Football Américain Féminin : Histoire, Règles et Ligues

Avec l’émergence de la LFL (Legends Football League) en France, il est important de mieux comprendre le football américain féminin, une pratique ancienne mais souvent méconnue. Cet article retrace l’histoire de ce sport et présente les différentes ligues existantes.

Une Histoire Longue et Souvent Ignorée

L’histoire du football féminin ne date pas d’hier. En 1926, les Frankford Yellow Jackets ont instauré une pratique féminine où des équipes s’affrontaient à la mi-temps des matchs. Bien que ces rencontres fussent courtes et considérées comme un simple spectacle, les femmes étaient rémunérées. Cette pratique a disparu, mais le football féminin a refait surface dans les années 1960.

En 1965, Sid Friedman a lancé la Women’s Professional Football League (WPFL), une ligue semi-pro avec 10% de femmes. La ligue a commencé avec deux équipes de l’Ohio (Akron et Cleveland), puis s'est étendue à huit équipes, recrutant des basketteuses, des rugbywomen et des footballeuses (soccer) en l'absence de football universitaire féminin. Bien que cette ligue ait périclité, elle a renaît en 1999 avec un match inaugural entre Lake Michigan Minx et les Minnesota Vixens au Metrodome de Minneapolis, attirant une foule impressionnante et menant à la création d'une ligue de 11 équipes, certaines en partenariat avec des équipes de la NFL (comme les New England Storm avec les Patriots). Cependant, cette renaissance fut de courte durée.

En 1970, Patricia Palinkas des Orlando Panthers est devenue la première femme à jouer dans un match « mixte », en tant que « holder » pour les coups de pied de son mari, également membre des Panthers.

Patricia Palinkas (Baltimore Sun)

Quatre ans plus tard, la National Women Football League (NWFL) a été créée et est devenue très populaire. En 1975, Linda Jefferson des Toledo Troopers a été nommée athlète féminine de l’année aux États-Unis, ayant couru plus de 1 000 yards sur cinq saisons consécutives dans une ligue avec seulement huit matchs par an.

En 1976, la NWFL comptait 14 équipes réparties en trois divisions et jouait souvent dans des stades majeurs. Cependant, des problèmes financiers et la création d’une ligue concurrente (la Western States Women Professionnal football Ligue) ont mis en péril la NWFL, et dans les années 1980, toutes les équipes étaient en difficulté. La ligue a continué d’exister jusqu’en 1998, mais les équipes ne pouvaient plus payer régulièrement les joueuses.

Ligues Semi-Pro Actuelles aux États-Unis

Aujourd’hui, il existe trois ligues semi-pro aux États-Unis réservées aux femmes :

  • Independent Women's Football League (IWFL) : 28 équipes aux USA et au Canada, jouant selon les règles NCAA depuis 2001. Les champions en titre sont les Carolina Phoenix.
  • Women's Football Alliance (WFA) : La plus connue avec 62 équipes (aux USA, Canada et Mexique) et 2 000 joueuses semi-pro. En 2012, la WFA a lancé un « All American » match en ouverture de la grande finale.
  • Women's Spring Football League (WSFL) : La plus récente, jouée l’été, regroupant 14 équipes semi-pro.

Le football féminin est donc bien implanté aux USA, malgré une histoire chaotique et des ligues actuelles encore loin de la popularité de la NFL.

Expansion Mondiale du Football Féminin

En Europe, la fédération allemande a créé le championnat féminin de football américain en 1986, avec le premier match opposant les Berlin Adler aux Hannovre Ambassadors. La GFL au féminin regroupe aujourd’hui 10 équipes au niveau le plus haut. En 1999, une sélection de joueuses allemandes a joué le premier match « international » européen face à une sélection britannique.

Au Canada, deux ligues semi-pro existent : la Maritime Women's Football League et la Western Women's Canadian Football League.

