligne de touche. Il y a deux poteaux de but (goal posts) au centre, et deux poteaux arrières (behind posts). Les poteaux de goal sont plus hauts, environ 6 mètres de hauteur et espacés de 6,5 m.
Pour faire avancer le ballon, les joueurs peuvent se faire des passes ou courir avec. Si un joueur attrape un coup de pied de plus de 15 mètres sans que le ballon ne touche le sol, on dit qu'il prend un "mark". Le jeu s'arrête et le joueur peut disposer du ballon comme il le souhaite, sans être dérangé par l'équipe adverse. Le footy est un sport de contact, plus violent que le rugby, où tous les coups sont permis. Même en cas de faute, un joueur ne peut pas être exclu du terrain, car il n'y a pas de système de carton.
Marquer des points
Le footy est le seul sport où l'on marque un point même en ratant le but. Pour marquer un "goal", le ballon doit passer entre les poteaux de goal centraux après une frappe au pied, ce qui rapporte 6 points à l'équipe. Le plus grand stade de football australien est le Melbourne Cricket Ground (MCG), qui peut accueillir jusqu'à 100 000 spectateurs et affiche généralement complet lors de la finale annuelle.
L'Australian Football League (AFL)
Aujourd'hui, l'AFL compte 18 équipes professionnelles de footy masculin. Ce sport est majoritairement joué dans l'état du Victoria, avec 10 équipes provenant de Melbourne et de ses environs. Les équipes s'affrontent chaque année entre mars et août pour les play-offs. Carlton et Essendon sont les équipes ayant remporté la "grande" finale le plus souvent, avec 16 victoires chacune.
La finale de l'AFL
La finale de football australien masculin aura lieu le samedi 25 septembre. Les Melbourne Demons affronteront les Western Bulldogs à l'Optus Stadium à 19h15 (heure de Melbourne). Le match sera diffusé en direct sur Channel 7. La finale de footy est un jour sacré pour les habitants de Melbourne, qui bénéficient même d'un jour férié pour l'occasion.

AFL Grand Final Parade
Le footy en France
En France, le football australien reste une discipline méconnue, avec seulement huit clubs structurés en 2016-2017. Parmi eux, Lyon, Paris, Cergy-Pontoise, Bordeaux, Perpignan, Toulouse et Blagnac. L'Association lyonnaise de football australien (ALFA) Lions a été fondée en 2013 et a remporté son premier titre de champion de France en 2017. Les ALFA Lions sont devenus champions de France de « footy » pour la première fois depuis la création du club en 2013. En seulement quatre ans, les ALFA Lions ont franchi plusieurs paliers, en obtenant un premier titre de champion, en ayant des joueurs internationaux et en intégrant des filles dans leurs entraînements.
Certains joueurs français ont découvert le footy lors de séjours en Australie et ont souhaité continuer à pratiquer ce sport atypique à leur retour. Le football australien en France est un mélange de plusieurs sports collectifs, rugby et foot en tête.
Le football australien se joue historiquement à 18 contre 18 sur un terrain deux fois plus grand, a été ramené à Lyon (dans sa version « reste du monde » à 9 contre 9) par Charles Bernigaud, à son retour d'une année au pays des Wallabies. Avec Bruno Lalanne, il a fondé les ALFA Lions, qui n’étaient que six lors du premier entraînement, en juin 2013.
Les particularités du footy en France
- Discipline ovni : Seulement huit clubs dans l’Hexagone (soit moins de 400 licenciés) ont participé en 2016-2017 au championnat organisé par le Comité national de football australien (CNFA).
- Sport spectaculaire et fun : Les rares Lyonnais ayant entendu parler de football australien sont sans doute les habitués de l’Ayers Rock et de l’Ayers Boat ayant déjà vu des best of de chocs aériens assez invraisemblables.
- Sport complet : On a besoin d’être physique et agile mais aussi d’aimer le contact.
- Champions de France : Trois mois après son lancement, le club lyonnais s’est déjà retrouvé inscrit dans l’élite.
- Coupe du monde en Australie : Ce n’est pas tout, cinq Lyonnais font partie de la sélection française qui disputera le mois prochain à Melbourne la Coupe du monde amateur (sans les Australiens donc).
- Mixité : En attendant, elles affrontent parfois des clubs européens avec un regroupement de joueuses françaises.
Tableau: Comparaison Football Australien et Football Américain
| Caractéristique | Football Australien | Football Américain |
|---|---|---|
| Terrain | Ovale, grand terrain de cricket | Rectangulaire, plus petit |
| Nombre de joueurs | 18 | 11 |
| Contact | Continu, moins structuré | Arrêté après chaque action |
| Ballon | Ovale | Ovale avec des pointes plus prononcées |
| But | Poteaux verticaux | Poteaux avec barre transversale |
Usain Bolt et le football australien
Conscient de ses limites pour briller en Europe, Usain Bolt est parti tenter sa chance en Australie, où les Central Coast Mariners l'ont accueilli cet été. Titulaire pour la première fois, vendredi lors d'un trial, une espère de match amical, le Jamaïcain s'est illustré en inscrivant un doublé contre Macarthur South West United (4-0). Après avoir vendangé en début de partie, Bolt s'est rattrapé en seconde période. L'octuple champion olympique a ouvert son compteur d'une belle frappe croisée.
