Football Américain à Laval : L'Histoire des Stallions

Parmi les nombreuses disciplines mises à l'honneur par le Stade lavallois omnisports, le football américain connaît une véritable réussite ces dernières années. Ce sport, souvent perçu comme une collision, a trouvé une place de choix à Laval grâce à l'équipe des Stallions.

Schéma des positions au football américain.

La Genèse des Stallions : Une Décennie de Passion

Créée à Laval en 2008, l’équipe de football américain des Stallions fête ses dix ans cette saison. Tout a commencé le 18 février 2008, lorsque deux amis étudiants en ingénierie fondent le club : Jonathan Dechaux et Alan Leveneur. Les premières années sont compliquées, malgré un solide noyau d'une vingtaine de joueurs qui se fidélisent aux entraînements. À ces habitués, des nouveaux se greffent, donnant une véritable ampleur au club.

Un « Stallion » ou « étalon » en français, est un symbole fort : il représente la puissance, l'intelligence et la majesté d'un cheval. Ces éléments doivent être retrouvés sur le terrain pour battre l'adversaire.

Ascension et Défis en Nationale 3

Quatre années plus tard, le bilan est plus que satisfaisant pour les Stallions : une montée du championnat régional l'année dernière permet au club d'accéder cette année au plus haut niveau de son histoire, le championnat de Nationale 3. C'est face à des adversaires tels que les Dockers de Nantes, les Tonnerres de Brest ou les Yankees d'Angers que les Mayennais croisent le fer cette année. Conscients de la réelle marche qui sépare les deux divisions, les néo-pensionnaires d'un terrain de l'espace Louis Béchu s'accrochent et tentent de combler leurs faiblesses par des valeurs attachées au club : la solidarité, la convivialité et l'art de ne rien lâcher.

Il faut entendre, lors des matchs des Stallions, les cris de l'entraîneur lavallois, Fabrice Pineau, haranguer ses joueurs du banc de touche : « Ne lâchez rien les gars !

Dimanche 4 février, contre les Yankees d'Angers (13-7), les Stallions ont remporté le deuxième match de leur histoire à ce niveau de compétition.

Reconstruction et Recrutement

Mais pour cette dixième année, la formation lavalloise manque de joueurs et cherche à recruter. Depuis la reprise, ils ne sont que dix licenciés. Trop peu pour prétendre affronter d’autres formations de la région : « Pour participer au championnat interrégional (Pays de la Loire et Bretagne) , il faut au moins 22 joueurs, situe le coach. Autrement il y en a d’autres pour les équipes qui se restructurent.

Aujourd’hui, il est l’un des quaterback (meneur de jeu) des Stallions de Laval (étalons en français). Créée il y a dix ans par Jonathan Deschaux, c’est la seule formation du département : « Au départ, nous n’étions que trois, se souvient celui qui est l’entraîneur et le président du club. Aujourd’hui, on est un club structuré, affilié au Stade Lavallois omnisports. Mais cette année, beaucoup de joueurs sont partis.

Les Stallions de Laval cherchent de nouveaux coéquipiers. Les équipements de protection (casque et épaulières) sont loués aux joueurs par le club, 80 € à l’année. Pour leur recrutement, les Stallions visent un public étudiant. L’équipe s’entraîne deux fois par semaine sur le terrain synthétique Louis Béchu, aux Pommeraies, près du pôle universitaire. « Mais on accueille tout le monde à partir de 15 ans, précise Jonathan Deschaux. Filles comme garçons. La saison débute à la fin du mois de janvier. D’ici là, Alexandre Jan espère voir débarquer de nouveaux coéquipiers.

En Mayenne, il était inimaginable pour lui de ne pas poursuivre sa passion : « J’aime ce jeu car l’esprit d’équipe est super important. Il y a toujours l’envie de se surpasser physiquement et mentalement, d’être performant. On doit attaquer et défendre à tour de rôle.

Aujourd'hui composé de 60 licenciés (jeunes et adultes), le club compte sur son équipe de jeunes pour assurer sa pérennité. Enfin, le club s'appuie sur un bureau actif, composé de bénévoles indispensables au bon fonctionnement de celui-ci. Ils sont au nombre de cinq officiellement au sein du bureau.

Licences : 70 € (flag et découverte) et 150 € (compétition).

L'Expérience du Terrain

Neuf ans après l'avoir quitté, alors qu'il évoluait en Élite U20 avec les Caïmans 72 du Mans la saison dernière, Rubens Tardieu a disputé son premier match en senior avec les Stallions lors de la réception des Angevins. Du football au football américain, il n'y a qu'un seul mot en plus, pourtant il y a un monde entre les deux disciplines. « Ça change, s'amuse le Castrogontérien. Même avec une préparation, les impacts restent rudes et les corps sont mis à l'épreuve.

Simon Cadiou, touché à la clavicule lors du dernier match, est d'ores et déjà forfait pour le reste de la saison. Pour continuer de créer une attache avec les membres de sa nouvelle équipe, Rubens Tardieu a déjà sa méthode miracle : « Tu te lies avec les copains quand tu prends des coups avec eux sur le terrain ! » Dans ce sport de collision, créer des contacts ne devrait alors pas poser problème.

Vince Lombardi (1913-1970), ancien entraîneur des Packers de Green Bay en NFL, disait : « Le football (américain) n'est pas un sport de contact, c'est un sport de collision.

Stade Lavallois : Un Héritage de Football

Le terrain de football que nous voyons dans ce reportage est le stade Jean-Yvinec, utilisé par les joueurs du club jusqu’à décembre 1971. Avant 1929, il était appelé « terrain du Champ de la Croix ». Il fut alors rebaptisé en mémoire d’un jeune joueur décédé. Ce stade est toujours là : on peut aussi y voir du football… américain avec les Stallions de Laval fondés en 2008. C’est désormais le stade Francis-Le Basser qui accueille les joueurs et les supporters du Stade Lavallois.

Henri Bisson (1902-1988) est le président de la section football de 1947 à 1975, du club omnisports de 1975 à 1986. D’abord instituteur, puis représentant, il devient industriel en bonneterie de 1932 à 1978. C’est un laïque convaincu, à la fois autoritaire et fidèle à ses valeurs. Parmi ses phrases célèbres, on peut relever celle qu’il dit un jour à Roger Rocher (président de l’AS Saint-Étienne) : Je suis le petit président d’un petit club d’une petite ville et d’un petit département !.

Michel Le Milinaire est l’entraîneur du Stade Lavallois de 1968 à 1992. Lors de l’interview, il vient de finir sa première saison à la tête de l’équipe. Comme son président, il croit dans les valeurs laïques et dans les vertus du sport amateur. D’abord instituteur, il devient conseiller pédagogique. Certains de ses joueurs, ayant les mêmes valeurs, resteront sous contrat amateur en 1ère division ! Ceux-ci poursuivent leurs activités professionnelles en semaine. Selon le blog du Stade Lavallois, jamais un technicien ne fut à ce point associé à un club à part peut-être Guy Roux à Auxerre. Il est nommé « entraîneur du siècle du Stade Lavallois » à Laval en 2002.

Parmi les joueurs présentés à la fin du reportage, certains sont plus célèbres que d’autres. Bernard Maligorne est joueur au Stade Lavallois de 1965 à 1977, puis remplace Michel Le Milinaire comme entraîneur de novembre 1992 à janvier 1995.

tags: #football #americain #laval