Football Américain : Analyse des Causes de Décès et Impact sur la Santé des Joueurs

Le football américain, sport le plus populaire aux États-Unis, est souvent salué pour son intensité et son spectacle. Cependant, il est également associé à des risques significatifs pour la santé des joueurs, notamment en ce qui concerne les blessures graves et les problèmes neurologiques à long terme. Cet article explore en profondeur les causes de décès chez les joueurs de football américain, les risques de commotions cérébrales, et les efforts entrepris pour améliorer la sécurité dans ce sport.

Un casque de football américain, équipement de protection essentiel mais insuffisant.

La Violence Inhérente au Football Américain

Le football américain est souvent décrit comme un sport où la violence règne en maître. Nombre de spécialistes affirment qu'une partie du public assiste aux matchs pour voir les joueurs "démolir" l'adversaire. Sean Gregory, dans le magazine Time, a écrit que le foot américain "est brutal par définition : chaque action se clôt par un carambolage synchronisé impliquant plusieurs véhicules".

Dans d'autres sports comme le hockey sur glace et le rugby, les notions de contact, d'intimidation de l'adversaire, brutalité incluse, sont aussi omniprésentes. Le football américain fait plus de blessés graves à lui seul que tous les autres sports d'équipe réunis.

Les Commotions Cérébrales et leurs Conséquences

Les conséquences des chocs répétés sont si impressionnantes qu'elles commencent à être admises par un milieu qui les a longtemps niées. En 2000, sur 1 000 joueurs interrogés, les deux tiers disaient avoir connu une commotion cérébrale grave durant leur carrière, et un quart "au moins trois".

Selon plusieurs enquêtes, les commotions cérébrales provoquées par les chocs exposent les joueurs à la maladie d'Alzheimer et au suicide. Une étude de l'université de Caroline du Nord montrait que les anciens joueurs de la NFL ont 19 fois plus de risques que la moyenne d'être atteints par la maladie de Charcot, une dégénérescence des neurones. Selon la revue Neurology (septembre 2012), les ex-joueurs de football sont quatre fois plus atteints par la maladie d'Alzheimer que la moyenne.

Schéma illustrant les effets d'une commotion cérébrale.

Le 18 novembre 2012, trois des huit quarterbacks ayant disputé une rencontre du championnat ont été évacués avec une commotion cérébrale. Dix jours plus tard, l'université de Boston publiait une nouvelle étude sur l'encéphalopathie traumatique chronique (ETC) : cette dégénérescence cérébrale directement liée aux commotions est 20 fois plus fréquente chez les footballeurs américains que chez les autres sportifs. Elle se manifeste par de fortes migraines, une dégradation de l'oralité, des altérations graves de la mémoire, des dépressions lourdes et des propensions suicidaires.

L'ETC a ceci de particulier qu'on ne peut la valider que post mortem. Après des années de négociations avec le syndicat des joueurs, la ligue a accepté à reculons le principe de l'autopsie en cas de décès précoce. Sur les huit premiers mois de 2012, quatre joueurs ou ex-joueurs de la NFL se sont suicidés.

Le Cas Tragique de Dave Duerson

Le 17 février 2011, Dave Duerson s'est suicidé. A 50 ans, cette ancienne vedette des Chicago Bears puis des New York Giants s'est tiré une balle dans le coeur, laissant le message suivant à sa femme et son fils : "S'il vous plaît, faites que mon cerveau soit remis à la banque du cerveau de la NFL." La dernière volonté de Duerson était qu'on autopsie son cerveau.

En 2006, après que l'ex-star Andre Waters se fut donné la mort, à l'âge de 44 ans, le médecin qui l'autopsia déclara avoir trouvé ses tissus cérébraux dans l'état de ceux d'un homme de 85 ans.

Le football américain face au problème des commotions cérébrales

L'Appât du Gain et l'Environnement Socio-Psychologique

Pour expliquer la propension des footballeurs professionnels à prendre des risques insensés pour leur santé et à en faire courir à leurs adversaires, les spécialistes avancent deux motifs : l'appât du gain et l'environnement sociopsychologique des joueurs.

Le foot est le sport américain le plus riche. En augmentation de 60 %, l'accord signé avec trois grandes chaînes de télévision rapporte à partir de cette année 3 milliards de dollars (2,22 milliards d'euros) par an à la NFL. Pour le Super Bowl (finale du championnat, 111 millions de téléspectateurs en 2012), les entreprises paieront cette année 3,5 millions de dollars le spot de 30 secondes, et plus de 4 millions en fin de match. Un footballeur gagne en moyenne 2,1 millions de dollars par an. En 2011, le quarterback vedette Drew Brees en a gagné 7,4 millions - hors primes.

George Atkinson, défenseur légendaire des années 1960-1970, a défini l'environnement ainsi : "Quand vous signez votre contrat, vous savez pourquoi on vous paye." Comprendre : barrer la route à l'adversaire coûte que coûte.

Le Super Bowl, un événement majeur aux États-Unis.

Les Primes pour Blesser l'Adversaire

Au printemps 2012, l'épilogue de l'affaire dite des bounties ("primes") a jeté une lumière crue sur l'escalade de la brutalité. Gregg Williams, l'entraîneur de la défense de l'équipe de La Nouvelle-Orléans, avait instauré un système de primes pour empêcher des joueurs adverses de terminer un match. Celui qui y parvenait touchait la prime.

