David Stern avait un rêve, Adam Silver en fera peut-être prochainement une réalité, enfin presque. L’ancien patron de la NBA évoquait déjà l’hypothèse d’une franchise implantée en Europe bientôt trente ans en arrière. Ce n’est pas tout à fait la voie suivie par son successeur, conscient du casse-tête logistique que cela représente encore aujourd’hui malgré l’évolution des technologies.
Pourtant, depuis plusieurs mois, les spéculations autour d’un intérêt grandissant de la NBA pour le marché européen se font de plus en plus pressantes. David Kahn, le président américain du Paris Basketball, précisait même qu’à ce stade il ne fallait "plus parler de rumeurs mais bien de projet."
La NBA prépare son grand saut sur le Vieux Continent. D’ici à 2027, une ligue européenne estampillée NBA devrait voir le jour, avec des clubs permanents et une ambition claire : capter un marché stratégique estimé à plusieurs centaines de millions d’euros.
Pourquoi Les Européens sont-ils si FORTS en NBA ?
Une Ligue NBA en Europe, Mais Sous Quelle Forme?
De passage en France à l’occasion des deux matches de saison régulière entre les Spurs de Victor Wembanyama et les Pacers à l’Accor Arena de Bercy, le boss de la NBA s’est à nouveau exprimé sur le sujet. "On réfléchit encore à la forme que ça prendrait. Mais on peut imaginer une ligue indépendante en partenariat avec la FIBA, comme on l’a fait pour la BAL [Basketball Africa League, lancée en 2020 - NDLR]."
Le 27 mars dernier, la NBA a annoncé sa volonté « d’explorer » la création d’une Ligue en Europe, en partenariat avec la Fédération internationale de basketball (Fiba). Si l’Euroligue avait d’abord qualifié ce projet de véritable menace pour l’équilibre du basket européen, elle se dit désormais ouverte au dialogue. Un changement de discours qui peut s’expliquer par l’écart colossal entre les poids économiques des deux entités.
Les informations filtrent pour l’instant au compte-goutte mais elles vont toutes dans le même sens : celle de la création d’un nouveau championnat sur le continent.
La volonté d’associer la FIBA est primordiale. Parce que l’Europe est déjà divisée entre les compétitions de la Fédération Internationale et celles de l’Euroleague, qui refuserait pour l’instant de participer aux négociations. Le fait que les plus grandes instances locales soient inclues dans le développement du projet laisse penser que certaines traditions seront respectées, notamment en matière de règles et de calendrier.
"On avance lentement pour s’assurer que tout ce que l’on fait est accepté par l’écosystème déjà en place. On a eu des conversations directes avec les actionnaires cette semaine. On veut respecter les traditions du sport européen, quelle que soit la direction que l’on prend", admet Adam Silver. En novembre dernier, le secrétaire général de la FIBA Andreas Zagklis évoquait les discussions avec la NBA et soulignait "la volonté de faire grandir notre sport tout en respectant nos fondamentaux." Il est donc probable que cette future ligue aille globalement dans ce sens.

Un Immense Marché à (Re)conquérir
Pour la NBA, les motivations sont toutes trouvées. Le produit est déjà là. Il n’est juste pas assez bien vendu. Et c’est sur ce point que les Américains veulent apporter leur expertise. "C’est notre spécialité de diriger et de faire fonctionner des ligues", précise Silver en conférence de presse à Paris.
"Je pense qu’il y a une opportunité massive de porter le basket vers un autre niveau ici. (…) La qualité du jeu est fantastique. Plusieurs de nos meilleurs joueurs sont originaires du continent. Mais nous estimons que les opportunités commerciales n’ont pas évolué au même rythme que la popularité croissante du basket en Europe."
L’Euroleague, qui est actuellement le meilleur championnat au monde en dehors des Etats-Unis, est appréciée pour ses matches engagés, son niveau de jeu et ses ambiances incroyables dans les salles grecques, turques ou serbes. La NBA n’est pas insensible à tout ça. Elle voit le potentiel et les limites de son exploitation actuelle. Elle veut y mettre son grain de sel et sa touche marketing pour "aider le jeu à grandir" mais aussi évidemment en tirer un fort profit économique en misant sur les grands marchés que sont Paris, Londres, Madrid, Milan ou encore Berlin.
