Le football américain en région Centre-Val de Loire connaît un essor notable, avec des équipes comme les Monarchs de Dreux et les Dragons de Romorantin qui animent les championnats régionaux. Cet article explore l'histoire et les défis de ces équipes, en mettant en lumière leurs parcours et leurs ambitions.

Schéma d'un terrain de football américain.
Les Dragons de Romorantin: Une Salamandre Ailéé
Sachez donc qu'à Romorantin existe un club de football américain. Son nom, les Dragons de Romorantin. « Pour l'anecdote, au départ, on ne devait pas s'appeler comme ça, confie le président du club, Julien Normant. On avait choisi la Salamandre, rapport à François I er. Mais on s'est aperçu qu'un club du Havre portait déjà ce nom. On a donc mis des ailes à notre salamandre et elle est devenue un dragon. Pour le coup, on s'est aperçu par la suite que plus d'équipes encore portaient ce nom, mais c'était fait. » Va pour les Dragons. Et c'est comme ça depuis 2013.
En 2013, lorsque le club a été créé par Julien Normant, il n'y avait pas assez de joueurs. Les Dragons ont donc pratiqué le flag football. C'est un peu comme le rugby à cinq ou le touch rugby dans le monde de l'ovalie. On pratique sans les contacts. « C'est bien pour débuter, appréhender les règles, les techniques et les tactiques, confie le président solognot. Mais c'est bien de passer rapidement au foot US avec contacts. »
La deuxième saison, le club a donc débuté le foot US, mais sans engager d'équipe en régional. La troisième année, grâce à une entente avec le club de Montargis, un nombre suffisant de joueurs a permis de participer au premier championnat dans l'histoire du club. Les Dragons ont terminé quatrièmes sur quatre équipes.
Cette saison, c'est avec Nevers qu'ils sont en entente. Et il y a toujours quatre équipes dans le championnat régional : Romorantin/Nevers, Dreux, Briare et Châteauroux. Ce week-end, les Dragons recevaient les Monarchs de Dreux pour la deuxième journée régionale. Et ils se sont inclinés 44-0. « Il faut dire que les Monarchs sont champions régionaux 2016, tempère Julien Normant. Nous, on est là pour apprendre et progresser. L'idéal, dans les années à venir, serait déjà d'avoir une équipe senior complète. Le stade supérieur serait d'avoir une équipe junior, histoire d'être sûr de pouvoir travailler sur le long terme. Ces deux conditions sont nécessaires avant d'envisager de monter plus haut dans la hiérarchie. Mais nous n'en sommes qu'au début.
La principale difficulté en football américain, ce sont les effectifs. Il faut beaucoup de monde. Car si neuf joueurs occupent le terrain en même temps dans une équipe de niveau régional, c'est pour une seule escouade. Dans la discipline, il y a en effet deux escouades par équipe, une d'attaque et une de défense. Quand une équipe à la possession du ballon, c'est son escouade d'attaque qui le fait vivre, et c'est une escouade de défense qui lui fait face. Quand la possession change d'équipe, les deux escouades s'intervertissent sur le terrain.
Quelles sont les règles du Football Américain ?
Les Monarchs de Dreux et Leur Quête de Suprématie
Les Monarchs de Dreux, quant à eux, avaient gardé en mémoire leur cinglante défaite du début de saison, à Beaulieu (58-8). Et au vu de l'impact et de l'engagement produits par les joueurs d'Eure-et-Loir, l'esprit revanchard était bel et bien de la partie. Les tampons à répétitions ont confirmé le fait que le niveau était également monté d'un, voire de deux crans. Un vrai duel dont le vainqueur s'offrirait la suprématie régionale avant de défier le champion d'Alsace, pour une seconde finale dans quinze jours, pour une accession au premier niveau de national, à savoir la Division 3.
Anthony Viladrosa était le premier à trouver la brèche sur un touchdown à la course (6-0, 6 e). On en restait là à pause, mais tout allait s'accélérer ensuite. En moins d'un quart d'heure, les Drouais enchaînaient trois touchdowns par Métivier (29 e), Lapierre (34 e) et Dotigny (38 e), ponctués d'une transformation également signée Dotigny (6-20). Lourd à digérer. Et si Sébastien Dorin endossait le costume de pompier de service et remettait les siens en selle (12-20, 43 e), les ultimes possessions castelroussines ne donnaient rien. Les Monarchs pouvaient exulter.