En 2010, l’IFAF a organisé le Championnat du Monde Féminin en Suède, remporté par les USA face au Canada. Tommy Wiking, président de l’IFAF, souligne l’importance de ne pas exclure la moitié de la population mondiale de la pratique du football.


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Femmes dans les Équipes Masculines

Bien que rares, certaines femmes ont évolué au milieu des hommes. En 1997, Liz Heaston est devenue la première femme à inscrire des points dans un match universitaire officiel. En 2003, Katie Hnida a été la première femme à marquer des points dans un match de NCAA Div-I pour les Lobos du Nouveau Mexique. Hnida, Palinkas et Julie Harshbarger sont les seules femmes à avoir été payées pour jouer au football au milieu des hommes aux USA.

Lauren Silberman a été la première femme à tenter un combine régional pour intégrer la NFL. Au niveau des lycées, plusieurs filles ont marqué l’histoire, comme Tami Maida et Jessica Schultz.

Le Flag Football : Une Alternative Accessible

Le flag football, une variante sans contact du football américain, s’est développé en parallèle des mouvements féministes occidentaux. Il est inclus au programme des Jeux Olympiques de 2028 à Los Angeles. En France, le flag football est apparu dans les années 1990, avec Elisa de Santis comme pionnière du flag football féminin.

Les championnats du monde de flag football en 2024 ont réuni 23 équipes féminines, un record témoignant de l’essor de cette discipline.

Football Américain Féminin aux États-Unis

Malgré la popularité du football américain masculin, le football américain féminin a du mal à se hisser dans les sports majeurs aux États-Unis. Néanmoins, il possède ses propres ligues, dont la Xtreme Football League (X League, anciennement Lingerie Football League) et la Women’s Football Alliance (WFA).

Xtreme Football League (X League)

La X League, connue pour les tenues des joueuses (en sous-vêtements avec protections), a été créée en 2009 sous le nom de Lingerie Football League. Elle a été rebaptisée Legends Football League en 2013, puis X League en 2019. La saison régulière se compose de 4 matchs par équipe, et les 4 premières équipes se qualifient pour les playoffs.

Les règles de la X League sont basées sur les principes du football américain, mais avec certaines différences : terrain de 50 yards, équipes de 7 contre 7, et une composition spécifique pour l’attaque et la défense. Les matchs durent quatre quart-temps de 10 minutes, avec une prolongation à mort subite de 8 minutes en cas d’égalité.

Women’s Football Alliance (WFA)

La WFA est la plus ancienne ligue de football américain féminin encore en activité. Les joueuses ont le même équipement que les joueurs masculins, et les matchs se jouent à 11 contre 11 sur un terrain standard. La WFA possède trois championnats : D1 (8 équipes), D2 (15 équipes) et D3 (36 équipes), divisés en deux conférences (Américaine et Nationale).

Football Américain Féminin en France

En France, le football américain féminin se démocratise peu à peu. Le championnat de football américain féminin français a été créé en 2015 et fait partie de la FFFA (fédération française de football américain). Les équipes jouent à 9 contre 9, avec certains plaquages interdits. Le championnat fonctionne sous forme de tournois, avec l’équipe ayant le plus de points à la fin de la saison remportant le challenge féminin.

Équipes du Challenge Féminin

  • Les Lions (Bordeaux)
  • Entente Mariners - Comètes - Black Lions (Vannes - Montrabé - Lunel)
  • West Coast (Grand Ouest)
  • Les Ladies (Région PACA)
  • Alpine Thunders (Région Auvergne Rhônes Alpes)
  • Entente Molosses - Quarks (Asnières - Villebon)
  • Flash (La Courneuve)
  • Dragons (Paris)
  • Barbera Rookies (Barcelone)

Bien que moins intensif que le football américain masculin, le football américain féminin offre des matchs intéressants et des joueuses talentueuses.

En conclusion, le football américain féminin a une histoire riche et continue de se développer à travers le monde, offrant aux femmes la possibilité de pratiquer ce sport passionnant.

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