Usain Bolt : première titularisation du néo-footballeur, premier doublé
Les joueurs internationaux en NFL
Des passeports étrangers ou des parents expatriés. S’ils sont tous nés à des milliers de kilomètres des États-Unis, ils ont tous fini par atterrir sur les rectangles verts de la NFL. Ils forment une race à part entière dans cette NFL si américaine. Une espèce singulière, forte d’un talent unique, d’une technique à part importée de l’autre bout du monde. Matt McBriar, Darren Bennett, Sav Rocca, Ben Graham. Un Super Bowl disputé pour certains. La barre des 100 matchs NFL effacée pour d’autres. Ces mecs sont la fine fleur de l’armada de ces footeux sauce australienne venus apporter leur puissance de frappe et leur verticalité à l’un des postes les plus confidentiels de tout le football.
Michael Dickson: Un Australien en NFL
Michael est un môme de Nouvelle-Galles du Sud. Ces contrées australes baignées de soleil et infestées de bébêtes hostiles à l’espèce humaine. Loin des lignes parfaitement symétriques du Harbour Bridge, des voiles en céramique de l’Opéra de Sydney et du sable fin des plages de Bondi et Manly, il grandit à Kirrawee, banlieue sud collée au Royal National Park et sa côte sauvage enchanteresse.
Très vite, Dickson se révèle extrêmement prometteur. Après plusieurs années d’apprentissage chez les Miranda Bombers dans la version junior de l’Australian Football League, il intègre l’académie des Sydney Swans, honorable institution fondée en 1874 à Melbourne, avant de faire ses cartons pour la Nouvelle-Galles du Sud en 1982. Une rampe de lancement à la tronche d’enfant modèle qui cache bien son jeu.
En 2014, à 19 piges, non-drafté par l’Australian Football League, il se retrouve parachuté en plein Texas, à 16 122 kilomètres de sa ville natale, prêt à découvrir un sport dont il ne connaît presque rien. Le plus beau des combats, Mi-temps au mitard, The Blind Side. Il tente de rattraper son retard en engloutissant tous les classiques du 7e art consacrés au gridiron. Des séances d’entraînement quotidiennes de 4h où Michael sue à grosses goûtes et découvre l’intensité d’un sport qui se donne sans compter en permanence.
Sûr de son potentiel, le gamin espère dignement représenter la relève australienne à un poste sur lequel les Wallabies ont fait une véritable OPA depuis quelques années. Tom Hornsey à Memphis, Tom Hackett à Utah, les deux Australiens ont raflé les deux derniers Ray Guy Awards récompensant le meilleur punter NCAA de la saison. Deux anciens joueurs d’Australian rules talentueux recalés par l’AFL et venus tenter leur chance aux States. De quoi donner quelques idées.
Les trois kangourous sont passés par Prokick Australia, un organisme destiné à faciliter le tremplin de plus en plus emprunté entre le foot australien et le foot US. Un projet chapeauté par Nathan Chapman, un ancien joueur AFL ayant échoué chez les Packers le temps d’un été, en 2004.
Lorsqu’il débarque sur le campus aux façades blanches et toitures rose d’Austin, Michael n’en croit pas ses yeux. Immense. Pharanonique. Disproportionné. Américain. Le grand Australien se sent soudainement minuscule. Intimidé même. Une bourse d’études qui couvre ses 4 prochaines années, un diplôme en finances dans le viseur, sûr de sa précision, sûr de la puissance de frappe de son bazooka de chaire et d’os, Dickson séduit Charlie Strong par ce cocktail de talent naturel, de confiance qui frise l’arrogance et d’enthousiasme contagieux.
Après un plus qu’honorable 41,3 yards de moyenne pour sa saison de freshman, le Sydneysider entre dans une nouvelle dimension l’année suivante, claque des taloches de 47,4 yards de moyenne en 2016 et s’impose très vite comme l’un des meilleurs artificiers de toute la NCAA.
Au troisième jour de la Draft 2018, il est le premier de trois punters à entendre son nom retentir. Une première pour la franchise de Seattle depuis Ryan Plackemeier en 2006. Le punteur le plus haut drafté depuis 6 ans, quand les Jags avaient inexplicablement sacrifié un choix de 3e tour sur Bryan Anger, la colérique gâchette de Cal.
À Seattle, Dickson débarque dans un vestiaire où le Canadien rouquin Jon Ryan et sa bague de champion glanée deux ans plus tôt règnent sans partage depuis 7 ans. Un vestiaire où son accent australien ne va pas tarder à devenir l’une des attractions préférées de ses nouveaux camarades. Entre deux inévitables questions sur des kangourous que Michael compare funestement aux cervidés dont les cadavres tapissent les chaussées des routes forestières des États du nord des States, ils s’amusent à essayer de le faire parler comme un vrai Ricain.
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