En 2009, un documentariste l'avait filmé au vestiaire avant un match. Il évoquait la nécessité de "défoncer la putain de tête du petit numéro 32" adverse. Il citait nommément un joueur qu'il voulait voir sortir "la tête de travers". D'un autre il disait : "Il redeviendra humain quand on lui aura pété son putain de ligament croisé antérieur."

Williams a été radié à vie ; l'entraîneur principal des Saints, suspendu un an. A la NFL, les primes pour blesser l'adversaire n'ont pas été inventées par les Saints. Une affaire, en 1989, est restée célèbre sous le nom de "Bounty Bowl 1 & 2".

Réformes et Mesures de Sécurité

Depuis plus d'un siècle, au fil des crises de conscience, les réformes se sont succédé. Les premières ont suivi une injonction du président Theodore Roosevelt, en 1905 : "Réformez ce jeu ou arrêtez-le." Mais rien n'a été vraiment entrepris pour déraciner sa violence intrinsèque.

Aujourd'hui, les joueurs sont harnachés comme jamais : casque avec ou sans grille, épaulières, protège-dents, protège-hanches, protège-coccyx... Rien n'y fait. Après chaque réforme, les accidents régressent, puis remontent. Car les joueurs deviennent encore plus lourds, plus rapides, plus déterminés - et plus dopés, disent les méchantes langues.

La National Football League (NFL, la ligue nationale du football professionnel) dit aujourd'hui que "tout est sur la table". On envisage de réduire la distance à l'engagement avant les chocs, de rendre obligatoires cuissardes et genouillères, d'abolir les surfaces synthétiques trop dures, etc.

La NFL s'est vantée d'avoir réduit de 40 % les commotions cérébrales en 2011 grâce à de nouvelles règles. Récemment, la NFL s'est vantée d'avoir réduit de 40 % les commotions cérébrales en 2011 grâce à de nouvelles règles.

Études et Statistiques

De nombreuses études ont mis en lumière les risques associés à la pratique du football américain. Une étude menée sur d’anciens footballeurs professionnels en France a mis en évidence qu’ils vivaient plus vieux, avec moins de cancers et de maladies cardiovasculaires, mais davantage de risques de démences. Publiée en 2019, une étude de l’université de Glasgow conduite par le professeur Daniel Mackay avait conclu également que d’anciens footballeurs écossais avaient 3,5 fois plus de chances de mourir d’une maladie neurodégénérative que la moyenne.

Sur 91 joueurs décédés, 87 souffraient d'encéphalopathie traumatique chronique, une forme d'affection cérébrale provoquée sans doute par des commotions cérébrales à répétition, selon l'étude d'une équipe médicale. Au total, les scientifiques ont analysé les tissus cérébraux de 202 anciens joueurs de foot américain ayant pratiqué à titre professionnel (aux États-Unis et au Canada), au lycée, à l’université ou en tant que semi-professionnels. Une encéphalopathie traumatique chronique (ETC) a été diagnostiquée chez 177 joueurs, soit 87% d’entre eux.

Une autopsie de plus d'une centaine de cerveaux d'anciens joueurs professionnels de football américain a révélé que la quasi-totalité souffraient d'une dégénérescence cérébrale chronique liée à des chocs répétés sur la tête, selon une étude publiée mardi.

Tableau Récapitulatif des Risques et Études

Risque/Maladie Prévalence/Statistique Source
Commotions cérébrales graves 66% des joueurs interrogés en ont connu au moins une Enquête de 2000
Maladie de Charcot Anciens joueurs de la NFL : 19 fois plus de risques Université de Caroline du Nord (2007)
Maladie d'Alzheimer Ex-joueurs de football : 4 fois plus atteints Revue Neurology (2012)
Encéphalopathie Traumatique Chronique (ETC) 87% des cerveaux de joueurs autopsiés présentaient des signes d'ETC Étude sur 202 anciens joueurs
Mortalité par maladies neurodégénératives Anciens footballeurs écossais : 3,5 fois plus de risques Université de Glasgow (2019)

Désaffection et Changements Culturels

Malgré ces efforts, de plus en plus de parents boudent le sport. Le nombre d'enfants et d'ados enrôlés a baissé de 2,4 % sur les cinq dernières années. Pop Warner, la plus grosse organisation de jeunes, a vu le nombre de ses participants chuter de 9,5 % entre 2010 à 2012.

Pour la première fois, un certain nombre d'établissements scolaires ont décidé de supprimer leur équipe de football. Au lycée de Ridgefield Memorial dans le New Jersey, seuls 13 élèves se sont portés volontaires cette année. Là encore, le directeur a supprimé l'équipe.

Autres Sports Dangereux et Comparaisons

Adrénaline, dépassement de soi, frissons… certains sports sont bien plus que des loisirs: ce sont de véritables prises de risque. Voici une liste des sports considérés comme les plus dangereux :

  • Le Base Jump
  • L'alpinisme
  • Les courses de motos
  • La plongée profonde
  • Le surf de grosses vagues
  • Le ski hors-piste
  • Les courses de moto (TT de l’île de Man)
  • Les sports de combat (boxe, MMA)
  • Le rodéo (bull riding)
  • Le football américain et le rugby

Le Rugby et le Football américain, ou Super Bowl sont deux sports collectifs de contacts souvent confondus par les non-initiés. La comparaison de dangerosité entre ces deux sports fait le sujet d’un débat interminable jusqu’à ce jour.

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