L'Histoire du Football Américain à La Rochelle: Des Débuts Modestes à l'Essor Actuel

Bien plus qu'un sport, le baseball est ancré dans la culture américaine et contribue fortement à son histoire. Sport dont les règles ont été établies aux États-Unis, il a contribué à donner une identité aux Américains. En France, le football américain reste marginal avec plus de 23 000 licenciés recensés en 2019 au sein de 225 clubs et associations. Extrêmement populaire outre-Atlantique, ce sport réputé « brutal » compte tout de même ses adeptes dans l'Hexagone.

À l'image du hockey sur glace, le football américain reste un sport peu médiatisé en France. Sauf peut-être au moment du Super Bowl, rendez-vous incontournable aux États-Unis, dont la finale est depuis plusieurs années retransmise sur la TNT. Et chaque année, cet événement suivi dans le monde entier suscite quelques curiosités : « Il y en a toujours qui viennent essayer, toutefois la plupart d'entre eux ne restent pas quand ils se rendent compte que c'est plus physique qu'à la télé !

Quoi qu'il en soit, le football américain semble progresser en France. Par ailleurs, il fait de plus en plus d'adeptes dans sa version « souple ». En effet, les Phénix proposent une section « flag » qui commence à bien se développer. Sans contact et avec moins de joueurs, il s'agit là d'un bon moyen de franchir le pas pour celles et ceux qui hésitent encore ! « C'est un beau premier pas dans le football américain, il n'y a pas de plaquage, il suffit d'attraper les bandelettes accrochées sur les joueurs », conclut le président.

Pour continuer à structurer sa pratique, la fédération de football américain s’est dotée de deux sport études, dont un à Talence près de Bordeaux. Passé d’abord par le football sur l’Île de Ré, au poste de gardien de but notamment, Isaac se tourne il y a trois ans vers les Sea Devils de La Rochelle, l’unique club de football américain du coin. « Mon frère joue au Canada et son exemple m’a vraiment donné envie de progresser pour atteindre un jour le haut niveau », déclare Isaac.

Rapidement détecté alors que son club évolue en 4e division nationale (NDLR, la FFFA ne comporte que quatre divisions), soit le plus bas échelon de la pyramide des compétitions en France, Isaac séduit par son gabarit, et passe les tests pour intégrer Talence. « Actuellement, je suis surclassé avec la génération au-dessus de moi, à mon poste, sur la base arrière, je dois notamment couper le jeu aérien des adversaires, et avec ma taille, c’est plus facile » explique-t-il.

Malgré ses semaines déjà bien remplies, Isaac doit trouver les ressources pour performer aussi le week-end en compétition. Avec les Pirates (nom donné à l’équipe du CREPS de Talence), il sillonnera dès janvier la France et même l’Europe pour y affronter des équipes de haut niveau. Si le monde professionnel n’existe pas encore en France, il y a de plus en plus une volonté pour les clubs de l’élite d’accompagner au quotidien leurs joueurs.

« Personne ne vit de ce sport en France, mais souvent les clubs aident les joueurs sur le plan professionnel ou du logement » affirme Isaac. Et parce que le local ne suffit pas, les Pirates iront affronter au fil de l’année sur des rencontres ou des tournois, les académies des autres pays européens. Une façon de se confronter aux meilleurs joueurs du vieux continent. Mais Isaac le sait, le football américain est bien moins structuré ici qu’outre Atlantique.

« C’est un sport physiquement très dur et très complet, et nous ne sommes pas aujourd’hui en capacité de rivaliser avec les équipes américaines ou canadiennes », explique avec une belle lucidité le jeune homme. Les rencontres européennes, c’est aussi l’opportunité de se montrer, car c’est lors de ces matchs que les « scouts », entendez par là, recruteurs, viennent au bord des terrains.

Ce sport qui se joue aussi à onze contre onze, nécessite près de quarante joueurs pour aborder les matchs. « Il y a trois équipes, une pour attaquer, une pour défendre, et une plus hybride en fonction du scénario », une concurrence assez féroce pour passer entre les lignes. Avec des compétitions qui commenceront en 2025, il reste encore quelques semaines à Isaac pour peaufiner son jeu et taper dans l’œil des recruteurs.

Dans tous les cas, il lui restera deux ans de formation après cette première année pour faire évoluer son profil et peut être réussir à décrocher le rêve américain. Aux commandes d’un des groupes qui s’entraîne trois fois par semaine, on rencontre Bryan Billy, l’un des coachs de l’équipe des Pionniers de Touraine, qui joue en 2022 au plus haut niveau du championnat français.

Pour nous, ce sport est une découverte, alors que pour Bryan, c’est une longue histoire. Son père jouait au football américain dans sa jeunesse. Est-il tombé dans la marmite quand il était petit, comme Obélix ? « Je n’ai commencé qu’à 19 ans ! Avant cela, je faisais beaucoup de BMX, où j’avais atteint un bon niveau ».