Les Clubs, le Nerf de la Guerre
Des grandes villes toutes pressenties pour occuper une place centrale au sein de la nouvelle ligue. Et notamment la capitale française, qui serait au cœur du projet, que ce soit via le Paris Basketball ou non. Pour l’instant, Silver "n’exclut aucune possibilité" en termes d’équipes. Pas même une affiliation avec des clubs de foot comme le Paris Saint-Germain ou Manchester United. Il reste peu probable que ces institutions débarquent dans le monde de la balle orange mais l’idée reste évidemment d’attirer les plus grand clubs. Ça ne peut pas marcher sans eux.
Aujourd’hui, la création d’un championnat NBA en Europe ne relève plus de la simple hypothèse et devrait voir le jour à l’horizon 2027. « On ne se demande plus si la NBA viendra puisque ça va se faire. Si les contours de ce championnat ne sont pas encore bien définis, Adam Silver, patron de la NBA, a suggéré un format à 16 équipes, avec 12 franchises permanentes et quatre équipes susceptibles de changer chaque année.
Des équipes phares de l’Euroligue comme le Real Madrid, Barcelone, Fenerbahçe et l’Asvel ont été évoquées comme participantes potentielles, alliant le sens des affaires américain aux traditions établies du basket-ball européen. « L’avantage en créant une ligue de toutes pièces, c’est qu’on peut prendre le meilleur des deux mondes », a détaillé Adam Silver lors de sa conférence de presse, prenant l’exemple des championnats de football européen et leur système de relégation.
Le Real Madrid, onze fois vainqueur de l’Euroleague, garde des liens étroits avec la NBA. Le géant espagnol se mêlerait même déjà aux conversations. Le Panathinaïkos a démenti avoir été approché mais son coach Ergin Ataman déclarait récemment que "l’Euroleague devait faire attention" parce que "la NBA pourrait inviter" le Pana "à rejoindre leur championnat."
Si les meilleurs clubs décident de changer de direction, l’Euroleague risque d’être mise sous pression pour s’assoir à la table des négociations. 13 des 18 équipes ont aujourd’hui une licence permanente auprès de l’ECA, l’organisme qui gère la compétition. Mais le deal expire en 2026 et, même si les équipes ont un accord verbal pour continuer, rien n’a été signé. De quoi laisser une porte ouverte à un éventuel rabattement des cartes en Europe.
Composition Potentielle de la NBA Europe
| Type d'Équipe | Exemples | Caractéristiques |
|---|---|---|
| Équipes Établies et Reconnues | Real Madrid, FC Barcelone | Marques fortes avec une longue histoire et une base de fans fidèle. |
| Clubs de Foot Omnisports | Paris Saint-Germain, Manchester City | Bénéficient de ressources financières importantes et d'une large audience. |
| Projets Partant de Zéro | Paris Basketball | Nouvelles initiatives avec un potentiel de croissance rapide. |
Coup d’Envoi en 2026?
"Je pense que c’est important pour nous d’être associé à ce projet", avouait Tony Parker, légende du basket tricolore et président de l’ASVEL, l’un des trois clubs français engagé au plus haut échelon continental. La plupart des clubs penseront peut-être pareil. Parce que nombreux sont ceux qui perdent actuellement de l’argent. La perspective d’un investissement de la NBA peut les faire rêver de retombées financières bien plus intéressantes.
Peut-être que ce nouveau championnat ne se limitera pas complètement à l’Europe. La ligue américaine a regroupé ses intérêts européens dans une catégorie qui intègre aussi le Moyen-Orient. Dubaï dispose actuellement d’une équipe quatrième du championnat Adriatique, où évoluent notamment les clubs serbes et croates. Les Emiratis ont beaucoup d’argent à offrir et des matches de présaison sont régulièrement organisés à Abu Dhabi (qui accueillera la Final Four Euroleague en mai prochain). Il y a aussi des clubs historiques en Israël. Autant de marchés à investir pour la NBA.
Si tout serait encore en conception, il est possible qu’une ligue soit finalement annoncée prochainement avec pourquoi pas même un coup d’envoi dès 2026.