Les Sabres de Châteauroux et Leur Domination
Après leur raid solitaire face aux Dogs de Montargis (70-0), il y a deux semaines, les Sabres de Châteauroux ont remis ça, hier, contre les Monarchs de Dreux. Pourtant rapidement menée 3-8 après un premier touchdown concédé, la formation de Floyd Segura a rapidement rectifié le tir. « On a réussi à remettre les choses dans l'ordre et à se focaliser sur notre jeu,confie le président. Après, on a su dérouler. »
C'est simple, la formation d'Eure-et-Loir n'a plus vu la lumière par la suite, restant clouée au tableau d'affichage. « C'était le principal de réagir, même s'il y a encore eu des erreurs. On est encore un peu trop indisciplinés. Il y a eu trop de fautes inutiles. Il faut qu'on progresse là-dessus », rappelait tout de même Floyd Segura, histoire de maintenir ses troupes en éveil en vue de la prochaine échéance qui attend les Castelroussins. Un déplacement à Briare (Loiret), le 27 mars, sur la pelouse des Razorbacks qu'espèrent bien effectuer les précieux frères Dorin, tous deux sortis sur blessures hier. Si David, l'aîné, a vu son auriculaire vriller en luxation, Sébastien est sorti le bras en écharpe à quelques minutes de la fin de la rencontre. « Ça, c'est le foot américain. Ce sont des petits bobos… », souffle Foyd Segura. « Je serai là au prochain match. Tant que ce n'est pas de " très " grosses blessures, on continue à se battre », assure Sébastien Dorin.
Indispensable au jeu berrichon, l'ancien de la maison des Orcs aura une nouvelle fois porté son équipe. Auteur d'un match fou, crédité de quatre touchdowns - dont le troisième à l'issue d'une course de 80 m ! - l'un des piliers de la formation, également trésorier du club, se réjouit de la progression des siens. « On avait pris le premier match contre Montargis comme un match amical(victoire 70-0) pour réviser notre jeu. Aujourd'hui(hier) , face à Dreux, qui descend de D3, cela fait vraiment plaisir. » Pourvu que ça dure.
Défis et Perspectives d'Avenir
« C'est déjà bien, mais cela aurait pu être encore plus beau,soulignait Floyd Segura. Je disais depuis la création du club(en septembre 2015) qu'il ne fallait pas brûler les étapes. C'est sans doute ce qu'on a un peu fait. Il est temps de bien se structurer et on va le faire. Je sais que les joueurs seront là l'année prochaine. Cela a donné envie à beaucoup de monde, malgré la défaite. Je suis confiant, même si aujourd'hui je suis triste, car on aurait pu réaliser quelque chose d'exceptionnel. »
Inconsolable, le président-joueur regrettait de ne pas avoir reconnu son équipe sur cette échéance capitale. « Ce n'est pas Dreux qui gagne cette finale, mais bien nous qui la perdons. On n'a pas joué notre jeu,confiait le jeune dirigeant. On s'est peut-être vu un peu trop beau aujourd'hui. Cela ne peut nous faire que du bien pour l'année prochaine. On sait ce qu'il nous reste à travailler et qu'il ne faut jamais partir gagnant avant d'avoir joué. »
« C'est déjà bien, mais cela aurait pu être encore plus beau,soulignait Floyd Segura. Je disais depuis la création du club(en septembre 2015) qu'il ne fallait pas brûler les étapes. C'est sans doute ce qu'on a un peu fait. Il est temps de bien se structurer et on va le faire. Je sais que les joueurs seront là l'année prochaine. Cela a donné envie à beaucoup de monde, malgré la défaite. Je suis confiant, même si aujourd'hui je suis triste, car on aurait pu réaliser quelque chose d'exceptionnel. »
L'épilogue a de quoi rendre tous ces grands gaillards émus aux larmes. Mais ils se rappelleront sans doute aussi très vite qu'il y a de ça un an, ils n'existaient même pas sur la scène régionale du football américain. « On ne savait même pas jouer et on est déjà arrivés en finale », lance l'un d'entre eux, histoire de réunir ses troupes et de réconforter les plus meurtris. A l'image d'un Sébastien Dorin, ancien des Orcs comme beaucoup d'autres et fer de lance de cette formation, ou encore Floyd Segura.
Finalement, seules les perches servent aux deux disciplines. Car en foot US, il y a aussi des transformations, mais elles ne rapportent qu'un point et sont tentées après un touch down (6 pts), c'est-à-dire quand le ballon a franchi la ligne (avec un joueur évidemment). Et là, pas besoin de l'aplatir." On a mis des ailes à notre salamandre et elle est devenue un dragon "
Des lignes bleues sont apparues ce week-end sur le pré du stade Herrero de Romorantin, habituellement dévolu au rugby. Il fallait bien marquer la différence. C'est qu'une aire football américain n'a pas les dimensions d'un terrain de XV. D'ailleurs, ils ne sont que neuf par équipe sur le terrain en foot US. Tout au moins en régional, la division dans laquelle évoluent les Dragons de Romorantin.