Il fait son modeste, puisqu’il a tout de même participé aux championnats de France, d’Europe et du Monde ! Bryan Billy est vite devenu pro, a joué dans plusieurs équipes en France et à l’étranger, et même en équipe de France depuis 2018. Et rien qu’à l’écouter, on a envie de jouer : « c’est le sport le plus complet qui existe !

Un sport très collectif, car on a besoin de chaque joueur pour atteindre notre objectif, mais il faut aussi prendre soin de soi individuellement pour que ça marche. Physiquement on travaille tout. Il y a un aspect stratégique aussi : on analyse l’adversaire avec des vidéos, et on construit une tactique, presque une chorégraphie pour pouvoir gagner !

Euh, dans les séries américaines on voit aussi les placages, avec des grands gaillards qui se rentrent dedans. Aïe ? « C’est violent, c’est sûr, mais c’est aussi très technique. On ne fait rien sur le terrain qu’on n’a pas répété des centaines de fois à l’entraînement. Les blessures arrivent quand le joueur glisse ou est mal positionné ».

Et les joueurs sont bien protégés de la tête au pied. De toutes façons, pour les enfants, on commence doucement. « N’ayez pas peur ! Même si on est petit, qu’on ne court pas vite, on va y arriver et s’amuser !

Portrait par Emilie Mendonça, publié dans Fritz nº45.

Depuis la signature de la star galloise Louis Rees-Zammit avec les Chiefs, le monde de l’Ovalie s’ouvre petit à petit à un autre ballon ovale : celui de la NFL. Pour ceux qui sont encore novices sur ce sujet, Touchdown Actu vous propose un petit guide pour identifier les équipes qui se ressemblent entre notre Top 14 national et la ligue américaine.

T'y comprends rien au Foot Américain (NFL) ? Voici les explications des règles du Football Américain

Los Angeles, comme Paris, est d’abord une énorme destination touristique. Mais sur le terrain, on retrouve d’autres similitudes : les deux équipes connaissent un récent gain de forme après une période de gloire dans les années 2000. Toutes les deux ont une autre équipe avec qui elles partagent leur territoire.

Difficile d’éviter la comparaison entre ces deux géants de leurs championnats. Les deux équipes ont quasiment le plus beau palmarès de leur sport. Leurs joueurs sont des superstars au sein de la ligue. La comparaison peut sembler ténue mais voyez plutôt : une ville mondialement connue, bien que pour des raisons différentes.

Ils ont récemment changé de stade. Nous évoquions plus haut la proximité avec une autre équipe rivale pour les Rams, le Racing remplit donc le rôle des Chargers. D’autant que le nouveau stade ultramoderne colle dans les deux cas. Autre comparaison notable : le niveau bien inférieur du Racing/Chargers par rapport au dit rival Stade Français/Rams.

Il y a un certain air des Patriots dans cette équipe de Toulon. Un propriétaire loin de faire l’unanimité, une domination sans partage pendant longtemps puis une perte de vitesse. Les couleurs auraient pu orienter ce guide vers les Steelers mais ce sont bien les Chiefs qui ont la dynamique récente la plus proche de Kansas City avec des performances sportives et un palmarès très similaires.

Castres et Green Bay ont finalement beaucoup en commun (climat mis à part). Les deux clubs sont issus d’une petite ville, principalement tournée autour de l’entreprise locale qui soutient le club. Fait inattendu, ces deux équipes sont parmi les plus anciennes crées au monde. Pour autant, le palmarès récent et les bonnes performances sportives ne sont pas vraiment au rendez-vous.

Comment ne pas voir l’évidence entre les deux équipes aux hymnes les plus populaires ? On pourrait parler de la neige et des fans un peu fous mais c’est surtout la défaite en finale qui colle à la peau de ces deux formations. Alors non, Dallas et Perpignan n’ont rien à voir en termes de ville, taille, climat, population (même si le Texas et la Catalogne pourraient peut-être se retrouver sur certains terrains).

Deux des plus grosses villes du pays, Lyon et Washington ont ça pour elles. En revanche, la culture sportive pour le football américain ou le rugby n’est pas vraiment leur caractéristique première. Cela faisait longtemps que les deux équipes n’avaient pas gagné, elles l’ont enfin fait récemment !

Ce qui n’a pas vraiment plu au reste des observateurs de leurs ligues respectives tant leurs supporters sont mal réputés auprès de leurs pairs. Et les deux équipes ont été coachées par les plus grands. Trois choses viennent en tête quand on pense à ces deux équipes : les Ours, évidemment, mascottes dans les deux cas. Mais également le climat, rude, froid, venteux et pluvieux.

Le 9 mai 2010, dernière journée de championnat de Pro D2, les Oyomens reçoivent les Rochelais. Le gagnant du match devait recevoir l’autre en demi-finale. La Rochelle l’emporte, les supporters se chambrent et les Jaune et Noir ramènent le chant des Oyomens dans leurs valises. Les Rochelais monteront deux semaines plus tard en Top 14.

Au début des années 1900, la mère Joseph, qui gérait le Café des Glacis tout proche du terrain où se retrouvaient les premiers rugbymen rochelais, les voyait régulièrement débarquer couverts de boue. En plus de sortir un bac d’eau pour nettoyer leurs chaussures, elle leur a tricoté des ceintures de flanelle, jaunes pour les uns et noires pour les autres, afin que les équipes se reconnaissent sur le terrain.