« On ne se demande plus si la NBA viendra puisque ça va se faire. Si les contours de ce championnat ne sont pas encore bien définis, Adam Silver, patron de la NBA, a suggéré un format à 16 équipes, avec 12 franchises permanentes et quatre équipes susceptibles de changer chaque année.
Dans une interview à L'Equipe, le directeur général de la division Europe et Moyen-Orient de la NBA, George Aivazoglou, donne quelques détails concernant le projet de NBA Europe, qui sera lancé au plus dans deux ans. Paris pourrait avoir deux équipes dans cette Ligue : le PSG et le Paris Basketball.
Dans deux ans, si tout se passe bien pour les protagonistes du dossier, le basket européen vivra une révolution, avec l'arrivée de la NBA Europe. Une nouvelle compétition qui va rebattre les cartes parmi les meilleurs clubs du Vieux Continent, et dont on ne sait toujours pas si elle se déroulera avec l'aide de l'Euroligue ou en concurrence avec la plus grande compétition européenne. Les prochaines réunions entre les différentes parties permettront d'en savoir plus, et en attendant, le directeur général de la division Europe et Moyen-Orient de la NBA, George Aivazoglou, a livré quelques détails sur le projet dans les colonnes de L'Equipe ce dimanche.
George Aivazoglou voit trois profils : "les équipes établies et reconnues, les clubs de foot omnisports, et des projets partant de zéro".
Si le PSG devient membre de la NBA Europe, cela ne veut pas dire que le Paris Basketball en sera exclu, la grande Ligue ne fermant pas la porte au fait d'avoir deux équipes dans la même ville.
Lors d'une conférence de presse organisée le 16 septembre, Adam Silver a expliqué que la perspective d'un lancement du projet en 2027 lui semble "ambitieuse", mais qu'il aimerait bien ne "pas aller au-delà de 2028". "Cela va prendre du temps, mais ça arrivera", a précisé quelques jours plus tard Jorge Garbajosa, le président de FIBA Europe.
Adam Silver a répondu à L'Equipe que la ligue ne pourrait pas se lancer l'année prochaine. “L'idée de la tenue de cette conférence était surtout d'annoncer notre intention pour le marché européen. Il est encore bien tôt pour évoquer une date. Ce n'est pas une surprise.
Comme annoncé hier, la NBA et la FIBA ont décidé de s’associer dans le but de lancer une nouvelle ligue de basket en Europe. Un projet visant à développer encore plus la balle orange sur le Vieux Continent, en particulier sur le plan économique.
D’après les dernières infos qui sont ressorties de la rencontre entre Adam Silver et Andreas Zagklis (secrétaire général de la FIBA) hier à New York, cette nouvelle ligue NBA Europe serait composée de 16 équipes, dont 12 membres permanents (ligue semi-fermée donc, avec quatre équipes qui se qualifieraient selon leurs résultats en Champions League).
Néanmoins, 2026, c’est l’année où le partenariat entre l’EuroLeague et la société IMG (groupe de marketing, management et événementiel sportif) expire. Si un accord a été trouvé en janvier dernier pour prolonger ce partenariat jusqu’en 2036, certains clubs de l’EuroLeague actuellement licenciés n’auraient pas encore officialisé leur engagement futur au sein de la compétition.
Le départ potentiel de ces clubs vers la NBA Europe représente forcément une menace pour l’EuroLeague, surtout quand on prend le cas du Real Madrid. L’ancien club de Luka Doncic est l’une des équipes les plus prestigieuses d’Europe et un éventuel départ toucherait l’EuroLeague à bien des niveaux, notamment en matière d’image et sur le plan financier.
Le projet NBA Europe n’est plus une rumeur fumeuse, il entre dans sa phase “concrète”. Derniers signaux forts : des précisions sur le calendrier (cible 2026-27 ou 2027-28), une ossature sportive calquée sur les règles FIBA et une taille de ligue qui s’affine.
Une partie des futurs investisseurs et actionnaires de la NBA Europe sont conviés à Londres mi-octobre, étape décisive avant la concrétisation de leur engagement dans le projet.
Le serpent de mer deviendra réalité au plus tôt en octobre 2027, confirme Aivazoglou à L'Équipe.