Le médecin américain George-Henry Jackson est arrivé à La Rochelle en tant que consul en mars 1898. Nostalgique d’un jeu de football-rugby qu’il a connu à l’université, il développe une section rugby au sein du club omnisports. Et, en décembre 1904, il devient président du Stade Rochelais.

Le Parc des sports de Port-Neuf a été baptisé du nom de Marcel Deflandre le 23 mars 1947, en hommage à celui qui fut président du Stade Rochelais de 1941 à 1944. Résistant, membre du groupe Honneur et Patrie, Marcel Deflandre fut arrêté à 42 ans et fusillé par la Gestapo en janvier 1944. Il était entré en résistance dès l’occupation de La Rochelle par les Allemands, le 23 juin 1940.

Figurez-vous que la mascotte des Jaune et Noir, une panthère noire aux yeux verts, n’a pas de nom. Le club avait pourtant lancé un appel à idées en 2011, mais elle n’a finalement jamais été baptisée.

Vincent Merling est le président en exercice avec la plus grande longévité. Il est également l’un des trois (avec le Toulousain Didier Lacroix et le Parisien Thomas Lombard) à avoir aussi été joueur au sein du club de rugby qu’il préside. Il a rejoint l’équipe junior à 17 ans, en 1967, en tant que troisième ligne aile. Et devint président le 5 juillet 1991, à 41 ans.

En championnat de France, que ce soit l’équipe première ou dans les catégories jeunes, le Stade Rochelais n’a gagné qu’un seul titre. C’était en 2002, les Espoirs s’étaient imposés 28 à 15 en finale face à l’équipe de l’US Colomiers, dans le stade de Montpon-Ménestérol.

La nouvelle tribune George-Henry Jackson du stade Marcel-Deflandre devrait être opérationnelle samedi pour permettre à 2 516 Rochelais supplémentaires (1) de supporter les Jaune et Noir face à Toulouse. Mais les personnes qui s’installeront dans cette tribune, pour le grand retour de La Rochelle en Top 14 , savent-ils pourquoi celle-ci porte le nom de George-Henry Jackson ?

La réponse est simple : « Jackson a lancé le rugby à La Rochelle en 1902, en développant la section rugby du club omnisports », raconte Marcus Bruce. Ce professeur américain à l’université de Bates, dans le Maine, étudie actuellement la vie du consul, né en 1863 à Natick (Massachusetts) et mort en 1943 à Los Angeles (Californie).

« Diplômé en médecine d’une université américaine, dans un contexte compliqué à l’époque pour les Africains-Américains (esclavage et ségrégation), George-Henry Jackson est arrivé à La Rochelle en tant que consul en mars 1898 », ajoute Marcus-Bruce.

« Son arrivée coïncide avec la création du Stade Rochelais en 1898 (NDLR, le club omnisports) où nostalgique d’un jeu de football-rugby, qu’il a connu à l’université, il s’implique aussitôt dans cette nouvelle société de sports athlétiques […] et pèse de tout son charisme sur la vie associative et sportive locale », souligne l’historien rochelais Jean-Michel Blaizeau, dans son prochain livre sur l’histoire du club (2).

En 1902, l’Américain développe donc le rugby au sein de cette section omnisports. Pour quelle raison ? « Jackson avait cinq enfants et il voulait notamment que son fils aîné puisse jouer au rugby, car selon lui, la pratique de ce sport est noble, mentale et physique », explique Marcus Bruce.

Le rugby était également un moyen de se faire remarquer par les universités anglaises, adeptes du ballon ovale : « En effet, il voulait envoyer son fils à la célèbre université anglaise d’Oxford où le rugby était pratiqué », précise Marcus Bruce.

Son implication augmente encore un peu plus en décembre 1904, quand il devient président du Stade Rochelais. Durant sa présidence, il a notamment amené des joueurs anglais à La Rochelle et « il s’est efforcé de prouver les bienfaits de la pratique sportive générant une éthique morale tout autant qu’une discipline individuelle », souligne Jean-Michel Blaizeau.

Sa passion pour le rugby et le Stade Rochelais est finalement freinée par une loi américaine interdisant à « un représentant de l’État américain de s’impliquer dans une association locale », raconte Marcus Bruce. Le 26 avril 1911, George-Henry Jackson est donc contraint de laisser sa place, mais devient président d’honneur.

Son aventure rochelaise se termine définitivement trois ans plus tard : « En 1914, il est forcé de démissionner de son poste de consul, rapporte Marcus Bruce. Certains disent au contraire que Jackson a démissionné sans y être forcé, car il ne voulait pas représenter le système en cause de la ségrégation.

Ainsi se termine l’histoire rochelaise de « la première figure emblématique du Stade Rochelais », selon Jean-Michel Blaizeau. Une histoire avec laquelle renouent ce samedi les Jaune et Noir. (1) Dont 516 places VIP.

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